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Bonjour,

allez je me lance... Ne soyez pas trop sarcastique dans vos réponses, je livre mes interrogations en toute honnêteté ! :blush:

Pourquoi certains magiciens ne font pas plus entendre leurs voix dans le paysage magique ?

Je viens de me faire une cure des messages postés par Sébastien Clergue sur VM et autres forums. Ils me font un bien fou à lire et à relire au fil de ma progression.

Ricky Jay, Mickael Weber et leurs équipes

Derren Brown et son équipe,

Coperfield, Kenner, et leurs équipes,

David Blaine et son équipe,

Derek Delgaudio,

Helder Guimaraes,

Eric Mead,

Raphael Navarro, Yann Frish et leur troupe,

Norbert Ferré.

Et j'en passe !

La plupart des magiciens cités sont considérés comme « underground » avec toutes les définitions que l'on peut donner à ce mot. Là n'est pas le sujet.

Ma question est peut-être naïve mais pourquoi ne se manifestent-ils pas plus dans notre communauté ?

J'ai reçu mes plus grandes leçons en live.

Soit en rencontrant des magiciens lors de réunion,

soit en allant à une (vrai) conférence,

soit en allant aux spectacles (à Paris ou en Province).

Pourquoi n'y-a-t-il pas plus de spectacles de magie filmé ?

Je ne demande pas à ce qu'ils soient distribués par les grandes surfaces, ou financés par TF1 production... Mais pourquoi certains spectacles ne sont-ils pas filmés (sans explication) pour être distribués dans les boutiques de magie ?

On va me rétorquer que la magie est un art du spectacle vivant. Difficile à capter en vidéo. Il faut y assister en directe pour mieux ressentir. Je suis d'accord.

Mais par exemple le spectacle « Ricky Jay & his 52 assistants » a été filmé (il y a 20 ans maintenant!) et cela a fait un bien fou à la magie. Ce spectacle est très souvent cité en exemple dans beaucoup de discussion.

On va me rétorquer peut-être le risque financier ? Je ne crois pas. Je ne pense pas être le seul à regretter de ne pas voir certains spectacles hors de nos frontières.

Un Dani daortiz dans un petit théatre espagnol entouré de profane,

Un Delgaudio aux états-unis,

Un Sadowitz au Royaume-Unis,

Un... la liste peut être longue.

Le seul à ma connaissance à avoir fait ça, c'est Dominique Duvivier en proposant son spectacle Intimiste en dvd. La possibilité d'acheter uniquement le spectacle ou le coffret avec les explications.

_Diff%C3%A9rentes#Post574416]http://www.virtualmagie.com/ubbthreads/ubbthreads.php/ubb/showflat/Number/574416/Searchpage/1/Main/75177/Words/delgaudio/Search/true/Re:____[R%C3%A9flexion]_Diff%C3%A9rentes#Post574416

Dans ce précédent sujet, Sebastien Clergue évoque rapidement la notion de vérité développé par Delgaudio et Frank Oz pour le dernier spectacle « In and Out itself ». Tout cet été, j'ai littéralement bavé d'envie d'aller le voir comme j'ai bavé d'envie d'aller voir le précédent spectacle.

Mais on ne peux décemment pas prendre un avion et faire l'aller-retour à Los Angeles pour 1h de spectacle.

J'ai retrouvé quelques interview dans le magazine Magic, mais il reste très vague sur sa conception. J'ai eu la chance de le voir quand il était de passage au Double Fond, mais mes camarades et moi étions encore trop occupé à lui poser des questions sur ses techniques cartomagiques plutôt que de s'intéresser à d'autres choses, peut-être plus profonde. Maintenant je le regrette et je ne suis pas sur d'avoir une seconde chance. Bref.

J'ai l'intime conviction qu'avoir l'opportunité de voir son spectacle ou le précédent en duo avec Helder Guimaraes, ne serait-ce qu'en vidéo, serait aussi bénéfique que l'a été celui de Ricky Jay.

Le seul magicien qui me vient à l'esprit c'est Eugene Burger que j'estime énormément et qui passe du temps pour expliquer sa vision et prends son rôle de Pédagogue au sérieux.

Alors vous êtes peut-être entrain de sourire derrière votre écran, vous êtes peut-être entrain de vous dire que je suis au « stade 2 » de la dépression. Mais vraiment je ne comprends pas.

Après tout mon blabla, ma question est simple : pourquoi ne se manifestent-ils pas plus (même un peu) pour aider à élever le niveau général de la Magie. Pourquoi ai-je toujours cette impression de devoir lire entre les lignes quand ces noms de la magie parlent.

