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Le 12/11/2017 à 00:22, Christian GIRARD a dit :

Pour ce qui est de Latour, je te renvoie à Impostures intellectuelle d'Alan Sokal et Jean Bricmont (Éditions Odile Jacob), ouvrage dans lequel les auteurs ont analysé les textes de certains courants intellectuels « postmodernes » traitant « les sciences comme des narrations ou des constructions sociales parmi d’autres » et ont démontré « les mystifications physico-mathématiques » d’individus jouissant par ailleurs d’une grande notoriété (Lacan, Baudrillard, Deleuze, Guattari et autres Kristeva). Le chapitre 5 est entièrement consacré à Bruno Latour ! Il y est montré que « L’analyse de Latour est fondamentalement viciée par son manque de compréhension de la théorie qu’Einstein essaye d’expliquer » et qu’il « confond un énoncé pédagogique de la relativité avec le « contenu technique » de la théorie ».

J'ai essayé de lire avec grande peine "impostures intellectuelles", je n'y suis pas parvenu car j'y ai moi-même vu une imposture intellectuelle... Au moins le livre portait bien son titre! Alors je me dois de défendre Lacan, Deleuze, Guattari ou Latour...les "géants" sur les épaules desquelles sont montés bien des nains... Car comme l'on voit la paille dans l'oeil du voisin... l'ouvrage en question d'Alan Sokal et Jean Bricmont n'est pas sans poser un certain nombre de problèmes. Parmi ceux-ci:

-D'abord une lecture que je considère comme réductrice des auteurs qu'ils critiquent. Et notament l'amalgame entre des phrase sorties du contexte, sorties de leur époque ou maladroites (peut-être!) et la pensée globale de ces philosophes, psychanalistes ou écrivains. Les auteurs prennent même parfois au premier degré ce qui sont des pures métaphores (p.ex: le ruban de Moebius pour Lacan est comme une allégorie de la continuité et du retournement et non un sens stricte scientifique du ruban de Moebius). Je trouve un peu mesquin de faire "comme si on ne comprenait pas" les métaphores au profit d'une vision procédurière et figée.

-Ensuite, il me parait vain d'appliquer les critères de la science (rigueur et précision?) à la philosophie, la littérature ou la psychanalyse puisque ces champs d'études s'en émancipent justement lorsque c'est nécessaire (ça fait même partie de leurs fonctions). Les philosophes critiqués ne sont évidemment pas des scientifiques ou des mathématiciens, ils développent des concepts théoriques inspirés de la science. Je trouve alors que cette comparaison n'est ni faite, ni à faire.

-Puis d'autres "détails" comme le fait que soit largement suggéré que Deleuze nous "embrouille" avec un langage hermétique. On peut le considérer. Mais est-ce qu'il est invalide pour autant? C'est friser la mauvaise foi que de l'affirmer.

Bref, comparons ce qui est comparable. Je ne suis pas du tout contre la critique du post-modernisme -et d'autre part fervent des démystificateurs (rendez-nous James Randy!)- mais discréditer nos meilleurs penseurs d'il y a 50 ans sous le biais de la science des années 90, me parait être uniquement productif pour la vente de livres mais en tout cas pas pour l'avancée des idées.

  • Merci 1
Citation

Mais par dessus tout j'aurai aimé devenir magicien. C'était la tendance la plus profonde, le penchant le plus intime de ma nature ; je ressentais une certaine insatisfaction devant ce qu'il était convenu d'appeler la réalité, qui me semblait être le produit d'une stupide convention établie par les adultes.

Enfance d'un magicien de Hermann Hesse

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Publié le
Il y a 5 heures, Christian GIRARD a dit :

De fait ça va être difficile de connaître leurs arguments. 😉

Je te rassure j'ai quand même résisté le temps des chapitres qui m'intéressaient le plus. Notament les parties dédiées à Lacan, Deleuze et Guattari, Latour ou celui sur le théorème de Gödel par exemple. 😉

Citation

Mais par dessus tout j'aurai aimé devenir magicien. C'était la tendance la plus profonde, le penchant le plus intime de ma nature ; je ressentais une certaine insatisfaction devant ce qu'il était convenu d'appeler la réalité, qui me semblait être le produit d'une stupide convention établie par les adultes.

Enfance d'un magicien de Hermann Hesse

Publié le
Il y a 11 heures, Thierry SCHERER (Zarcanum) a dit :

discréditer nos meilleurs penseurs d'il y a 50 ans sous le biais de la science des années 90, me parait être uniquement productif pour la vente de livres mais en tout cas pas pour l'avancée des idées.

Toujours la même question déjà abordée sur plusieurs sujets dans ce forum : le curieux projet de vouloir reproduire le modèle des sciences expérimentales dans le domaine des sciences humaines (et, à fortiori, avec le décalage dans le temps que tu évoques).

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

  • 2 weeks plus tard...

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    • De plus la guitare donne une excellente motivation pour une production de cartes :  https://www.instagram.com/reel/DZ2EqWsIX4w/?igsh=amZoNTQ1ZXV4czNu
    • Bienvenue ici @Fabian VAND3RL!NDEN !!!👋👋👋
    • L'idée de cette nouvelle capsule m'est venue en retrouvant, au fond d'une de mes vieilles vestes, un ancien plan et un ticket de métro. Cela m'a instantanément replongé dans mes jeunes années à Paris : le bruit des rames, les annonces sonores, l'odeur si particulière des rails... Une nostalgie partagée à coup sûr, portée par cet effet « Madeleine de Proust » que j'affectionne tant. Dans cette routine, le spectateur va d'abord découvrir un ticket de métro ancien glissé dans un vieux plan de Paris. Invité à laisser vagabonder son imagination, il va marquer une croix à l'aveugle sur le plan. Étrangement, la croix correspondra exactement à la station du ticket qui servait de marque-page. Mais le voyage ne s'arrête pas là. Après cette destination visuelle, on explore la mémoire sonore du métro : le grondement des rails, le sifflement des portes... Le magicien sort alors plusieurs tickets menant chacun à une station différente de Paris, présentés face cachée. L'un d'eux est écarté, puis on retourne tous les autres pour montrer la diversité des destinations. Avant de révéler le ticket mis de côté, une ambiance sonore retentit : « Ligne 12… terminus Gare Saint-Lazare… attention à la fermeture des portes », avec le jingle d'époque et les bruits de station en arrière-plan. On retourne le ticket du spectateur, et c'est exactement la station annoncée ! Pour donner vie à cet effet, j'ai utilisé de véritables anciens tickets de métro ainsi qu'un plan indicateur des rues de Paris vintage, le tout couplé à la création d'une bande-son personnalisée combinant les annonces RATP d'autrefois et les bruitages caractéristiques du métro. Démo un Lundi en Apéro Magique (replays dispos ici).  " Il y avait quelque chose de particulier dans le dernier métro. Les rames presque vides. L’odeur du métal et du papier humide. Les annonces lointaines qui résonnaient sous Paris. Et puis ces stations… que l’on croyait avoir oubliées, jusqu’au jour où un simple ticket suffit à faire revenir tout un souvenir."
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