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Je crois que c'est ce type d'échanges  qui font progresser ma pratique de la magie. Au delà de la technique magique (l'apprentissage ou la recherche de tours), la magie est liée à la conscience que l'on peut avoir des croyances, des peurs et des besoins du spectateur. 

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C'est parce que ça ne sert à rien qu'il faut le faire sérieusement 

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Publié le (modifié)

J'y vois surtout deux concepts, certe étroitement liés mais tout de même différentiables de la performance. 

La dramaturgie se rapproche de la construction scénaristique, là où la justification concerne plus le jeu d'acteur et les subtilités. 
Une pièce de théatre peut-être juste sur la plan dramatique, très bien écrite, mais si l'acteur sort du personnage pendant la performance, le spectateur sort de la pièce (figurativement... et quelque fois littéralement). 

La dramaturgie s'intéressera au rythme, aux rebondissements, à la cohérence narrative, au découpage, aux setup et aux payoff...
La justification s'intéressera au pourquoi d'un mouvement, au naturel, aux instructions au spectateur, de ce qu'on lui dit ou de ce qu'on lui suggère (et cette fameuse tendance à trop se justifier). 


Mais comme toujours avec la dramaturgie appliquée à la magie, il est primodial de ne pas amalgamer l'histoire raconté par le magicien et l'histoire que se racontera le spectateur, pour éviter les contresens... et la magie montrée. 
Il ne suffit pas de s'exprimer en images pour rendre un tour plus intéressant, ou moins vain... 

Il faut à un moment ou un autre, considérer le spectateur comme le protagoniste. 

Modifié par Gael BOUJON
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il y a 21 minutes, Gael BOUJON a dit :

Il faut à un moment ou un autre, considérer le spectateur comme le protagoniste. 

Je crois effectivement que faire du spectateur un acteur, l'impliquer, émotionnellement, physiquement, mentalement est l'une des clés de la réussite.

www.dedales-hypnose.fr

Publié le
Il y a 17 heures, Gael BOUJON a dit :

Mais comme toujours avec la dramaturgie appliquée à la magie, il est primodial de ne pas amalgamer l'histoire raconté par le magicien et l'histoire que se racontera le spectateur, pour éviter les contresens... et la magie montrée. 

Très intéressant, mais j'avoue avoir du mal à suivre :

Tu pourrais développer ? 

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)

Oui bien sûr. 

Je pense que la magie n'est pas tant quelque chose dont on est témoin, mais quelque chose qui nous arrive directement. C'est la différence avec un puzzle, ou une énigme, ou une blague, qui peuvent tous être très bons mais qui ne crée pas de souvenir durable. C'est pour ça que tout le monde dit "j'adore les blagues mais je les retiens jamais", alors que leur réaction réflexe lorsqu'ils l'ont entendue, était de rire de bon coeur (donc une réponse considérée comme idéale).

La vidéo de Pete Holmes, que j'ai posté avant dans ce sujet est très drôle, mais elle explique surtout qu'il y a une confusion autour de la réponse qu'est censée provoquer la magie. Et les réponses les plus flatteuses pour le magicien sont souvent les plus mauvaises pour l'expérience de la magie. 
Et il faut aussi faire attention au mécanismes de défense (ce que le "charme" du magicien contourne) qui font que le spectateur a vite fait de reclasser un moment magique en enigme/puzzle/blague s'il n'est pas en confiance.


Lorsque l'on expérience quelque chose d'impossible, on est marqué (c'est la nature humaine, le cerveau a besoin de comprendre pour être armé la prochaine fois que la situation se présente, pour éviter de potentiellement mourrir).

Sur le moment, on convoque tout ce qu'on a pour vérifier que ce qui s'est passé échappe à notre entendement.
Si le magicien a bien fait son taf, on est en confiance, on peut donc accepter l'insécurité provoquée par le fait de ne potentiellement pas savoir. 
Si le magicien a bien fait son taf, encore, toutes les pistes et questions possibles ont été évincées une à une, implicitement ou explicitement, pendant la performance. On est bouche bée.
(ou si il reste des pistes ouvertes. --> "c'est quoi le truc")

Plus tard, on y repense. Et donc. On se repasse le film de ce qui s'est passé. On se raconte l'histoire, de notre point de vue. L'histoire va maintenant changer. Le spectateur devient auteur en choisissant ses mots, en oubliant ou en modifiant ce qui était confus, tout en reliant les points clés, pour se convaincre que ce qu'il a vu était bien impossible. 

