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[Réflexion] Pseudo-Explications des spectateurs


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Publié le

salut a tous

pour ma part je fait de la prestidigitation pour distraire et amuser le public. ce n'est pas un challenge entre moi et le public

si un spectateur cherche à trouver le truc c'est qu'il n'aime pas la magie ou que c'est le magicien qui fait de la magie pour ce prouver qu'il est plus fort et que le public et que le public est un con car il n'arrive pas a faire ce qu'il fait.

il m'est souvent arrivé d'avoir une discutions avec un spectateur et être

obligé de lui dire que j'était la pour le distraire et l'amuser et non pas pour le tromper. tous cela car il était frustré de ne pas avoir compris

si un spectateur vous donne une explication qu'il pense être la bonne

(qui peut être la bonne ou pas être la bonne solution) je lui répond:

- c'est une bonne idée je vais l'essayer et si sa marche j'utiliserais votre idée.

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Publié le

Moi je fais mes tours à ma sœur (22 sans mine de rien ^^), une routine de balle éponge, et elle me dit: "la balle quand tu l'as fait disparaitre, et qu'elle réapparait sous ton coude, tu la fais glissée comment ? on voit rien...

J'ai été impressionné comme les gens se complique la vie, j'imagine bien la réaction si je la fait venir dans mon nez ^^"

Comme quoi, les c'est simple, moins on voit =). J'ai été quand même très content de moi quand elle m'a dit ça !!

Publié le

si un spectateur cherche à trouver le truc c'est qu'il n'aime pas la magie ou que c'est le magicien qui fait de la magie pour ce prouver qu'il est plus fort

Je ne suis absolument pas d'accord !

La première raison est simple : nous sommes magicien, nous aimons la magie et pourtant nous avons tous souhaité savoir comment faire (sinon, on serait pas magicien... logique !)

La seconde raison est comparable à quelqu'un à qui l'on dit qu'il n'aime pas le cinéma sous prétexte qu'il n'aime pas Star Wars. En d'autres termes, à chacun sa façon d'aimer la magie. J'ai toujours aimé cette forme de défi amusant qui nous est inconsciemment lancé quand on voit un tour (j'aime aussi la magie qui fait rêver mais elle est beaucoup plus rare car la magie n'a pas pour seul objectif de faire rêver)

Faut arrêter les principes simplistes de ce type.

Ce n'est pas parceque le magicien fait quelque chose que les gens voudraient comprendre qu'il est imbu de lui même.

Ce n'est pas parceque le spectateur cherche le truc qu'il n'aime pas la magie.

Ce n'est pas parceque le spectateur cherche le truc en vain qu'il sera frustré.

Ce n'est pas parceque le spectateur a trouvé le truc que vous êtes un gros nul et que vous devez vous vexer (c'est pas une raison pour ne pas se remettre en cause quand même...).

Par pitié, arrêtons de se mentir : que l'on soit spectateur ou magicien, cette forme de duel est amusante et ne gâche en rien notre plaisir.

Par pitié (encore) arrêtons d'élever la magie au rang d'Art Majeur, soyons humbles et acceptons enfin que notre passion soit avant tout ludique.

Invité lancelot
Publié le

Julien, tu sais que je te hais profondément et sincérement... C'est pourquoi je vais exprimer quelques désaccords, dans le seul but de te déclencher un ulcére :D :D :D

Ce n'est pas parceque le spectateur cherche le truc qu'il n'aime pas la magie.

Peut être pas, mais il ne la pas comprise, ça c'est sûr... Pas forcément de sa faute, d'ailleurs : on a trop souvent asséner aux spectateurs de ces pseudo-magicos qui vont faire 15 fois d'affilée Dynamic coin ou le jeu Radio, avec dans les yeux cette petite lueur qui dit : "tu comprends pas, hein, pauv'tache ! Chuis trop fort...". Alors quand le beaufrére du cousin du spectateur vient bouffer chez lui et lui sort une chtite boite ou un jeu de carte acheté sur un stand de foire et que, bien sûr, aprés l'avoir foiré, il lui explique, faut le comprendre, le spectateur: il a la haine...

Et puis, on a tellement rabaché aux spectateurs que "la magie, c'est le truc" qu'il ne la voit plus que comme ça.

Misére, pauvre de nous, et tutti quanti. Mais aprés s'être bien lamenté, il serait bon que l'on se dise que c'est DE NOTRE FAUTE, et que c'est A NOUS de modifier tout ça....

Ce n'est pas parceque le spectateur a trouvé le truc que vous êtes un gros nul et que vous devez vous vexer (c'est pas une raison pour ne pas se remettre en cause quand même...).