Dai Vernon était The Professor,

Eugène Burger est le Dean,

Pourquoi parmi tous ces grands noms que j'ai cité, personne ne reprend un peu le flambeau de "professeur" avec tous les guillemets nécessaires.

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Après tout mon blabla, ma question est simple : pourquoi ne se manifestent-ils pas plus (même un peu) pour aider à élever le niveau général de la Magie. Pourquoi ai-je toujours cette impression de devoir lire entre les lignes quand ces noms de la magie parlent.

Parce qu'ils en sont au stade 5.

Et qu'à ce stade on trouve:

"Il est surtout en paix avec lui-même car il a compris que chaque magicien évolue avec sa magie de façon différente, comprend chaque chose à son rythme et sa manière, et que si "révélation" il doit y avoir, ce sera d'abord par une démarche individuelle et personnelle. Que cela ne sert à rien de lui marteler des évidences ou des "feedbacks" véhéments si la personne en face de lui n'est pas (encore) prête à l'écouter."

Et ce n'est pas du sarcasme, c'est réellement ce que je pense être la réponse. ;)

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"Pourquoi n'y-a-t-il pas plus de spectacles de magie filmé ? "

Bonsoir.

Car cela demande des moyens matériels, certaines connaissances et de l'aide pour faire quelque chose de propre.

Car certains magiciens sont des tocards sans imagination qui copient ce que font leurs confrères. Il n'y a qu'à voir les spectacles basés sur Brown ou alors ceux qui s'inspiraient de Kurtz lorsqu'il faisait encore son spectacle.

Car les personnes se disent qu'il n'y aura pas de clientèle pour ça même sous forme dématérialisée.

Car un spectacle ça se vit en direct et une vidéo permet à des curieux de visionner, revisionner, tenter de remonter des effets, etc.

Je trouve ça dommage, car cela permet de laisser des traces quand on passe à un nouveau spectacle (une forme d'archive). Personnellement, je prends énormément de plaisir à voir des spectacles comme celui de Kurtz en VOD ou de vieilles archives de Cassidy, Dunninger en train de performer.

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Je viens de me faire une cure des messages postés par Sébastien Clergue sur VM et autres forums. Ils me font un bien fou à lire et à relire au fil de ma progression.

J'ai fait une recherche avec ce nom dans vm et rien, quel est son pseudo si ce n'est pas indiscret, puisqu'il est intéressant à lire?

Publié le
Parce qu'ils en sont au stade 5.

Et qu'à ce stade on trouve:

"Il est surtout en paix avec lui-même car il a compris que chaque magicien évolue avec sa magie de façon différente, comprend chaque chose à son rythme et sa manière, et que si "révélation" il doit y avoir, ce sera d'abord par une démarche individuelle et personnelle. Que cela ne sert à rien de lui marteler des évidences ou des "feedbacks" véhéments si la personne en face de lui n'est pas (encore) prête à l'écouter."

Et ce n'est pas du sarcasme, c'est réellement ce que je pense être la réponse. ;)

J'ai mis en gras certains passages sur lesquels j'aimerais rebondir.

« parce qu'ils en sont au stade 5 ».

Je ne suis pas sûr de comprendre. Ou peut-être que j’interprète mal.

J'ai l'impression qu'il y a une forme « d'égoïsme » dans ce stade 5 ?!

« J'ai trouvé la paix avec moi même, à vous d'en faire autant. Ne comptez pas sur moi pour vous aider ».

Et puis quand Seb avait fait ce poste en comparant le modèle Kubler-Röss des 5 stades avec le milieu magique, cela s'adressait avant tout à nous, magiciens amateurs.

Pour caricaturer.

Admettons que j'arrive au stade 5 ; que je trouve la paix. Tant mieux, c'est une bonne chose pour moi, mais le monde s'en fou.

Par contre que des magiciens de ce calibre qui sont justement à ce palier et qui ne se manifestent pas plus, c'est fort dommage ! Non ?

Dans le stade 3, Seb dit également : En magie, c'est le dernier qui a parlé qui a raison, et comme ce n'est pas souvent Dai Vernon qui parle...

Donc on peut se demander pourquoi les maitres ne s'expriment pas plus ?

Et je ne parle pas de s'exprimer plus sur des forums. Je parle bien de s'exprimer à travers des interviews, des documentaires, des livres, des biographies, des spectacles filmés, etc.

