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il y a une heure, Woody (Philippe) a dit :

un sujet [...] qui supporte peut-être mal "la théorisation".

Ici, c'est un peu pareil; je ne connais pas d'humoriste à qui je pourrais poser la question mais croyez-vous qu'ils théorisent à ce point lorsqu'ils écrivent leurs sketchs ?

C'est vrai, et en même temps pas tout à fait 🤔

Pour prendre un exemple que tout le monde ici comprend bien (sauf peut-être certains pharmaciens 😜), c'est aussi le cas de la magie : le fonctionnement du détournement d'attention, par exemple, était maîtrisé par les magiciens longtemps avant que les psychologues neurologues se penchent sur la question et nous expliquent pourquoi ça marche.

D'ailleurs, il y a beaucoup de travaux de recherche sur ces mécanismes qui s'appuient sur la connaissance intuitive qu'en ont les magiciens.

Pour le rire, c'est pareil, je suppose : nous avons tous (enfin, presque tous : il semble que ce ne soit pas vrai pour certains VMistes vosgiens 😁) un certain sens de l'humour et une compréhension instinctive de ce qui va être drôle ou pas. J'imagine que c'est encore plus vrai pour les comiques professionnels.

Pourtant, je pense qu'ils ont tout intérêt à comprendre les ressorts sous-jacents de l'humour s'ils veulent pouvoir améliorer une vanne qui ne marche qu'à moitié. Comme moi quand je lis l'Arc-en-ciel magique : ça me barbe, mais je me dis toujours que je pourrais utiliser ces théories pour améliorer mes routines.

Bon, pour finir, je fais toujours le tour des 21 cartes avec le texte de base, mais n'empêche : si je mettais du Tamariz dedans, ma magie serait sûrement meilleure ! 😅

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L'important, c'est que ça valide !

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Demander conseils à des pointures comme Sisley ou Elmaleh me semble pertinent: Ils ont une connaissance assez encyclopédique et fine de ce qui fait mouche en stand up, c'est d'ailleurs pourquoi ils utilisent le plus souvent à la virgule près des vannes et des ressorts d'autres avant eux..

Publié le

Je suis convaincu qu'il n'est pas nécessaire d'avoir une connaissance théorique sur le rire pour faire rire, mais effectivement ça peut aider à mettre en forme. Car le stand-up pour moi c'est une suite d'idées (donc de vannes) agencées et mis en forme. Pour en trouver il y à un exercice pas mal, il faut toujours avoir de quoi noter (règle numéro 1), et quand quelque chose nous fait rire, on le note, pour saisir notre type d'humour. Ensuite perso, je note tous ce dont j'ai envi de parler. Et puis je joue avec les formulations et les concepts, je combine les vannes, parfois une trame me vient, ou un petit enchainement, ect...Je rêve, le plus gros du travail c'est d'y penser le plus souvent possible, comme ça il y à certaines idées qui me viennent sans prévenir (et là tu as intérêt à avoir respecté la règle numéro 1), le top c'est de s'enregistrer pour avoir aussi le ton. Et puis je me retrouve avec des potes et on se lance des vannes (qu'on connait déjà ou pas, qu'on invente ou pas) pour voir comment chacun les racontes. Et une fois que j'ai assez de notes et de vannes, je l'ai lie, par un fil conducteur, un contexte ou une histoire (ma partie préférée, c'est un peu comme crée une routine). Et on coupe, on trie, on jette, c'est ça le plus dure, on jette, on jette, on jette. Et puis après avoir un truc qu'on aime, c'est là que le travail commence :

On monte sur le plateau. On fait rire et c'est incroyable. On se tappe des bides et c'est terrible. Le public est notre miroir, les soirs ou on est tendu, il le devient, quand on est fatigué, lui aussi. Mais ce n'est pas grave, rien de tout ça n'est grave, c'est un jeu. C'est le jeu. On improvise, ça plait au gens, ça nous plait aussi. Et en sortant de scène, on y pense plus, enfin on à l'impression de ne plus y penser, on fait la fête et c'est la que les meilleurs vannes apparaissent. Toutes seules. Comme par magie. Certains appel ça l'Inspiration. Car évidement le maitre du rire, ce n'est pas le livre, c'est le public.

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JT

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Pour paraphraser Dani DaOrtiz : lorsque je suis devant mon miroir à travailler une technique, je ne suis pas magicien. C’est devant le public que je le deviens.

 

Tout comme les punchlines, je connais des tours de magie.

Il me faut une technique que je dois maîtriser.

