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Invité bénocard
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Il y a 7 heures, Christian Girard a dit :

C'est vrai. Je dois d’ailleurs avoir édité ces dernières années au moins six messages relatifs à Bohm (Shiva s'étant chargé des messages sur Krishnamurti ;)), dont celui-ci pour parler du personnage :

 

Bigre ! Effectivement, je vois que vous m'avez pas attendu xDxDxD

Citation

Une pensée qui se construirait dès l'origine par le silence, j'ai du mal à imaginer ce qu'elle serait, la "pensée" d'une amibe, d'une bactérie, d'un virus peut-être, la pensée d'un minéral ? mais pas celle d'un être humain. 

Si tu cherches l'origine de la pensée, je crois qu'on parle pas de la même chose. Pour moi le silence c'est pour échapper à la pensée. Au passage il y a un autre Indien, Ramana Maharshi, qui propose une technique qui se sert de la pensée : ça consiste à se demander qui on est jusqu'à ce que libération s'ensuive.

Personnellement sur l'origine de la pensée (et de la conscience), je me tourne vers la biologie. Bergson - L'évolution créatrice, Laborit - Eloge de la fuite, Dawkins - Le gène égoïste. La pensée d'une amibe, c'est à partir des signaux acide/base par exemple, la circulation de l'info dans ses circuits nerveux qui permettent de bouger. C'est de l'embryon de pensée, mais ça établit une continuité et ça permet de pas se retrouver avec un truc qui tombe du ciel ¬¬.

La pensée de l'être humain, qualitativement, pour moi c'est pas autre chose que la pensée d'une amibe. Y'en a simplement beaucoup plus, et mieux organisée. C'est un influx nerveux (Changeux, que j'ai pas lu). Je sais que c'est réductionniste, mais si on veut rester factuels, il reste plus que ça (?).

J'ai l'impression que la question est trop vaste pour se satisfaire d'un cadre de pensée ou d'une définition, justement. Je me posais la question hier à propos de la "réalité". Autant, à mon avis, il n'y a pas de définition qui permette de couvrir tout ce qu'on peut vouloir en dire. Pour en parler il faudrait se mettre d'accord sur une définition en fonction de ce qu'on veut faire. La dépasser, chercher ses origines, l'expliquer ? Adopter un point de vue commun. Un système d'axiomes, en quelque sorte.

Modifié par bénocard
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Invité bénocard
Publié le (modifié)

Christian j'arrive pas à te répondre en éditant, mon clavier se met à écrire à l'envers, y'a des pavés qui disparaissent, bref.

Je dirais pour l'énergie, oui, tout est énergie, maintenant on le sait. Le Qi c'est que ça. Ca passe du thermique au mécanique, à l'électrique, au chimique, ça n'arrête pas. Autant on dit que c'est différentes formes de Qi épivoilà. Ca simplifie le discours, ça généralise, sans perdre en pertinence puisque c'est démontré scientifiquement. A condition de pas raconter n'importe quoi, évidemment xD.

Pour la radio je rajouterais un élément essentiel, la non-dualité. La radio n'est pas séparée de l'univers, tu ne peux pas l'arrêter. Notre cerveau ne baigne pas dans une conscience extérieure qu'il capterait, ce n'est pas une interface. Quand tu dis "rien ne prouve qu'il soit une sorte d'antenne captant une conscience externe alors que beaucoup d'éléments laisse penser qu'il génère la conscience par émergence", tu as raison, ce n'est pas une antenne. La conscience à l'intérieur n'est pas en rupture avec la réalité extérieure, elle est en continuité, elle a été générée par un processus biologique qui la dépasse et on retrouve la même chose sous d'autres formes ailleurs (moins élaborées peut-être, mais déjà là). Ta conscience, c'est la conscience cosmique. Elle y participe. C'est un agglomérat, une précipitation.

J'ai pas lu les 58 pages, j'avoue xD. Va pour la conscience, donc. J'ai l'impression que le libre-arbitre va pas tarder à pointer son nez ^_^.

Modifié par bénocard
Publié le
il y a 56 minutes, bénocard a dit :

J'ai pas lu les 58 pages, j'avoue xD. Va pour la conscience, donc. J'ai l'impression que le libre-arbitre va pas tarder à pointer son nez ^_^.

Bonne intuition Bénocard :)

On a déjà du en parler par ici... De même que l'expérience de Benjamin Libet... Mais c'est toujours un plaisir d'en reparler.

Peut-on prétendre être exhaustif sur le sujet ? ;) 

Publié le
Il y a 2 heures, bénocard a dit :

Au passage il y a un autre Indien, Ramana Maharshi, qui propose une technique qui se sert de la pensée : ça consiste à se demander qui on est jusqu'à ce que libération s'ensuive.