Dans son ensemble, "le stade 5" invite à une démarche individuelle. Je comprends le principe et je suis plutôt d'accord sur l'idée. Mais, car il y a un "mais"... il y a quelque chose qui me gêne dans le fond.

« comprendre chaque chose à son rythme » /« une démarche individuelle et personnelle »

Bien sur que le gros du travail est personnel. Mais est-ce que Larry Jennings aurait été Larry Jennings si il n'avait pas passé une grande partie de sa vie auprès de Vernon ?

Pour prendre le premier exemple qui me vient à l'esprit.

Ce que je veux dire c'est que l'on a besoin de guide, de maitre, de prof. Et je m'étonne que les magiciens qui m'inspirent le plus sont finalement les magiciens qui partagent le moins (et je ne parle pas des tours). Exception faite à Burger justement. Et ça me rend triste de ne pas les entendre plus.

"si la personne en face de lui n'est pas (encore) prête à l'écouter".

Quid des personnes qui sont prêt à écouter justement ?

Et c'est en cela que je parlais notamment des captations vidéos des spectacles des magiciens cités plus haut.

Quelqu'un qui ne veut pas entendre ou qui n'est pas prêt à entendre... ok, ça ne sert à rien qu'ils perdent leurs temps à s'exprimer.

Mais dans ce stade 5, il manque quelque chose à mon sens.

Pour ceux qui sont prêt à écouter. Ils sont un peu sans réponse.

J'ai fait une recherche avec ce nom dans vm et rien, quel est son pseudo si ce n'est pas indiscret, puisqu'il est intéressant à lire?

Son pseudo c'est Seb.

Seb

Enjoy ! :)

Publié le

Mais dans ce stade 5, il manque quelque chose à mon sens.

Pour ceux qui sont prêt à écouter. Ils sont un peu sans réponse.

Je ne pense pas qu'ils soient sans réponses.

Les réponses sont simplement disséminées dans les messages, les écrits ou les vidéos existantes.

Celui qui est prêt à écouter est aussi prêt à rechercher.

Ne plus re-poster les mêmes choses, ce n'est pas à mon sens de l'égoïsme, mais du réalisme face au: "En magie, c'est le dernier qui a parlé qui a raison, et comme ce n'est pas souvent Dai Vernon qui parle... "

Pour ce qui est des autres supports de transmission, n'étant pas concerné (je suis en phase de régression 3) je ne peux te répondre, mais peut être que cette citation peut apporter une réponse si on l'extrapole aux gens qui ont une expérience:

"L'ennui en ce monde, c'est que les imbéciles sont sûrs d'eux et les gens sensés pleins de doutes."

Publié le (modifié)

Hé ben, il semblerai que certains prennent le texte rigolo de SEB très au sérieux… :)

_Les_cinq_stades_de#Post355352]http://www.virtualmagie.com/ubbthreads/ubbthreads.php/ubb/showflat/Number/355352/Searchpage/1/Main/41276/Words/stade/Search/true/[R%C3%A9flexion]_Les_cinq_stades_de#Post355352

Perso, je ne vois pas la magie (ou les passions en générales, puisqu’on peut appliquer une version de ces « stades » à ‘n’importe quelle activité) comme une dépression…

Ce qui est très habile, dans le texte de SEB, c’est qu’il contient une part de vérité, bien sûr :

Comme tous les textes se basant sur un effet barnum.

Et il associe des comportements courants à des « classes » d’évolutions, comme si on devait obligatoirement entrer dans un stade ou l’autre.

Et forcément, grâce à l’effet barnum, on va tous entrer et se reconnaitre à un stade…ou plusieurs.

On ne peut pas utiliser de bicycle et un tapis noir sans être en stade 1.

On ne peut pas se plaindre de quelque chose sans être en stade 2.

On ne peut pas discuter sur le forum sans être en stade 3.

Etc.

Donc, si on fait ce qui est dit, c’est qu’on est à un stade, et que les stades existent !

Alalalaaa…

SEB est vraiment un magnifique illusionniste, qui fait naitre l’illusion d’une classification de toute pièce, a vue, et sans double fond ! ;)

Et ce qui est fort, c’est que quoi que vous fassiez, vous rentrerez dans un de ces fameux stade : donc vous serez ridicules, ou complétement à l’ouest.

Seul le stade « ACCEPTATION », le 5, donne une image valorisante, et donc est le seul but valable que devrait rechercher chaque magicien…

La manipulation est assez évidente ;)

Le fait qu’on soit tous globalement d’accord avec le stade 5 confirme : les autres activités sont donc pourries.

