Aller au contenu

Recommended Posts

Publié le (modifié)

Me revoilà sur le forum après des mois d'absence et je suis heureux d'écrire mes premiers mots pour Gilbus dont j'apprécie toujours autant l'homme que l'artiste.

J'ai écouté l'interview en entier même si cela fait déjà plusieurs fois que j'entends Gilbus répondre à ces questions. J'adhère à ses positions, à sa vision globale de la magie, de ce qu'est un art vivant, de ce qu'il permet et le rejoins dans  l'incitation à la lecture de livres modernes ET anciens : trouver et acquérir ces derniers demande un peu de temps parfois mais pas tant d'argent que ça.

On trouve des "Payots" pour moins de 40€, des Tarbell pour moins de 150€ la collection complète des 8 ouvrages, des anciennes revues Imagik, l'Illusionniste, Mad Magic, en lots pour pas si cher, sans parler des livres des années 70-80-90 que l'on trouve facilement et pas trop chers aussi en cherchant bien (les sites et forums qui en proposent ne manquent pas, à commencer par VM).

Quand j'ai lu "Les secrets du Sorcier" de Rezvani ou une traduction de "Expert at Card Table" de Erdnase, j'ai été très surpris par la modernité des mouvements qui y étaient décrits alors que ces ouvrages datent de la première moitié du siècle dernier.

Les livrets de Pavel et de Marconick décrivent des routines dont beaucoup d'explications peuvent paraître désuètes aujourd'hui mais avec des supports divers et parfois peu courants, de la couleur, des idées d'effets transposables, adaptables, oubliés mais qui ne demandent qu'à renaître.

En relisant le "Mark Wilson Course of Magic" de Mark Wilson, vous y trouverez presque d'entrée un petit chargeur de cartes simple, économique et pratique à réaliser, une routine de carte signée déchirée et reconstituée sans manipulations ni gimmick qui n'a rien à envier aux méthodes récentes, etc...

J'ajouterai une autre incitation par rapport à la lecture : lire des livres au contenu varié en termes d'effets ET de supports (cartes, foulards, papiers, pièces, allumettes, briquets, fourchettes, plantes vertes, pinces à escargot, etc...). Même si vous ne vous intéressez qu'à la cartomagie, un principe peut être transposé, amélioré, adapté à un autre support, à une autre situation, à un autre dimension. Cela oblige à sortir du cadre, à faire travailler l'imagination et créer, c'est d'abord imaginer. Ensuite il y a la longue recherche des bons matériaux et/ou des bonnes techniques, etc... ou inversement.

Une petite remarque à propos des titres de routines que cite Gilbus au début de l'interview : je trouve que ces titres reflètent déjà une certaine approche de la magie, une originalité.

Lorsqu'il vous parle du "jeu des bouchons", "du tour des fourmis", de "l'arbre est dans ses feuilles" ou du "tour des ficelles de Gilbus" (que je n'ai toujours pas vu Gilbus !!! Mais ne pas le voir nous permet d'avoir un petit "leitmotiv" que tu avais déjà souligné), etc... Ces titres me renvoient à une certaine bonhommie et me rendent curieux de les voir.

Cela fait penser aux titres de tours et/ou de spectacles, d'effets d'annonces de certains grands noms de la magie des siècles derniers comme :

- "L'oranger merveilleux", "Le pâtissier du palais Royal", "La corne d'abondance", "La bouteille inépuisable", etc... de Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN

- "Le décapité récalcitrant", "L'escarpolette polonaise", "Le nain jaune", etc... de Georges Méliès

Dans ses mémoires, Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN raconte d'ailleurs un effet d'annonce d'un magicien ambulant (je ne sais plus si il parle de son personnage Torrini ou d'un autre) qui disait qu'en final il mangerait un spectateur vivant.

Je rejoins aussi Gilbus sur les artistes et ouvrages cités. J'ajouterai deux livres incontournables pour leur richesse :

- "Close-up" de David STONE pour le close-up de table à table entre autre

- "Fondations" de Eberhard RIESE

Deux ouvrages assez facile à trouver, accessibles à des débutants avertis (c'est à dire qui veulent d'ores et déjà présenter quelque chose de pro, de construit, de personnel).

Pour la créativité :

- le livre "La magie de Pavel" : dans les premières pages, son processus créatif est décrit. Il est clair, assez bref, illustré de plusieurs exemples.

- consulter le site de Dominique Duvivier sur les familles d'effets et construire la votre (cela va de paire avec ce que décrit Pavel dans son livre)

- "être curieux" comme le dit si souvent Gaëtan BLOOM, voir dans tout objet ou situation qui vous intrigue un moyen d'en faire quelque chose de surprenant, d'amusant et/ou de merveilleux.