Prenons le Faux Dépôt (pour de vrai) :

 - (J’ai commencé avec David Stone.) Je fais un FD, je montre que la pièce à disparue.

 - Je ne fais pas de lavement de mains !

 - Enfin j’explique qu’il faut toujours avoir un peu d’argent sous le coude en la produisant.

Situation initiale, une pièce. Ensuite, la pièce disparaît. Situation finale elle apparaît sur mon coude.

 

Si je décide de ne travailler qu’une seule technique dans ma vie : le FD.

Je vais maintenant brainstorming sur ce que vraiment me permet le faux dépôt :

 - Faire disparaître une pièce.

 - Je me rends compte que ça marche aussi avec un billet plié.

 - Je peux également faire disparaître un écrou.

 - Je pousse à effiler un écrou sur un vis, le cacher à tout en trouvant une tenue naturelle. Je fais disparaître un duplicata et propose un voyage magique.

 

Si l'on demande à une personne ce qui est magique, elle parlera de lever de soleil, gagner au loto ou Harry Potter. Certainement pas ACAAN, anneaux enclavés et carte signée retrouvée dans une boîte suspecte...

Un mécanicien avec son écrou aura plus de succès qu'un gentleman en smoking (mais peut-être autant qu'"une personne lambda qui s'est découverte de drôle de capacités depuis le passage à la 7G)

 

Le 21/09/2022 à 10:40, Woody (Philippe) a dit :

Car finalement, sans être humoriste, nous savons à peu près tous intuitivement comment déclencher le rire

Joyeusement Inapproprié part du postulat que des non humoristes peuvent provoquer des rires plus puissants dans la vie de tous les jours que sur des professionnels.

C'est en décortiquant cette observation que l'auteur invite à travailler l'humour.

 

Le 21/09/2022 à 12:08, Alx a dit :

je suppose : nous avons tous (...) un certain sens de l'humour et une compréhension instinctive de ce qui va être drôle ou pas. J'imagine que c'est encore plus vrai pour les comiques professionnels.

Je ne pense pas que ce soit ce que cherche un pro. Plutôt que de plaire avec  "ce qui va être drôle ou pas", il va chercher comment le rendre drôle (ou pas😉 )

 

Le 21/09/2022 à 12:08, Alx a dit :

Bon, pour finir, je fais toujours le tour des 21 cartes avec le texte de base, mais n'empêche : si je mettais du Tamariz dedans, ma magie serait sûrement meilleure ! 😅

Si on réfléchit en "message que tu veux faire passer" on va travailler l'humour selon la situation.

J'ai eu l'occase de faire la version des 21 cartes de Dani DaOrtiz à la cousine qui m'avait appris le tour de Magie sur un coin de table pendant un repas de Famille. Emotionnellement parlant, l'émotion a été incrémentée car on revenait sur un souvenir commun que j'ai artefacté en mélangeant sans cesse les 21 cartes malgré la règle de base 🙂

 

Révélation

Car j'adore ce que propose ce gars !

 

 

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Publié le (modifié)
Il y a 1 heure, César CHALRET (16 art) a dit :

 Si l'on demande à une personne ce qui est magique, elle parlera de lever de soleil, gagner au loto ou Harry Potter.

 

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Car j'adore ce que propose ce gars !

https://www.youtube.com/watch?v=RptdiM_WZrU

 

Ça me semble être une représentation très limitée voire biaisée de ce qu'une personne( toute personne même car la généralisation est sous entendue dans ton propos) peut trouver être magique ou non (D'ailleurs il faut définir magique à ton sens ou expliquer en quoi les 2 premières propositions sont dites magiques).

J'émets quelques doutes donc. De plus tu ajoutes avec entrain un faux dilemme avec ceci:

 

Il y a 1 heure, César CHALRET (16 art) a dit :

Certainement pas ACAAN, anneaux enclavés et carte signée retrouvée dans une boîte suspecte...

  Révéler le contenu masqué

Car j'adore ce que propose ce gars !

https://www.youtube.com/watch?v=RptdiM_WZrU

 

C'est plus ton opinion sur la question César je dirais. Y aurait différents niveaux magiques d'appréciation si j'ai bien compris avec des choses par nature très magiques et d'autres moins. Est ce celà ?

 

Je fais un édit pour éviter les messages à répétition. Y a plein de choses sur ton commentaire, d'autres concernés vont y répondre, j'ai du mal à saisir les articulations de ton propos et ainsi le sens de tout celà. 

