Aller au contenu

Recommended Posts

Invité Dix heures dix
Publié le

Bonjour,

Un certain nombre de sujets parle de mentalisme ces derniers temps, en particulier sur le travail de personnes se produisant devant de larges publics. Cela m'amène a certaines questions sur la possibilité du mentalisme au théâtre.

Les questions que je pose ici sont liées aux questions éthiques mais le débat ne me semble pas le même, c'est pourquoi j'ouvre un nouveau sujet.

Lorsque je me rend au théâtre, je cherche à avoir accès à la vision des personnes ayant permis la mise en place de la pièce, à découvrir une manière de penser, de voir le monde, à entrer dans leur esprit.

Lorsque je suis en présence d'un mentaliste en revanche, c'est le phénomène inverse qui se produit : c'est le mentaliste qui cherche à avoir accès aux pensées des spectateurs. Ainsi, la question de savoir si le mentaliste peut être engagé dans une démarche autre que démonstrative se pose.

On peut distinguer deux manières de concevoir, pratiquer le mentalisme :

a) soit la prestation est fixe, c'est à dire que l'influence des spectateurs est presque inexistante: les choix, les pensées des spectateurs sont imposés par le mentaliste,

b) soit la prestation dépend des spectateurs, de leur réceptivité, de ce qu'ils apportent.

Dans le premier cas, le mentaliste devra faire en sorte que ce qu'il force semble choisi de manière libre, il sera difficile d'amener une réflexion profonde sur le contenu de ce qu'il propose car la priorité sera mise sur l'impression d'absence de lien, d' « aléatoirité » entre les choix effectués.

Dans le second cas, le mentaliste n'a aucun contrôle sur ce qui va être amené.

Dans a) comme dans b), le mentaliste ne peut proposer sa vision des choses qu'au niveau de la forme, le fond lui est imposé par le public. Cette limitation n'est-elle pas un obstacle à l'artiste ?

Le mentaliste peut-il se livrer, ou ne peut-il que prendre ?

(A noter que le fait que le mentaliste prenne au lieu de donner amène à des questions éthiques  : qu'est-ce qui autorise le mentaliste à entrer dans les pensées de ses spectateurs ? L'accord est-il implicite dès le moment ou le spectateur choisi d'entrer dans le théâtre ? Le spectateur a-t-il le droit, la possibilité de refuser une expérience proposée par le mentaliste ?)

Beaucoup de mentalistes semblent partager l'idée selon laquelle ce qui intéresse le plus un spectateur est lui-même. Cette manière de penser s'applique-t-elle au théâtre? n'est-ce pas l'inverse: le spectateur ne recherche-t-il pas plutôt à accéder à l'autre ?

Le mentaliste de théâtre permet d'accéder à l'autre, aux idées de son voisin mais ces idées ne sont pas profondes, l'intérêt, au delà de la possibilité de « voir quelqu'un lire dans les pensées » est mineur.

Les raisons qui poussent à aller voir un spectacle de mentalisme ne peuvent être des raisons de fond.

Ne faut-il pas avoir un certain scepticisme pour aller voir un mentaliste ? Se demander si c'est possible, si ça existe ? Le public du mentaliste est un public de sceptique qui ne vient que pour trouver une réponse à la question (ça existe, ça n'existe pas). Est-il imaginable qu'une personne convaincue de l'existence ou de la non-existence de ce que propose le mentaliste vienne le voir, y a-t-il un quelconque intérêt (autre que le divertissement :confused: ) ? Le spectacle de mentalisme au théâtre peut-il être autre chose qu'un acte uniquement démonstratif (de l'existence ou la non-existence de ce qui est proposé) ?

Je me rend compte que les mêmes questions se posent pour l'hypnose. Il me semble que l'hypnotiseur se produit dans des salles de spectacles plutôt que des théâtres, le public n'est pas le même me semble-t-il. J'imagine mal un hypnotiseur dans un théâtre (ou plutôt, devant un public habitué au théâtre)...

Tout cela, donc, pour poser la question suivante :

Le comédien donne, le mentaliste prend. Comment le mentaliste peut-il se livrer ?

Ou de manière un peu plus provocatrice :

Un spectacle de mentalisme au théâtre peut-il être intéressant ?

A noter tout de même sur cette idée selon laquelle on n'a pas accès au cœur du mentaliste : ça contribue au mystère.

Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
  • Réponses 93
  • Créé
  • Dernière réponse

Membres les + Actifs

Publié le

Beaucoup de choses dans ton excellent post, Dix heures dix (y compris des choses qui rejoignent certaines de nos conversations en mp ;) ).

Ton texte est si dense, l’analyse est tellement profonde que j’avoue ne pas trop savoir pas quel bout le prendre… Et j’imagine qu’il doit plonger certains lecteurs dans un abime de perplexité. mdr

Allez... j’essaie de tirer un fil et nous verrons si cela peut inspirer d’autres personnes :

la question de savoir si le mentaliste peut être engagé dans une démarche autre que démonstrative se pose.

On peut distinguer deux manières de concevoir, pratiquer le mentalisme :

a) soit la prestation est fixe, c'est à dire que l'influence des spectateurs est presque inexistante: les choix, les pensées des spectateurs sont imposés par le mentaliste,

b) soit la prestation dépend des spectateurs, de leur réceptivité, de ce qu'ils apportent.

Excellente réflexion ça !

Cela rejoint ce que j’essaie de théoriser sur le mentalisme directif et le mentalisme non-directif.

Le mentalisme de spectacle tel qu’il existe aujourd’hui est essentiellement démonstratif et fait partie de ce que tu mets dans la catégorie a)… Je dirais que c’est un mentalisme de style directif dans le sens où le mentaliste est absolument maitre du jeu, il fixe les expériences, tient le cadre, contrôle absolument le protocole, choisi les "cobayes" (même lorsque le choix du spectateur est lié à un lancer de nounours dans la salle, par exemple, c’est bien le mentaliste qui impulse le mouvement, ce ne sont pas les spectateurs qui viennent à lui de leur propre volonté).

Le mentalisme non-directif, quant à lui, n’existe pas (à ma connaissance) dans le cadre du mentalisme de spectacle. Je le regrette mais aucun mentaliste aujourd’hui ne sait "dealer" avec ce que les spectateurs apporteraient de leur propre chef.

Et là se pose une question intéressante : que pourrait être un mentalisme non-directif ?

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le

Très intéressant, en effet. Je ne pratique pas de mentalomagie sous quelque forme que ce soit, je l'ai déjà dit ici, et je pense qu'une partie des idées de ta réflexion sont à l'origine de mon refus: PRENDRE et non DONNER. c'est un peu péremptoire en jugement, et un peu mégalo en comportement, mais le fond est là.

J'attends de voir la suite des réflexions, car comme le souligne patrick, le texte est dense.

Mon regard sur les publications Close-Up :

http://closeupcritique.wordpress.com/

Publié le

C'est vrai ça...

des exemples de mentalisme non-directif ?

Car a part mettre le public en avant dans des numéros et les faire jouer le rôle du mentaliste j'avoue ne pas voir...

Dire à un spectateur : demande moi de deviner ou de faire ce que tu veux avec ce que tu m'apportes sur scène et je le ferais.

?

#Ma_grand_mere_s_appelle_suzanne #Trex_Vaincra

14907072_10210278636069668_6619221084968507558_n.jpg.558679fdbb1ef8f551a1a1f38ef06e25.jpg

Publié le
Très intéressant, en effet. Je ne pratique pas de mentalomagie sous quelque forme que ce soit, je l'ai déjà dit ici, et je pense qu'une partie des idées de ta réflexion sont à l'origine de mon refus: PRENDRE et non DONNER. c'est un peu péremptoire en jugement, et un peu mégalo en comportement, mais le fond est là.

Je comprends tout à fait Paul.

Je ne sais pas pourquoi mais cette réflexion me fait penser à quelque chose de très personnel que j’ai envie de partager avec vous.

Bon… Je vais encore m’exposer, je vais perdre le peu de crédibilité que j’ai sur ce forum mdr et certains vont se demander à quel stade de la dépression magique j’en suis arrivé mais peu importe ! mdr ... Comme tu les dis Dix heures dix : "Le mentaliste peut-il se livrer, ou ne peut-il que prendre ?"

Donc...

