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Je crois que c'est ce type d'échanges  qui font progresser ma pratique de la magie. Au delà de la technique magique (l'apprentissage ou la recherche de tours), la magie est liée à la conscience que l'on peut avoir des croyances, des peurs et des besoins du spectateur. 

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C'est parce que ça ne sert à rien qu'il faut le faire sérieusement 

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Publié le (modifié)

J'y vois surtout deux concepts, certe étroitement liés mais tout de même différentiables de la performance. 

La dramaturgie se rapproche de la construction scénaristique, là où la justification concerne plus le jeu d'acteur et les subtilités. 
Une pièce de théatre peut-être juste sur la plan dramatique, très bien écrite, mais si l'acteur sort du personnage pendant la performance, le spectateur sort de la pièce (figurativement... et quelque fois littéralement). 

La dramaturgie s'intéressera au rythme, aux rebondissements, à la cohérence narrative, au découpage, aux setup et aux payoff...
La justification s'intéressera au pourquoi d'un mouvement, au naturel, aux instructions au spectateur, de ce qu'on lui dit ou de ce qu'on lui suggère (et cette fameuse tendance à trop se justifier). 


Mais comme toujours avec la dramaturgie appliquée à la magie, il est primodial de ne pas amalgamer l'histoire raconté par le magicien et l'histoire que se racontera le spectateur, pour éviter les contresens... et la magie montrée. 
Il ne suffit pas de s'exprimer en images pour rendre un tour plus intéressant, ou moins vain... 

Il faut à un moment ou un autre, considérer le spectateur comme le protagoniste. 

Modifié par Gael BOUJON
  • J'aime 1
Publié le
il y a 21 minutes, Gael BOUJON a dit :

Il faut à un moment ou un autre, considérer le spectateur comme le protagoniste. 

Je crois effectivement que faire du spectateur un acteur, l'impliquer, émotionnellement, physiquement, mentalement est l'une des clés de la réussite.

www.dedales-hypnose.fr

Publié le
Il y a 17 heures, Gael BOUJON a dit :

Mais comme toujours avec la dramaturgie appliquée à la magie, il est primodial de ne pas amalgamer l'histoire raconté par le magicien et l'histoire que se racontera le spectateur, pour éviter les contresens... et la magie montrée. 

Très intéressant, mais j'avoue avoir du mal à suivre :

Tu pourrais développer ? 

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)

Oui bien sûr. 

Je pense que la magie n'est pas tant quelque chose dont on est témoin, mais quelque chose qui nous arrive directement. C'est la différence avec un puzzle, ou une énigme, ou une blague, qui peuvent tous être très bons mais qui ne crée pas de souvenir durable. C'est pour ça que tout le monde dit "j'adore les blagues mais je les retiens jamais", alors que leur réaction réflexe lorsqu'ils l'ont entendue, était de rire de bon coeur (donc une réponse considérée comme idéale).

La vidéo de Pete Holmes, que j'ai posté avant dans ce sujet est très drôle, mais elle explique surtout qu'il y a une confusion autour de la réponse qu'est censée provoquer la magie. Et les réponses les plus flatteuses pour le magicien sont souvent les plus mauvaises pour l'expérience de la magie. 
Et il faut aussi faire attention au mécanismes de défense (ce que le "charme" du magicien contourne) qui font que le spectateur a vite fait de reclasser un moment magique en enigme/puzzle/blague s'il n'est pas en confiance.


Lorsque l'on expérience quelque chose d'impossible, on est marqué (c'est la nature humaine, le cerveau a besoin de comprendre pour être armé la prochaine fois que la situation se présente, pour éviter de potentiellement mourrir).

Sur le moment, on convoque tout ce qu'on a pour vérifier que ce qui s'est passé échappe à notre entendement.
Si le magicien a bien fait son taf, on est en confiance, on peut donc accepter l'insécurité provoquée par le fait de ne potentiellement pas savoir. 
Si le magicien a bien fait son taf, encore, toutes les pistes et questions possibles ont été évincées une à une, implicitement ou explicitement, pendant la performance. On est bouche bée.
(ou si il reste des pistes ouvertes. --> "c'est quoi le truc")

Plus tard, on y repense. Et donc. On se repasse le film de ce qui s'est passé. On se raconte l'histoire, de notre point de vue. L'histoire va maintenant changer. Le spectateur devient auteur en choisissant ses mots, en oubliant ou en modifiant ce qui était confus, tout en reliant les points clés, pour se convaincre que ce qu'il a vu était bien impossible. 