Modifié par Frédéric HÔ
Publié le

Je pense que ce que César veut dire, c'est que l'acception générale du mot "magie" est beaucoup plus large que celle que nous entendons généralement entre nous : pour le commun des mortels, la magie, c'est tout ce qui relève du surnaturel, du miraculeux.

Comme on le dit souvent, si nous avions de vrais pouvoirs magiques, nous ne ferions pas remonter la carte sur le paquet. Moi, si j'avais de vrais pouvoirs magiques, j'ouvrirais la mer en deux, je guérirais les infirmes et je me métamorphoserais. D'ailleurs, on n'imagine pas leurs contemporains aller voir Moïse, Jésus ou Merlin l'enchanteur pour leur demander de faire le tour des trois cordes ou un matrix.

En somme, dans l'imaginaire collectif, la première idée qu'on se fait de la magie, ce sont des pouvoirs surnaturels illimités. Nous, nous ne faisons que de "petits" miracles, qui restent impressionnants parce qu'ils semblent contredire les lois de la nature, mais ce ne sont pas les premiers voeux qu'auraient faits nos spectateurs. D'ailleurs, tout le monde sait que le premier voeu à faire, c'est de demander une infinité de voeux 🙄

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Je comprends l'idée générale @Alx , je développerai plus tard mon propos, néanmoins je peux déjà dire que posséder la faculté d'ouvrir la mer en deux, va te permettre de craner devant Chuck Norris. Et c'est pas rien.

Publié le
Le 27/09/2022 à 10:32, Frédéric HÔ a dit :

Ça me semble être une représentation très limitée voire biaisée de ce qu'une personne( toute personne même car la généralisation est sous entendue dans ton propos) peut trouver être magique ou non (D'ailleurs il faut définir magique à ton sens ou expliquer en quoi les 2 premières propositions sont dites magiques).

J'émets quelques doutes donc. De plus tu ajoutes avec entrain un faux dilemme avec ceci:

 

C'est plus ton opinion sur la question César je dirais. Y aurait différents niveaux magiques d'appréciation si j'ai bien compris avec des choses par nature très magiques et d'autres moins. Est ce celà ?

 

Je fais un édit pour éviter les messages à répétition. Y a plein de choses sur ton commentaire, d'autres concernés vont y répondre, j'ai du mal à saisir les articulations de ton propos et ainsi le sens de tout celà. 

 

Merci @Frédéric HÔ ! Je m'essaie à développer des idées de manière régulière pour partager les infos et expériences du moment. Gérer clarté et objectivité sont des points auxquels je vais devoir faire attention 🙂 

 

Je pars du postula que la Magie est une émotion. Donc un mot pour lequel individuellement nous aurons un ressenti différent (car non comparable).

Il est donc important de connaitre des techniques qui seront des leviers pour activer une émotion.

Mais l'émotion n'est pas que mécanique. Le contexte va permettre de la cadre puis de la laisser s'exprimer.

 

Mon exemple du FD était un essai d'illustration de comment une technique, quand elle est travailler hors contexte, va permettre de la faire oublier au profit du moment magique que tu veux créer.

 

Le 27/09/2022 à 11:09, Alx a dit :

D'ailleurs, on n'imagine pas leurs contemporains aller voir Moïse, Jésus ou Merlin l'enchanteur pour leur demander de faire le tour des trois cordes ou un matrix.

Pour faire le pendant avec l'Humour on ne demanderai pas à Coluche de faire le sketch "C'est étudier pour" ou la l'histoire sans pouce. Un Artiste fait son matériel et le storytelling sert d'amplificateur émotionnel.

 

 - 

 

Quant à la vidéo de l'Humour selon Bergson, c'était un bonus mal placé qui ne devait pas être pris dans la discussion.

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Publié le

Quand il n’est pas seul en scène, le stand-uper partage un plateau animé par un Maître de Cérémonie (MC). 

 

Arriver comme un cheveu sur la soupe devant un public ne s’improvise pas. 

Les spectateurs sont en attente, assistent peut-être à leur premier spectacle ou n’ont pas décroché des soucis du quotidien  : travail, nouvelle nounou, ne pas rencontrer un collègue pendant un 5 à 7. 

Balancer une attaque massive de blagues peut ne pas être accepté si un accord n’a pas été établi entre l’Artiste et son public. 

Le MC peut faire ce travail pour que le plateau puisse directement commencer par son set. 

 

Sans encore parler de suspension consentie de l’incrédulité, nous pouvons nous questionner sur « quand » commencer ce que nous avons prévu et commencer amorcer le moment magique. 

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
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