- regarder les Tarbell de Dan HARLAN après avoir lu les Tarbell originaux : comme démonstration d'un processus créatif, c'est remarquable !

- aller voir des spectacles dès que se sera possible (magie et hors magie) : consulter les sites des théâtres, des salles de spectacles, aller au Moulin Jaune voir les magnifiques jardins et assister aux journées à thèmes de Slava PULUNIN, aller à la maison de la magie de Blois, au Futuroscope de Poitiers, aux spectacles organisés par Gérard SOUCHET, au musée de la magie de l'Académie Georges PROUST, aller à la rencontres des artistes !

En attendant, vous pouvez aller sur youtube consulter les numéros de magie modernes et anciens, taper les noms dont certains vous parlent sans cesse, auxquels vous avez juré de jeter un oeil sans jamais le faire : Fred KAPS, Jean VALTON, Albert GOSHMAN, Tony SLYDINI, PAVEL, Larry JENNINGS, Brother John HAMMAN, Ricardo FANTASIO, Jacques DELORD, Channing POLLOCK, Marconick, ...

Et regardez les vidéos qui attirent votre attention dans celles proposées : vous y trouverez souvent des jeunes et moins jeunes reprenant les routines de ces grands noms avec plus ou moins de personnalité, d'aisance. Par comparaison, vous trouverez ce qu'il est bon ou moins bon de faire, vous découvrirez ou redécouvrirez des façons de présenter certaines choses, vous découvrirez des artistes encore inconnus mais qui méritent de l'être (et il ne faudra pas hésiter à les présenter ici par exemple). Vous tomberez sans doute aussi sur des vidéos de numéros mal présentés, gâchés, débinés qui vous énerveront (mais dans ce cas ne créez pas un énième sujet débinage ici, mieux vaut ne tout simplement pas en parler et mettre en valeur ceux qui méritent de l'être).

Regardez les spectacles du Cirque du Soleil mis en ligne, regardez vos enregistrements de vieilles émissions de Patrick Sébastien, etc...

Bricolez, essayez , ouvrez au moins un tour sous blister qui n'est jamais sorti de l'un de vos tiroirs ou ressortez-en un qui n'a pas vu la lumière depuis un moment.

Regardez de temps en temps une des centaines de vidéos monumentales que Thomas a réalisé et mis à notre disposition sur VM. Faites des choix car il y en a pour plusieurs vies à assimiler le contenu qui s'est ajouté au site depuis le début de la crise.

Et regardez cette interview de Gilbus jusqu'au bout au lieu de lire mon "roman de retour" !

 

Modifié par Marc Page
  • J'aime 4
  • Merci 1
Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Publié le
il y a 33 minutes, Gael GAGNEPAIN a dit :

J'ai rien inventé @Georges PERONmais je trouve que certains magiciens et surtout créateurs sont très peu mis en avant, alors qu'ils le méritent amplement...

Alors j'ai décidé de commencer ces interviews en format " court " afin que la communauté puisse en apprendre d'avantage sur les intervenants de ces interviews et leur travail !

Oui, on a tous à apprendre des autres !

  • J'aime 1
Publié le

Oui @Georges PERONj'en suis convaincu !

Et je crois que nous avons tous à apporter à la magie, j'ai bien dit tous !

Par exemple moi avant je ne voyais que la technique, la technique, la technique et bien c'est grâce à des magiciens comme @Michel (Darlone)et @Gilbusque j'ai finalement compris l'importance et la puissance d'un texte, d'une histoire, d'un contexte et j'en ai vraiment pris conscience il n'y a pas si longtemps 🤣 même si j'avais pu le constater déjà auparavant grâce à Christian Chelman par exemple, le declique c'est fait grâce à ces magiciens...

  • J'aime 1
  • Merci 1
Publié le
il y a 5 minutes, Gael GAGNEPAIN a dit :

 

Par exemple moi avant je ne voyais que la technique, la technique, la technique et bien c'est grâce à des magiciens comme @Michel (Darlone)et @Gilbusque j'ai finalement compris l'importance et la puissance d'un texte, d'une histoire, d'un contexte et j'en ai vraiment pris conscience il n'y a pas si longtemps 🤣 même si j'avais pu le constater déjà auparavant grâce à Christian Chelman par exemple, le declique c'est fait grâce à ces magiciens...