Enfin, on fait ce que tout humain fait avec d'autres humains, on partage nos expériences, on se raconte nos histoires. Ainsi le spectateur reconstruit l'effet, à l'oral, pour convaincre sont auditoire et se convaincre encore une fois que ce qu'il a vu était bien impossible. 


C'est cette histoire qui selon moi doit être notre point de focus lorsque l'on écrit et pense notre acte, car elle se racontera sans nous, si nous n'y faisons pas attention.


Attention tout de même à un autre amalgame. Le spectateur n'a pas besoin d'être acteur pendant le tour (manipuler les objets, être le centre d'attention) pour vivre la magie. Ce n'est pas parce qu'il est actif qu'il est forcément acteur. 

Enfin, ce point de vue (qui n'est que le mien), est en contradiction directe avec la suspension volontaire d'incrédulité. Celle que l'on a devant un film, ou un spectacle d'enfant. Je ne crois pas au fait de contourner l'intellect.
Il faut que le spectateur donne tout ce qu'il a pour vraiment vivre quelque chose d'impossible (tant mieux, ça rend notre boulot tellement plus facile).

Modifié par Gael BOUJON
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Il me semble que si la magie fonctionne c'est qu'elle fait appelle à un émotion réflexe, une surprise qui "cueille" le spectateur, un moment inscrit dans le réel qui en interrogé néanmoins les règles ( règles physique du temps, de l'espace, etc), règles de limites humaine ( attention, mémoire, visuels, auditive, etc)... Vos expériences et retours la dessus ? 

C'est parce que ça ne sert à rien qu'il faut le faire sérieusement 

Publié le

À, je vois mieux ce que tu voulais dire ! 

Il y a effectivement un double travail :

-donner l'émotion magique sur le moment. 

-créer un souvenir intéressant pour le spectateur, incluant cette émotion et notre prestation. 

J'avoue avoir plus de mal pour mettre en œuvre ce second point et en tester l'efficacité. 

Certes, des gens se souviennent moi moi et le disent, me parlent de certains "tours", mais j'ai du mal à leur faire parler d'un effet particulier, comme quoi je ne dois pas encore être top. 

J'essaie pourtant de mettre en œuvre quelques techniques pour rendre les effets "mémorables"... 

Les répétitions, qui servent à ancrer un type de mouvement comme naturel, servent aussi la mémorisation. 

Cela peut être la répétition d'une information ou d'une action (le fameux "mélangez mélangez" de Tamariz). 

Cela peut être aussi une répétition d'information par des formes et des moyens différents : on ne dit ou fait pas exactement la même chose, mais le message est similaire. 

On a bien sûr la répétition dans la construction d'une conviction par le spectateur lui même : on sait que quand le spectateur se crée "librement" une conviction, elle est plus stable que si on lui fournis une information. 

On peut donc essayer de générer plusieurs convictions qui se confortent l'une l'autre, cela doit renforcer à la fois l'effet et son souvenir  (difficile d'avoir une certitude sans autopsie et examen du cerveau des victimes, mais bon...)

Il y a aussi, de façon beaucoup plus simple, la répétition de l'effet lui même, genre ambitieuse à la chaîne. 

Dans ce genre, mon "jeu des jumelles", ou on retrouve x fois la jumelle d'une carte choisie, ne fonctionne pas trop mal: des spectateurs s'en souviennent, en parle... 

Bien entendu, il faut soigner la structure du numéro pour que la répétition de l'effet n'implique pas une baisse de l'intensité magique, au final. 

Mais le gain en mémorisation est significatif, pour autant que je puisse en juger... 

J'utilise aussi les phases de récapitulation pour certains effets demandant des procédures préparatoires un peu longues. J'imagine que ces phases font partie des choses aidant la mémorisation, mais je n'ai pas de preuves 😉

Etc...

Dans " l'arc en ciel magique" , Tamariz fait une analyse magistrale des façons de contrôler la mémorisation des spectateurs, en gommant certains souvenirs, et en renforçant d'autres parties... Très intéressant... 

