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@Magic Tony, je pense que tu confonds 2 notions.

La 1ère : La présentation de l'effet qu'elle soit en début de tours ou bien en temps réel est a éviter car elle diminue l'impact sur le spectateur (ce qu'explique radlabo dans sa description de ce qu'il faut éviter).

La 2ème : La parenthèse d'oubli, c'est a dire prendre un temps pour rappeler le déroulement du tours. Cela permet d'augmenter le degré d'impossibilité de ce qui va suivre (Climax) et/ou "perdre" le spectateur afin qu'il oublie des détails lui permettant de remonter le tours.

 

 

Modifié par Darnau
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Publié le

je ne me sert que de jeux truqués:

En effet, tous les dos sont identiques, ce qui permet de faire croire au spectateur qu'on les mélange.

Mais toutes les faces sont en réalité différentes, ce qui me permet de les reconnaitre discrètement...

De la même façon, mes pièces sont truquées: je montre une face, je retourne la pièce discrètement et, magie! c'est le coté pile qu'on vois maintenant!

Mes cordes sont truquées aussi: elles ont deux bouts, mais si je coupe (discrètement toujours) la corde, j'arrive à montrer jusqu'a QUATRE bouts!

En fait, l'art de la magie consiste à utiliser DISCRÈTEMENT tout ce matériel truqué...

Gilbus

  • J'aime 1

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)
Il y a 2 heures, Darnau a dit :

La 1ère : La présentation de l'effet qu'elle soit en début de tours ou bien en temps réel est a éviter car elle diminue l'impact sur le spectateur (ce qu'explique radlabo dans sa description de ce qu'il faut éviter).

C'est la fameuse règle de Robert-Houdin et consort:

Citation

N'annoncez jamais à l'avance ce que vous vous proposez de faire. Si quelque chose se passe mal, vous pourrez enchainer sur autre chose sans que le spectateur s'en rende compte.

je crois que de nos jours, on peut pondérer cette règle dans certains cas:

Notamment tous les tours basés sur le suspens.

Dans ces tours, on annonce en général une chose impossible, ce qui permet justement au public de suivre attentivement sa réalisation.

Ensuite, soit on réalise cette chose impossible.

Soit on semble ne pas y arriver, mais en fait si.

Soit on réalise en fait autre chose, encore plus impossible.

Dans ce type de tours, annoncer à l'avance ce qu'on va faire est au contraire une stimulation de l'intérêt.

Par exemple, dans "out off this gilbus" (décris quelque part sur le forum, il me semble...), j'annonce clairement que je vais faire un "out off this word" avec les cartes faces en l'air.

Les gens, qui viennent de voir un out off this world faces cachées, sont intéressés : Enfin, là, on va voir comment ça marche. Ou alors: mais comment il pourrait tricher si on voit tout...

Cela permet de maintenir un part de concentration du public pour un tour qui sinon paraitrait bien long....

 

Il y a 2 heures, Darnau a dit :

La 2ème : La parenthèse d'oubli, c'est a dire prendre un temps pour rappeler le déroulement du tours. Cela permet d'augmenter le degré d'impossibilité de ce qui va suivre (Climax) et/ou "perdre" le spectateur afin qu'il oublie des détails lui permettant de remonter le tours.

ben, j'ai de la parenthèse de l'oubli une définition beaucoup plus large: c'est tout ce qui va faire oublier une chose, en utilisant un décalage dans le temps.

La parenthèse de l'oubli peut, certes, être créée par un récapitulatif, mais aussi par une question, une remarque, une gestion de spectateur, un problème quelconque... bref, par tout ce qui permet d'insérer une diversion temporelle.

A lire aussi ce que dit Tamariz sur les émotions d'effacement de mémoire, dans son livre "l'arc en ciel magique".

La parenthèse de l'oubli est une manipulation de la mémoire à court terme.

Elle consiste à occuper l'esprit du spectateur pour lui faire oublier une chose qui est de toute façon "négligeable", et ne lui laisser qu'une "impression" sur ce qui s'est passé avant.

On peut lier les parenthèse de l'oubli à des parenthèses spatiales ou contextuels, le récapitulatif étant dans ce cas, effectivement, une parenthèse de l'oubli doublé d'une parenthèse contextuelle.

Personnellement, j'utilise plus les récapitulatifs pré climax pour renforcer celui-ci.