Récemment, je revoyais une prestation télévisée d’un des magiciens que j’apprécie le plus. Il était interviewé, il parlait de lui, simplement, avec des mots plutôt touchants et pudiques. Et, tout à coup, le journaliste lui demande de faire une démonstration. A ce moment, là c’est comme si le personnage se métamorphosait totalement : les expressions de magicien, les tics de magicien, les lines de magicien reprenait le dessus et le simple être humain intéressant et touchant qui était là avait totalement disparu. Nous étions dans la démonstration absolue. Le magicien et la magie prenait toute la place. Je me suis dit à ce moment là quelque chose comme : "Il y a quelque chose d’intrusif dans la magie" et aussi : "le personnage de magicien est un faux-moi".

Cela m’a fait penser à quelque chose de plus personnel : Lorsque j’étais adolescent le fait d’être magicien était, pour moi, un élément important de mon identité. Je tenais à être connu et reconnu comme magicien. J’étais souvent dans la démonstration de mes capacités. Aujourd’hui (et c’est là où je vais peut être étonner certaines personnes ici), certains de mes meilleurs amis récents ne savent absolument pas que je suis magicien ou mentaliste, ni que j’ai écrit un livret dans ce domaine qui a eu son petit succès. Non que je cherche à le cacher mais, disons, que cela je n’ai jamais eu besoin d’en faire état ou de faire une démonstration. Je dirais, à la limite, que plus ce que je partage avec certaines personnes dans l’amitié est intense et profond moins j’ai envie de leur faire de la magie ou de mentalisme… C’est comme si la magie ou le mentalisme risquaient de prendre beaucoup de place et de fausser en quelque sorte notre relation (et de me construire une fausse identité).

Bref, vous l’aurez compris, l’illusionnisme et le mentalisme sont de moins en moins, pour moi, un élément d’identité forte et un moyen de briller en société (ou de divertir mdr ). L’illusionnisme et le mentalisme ont une toute autre fonction pour moi qui est plutôt de l’ordre d’une réflexion sur la nature de la réalité… Mais est-ce, encore, là de l’illusionnisme ou du mentalisme ? mdr

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
... n'y a-t-il pas quelque chose de profondément malsain à voir un mentaliste nous révéler les pensées de notre voisin, nous donner accès au jardin secret du participant à l'expérience, une forme de voyeurisme qui pourrait être mal vécue par la victime ?

Je ne connais pas de mentaliste (de spectacle) qui révèlent ce genre de choses.

Dans l’expérience question/réponse par exemple, ne sont révélées que des choses que les spectateurs ont sciemment mis à la disposition de l'artiste. Que ce soit en direct ou en pré-show .

La question se poserait probablement si le mentaliste était capable de VRAIMENT lire les pensées des gens, ce qui n'est pas le cas, bien que cela en ai l'apparence.

N'est-ce pas cette ambivalence qui fait le succès du mentalisme ?

Ben oui, justement.

Si tu n'as qu'une parole, ne la donne à personne !

Site web: www.allias-magie.fr/

Publié le
...plus ce que je partage avec certaines personnes dans l’amitié est intense et profond moins j’ai envie de leur faire de la magie ou de mentalisme…

Est-ce pour cette raison que je n'ai jamais envie de faire de la magie à ma famille et à mes amis ?

J'ai l'impression qu'il connaisse de moi le principal et que mes prestations de magicien ne leur apprendrai rien de plus sur moi !

Qui d'entre vous partage cet étrange comportement ?

Si Dieu existe j'espère qu'il a une bonne excuse.

Woody Allen

Publié le

Au vu d’un mail que je reçois ce matin, il semble qu'il y ait des personnes tombent de leur chaise. mdr

Vu certaines de mes prises de positions ici, nous aurions pu penser que je croyais au paranormal, il s’avère, en fait, que je suis le plus sceptique des sceptiques. mdr

Vu d’autres prises de positions (en faveur d’Uri Geller par exemple) et certains de mes écrits, nous aurions pu penser que je prenne des libertés avec l’éthique, il s’avère que je suis le plus éthique des mentalistes… Celui qui s’abstient même de faire du mentalisme à ses amis pour ne pas "polluer" la relation. mdr

Ben oui... La vie est pleine de paradoxes ! (c’est du deuxième degré les mecs, hein !) mdr

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
J’ai effectivement vu, à plusieurs reprises, des mentalistes de spectacle (et de tendance clairement non parapsychologique ou développement personnel) qui essaient d'aller très loin dans l’intimité lors d’une session de Q&A (beaucoup plus loin que ce qui leur a été initialement confié - chose qui se comprends et qui est, d'ailleurs, parfaitement légitime d'un point de vue strictement artistique).

lorsque le magicien va au delà du simple oui/non en approchant une question, il est normal qu'il brode afin d'avoir le maximum de hits.