Il y parle entre autres choses du "mime récapitulatif" message effet, ou il rejoue les gestes synthétisant ce qui s'est passé dans le tour, après l'effet... 

A essayer... 

Concrètement, vous faites comment, vous ? 

Gilbus. 

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
il y a 43 minutes, Michael VESSEREAU a dit :

Il me semble que si la magie fonctionne c'est qu'elle fait appelle à un émotion réflexe, une surprise qui "cueille" le spectateur, un moment inscrit dans le réel qui en interrogé néanmoins les règles ( règles physique du temps, de l'espace, etc), règles de limites humaine ( attention, mémoire, visuels, auditive, etc)... Vos expériences et retours la dessus ? 


Je pense justement que l'émotion réflexe n'est pas en rapport avec la magie, mais plus avec la surprise, ou avec la satisfaction de la conclusion qui entraine une relaxation. 
La magie vient après, quand le spectateur reprend ses esprits et commence à intellectualiser.
"Attends mais il se serait passé quoi si j'avais dit ça. Imagine si j'avais changé d'avis..."

Il n'est pas rare d'avoir une réaction spontannée (exclamations, rires, applaudissement) déclenché par la mise en scène (énergie du performer, révélation dramatique, tempo), immédiatement suivie par quelque chose de plus intérieur, un début de vertige.

Je pense que c'est plutôt par là que ça se passe.

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Il y a 2 heures, Gael BOUJON a dit :

Enfin, ce point de vue (qui n'est que le mien), est en contradiction directe avec la suspension volontaire d'incrédulité. Celle que l'on a devant un film, ou un spectacle d'enfant. Je ne crois pas au fait de contourner l'intellect.
Il faut que le spectateur donne tout ce qu'il a pour vraiment vivre quelque chose d'impossible (tant mieux, ça rend notre boulot tellement plus facile).

Tout à fait d'accord :

Contourner l'intellect va faire disparaître (ou affaiblir largement) l'émotion magique... 

Cela peut faire naître d'autres émotions (le théâtre et le cinéma génèrent des émotions intéressantes) , mais pas l'émotion magique. 

Après, il faut réfléchir à l'acceptabilité d'un effet (extraordinaire mais pas impossible) , qui peut ensuite introduire un effet qui lui est impossible... 

Ou comment faire baisser la garde de l'intellect pour l'emmener vers l'impossible ou il perd pied... 

Il y a plein de façons de concevoir le fonctionnement de la magie, c'est aussi ça la richesse de cette discipline 😁

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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Chers tous

suis un peu bousculé avec tous vos "verbiages".... on parle beaucoup, et on doit perdre pas mal de gens en route... 

perso, suis avant tout magicien, et fier, et heureux de l'être... j'ai souvent été contacté pour réaliser des effets pour des pièces de théatre, avec de très grands comédiens , comédiennes... parfois, ils pouvaient être géniaux, et comprendre l'effet magique à l'instant... et parfois, tout le contraire... au moment ou ils devaient activer la chose simple qui faisait le tour... ils cabraient comme un âne qui ne veux pas avancer... 

donc... illusion foutue... 

Maintenant, le vrai moment magique existe, avec les grands magiciens... sans avoir nul besoin de conception théâtrale...

et pas besoin non plus de texte écrit, ou de sous texte... 

Le vrai magicien entre... et déjà capte l'attention.. par "ce je ne sais quoi..." et on l'écoute, on le voit... on est là... 

Il fait ses miracles, avec sa personnalité, on est juste là, dans ce moment suspendu... et on n'a surtout pas le temps de commencer à penser comment... on est juste au bord de ce qu'il nous envoie... 

pas besoin d 'histoire, ou d'autres mécaniques... un Mec est là, inconnu qui nous envoie sa vision de la magie... 

J'ai les noms... vous les avez aussi... 

sinon, ce sera le prochain sujet... l'INA regorge de plein de ces génies... plongez dedans...

Pour le reste, et je travaille comme coach sur plusieurs pièces, saupoudrer de magie, d'effets certains passages est un bonheur subtil... mais une toute autre histoire... 

La magie peut être un plus... comme une épice en cuisine... pas facilement reconnaissable, mais qui donne le gout au gout...