Enfin, on fait ce que tout humain fait avec d'autres humains, on partage nos expériences, on se raconte nos histoires. Ainsi le spectateur reconstruit l'effet, à l'oral, pour convaincre sont auditoire et se convaincre encore une fois que ce qu'il a vu était bien impossible. 


C'est cette histoire qui selon moi doit être notre point de focus lorsque l'on écrit et pense notre acte, car elle se racontera sans nous, si nous n'y faisons pas attention.


Attention tout de même à un autre amalgame. Le spectateur n'a pas besoin d'être acteur pendant le tour (manipuler les objets, être le centre d'attention) pour vivre la magie. Ce n'est pas parce qu'il est actif qu'il est forcément acteur. 

Enfin, ce point de vue (qui n'est que le mien), est en contradiction directe avec la suspension volontaire d'incrédulité. Celle que l'on a devant un film, ou un spectacle d'enfant. Je ne crois pas au fait de contourner l'intellect.
Il faut que le spectateur donne tout ce qu'il a pour vraiment vivre quelque chose d'impossible (tant mieux, ça rend notre boulot tellement plus facile).

Modifié par Gael BOUJON
  • J'aime 3
Publié le

Il me semble que si la magie fonctionne c'est qu'elle fait appelle à un émotion réflexe, une surprise qui "cueille" le spectateur, un moment inscrit dans le réel qui en interrogé néanmoins les règles ( règles physique du temps, de l'espace, etc), règles de limites humaine ( attention, mémoire, visuels, auditive, etc)... Vos expériences et retours la dessus ? 

C'est parce que ça ne sert à rien qu'il faut le faire sérieusement 

Publié le

À, je vois mieux ce que tu voulais dire ! 

Il y a effectivement un double travail :

-donner l'émotion magique sur le moment. 

-créer un souvenir intéressant pour le spectateur, incluant cette émotion et notre prestation. 

J'avoue avoir plus de mal pour mettre en œuvre ce second point et en tester l'efficacité. 

Certes, des gens se souviennent moi moi et le disent, me parlent de certains "tours", mais j'ai du mal à leur faire parler d'un effet particulier, comme quoi je ne dois pas encore être top. 

J'essaie pourtant de mettre en œuvre quelques techniques pour rendre les effets "mémorables"... 

Les répétitions, qui servent à ancrer un type de mouvement comme naturel, servent aussi la mémorisation. 

Cela peut être la répétition d'une information ou d'une action (le fameux "mélangez mélangez" de Tamariz). 

Cela peut être aussi une répétition d'information par des formes et des moyens différents : on ne dit ou fait pas exactement la même chose, mais le message est similaire. 

On a bien sûr la répétition dans la construction d'une conviction par le spectateur lui même : on sait que quand le spectateur se crée "librement" une conviction, elle est plus stable que si on lui fournis une information. 

On peut donc essayer de générer plusieurs convictions qui se confortent l'une l'autre, cela doit renforcer à la fois l'effet et son souvenir  (difficile d'avoir une certitude sans autopsie et examen du cerveau des victimes, mais bon...)

Il y a aussi, de façon beaucoup plus simple, la répétition de l'effet lui même, genre ambitieuse à la chaîne. 

Dans ce genre, mon "jeu des jumelles", ou on retrouve x fois la jumelle d'une carte choisie, ne fonctionne pas trop mal: des spectateurs s'en souviennent, en parle... 

Bien entendu, il faut soigner la structure du numéro pour que la répétition de l'effet n'implique pas une baisse de l'intensité magique, au final. 

Mais le gain en mémorisation est significatif, pour autant que je puisse en juger... 

J'utilise aussi les phases de récapitulation pour certains effets demandant des procédures préparatoires un peu longues. J'imagine que ces phases font partie des choses aidant la mémorisation, mais je n'ai pas de preuves 😉

Etc...

Dans " l'arc en ciel magique" , Tamariz fait une analyse magistrale des façons de contrôler la mémorisation des spectateurs, en gommant certains souvenirs, et en renforçant d'autres parties... Très intéressant... 