Un jour on a demandé à Ramana Maharshi "Peut-on réaliser le Soi en prenant le monde pour réel" et... il a répondu très catégoriquement "Non, ce n'est pas possible !".

Du coup j'ai posé la question à Francis Lucille (un des enseignants contemporains de la non-dualité)  lors d'une retraite spirituelle en 2014 ;)  :D : 

 

Invité bénocard
Publié le
il y a 1 minute, Shiva a dit :

... Notez aussi l'affirmation (péremptoire !) de Ramana :

Le monde n'est que spirituel.

C'est ce que j'étais en train de me dire. Je vote contre -_-.

Invité bénocard
Publié le (modifié)
Il y a 1 heure, Shiva a dit :

Et voilà le pompon ! :D

IMG_2262.JPG

Ah bah ça à première vue ça me dérange pas, par contre. Ca dépend de ce qu'on appelle le Soi, aussi. J'ai trouvé une explication ici : http://www.sriramanamaharshi.org/fr/enseignements/instructions/

J'ai parcouru rapidement, le mental, l'égo et le corps ont l'air d'avoir leur place dans la réflexion, ce qui est rassurant par rapport au nombrilisme que l'extrait laisse supposer. Ca finit comme ça :

Citation

Ce qui existe en vérité, est le Soi seul. Le monde, l’âme individuelle et Dieu ne sont que des apparences dans le Soi, comme l’argent qu’on croit voir dans la nacre. Ils apparaissent et disparaissent simultanément. Le Soi est là où il n’y a pas la moindre pensée « je ». C’est « le Silence ». Le Soi lui-même est le monde ; le Soi lui-même est « je » ; le Soi lui-même est Dieu ; tout est Shiva, le Soi.
Celui qui s’abandonne au Soi, qui est Dieu, est un excellent devotee. S’abandonner à Dieu signifie se souvenir constamment du Soi. Tout fardeau que nous remettons à Dieu, Il le portera. Puisque le pouvoir suprême de Dieu anime tout, pourquoi ne pas nous y soumettre, plutôt que de nous tracasser de ce qui doit ou ne doit pas être accompli, et comment. Sachant que le train transporte tous les bagages, pourquoi nous éreinter à porter nos petits bagages sur la tête, au lieu de les déposer dans le train et d’être à l’aise ?

Ca c'est bien vrai, ça. J'ai remarqué que j'ai fait beaucoup de progrès dans la gestion de mon stress quand je me suis rendu compte qu'en fait je n'avais pas à intervenir dans ma vie. Mon cerveau a quelques centaines de milliers d'années, il trouvera bien quoi faire au bon moment, pourquoi essayer d'influer sur le cours des choses avec ma minuscule intelligence ? Du coup je me laisse vivre, et je me sens beaucoup mieux ^_^.

Modifié par bénocard
Publié le (modifié)

Bénocard, le pompon c'était "Tout est Shiva, le Soi" (et le Soi est Dieu).

Déjà que, parfois, je passe pour un mégalo imbu de moi-même sur ce forum...  Enfin... Tu vois un peu le bordel !

Mais tu n'es pas tombé dans le piège  ! :D Tu as creusé... Tu es allé au delà du "nombrilisme que l'extrait laisse supposer" ! :)

En tout cas merci à toi, tes mots dans ce fil sont un baume.

ça par exemple :

il y a 28 minutes, bénocard a dit :

Mon cerveau a quelques centaines de milliers d'années, il trouvera bien quoi faire au bon moment, pourquoi essayer de faire le mariole avec ma minuscule intelligence ? Du coup je me laisse vivre, et je me sens beaucoup mieux ^_^.

 

Modifié par Shiva

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    • Pour ceux qui hésitaient encore ou qui veulent avoir un aperçu de l'ambiance et du programme, @Julien LOSA vous a tourné une petite vidéo aux petits oignons. 🍿 Il y détaille de vive voix ce qu'il vous a préparé pour le samedi 26 septembre : les routines, les réflexions, et surtout l'esprit 100 % terrain de cette rencontre chez moi. 👇 Installez-vous confortablement et lancez la vidéo ci-dessous ! Alors, quel effet du programme vous donne le plus envie de venir décortiquer tout ça avec nous ? ⚠️ Pour rappel, le nombre de places chez moi à Paris est très limité pour garder ce format intimiste et pouvoir échanger facilement. Ne tardez pas trop à réserver la vôtre ! 👉 Réserver ma place pour la conférence
    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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