Tamariz s'en sert aussi pour construire de faux souvenirs, mais bon, il est fort, lui ;)

Gilbus

Modifié par Gilbus
  • J'aime 2

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
Il y a 12 heures, radlabo a dit :

C'te une blagounette? Où sont les caméras??

Bon , attendez moi je sors le popcorn et vais mettre une petite laine, je veux lire la suite mdr

 

franchement, t'es fou, tu provoques toi!!!

Je n'ai pas trop compris... 😅

Publié le
Il y a 11 heures, SébastienO a dit :

Pour parler sérieusement du sujet, tu peux simplement présenter le jeu de cartes et ses particularités (4 couleurs = 4 saisons, 52 cartes = 52 semaines, valeurs des cartes = 365, etc...).

 

 

Ce n'est pas trop la réponse que j'attendais mais merci. Je vais préciser un peu ma question.

Imaginons que j'aille aborder des gens dans la rue et leur propose un tour de carte. Je pense qu'il est important de leur "présenter"ou montrer l'outil que je vais utiliser, c'est à dire les cartes. S'il n'y a pas de montage, je leur dit "voici un jeu de cartes, vous pouvez l'observer et le mélanger...".

Mais si il y a un montage sur le dessus, j'éventail les dos, puis les faces en disant quelque chose. Je voulais savoir les erreurs classiques à ne pas commettre. Il faut trouver le juste milieu pour ne pas être trop descriptif (dans la magie en générale). Exemple d'erreur classique de débutant, "Voici un jeu de carte à dos bleu..." Y a t'il d'autres erreurs ? 

Merci pour vos réponses et pistes de réflexions.

La magie se joue sur des petits détails donc autant mette toutes les chances de son côté...

Publié le (modifié)
il y a 38 minutes, Mikael1 a dit :

Je n'ai pas trop compris... 😅

En fait, on te chambre un peu car c’est une présentation « classique » de débutant que de parler de « jeu normal », ou de s’étendre sur les cartes « toutes différentes ».

La mode ces temps-ci est de ne pas attirer l’attention du spectateur de façon apparente, sur la normalité ou pas d’une chose, mais de faire construire la « normalité » de cette chose directement par le spectateur, dans son esprit.

Le travail du magicien consistant à guider subrepticement l’esprit du spectateur vers la conviction que « le jeu est normal », sans jamais lui dire ouvertement.

Les méthodes sont multiple, allant du fait de faire toucher ou mélanger le jeu par le spectateur, a des manipulations purement psychologiques, le magicien étant complétement indifférent aux cartes, les tripotant sans aucun attention, en faisant parfois tomber, et les remettant n’importe où, mélangeant machinalement tout en parlant, bref, en faisant en sorte que le spectateur se persuade que le magicien n’en a rien à fiche, de ces cartes. Donc, elles doivent-être peu intéressantes, et encore moins truquées…

C’est donc, je suppose, dans cet esprit que certaines remarques ont été dites, mais on oublie parfois deux choses :

D’une part, tout le monde débute un jour, et on ne peut pas être au courant des manies d’une communauté d’un coup… ;)

D’autre part, parler du jeu de carte, et de ses combinaisons astronomiques, de ses avantages en tant que générateur de hasard, de sa facilité de lecture etc., bref, raconter des fariboles authentiques sur le jeu de carte peux donner un bon texte.

Et finalement un bon tour ;)

Mais c’est vrai, quand même… «52 cartes toutes différentes » ? Vraiment ?

Gilbus

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)
il y a 29 minutes, Mikael1 a dit :

"voici un jeu de cartes, vous pouvez l'observer et le mélanger...".

l'idée est bonne, mais je simplifierai:

"Tenez, mélangez les cartes"

Tu n'as pas besoin de dire que c'est "un jeu de carte" : tu as un jeu de carte dans la main, même ceux qui ne jouent jamais aux cartes savent ce que c'est.

Tu n'as pas besoin, et c'est même préjudiciable, et dire: "vous pouvez l'observer".

A bon, on peut l'observer? il y a donc quelque chose a voir?

