Ah ! l’abus de confiance…
C'est vrai, on évoque dans cette émission un « magicien machiavélique » et plus loin, plusieurs fois, un « prestidigitateur machiavélique ». Cet adjectif me paraît fort approprié lorsque s’appliquant à l’abus de confiance, en voici quelques définitions :
« Considéré comme dépourvu de tout sens moral, d'honnêteté et d'intégrité. »
« Qui use de procédés perfides, hypocrites voire diaboliques pour parvenir à ses fins. »
« Réalisé dans un esprit de perfidie, de mauvaise foi et de déloyauté. »
Notez que dans le reportage, si l’enquêteur a bien interrogé les victimes (ce qui va de soi) la plupart (certains joailliers par exemple) ne souhaitent pas témoigner face à la caméra : le silence des victimes, ça se comprend.
La confiance, c’est par définition la « croyance spontanée ou acquise en la valeur morale, affective, professionnelle... d'une autre personne, qui fait que l'on est incapable d'imaginer de sa part tromperie, trahison ou incompétence ». Tromper la confiance dénote la forme élevée du mépris ou de l’indifférence que l’abuseur accorde à la vie des autres (matérielle et psychologique).
Une condamnation pour abus de confiance a l’avantage d’être une donnée importante lorsque justement on est emmené à « donner » (ou pas) sa confiance à quelqu’un. L’auteur de ce type de délit abuse rarement plusieurs fois de suite de la confiance d’un individu (mais ça arrive), c’est pourquoi il lui faut changer régulièrement de victime.
À méditer pour rester prudent : abuser de la confiance des autres (moralement, c’est-à-dire indépendamment du cadre légal et des éventuels condamnations) est un état d’esprit qui, à mon avis, ne se guérit pas. Quant à ceux qui collaborent sciemment avec de tels individus délinquants, ferment les yeux, les protègent, les soutiennent ou parfois même assurent leur promotion, la question est plus complexe mais on sort du cadre de ce sujet (cela doit relever de faiblesses psychologiques liées à des rapports soumission/domination et aussi à quelques intérêts financiers et autres prétendues « dettes morales »).
C.G.