Et c’est là qu’est le truc ;)

Vous savez que je n’aime pas débiner, mais là, tant pis je me lâche… ;)

Le problème de cet habile classement, c’est que toutes les activités d’échange communautaires sont mal classées.

Seule la recherche personnelle, en s’en fichant de l’avis des autres, est bien vue.

Notre magicien évolué stade 5 va donc « moins aimer les puzzles et davantage la magie », tout seul, en compagnie de ses chères vidéos de grands maitre, ou de films loués dans les médiathèques.

Il concevra tout seul ses spectacles, ce « sera d'abord par une démarche individuelle et personnelle », et sortira des bouses car il n’aura reçu ni demandé l'avis de personne :

Après tout, il faut qu’il reste dans une démarche individuelle, sinon, il va être déclassé… ;)

Sauf que…

Le magicien purement stade 5, coupé de tous, ne discutant plus de rien, ne regardant plus ce que font les autres, et ne montrant pas ce qu’il fait sauf à son public, il ne marche pas.

Si les plus grands s’entourent d’une équipe, c’est pour former une communauté de travail… et y faire jouer toutes les positions de tous les « stade», afin d’obtenir une émulsion…

C’est le piège de la démonstration de SEB ;)

SEB qui, on le sait, travaille en équipe avec les plus grands, et donc, s’il privilégie la création plutôt que la copie (ce qui est tout à son honneur !), a son propre réseau d’échange et de discussion… Et donc passe sans doute aussi par tous les stades, suivant l’heure de la journée…

Car nous avons tous des comportements appartenant à un stade ou l’autre, suivant ce que l’on fait à un instant donné.

On n’est pas un « stade 2 » chaque fois qu’on proteste, un « stade 3 » chaque fois que essaie de convaincre, un « stade 4 » quand on baisse les bras…

On n’est jamais, jamais, un numéro.

Soyez fiers d’être des êtres humains, complexes, changeant, libres, et n’essayez pas d’entrer ou de sortir de « stades» imaginaires :

La vie est bien plus compliquée que cela, et la réduire en stade ne peux que l’étriquer.

Bien entendu, ce texte fait partie du stade 3.

Arf, je vais donc normalement bientôt entrer en 4, la dépression…

Dur dur…

;)

Gilbus

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Notre magicien évolué stade 5 va donc « moins aimer les puzzles et davantage la magie », tout seul, en compagnie de ses chères vidéos de grands maitre, ou de films loués dans les médiathèques.

C'est une lecture, on peut en avoir une autre.

Ce magicien de stade 5 a mis en place sa démarche perso et en a définit les limites.

Il peut donc faire appel à d'autres personnes en sachant que son parcours va l'inciter à prendre en compte les avis de ces autres et ne pas leur opposer systématiquement les siens.

Ce n'est qu'une proposition, je ne suis pas vraiment au stade 5. ;)

Publié le (modifié)

Hello,

Gilbus a raison, j'ai écrit le texte des "5 stades" comme une simple chronique, basée sur l'observation... il ne faut pas lui donner valeur de Loi ! (quoique...)

Loïc : merci pour ton message, et quelques réponses :

L'immense majorité des magiciens que tu cites sont plus accessibles et "partageurs" que tu ne le penses. En janvier, Weber, Mead, Jermay, Maven se trouveront à deux heures de Paris et pour peu qu'on les aborde avec un minimum de politesse, je ne les ai jamais vu refuser de parler à qui que ce soit. Ou même leur dire "je suis inspiré par votre travail, j'ai quelques questions à vous poser mais je doute que nous ayons le temps sur un congrès de magie, puis-je vous recontacter par e-mail ou Facebook" ? Là encore, peu de chances qu'ils disent non.

Les vrais "undergrounds", c'étaient les Dai Vernon, Charlie Miller & co, de la soi-disant "grande époque", qui étaient proprement inaccessibles : les fidèles et les Gardiens du temple les protégeaient et faisaient barrage, il fallait montrer patte blanche et expliquer pourquoi on osait demander à parler aux Maîtres. Aujourd'hui, les "Maîtres" actuels ne sont qu'à un DM (Direct Message) sur Twitter, et c'est très bien comme ça : les temples sont ouverts, les Gardiens doivent se reconvertir.

En poussant le raisonnement : tu dis que tu ne vas pas aller à Los Angeles pour 1h de spectacle : et pourquoi pas ? Un billet d'avion, un hôtel pour passer quelques jours dans une ville à l'étranger, ça ne coûte que trois ou quatre coffrets de Shin Lim (et franchement, à choisir... bon).