Le présentateur (P) prend connaissance d'une info appartenant a une spectatrice (S), du type:

Une petite fille qui pleure.

Ce qu'il ignore, c'est que S parle d'elle. Elle a subit des violences dans son enfance (ne nous étendons pas sur ces dernières).

P: Il y a quelque chose de triste dans votre pensée?

S: Oui

P:Je ressent comme une douleur.

S:Oui

P:On dirait un gros chagrin...des larmes peut être ?

S: Oui

P: Cela concerne un enfant non ?

S: Oui

P: C'est un garçon qui...non je crois que c'est une petite fille c'est ça ?

S:Oui

P: j’entends comme une chanson, ça vous parle ?

S: Non, je vois pas!

Là le présentateur a fait le tour des infos qu'il connait et a déjà obtenu 5 OUI de la spectatrice. (Il est possible d'en obtenir plus, mais là n'est pas le propos.) Mais il termine sur un NON. (Il pensait à la chanson de Nougaro). Mais cela se semble pas être la bonne voie. S'il est intelligent il arrête là. Ou il essaye au plus de décrire la petite fille.

Si c'est un gars un peu lourd il poursuit et là il risque effectivement de révéler des choses très personnelles et devient un voyeur.

Toutefois S à elle même prit le risque de voir révéler sa pensée et il y a d abord exhibition de S avant le voyeurisme de P.

Dans ce genre de contexte le mentaliste à fait son boulot. De plus les mentalistes avisés demandent des souvenirs heureux pour éviter de se retrouver avec des spectateurs en larmes sur la scène. (même si cela marque le reste du public).

Mais peut être parle-je d'un monde idéal ?

Si tu n'as qu'une parole, ne la donne à personne !

Site web: www.allias-magie.fr/

  • 2 weeks plus tard...
Publié le

En ce qui concerne le donner/prendre aux spectateurs, je dirais que quand on fait du mentalisme c'est un donné pour un rendu. Certes le mentaliste va "prendre" des informations aux spectateurs mais pour mieux lui donner du rêve (même si il le vend en vrai).

Après lecture je ne vois pas ce qui empêche d'allier les deux techniques à savoir le mentalisme avec ou sans gimmick. Tout dépend des effets désirés...

Pour l'hypnose, c'est une autre histoire. Il est certain que beaucoup de spectateurs viennent à un spectacle d'hypnose consciemment sceptiques. Je dis consciemment car une majorité de spectateurs s'auto-conditionnent inconsciemment à y croire.

Par ailleurs, l'hypnose n'est pas "magique", c'est un phénomène réel qui n'a à la base rien de magique. Maintenant, libre à l'hypnotiseur de mystifier la chose ou non, ou à tout simplement garder une part de mystère.

Le mentalisme c'est un peu pareil, consciemment la plus part des gens savent que c'est truqué et donc ils sont sceptiques à leur entrée, mais il n'est pas rare qu'une personne commence le spectacle en étant sceptique et le termine en ayant de sérieux doutes sur le fait que ce soit truqué. L'inconscient veut par-dessus tout donner du sens à ce que l'on voit. Ce besoin de compréhension est tellement fort qu'il est près à admettre une solution qui pourtant n'est aucunement rationnelle.

Pour finir, oui ça divertit. L'Homme est crédule par nature car il survit grâce au conditionnement qu'il s'impose ou qu'il se voit imposé.Quand on combine ce besoin de comprendre et le besoin de conditionnement, il paraît logique qu'on aime se divertir avec ce genre de spectacles.

Rejoins la conversation !

Tu peux publier maintenant et t'enregistrer plus tard. Si tu as un compte, connecte-toi maintenant pour publier avec ton identité.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Restaurer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédemment saisis, a été restauré..   Effacer le contenu

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

  • Messages

    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
  • Statistiques des membres

    • Total des membres
      8495
    • Maximum en ligne
      4524

    Membre le plus récent
    Fabian VAND3RL!NDEN
    Inscription
  • Statistiques des forums

    • Total des sujets
      85.1k
    • Total des messages
      683.1k

×
×
  • Créer...