Il y parle entre autres choses du "mime récapitulatif" message effet, ou il rejoue les gestes synthétisant ce qui s'est passé dans le tour, après l'effet... 

A essayer... 

Concrètement, vous faites comment, vous ? 

Gilbus. 

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
il y a 43 minutes, Michael VESSEREAU a dit :

Il me semble que si la magie fonctionne c'est qu'elle fait appelle à un émotion réflexe, une surprise qui "cueille" le spectateur, un moment inscrit dans le réel qui en interrogé néanmoins les règles ( règles physique du temps, de l'espace, etc), règles de limites humaine ( attention, mémoire, visuels, auditive, etc)... Vos expériences et retours la dessus ? 


Je pense justement que l'émotion réflexe n'est pas en rapport avec la magie, mais plus avec la surprise, ou avec la satisfaction de la conclusion qui entraine une relaxation. 
La magie vient après, quand le spectateur reprend ses esprits et commence à intellectualiser.
"Attends mais il se serait passé quoi si j'avais dit ça. Imagine si j'avais changé d'avis..."

Il n'est pas rare d'avoir une réaction spontannée (exclamations, rires, applaudissement) déclenché par la mise en scène (énergie du performer, révélation dramatique, tempo), immédiatement suivie par quelque chose de plus intérieur, un début de vertige.

Je pense que c'est plutôt par là que ça se passe.

  • J'aime 1
Publié le
Il y a 2 heures, Gael BOUJON a dit :

Enfin, ce point de vue (qui n'est que le mien), est en contradiction directe avec la suspension volontaire d'incrédulité. Celle que l'on a devant un film, ou un spectacle d'enfant. Je ne crois pas au fait de contourner l'intellect.
Il faut que le spectateur donne tout ce qu'il a pour vraiment vivre quelque chose d'impossible (tant mieux, ça rend notre boulot tellement plus facile).

Tout à fait d'accord :

Contourner l'intellect va faire disparaître (ou affaiblir largement) l'émotion magique... 

Cela peut faire naître d'autres émotions (le théâtre et le cinéma génèrent des émotions intéressantes) , mais pas l'émotion magique. 

Après, il faut réfléchir à l'acceptabilité d'un effet (extraordinaire mais pas impossible) , qui peut ensuite introduire un effet qui lui est impossible... 

Ou comment faire baisser la garde de l'intellect pour l'emmener vers l'impossible ou il perd pied... 

Il y a plein de façons de concevoir le fonctionnement de la magie, c'est aussi ça la richesse de cette discipline 😁

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Chers tous

suis un peu bousculé avec tous vos "verbiages".... on parle beaucoup, et on doit perdre pas mal de gens en route... 

perso, suis avant tout magicien, et fier, et heureux de l'être... j'ai souvent été contacté pour réaliser des effets pour des pièces de théatre, avec de très grands comédiens , comédiennes... parfois, ils pouvaient être géniaux, et comprendre l'effet magique à l'instant... et parfois, tout le contraire... au moment ou ils devaient activer la chose simple qui faisait le tour... ils cabraient comme un âne qui ne veux pas avancer... 

donc... illusion foutue... 

Maintenant, le vrai moment magique existe, avec les grands magiciens... sans avoir nul besoin de conception théâtrale...

et pas besoin non plus de texte écrit, ou de sous texte... 

Le vrai magicien entre... et déjà capte l'attention.. par "ce je ne sais quoi..." et on l'écoute, on le voit... on est là... 

Il fait ses miracles, avec sa personnalité, on est juste là, dans ce moment suspendu... et on n'a surtout pas le temps de commencer à penser comment... on est juste au bord de ce qu'il nous envoie... 

pas besoin d 'histoire, ou d'autres mécaniques... un Mec est là, inconnu qui nous envoie sa vision de la magie... 

J'ai les noms... vous les avez aussi... 

sinon, ce sera le prochain sujet... l'INA regorge de plein de ces génies... plongez dedans...

Pour le reste, et je travaille comme coach sur plusieurs pièces, saupoudrer de magie, d'effets certains passages est un bonheur subtil... mais une toute autre histoire... 

La magie peut être un plus... comme une épice en cuisine... pas facilement reconnaissable, mais qui donne le gout au gout...

 

 

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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