Et ce n'est pas fini, car moi qui ai bientôt un demi-siècle j'apprends encore des trucs toutes les semaines ! C'est la meilleure des mentalités que de penser qu'on a encore à apprendre 😉

  • J'aime 1
Publié le
Le 03/04/2021 à 14:12, Gael GAGNEPAIN a dit :

Voici la deuxième interview de ma chaîne qui concerne cette fois : GILBUS !

 

Merci Gaël et Gilbus. J'ai enfin réussi à trouver un moment pour tout regarder (et écouter), c'est très sympa. 

À la question « Gauguin, il est pointilliste ? » (à 30’ 42’’) il faut répondre : non !

La corde à travers le cou : très bien !

 

« La partie la plus importante dans un spectacle de magie, c’est le public. » (Gilbus)

 

  • J'aime 1
  • Merci 1
Publié le (modifié)
il y a 5 minutes, Christian GIRARD a dit :

À la question « Gauguin, il est pointilliste ? » (à 30’ 42’’) il faut répondre : non !

J'étais pas sur, alors je n'ai rien dit puis j'essaye de ne pas couper l'invité dans son discours !

Entre-nous je connais plus MANET !

Merci pour ton petit commentaire 😉

Modifié par Gael GAGNEPAIN
  • Haha 2
Publié le
Il y a 7 heures, Christian GIRARD a dit :

la question « Gauguin, il est pointilliste ? » (à 30’ 42’’) il faut répondre : non !

Bien évidemment :

J'ai bêtement confondu neo-impressionisme et message-impressionnisme... Ou avais-je la tête... 

Mais j'ai lu quelque part que gauguin se moquait au contraire du pointillisme, c'est peut être ce qui a déclenché l'association d'idée... 

Ceci dit, gauguin pouvait aussi illustrer mon propos, avec son style composé de grosses tâches de peinture, qui ne ressemblent à rien de tout près et prend son sens dès qu'on regarde l'ensemble (c'est juste une appréciation personnelle, comme vous l'avez vu, je ne suis pas une flèche en peinture... Mais j'ai eut un gauguin dans mes toilettes pendant des années.. 🐠.) :

J'assimile le style de gauguin avec une "contrainte", ce qui était mon propos... 😁

Gilbus

  • J'aime 2

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
Il y a 7 heures, Christian GIRARD a dit :

« La partie la plus importante dans un spectacle de magie, c’est le public. » (Gilbus)

Comme à ton habitude, tu as retenu la phrase la plus importante de cette heure de baratin 😁

Qui est d'ailleurs une dérivation du fameux : "la magie ne nait pas dans les mains du magicien, mais dans l'esprit du spectateur" 

Je pourrais détailler les implications de cette phrase en 6 articulations principales des 17 points de base, mais tout compte fait, il est préférable de laisser ceux qui le veulent chercher eux même :

Une vérité que l'on trouve seul est bien plus forte que 1000 vérités que l'on reçoit toutes cuites...

 

 

 

 

(oui, c'est aussi un des principes de création de l'illusion, je cherchais à faire dans le subliminal, vous m'avez démasqué 😉

Gilbus

  • J'aime 3

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
Il y a 18 heures, Jean-Manuel (Cervier) a dit :

Si on me demandait quels magiciens m'ont le plus influencé, "c'est ballot", je ne pourrais pas citer Gilbus, il n'est pas magicien 😉

Hihihi, merci pour le cirage, ça me rend plus brillant 😊😉

C'est vrai que "je ne suis pas vraiment magicien..." 

Je répète ça à tout bout de champ pour garder à l'esprit la différence entre magicien et illusionniste... 

Entre autres raisons... 

À vous de trouver lesquelles... 😉

Je ne sais pas si on peut influencer quelqu'un. 

On peut attirer son attention sur une partie de la richesse qu'il possède déjà, mais qu'il ne voit pas, peut être.

Une conception holistique de l'univers permet elle l'influence ? 

Gilbus

  • J'aime 2

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Rejoins la conversation !

Tu peux publier maintenant et t'enregistrer plus tard. Si tu as un compte, connecte-toi maintenant pour publier avec ton identité.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Restaurer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédemment saisis, a été restauré..   Effacer le contenu

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

  • Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
  • Messages

    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
    • C'est dans 1 mois! Quelqu'un pourrait-il afficher le programme complet? Merci!!
  • Statistiques des membres

    • Total des membres
      8519
    • Maximum en ligne
      9330

    Membre le plus récent
    Augustin JAUFFRET
    Inscription
  • Statistiques des forums

    • Total des sujets
      85.3k
    • Total des messages
      684.2k

×
×
  • Créer...