Tu peux t'organiser ton mini-congrès en rencontrant d'autres magiciens sur place. Envoyer un message à l'artiste pour lui dire que tu voyages exprès pour le voir, c'est se mettre une bonne chance de ton côté pour qu'il passe un peu de temps après son spectacle, pour parler avec toi. Quand j'étais étudiant, j'ai essayé de voyager et de payer des verres et des déjeuners à tous mes "héros magiciens" de l'époque, quitte à carburer aux pâtes et au riz le soir, et je n'ai jamais rien regretté. Mes livres de magie, ils étaient aussi là, à table en face de moi, en train de me raconter leurs souvenirs ou de râler sur je-ne-sais-quel sujet.

En poussant le raisonnement à l'extrême : Persi Diaconis a tout quitté à l'âge de 14 ans pour voyager avec Dai Vernon quand il a compris que c'était lui qui était place to be et que sa vie allait changer en apprenant à ses côtés. Bon, je n'encourage pas non plus les mineurs à quitter le domicile familial...

Seul Derren Brown semble avoir une tendance à se protéger des magiciens (et vu qu'il est devenu malgré lui un "moule à clones", on peut tout à fait le comprendre): sur la théorie magique, je pense qu'il a déjà dit et écrit tout ce qu'il avait à dire... dommage que les magiciens aient préféré lui piquer la forme plutôt que le fond. Lui, sa vie, ce sont les spectacles et il continue de les faire du mieux possible, avec désormais une dimension motivational speaking pour s'éloigner de ses armées de clones et garder un temps d'avance. Sa prochaine aventure se situe à Broadway, comme d'ailleurs celle de Derek DelGaudio.

Pas assez de spectacles filmés ? Certains artistes s'y refusent catégoriquement, arguant du fait qu'une expérience de spectacle vivant doit rester... vivante. Certains filment leur nuit de noce, d'autres pas...

Nothing to Hide n'a jamais été filmé et ne sera jamais rejoué, c'est comme ça. A moins de trouver LE réalisateur, pas sûr que In And Of Itself soit un jour filmé. Est-ce que ça ne fait pas partie de la mystique d'un spectacle, de la présentation même d'un tour de magie ? Savoir que ce ne sera joué que là, maintenant, et qu'ensuite il y a des chances que vous ne le revoyiez plus jamais ? Rareté versus "le même spectacle à toutes les tables", là aussi on pourrait en parler...

Est-ce que le fait de s'imaginer un spectacle, de se faire un film dans sa tête, n'est pas plus stimulant que de le voir ? Je n'ai jamais vu la Houlette de Hooker, mais racontée pendant une demi-journée par Gaëtan Bloom, avec les commentaires, les rebondissements, les théories, ce n'est pas comme si j'y étais... c'est mieux que si j'y étais ! Et je suis persuadé que je serai déçu si un jour je la voyais. C'est le génie des grands narrateurs comme Jim Steinmeyer, qui font revivre des numéros qui ne seront sans doute jamais rejoués, mais c'est absolument comme si on y était, qu'on se baladait en coulisses ou sous la scène. Ou comme les trois volumes des Classic Correspondence de Mike Caveney : une mini-plongée dans l'univers d'un magicien, à travers une lettre qu'il a écrite à un confrère. Des dizaines de lettres en tout. Alors oui, il vaut mieux parler anglais... C'est quand même moins compliqué que de quitter le domicile familial à 14 ans.

Ne pas diffuser ou partager davantage ? Derek DelGaudio, pour ne citer que lui, appartient à l'école de pensée de Ricky Jay qui énonce que la meilleure façon de partager son savoir et son expérience, ce n'est pas de faire des conférences ou de vendre des tours destinés aux magiciens, mais de faire des spectacles (ou autres initiatives) destinées au grand public. Le livre sur la théorie, le recueil de secrets, l'interview-fleuve de 3h pour dire sa vérité : tout ceci est là, à la vue de tous, pendant un spectacle d'1h sur scène.

Doivent-ils encore sortir un livre pour les magiciens pour expliquer à quel point ils sont bons ? Ce livre ou ce produit seront balayés par la sortie du mois suivant (le coffret de Shin Lin !)... Quitte à joindre l'utile à l'ambitieux, le personnel au gratifiant, autant que ça soit sur un projet grand public.

SC

Modifié par Seb
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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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