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Par Patricia · PubliĂ© le
Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusionđ) Je l'ai immĂ©diatement prĂ©commandĂ© parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idĂ©e du scĂ©nario s'est imposĂ©e assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (Ă©tonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-lĂ , rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mĂ©rite de coller trĂšs naturellement Ă ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galĂšre crĂ©ative par laquelle je suis passĂ©e pour arriver Ă ce scĂ©nario.đ€Ș PremiĂšre tentative : les frĂšres ingĂ©nieurs DĂšs le dĂ©part, je suis partie sur l'idĂ©e d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma premiĂšre histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginĂ© deux frĂšres ingĂ©nieurs qui ne parvenaient pas Ă se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frĂšres se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'Ă ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaĂźt aujourd'hui. Bref, je n'Ă©tais que moyennement emballĂ©e par l'histoire, mais bon...testons en public. Et lĂ âŠJe me suis ramassĂ©e.đ”âđ« Pas sur le tour lui-mĂȘme. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements trĂšs visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle Ă©tait mal Ă©crite) mais surtout terriblement plate et sans grand intĂ©rĂȘt (euphĂ©misme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frĂšre n'Ă©tait pas d'accord⊠» Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frĂšre qui avait raison⊠» Bref, le degrĂ© zĂ©ro de la narration. Ce n'Ă©tait finalement pas une histoire. Je me contentais de dĂ©crire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingĂ©nieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-mĂȘme, je n'Ă©tais pas Ă l'aise en la racontant. Donc : poubelle. DeuxiĂšme tentative : la guerre des couleurs J'ai quand mĂȘme conservĂ© mes deux idĂ©es de dĂ©part : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai virĂ© les deux frĂšres ingĂ©nieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifiĂ© directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placĂ© au milieu mais, Ă©videmment, lui estimait que sa place Ă©tait en haut parce qu'il Ă©tait le plus fort. L'orange, qu'on avait placĂ© en haut, prĂ©fĂ©rait finalement ĂȘtre au milieu⊠LĂ encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand mĂȘme testĂ©e en public. Petit progrĂšs : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'Ă©tait moins confus. Donc j'avais gagnĂ© quelque chose. Mais de lĂ Ă dire que j'avais enthousiasmĂ© les foulesâŠđ Personne n'est montĂ© sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait trĂšs moyenne (lĂ encore euphĂ©misme mais je tiens Ă prĂ©server mon Ă©go et mon image de marque sur ce forumđ ). Donc : poubelle. Retour Ă la case Ă©criture. Je voulais toujours conserver cette idĂ©e de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayĂ© plusieurs scĂ©narios, plusieurs anglesâŠet rien, nada, des nĂšfles, le degrĂ© zĂ©ro de la crĂ©ativité đ§. Donc pause dans l'Ă©criture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bĂȘte. J'ai arrĂȘtĂ© de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement Ă©crit le tour. Pas le scĂ©nario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve lĂ . Je le retire. Je prends l'orange⊠J'ai Ă©crit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et lĂ (roulement de tambours...), il s'est passĂ© quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir Ă©crit prĂ©cisĂ©ment ce que je faisais m'a permis d'arrĂȘter de raconter ce que je faisais đźÂ ! La lumiĂšre s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptĂšmes...embauchez-moi đ€©). Je suis repartie exactement de la mĂȘme idĂ©eâŠmais Ă l'envers. Depuis le dĂ©but, je cherchais Ă expliquer pourquoi les couleurs n'Ă©taient pas Ă leur place. Et si, au contraire, le principe de dĂ©part Ă©tait qu'elles tenaient absolument Ă y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore Ă©taient parfaitement disciplinĂ©es ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun Ă sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un mĂ©tier trĂšs prĂ©cis. Et lĂ , j'ai enfin trouvĂ© mes trois personnages (sonnez hautbois, rĂ©sonnez musettes !) đ. Le rouge passe ses journĂ©es Ă dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » ForcĂ©ment, Ă force, ça donne un certain caractĂšre. Le vert, lui, c'est le gentil de l'Ă©quipe : « Allez-y⊠C'est bon⊠Vous pouvez passer⊠» Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange⊠Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « ArrĂȘtez-vous. » Et l'orange, lui, dit Ă peu prĂšs : « Euh⊠dĂ©pĂȘchez-vous de vous arrĂȘter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est Ă partir de lĂ que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au dĂ©placement : il retourne Ă sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne Ă sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la consĂ©quence de l'histoire : ĂŽ joie, ĂŽ allĂ©gresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire Ă©voluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinĂ©es dĂ©cident qu'elles en ont peut-ĂȘtre assez qu'on leur dise oĂč est leur place⊠VoilĂ comment je suis arrivĂ©e Ă la routine que je vais vous prĂ©senter. Attention : elle n'a pas encore Ă©tĂ© testĂ©e en public car je l'ai finalisĂ©e ce soir . Je ne l'ai mĂȘme pas testĂ© avec le matĂ©riel pour voir le tempo, la musicalitĂ©, la clartĂ©, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent Ă l'hĂŽpital. Il y aura certainement des choses Ă couper, des phrases qui fonctionneront moins