 

 

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    • Je suis d'accord sur l'impact plus ou moins important selon le choix des effets. Je n'ai jamais dit le contraire. Certains effets sont par nature impossibles (la lévitation, lire dans les pensées, arrêter son coeur sans mourir, etc...) comparés à d'autres comme retrouver une carte choisie (sans voyage impossible), un ACAAN, devinez un choix parmi un nombre qui peut être très élevé mais limité. Après une présentation originale et bien menée peut donner un l'un de ces effets finalement plus de force qu'un des premiers cités mal présentés. Le choix de l'effet compte mais pas seulement, c'est une évidence, et je pense que nous sommes d'accord là dessus. Je pense que tu voulais plutôt dire de "moins de soixante ans". Larry Jennings n'a (en tout cas pas à ma connaissance) jamais été très connu du grand public (profane) mais l'a t-il cherché ? Quant au public des magiciens, c'est un nom qui parlent à beaucoup quand même, au moins autant que Edward MARLO, Dai VERNON ou Alex ELMSLEY. Pour Jacques DELORD, c'est vrai qu'il est un peu oublié dans notre milieu même si la réédition de ses merveilleux livres a refait parlé de lui. Quant au public profanes, ses émissions datent d'il y a trop longtemps. Mais il se produit la même chose pour Dominique WEBB, peut de personnes de moins de 50 ans savent de qui il s'agit. Mes parents et les personnes de leurs générations citent souvent Majax, Garcimore mais on ne m'a jamais cité WEBB. Une fois mentionné, certains disent "Oui, je me souviens qu'il y avait..." mais instinctivement ce n'est pas un nom qui marque encore plus que ça. Le fait qu'on se souvienne de Uri GELLER ou de Dominique WEBB ne tient pas à mon sens uniquement ni même principalement au choix de leurs effets même si cela a joué un rôle évident. Uri GELLER affirmait (il ne laissait pas le doute) qu'il avait des pouvoirs. C'est surtout à cause de ça qu'il a fait ce qu'on appellerait aujourd'hui un buzz médiatique. Dominique WEBB laissait plus le doute de ce que j'ai lu. Il était un peu plus "soft". Il était plus sur les annonces du type "Hypnose de masses" ou "Shows à l'américaine" dont il s'est beaucoup inspiré à raison. Ensuite, détail tout de même très important : il n'y avait pas autant de chaînes qu'aujourd'hui et il n'y avait pas l'ère du numérique (portables, plateformes en lignes, etc...). Il n'y avait pas autant de magiciens médiatisés qu'aujourd'hui. On voyait souvent les mêmes. Le numéro de David Stone ou ceux de Klek ENTOS auraient fait un buzz aussi important voire plus à l'époque de WEBB, Majax et Garcimore. Du déjà vu, non, pas pour le prélèvement en direct. J'ai ajouté le reste pour écrire un numéro avec un minimum de scénario, un petit enchaînement sympa. Et j'ai volontairement choisi quelque chose qui pourrait être réalisé sans compère aujourd'hui. Un numéro qui créé l'évènement comme Geller à l'époque, non, certainement pas, je suis d'accord. Alors je t'en pond un autre en 5 min : Le magicien va dans un cimetière et fait sortir et revivre les morts. Si en plus les morts en questions sont des célébrités, buzz assuré. Les avocats de  certaines familles qui attaquent, d'autres qui voudront démontrer à tout prix la supercherie, d'autres encore qui y croiront dur comme fer... Avec de bons zozies, des médecins et ou "scientifiques" complices, biens sûr. Pas besoin de s'embêter de trop, seul l'effet compte. Pavé qu'on lit quand même parce ce qu'il faut bien s'occuper. Non, plus sérieusement, l'échange est sympa, vraiment. Merci d'avoir pris le temps d'écrire tout ça car mine de rien, ça prend du temps et ça témoigne d'une certaine passion aussi. On est pas d'accord sur tout, c'est normal. Mais au travers de ça il y a plein de souvenirs qui ressortent, plein d'infos, de découvertes ou redécouvertes.
    • Merci Thomas et tu me connais il n'y aura pas de manipulations compliquées. Mais je suis très content des premiers retours du public.
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