C'est déjà entrer dans une démarche: "je vous met au défi de trouver le truc...", ce que j'imagine tu ne cherches pas...

il y a 29 minutes, Mikael1 a dit :

Mais si il y a un montage sur le dessus, j'éventail les dos, puis les faces en disant quelque chose. Je voulais savoir les erreurs classiques à ne pas commettre. Il faut trouver le juste milieu pour ne pas être trop descriptif (dans la magie en générale).

Si tu as un montage, tu doit te comporter comme s'il n'y en avait pas:

Mélange tes cartes machinalement tout en parlant, fait en tomber sur la table, remet les n'importe ou, fait en sorte que l'important, ce ne soit pas les cartes, mais ce qu'on va faire avec, lecture de pensée, contrôle de l'esprit, invocation de farfadets, bref, n'importe quoi, mais un truc que tu sais rendre intéressant.

Tu ne va pas faire un tour de carte, mais tu va faire un miracle! (avec des cartes, ok....mais on s'en fiche)

Tiens, regarde les vidéo de lennard green, si tu veux voir un bucheron qui ne sais pas tenir un jeu faire des miracles...

Un TRÈS grand maitre du décalage entre le personnage (maladroit) et son habileté réelle (colossale...)

Il n'avais pas gagné une FISM, car les jurys pensaient qu'il s'était aidé d'un jeu truqué... la fois d'après, il a utilisé le jeu d'un des jurés, et a remporté la FISM haut la main.

Cela peut te donner des pistes...

Gilbus

 

Modifié par Gilbus
  • Merci 2

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
il y a 7 minutes, Gilbus a dit :

En fait, on te chambre un peu car c’est une présentation « classique » de débutant que de parler de « jeu normal », ou de s’étendre sur les cartes « toutes différentes ».

 

Merci.

Je n'ai pas parlé de jeu normal. Je pense qu'il y a une nuance entre dire un jeu normal et un jeu classique. Je ne trouve pas que l'on attire beaucoup l'attention avec le mot classique, surtout si on continue la phrase et qu'on met l'intonation sur un autre mot.  Je pense en effet qu'il est inutile de dire toutes différentes...

Je trouve ça un peu dérangeant de commencer un tour directement sans une première présentation car beaucoup de profanes pensent que l'on utilisent des cartes truquées...

Publié le
il y a 8 minutes, Gilbus a dit :

l'idée est bonne, mais je simplifierai:

"Tenez, mélangez les cartes"

Tu n'as pas besoin de dire que c'est "un jeu de carte" : tu as un jeu de carte dans la main, même ceux qui ne jouent jamais aux cartes savent ce que c'est.

Tu n'as pas besoin, et c'est même préjudiciable, et dire: "vous pouvez l'observer".

A bon, on peut l'observer? il y a donc quelque chose a voir?

C'est déjà entrer dans une démarche: "je vous met au défi de trouver le truc...", ce que j'imagine tu ne cherches pas...

Si tu as un montage, tu doit te comporter comme s'il n'y en avait pas:

Mélange tes cartes machinalement tout en parlant, fait en tomber sur la table, remet les n'importe ou, fait en sorte que l'important, ce ne soit pas les cartes, mais ce qu'on va faire avec, lecture de pensée, contrôle de l'esprit, invocation de farfadets, bref, n'importe quoi, mais un truc que tu sais rendre intéressant.

Tu ne va pas faire un tour de carte, mais tu va faire un miracle! (avec des cartes, ok....mais on s'en fiche)

Tiens, regarde les vidéo de lennard green, si tu veux voir un bucheron qui ne sais pas tenir un jeu faire des miracles...

Un TRÈS grand maitre du décalage entre le personnage (maladroit) et son habileté réelle (colossale...)

Il n'avais pas gagné une FISM, car les jurys pensaient qu'il s'était aidé d'un jeu truqué... la fois d'après, il a utilisé le jeu d'un des jurés, et a remporté la FISM haut la main.

Cela peut te donner des pistes...

Gilbus

 

Merci pour ces conseils, c'est exactement ce qu'il me faut. 

Je vais essayer de ne pas faire des tours avec montage pour le tour d'entrée.

Publié le
il y a 7 minutes, Mikael1 a dit :

beaucoup de profanes pensent que l'on utilisent des cartes truquées

La grande majorité des profanes ne sais même pas qu'il existe des jeux de cartes truquées... donc ne t'inquiète pas, ils ne te soupçonnerons pas d'utiliser quelque chose qu'ils ne connaissent pas...

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
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