Si. Moi, au ciné, si je vois un micro se balader ou si on inverse deux bobines, je gueule, et pas qu'un peu. Si un chanteur couine une fausse note, je râle et fulmine. Si mon livre est mal imprimé, plein de coquilles, je n'hésite pas : mon libraire va sentir passer mon caca nerveux (quelle belle image ! Je suis trés fier de moi...). Le magicien NE DOIT PAS RATER ou FAIRE A PEU PRES ses "tours"... C'est la régle du jeu tacite. Je ne fais pas essayer de jongler à 5 balles devant un public alors que j'ai jamais pu dépasser trois... Simple question de respect pour mes spectateurs.

Par pitié, arrêtons de se mentir : que l'on soit spectateur ou magicien, cette forme de duel est amusante et ne gâche en rien notre plaisir.

Non, un duel ne m'amuse pas. Un duel, c'est un gagnant et un perdant. Je ne met pas de compétitivité dans ma magie. Je ne cherche pas une position "dominant-dominé", mais une situation de coopération : je veux que nous sortions tous les deux gagnants : lui, parce qu'il a passé un bon moment, ou qu'il s'est mis à réfléchir, ou à pleurer, ou à rire. Moi, heureux parce que je lui ai fait passer un bon moment, que je l'ai fait réfléchir, ou pleurer, ou rire. Ce "gain"-là me suffit amplement. C'est ma vie et mon bonheur.

Par pitié (encore) arrêtons d'élever la magie au rang d'Art Majeur, soyons humbles et acceptons enfin que notre passion soit avant tout ludique.

Non. La magie peut être un art. Les puzzles, les casse-têtes, les rébus, les dingbats, les défis, sont ludiques et ne sont QUE ludiques. Pas la magie. Il n'y a pas lieu de la rabaisser. On peut scribouiller des histoires pour carambar, la littérature reste un art. On peut colorier "Picsou Magazine", la peinture reste un art. On peut entendre meugler un Staracadémicien, la musique reste un art. Les provocs d'un Otto, c'est de l'art. Les solutions plus qu'astucieuses d'un Mirouf, c'est de l'art (en ce sens qu'il nous dit : l'impossible est toujours possible, n'ayez pas peur de votre cerveau,il peut tout). Les ombres d'un Jérôme Hellfenstein, c'est de l'art. Tout l'esprit d'un Gavroche avec quelques pommes et quelques cartes, en 6minutes 30, d'un Pilou, c'est de l'art. Mortimer, c'est de l'art. Etc. Et je dis "Etc." parce que je pourrai t'en pondre des pages et des pages...

C'est de l'art, parce que la magie va bien au-delà du truc, parce qu'elle touche à tout ce que l'homme a de productif dans une tentative éhontée de synthése : les formidables possibilités de ses doigts, la psychologie (ne serai-ce que par cette science du "détournement d'attention"), le bricolage (voyez le génial Gaétan Bloom), le théatre (un carton volant N'EST PLUS un "carton volant" quand c'est l'équipe de Just Imagin qui le fait... C'est toute une histoire), la rhétorique (Les textes de Bernard Gil sont de purs bijoux), l'optique, les mathématiques (Gilbraith, pour n'en citer qu'un...), la danse, la religion et les croyances (magie bizarre), le mime, la jonglerie, le contorsionisme (à ce sujet, vu ma corpulence, je ne me fais aucune grande illusion...), etc. Et je dis "Etc." parce que je pourrai t'en pondre des pages et des pages...

Ce n'est pas un Magritte qui aurait dit le contraire, "ceci n'est pas une pipe" et avec lui je dis, "nos miracles n'en sont pas". Tout était dans le tableau, dans le message, pas dans la pipe. tout est dans l'image, la présentation, pas dans le truc.

De surcroit, je clame, je crois et j'affirme que oui, LA MAGIE EST UN ART.

Publié le

Voila un sujet des plus passionnants ! Merci Lancelot !

Moi perso, je suis aux anges quand mes spectateurs me regardent après un tour de cartes avec des yeux d'enfants et me disent : "Non mais j'ai compris, les cartes changent toutes seules avec la chaleur de tes mains".

Sur ce ils prennent mes cartes les plaquent entre leurs paumes, frottent... et voient que rien n'a changé ! J'adore !

Quels meilleurs compliments après une routine avec un peu de manip, quand les spectateurs vous disent que votre jeu est VRAIMENT très bien truqué !

Dans ces moments la c'est moi qui devient public...

Publié le

Je veus bien reconnaître que la magie est un art, pourquoi pas...

Le problème c'est que cette question est souvent prétexte a éluder un tas d'autres question bien plus intéressante.

En quoi le fait que la magie soit un art nous affranchi de la notion de truc ?

Le truc est à la base de la magie. C'est lui qui justifie le "secret" que nous essayons, avec tant d'énergie, de défendre face au débineurs.