bien Ă l'oral que sur le papier, des rythmes Ă modifier. Et peut-ĂȘtre que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! đ HonnĂȘment, je ne le souhaite pas car lĂ , pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus Ă l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la premiĂšre fois, je n'ai plus l'impression d'avoir Ă©crit un texte pour justifier les dĂ©placements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissĂ© les dĂ©placements du tour me raconter l'histoire (j'espĂšre que ce n'est pas un brin prĂ©sompteux). Maintenant, reste Ă savoir si le public sera du mĂȘme avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends Ă©videmment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dĂšs que je l'aurai rĂ©ellement testĂ©e en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donnĂ© (enfin si cela vous intĂ©resse). TroisiĂšme tentative : le feu disciplinĂ© (en espĂ©rant que ce soit la bonne !)  Il paraĂźt, qu'en gĂ©nĂ©ral, les feux tricolores sont parfaitement disciplinĂ©s. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun Ă sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux cĂŽtĂ©s. Et celui-ci Ă©tait probablement le plus disciplinĂ© de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un mĂ©tier trĂšs prĂ©cis. Le rouge, par exemple⊠Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-ĂȘtre Ă retravailler) Toute la journĂ©e, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le mĂ©tier ? Passer ces journĂ©es Ă dire aux gens de ne pas bouger. ForcĂ©ment, ça vous donne un certain caractĂšre. GESTE : Retirer les trois piĂšces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complĂštement vide. Et le rouge prend son travail trĂšs au sĂ©rieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu⊠GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux cĂŽtĂ©s et le placer au milieu. âŠil n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peuâŠ(pas convaincue par cette ligne - peut-ĂȘtre Ă retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. âŠet immĂ©diatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux cĂŽtĂ©s. On peut essayer de discuter⊠GESTE : Faire revenir le rouge sur sa piĂšce. âŠmais avec quelqu'un qui passe sa journĂ©e Ă dire STOP, la nĂ©gociation est assez limitĂ©e. GESTE : Rendre la piĂšce rouge au spectateur. AprĂšs, il y a l'orange. Alors l'orange⊠Son mĂ©tier est beaucoup plus compliquĂ©. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « ArrĂȘtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh⊠dĂ©pĂȘchez-vous de vous arrĂȘter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux cĂŽtĂ©s. Mais lui, en revanche, sait parfaitement oĂč est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut⊠GESTE : Placer l'orange en haut. âŠĂ§a le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilĂ . Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux cĂŽtĂ©s. C'est peut-ĂȘtre le seul moment de la journĂ©e oĂč l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa piĂšce. Vous voyez, ce feu Ă©tait parfaitement disciplinĂ©. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est lĂ que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'oĂč allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut⊠GESTE : Placer le rouge. âŠl'orange au milieu⊠GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils Ă©taient exactement lĂ oĂč ils devaient ĂȘtre. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux cĂŽtĂ©s. Et je leur ai dit : « VoilĂ . Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vĂ©cu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là ⊠plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux piĂšces devenues vierges, des deux cĂŽtĂ©s. Ils avaient quittĂ© leur poste. Enfin⊠c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux piĂšces vierges. RĂ©vĂ©ler le rouge et l'orange incrustĂ©s dans la raquette. Parce qu'ils Ă©taient toujours lĂ . Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours Ă leur place. Sauf que cette fois⊠ils s'Ă©taient incrustĂ©s. LittĂ©ralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la piĂšce verte. Le vert, c'est le gentil de l'Ă©quipe. Toute la journĂ©e, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hĂ©sitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problĂšme. » GESTE : InsĂ©rer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux cĂŽtĂ©s. Chacun Ă sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer Ă ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin⊠pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'aprĂšs toutes ces annĂ©es passĂ©es ensemble⊠ils avaient peut-ĂȘtre compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la piĂšce verte. Le rouge a quittĂ© le haut. L'orange a quittĂ© le milieu. Et tous les deux sont allĂ©s rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs rĂ©unies. Pour la premiĂšre fois⊠plus de chef. Plus d'indĂ©cis. Plus de gentil. Juste trois couleurs⊠qui avaient dĂ©cidĂ© de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la piĂšce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complĂštement vierge des deux cĂŽtĂ©s. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la piĂšce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement⊠ce n'Ă©tait pas un feu tricolore qui n'Ă©tait plus disciplinĂ©. C'Ă©tait simplement trois collĂšgues⊠qui en avaient assez qu'on leur dise oĂč Ă©tait leur place.   -
Par Christian GIRARD · PubliĂ© le
Revenons sur lâexplication :Â https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/ -
Par CĂ©dric ELEKTROZIP · PubliĂ© le
C'est dans 1 mois! Quelqu'un pourrait-il afficher le programme complet? Merci!!
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