Ce qui compte en magie c'est l'effet, si non effectivement on parle d'autre chose : théatre, chorégraphie, conte... et c'est une autre façon de faire de la magie un art mineur ou subalterne.

L'effet magique a vite fait de disparaitre dans le déroulement d'une histoire ou il est justifié et donc accepté comme normal.

L'art dans la magie, consiste justement à rester dans un entre-deux ou le spectateur, voit mais ne peu pas croire en ce qu'il voit.

C'est certes une équilibre fragile, mais cela n'implique pas forcément la notion de puzzle ou de défi au public.

Ce qui fait la beauté d'un tour c'est d'abord qu'il est impossible. C'est cela l'esthétique particulière de la magie, que l'on ne retrouve dans aucun autre art. Et cela, aucune histoire bien construite, aucune musique judicieusement choisie, aucun personnage finement construit ne vous l'apportera. Au mieux il feront passer le tour au second plan et éviteront que les spectateur se demande comment ça marche.

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    • Magie, Mentalism et Ramsay Stack ! Du pur bonheur ! Livres en anglais ! 220 euros FDPI pour la France
    • Ah ouais ! Wow Thierry ! 🙂 Je ne suis pas triste d'avoir bifurqué sur cette métaphore ombre et lumière ! 🙂 Et merci à Christian de l'avoir remise sur un terrain purement physique, cela permet ces développements forts intéressants ! 🙂 Et oui : une métaphore n'a précisément pas pour fonction de décrire le réel avec la précision du vocabulaire scientifique. Elle permet de faire circuler une idée d'un domaine à un autre. Je comprend, aussi, que cette métaphore ombre / lumière puisse être comprise de manière binaire bien / mal. Pourtant, comme tu l'expliques très bien, Thierry, l'ombre n'est pas plus le mal que la lumière n'est nécessairement le bien. L'ombre peut être l'inconnu, l'inconscient, le mystère, la limite, l'altérité, ce qui échappe encore à notre compréhension. Et la lumière peut être la connaissance, la conscience, la vérité. Mais aussi (lorsqu'elle devient absolue) l'aveuglement ! Une lumière qui supprimerait toute ombre ne nous permettrait peut-être plus de voir davantage : elle pourrait au contraire nous empêcher de voir. J'aime bien aussi cette citation que j'ai lu quelque part mais dont je ne retrouve plus l'auteur, ça dit quelque chose comme : L'ombre n'est pas l'absence de lumière, elle est ce qui nous permet de voir que la lumière éclaire.  Et donc oui, de ce point de vue là, la lumière ne peut exister sans l'ombre ! 🙂
    • Effectivement, scientifiquement, que ce soit dans la synthèse additive (projeteurs qui partent du noir vers le blanc) ou la synthèse soustractive (un papier que l'on "ombre" de couleur pour arriver au noir), sans lumière il n'y a pas d'ombre (cf. Euclide ---> Ibn al-Haytham ---> Newton ---> Thomas Young ...19 siècles pour comprendre ça, quand même!). Cependant sur le plan perceptuel, et philosophique. On considère qu'il y a  un rapport de co-dépendance. Si la lumière crée l'ombre sur le plan physique, l'ombre permet à notre cerveau de percevoir la lumière, les volumes et le relief. Sans ombres, le monde paraîtrait que lumineux, plat et nous ne saurions même pas d'où vient la lumière. cf. Héraclite, moins VI ème siècle: De là naît la métaphore trois siècles AVANT la mesure de l'ombre par Euclide.  Théologiquement (c'est ce qui nous intéresse içi car c'est là que la métaphore prend son "envol"): Soit une religion considère l'ombre et la lumière comme un dualisme (zoroastrisme, judéo-christianisme, islam) où l'ombre est une force "diabolique" à détruire, soit comme une complémentarité (taoïsme) où les deux concepts sont une polarité indispensable à l'ordre cosmique soit encore comme un éveil (hindouisme et bouddhisme) où l'ombre n'est pas un pêché mais l'ignorance, l'illumination étant une connaissance libératrice.  Dans les trois cas, les concepts sont métaphoriquement interdépendants.  Sur le plan psychologique (toujours dans cette métaphore): « Il n'y a pas de lumière sans ombre et pas de totalité psychique sans imperfection » disait Carl Gustav Jung. Selon lui, chercher une lumière absolue (la perfection pure) est une illusion. Pour s'épanouir pleinement, l'être humain doit accepter ses propres zones d'ombre, car ce sont elles qui donnent sa profondeur à la conscience. Alors on pourrait explorer cette même métaphore au travers de milliers de sources qui l'utilisent mais on voit que, si elle est simple à comprendre, son utilisation est un peu plus complexe qu'une réponse binaire bien/mal.
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