Aller au contenu
Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !

Recommended Posts

Publié le

Bonjour à tous,

J'ai récemment découvert ce terme : "lentidigitation" apparemment inventé par René Lavand (?).

Je souhaite en savoir plus sur ce concept et si d'autres magiciens se sont intéressés à la chose. Existe-t-il des ouvrages ou des tours pouvant illustrés cela ? Existe-t-il des routines dédiées à cela ?

Merci à vous !

Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Publié le (modifié)

Le pire dans tout ca c'est que c'est pas une blague... je pense vraiment que c'est juste du..."marketing"... son numéro le plus représentatif est un effet type huile et eau durant lequel il ne cesse de répéter "no se puede hacer mas lento" (on ne pourrait le faire plus lentement...)

Du coup, aux antipodes de la prestidigitation (presto presto, rapidos rapidos...) il a du donner naissance au terme lentidigitation par jeu de mots... (en tout cas je vois pas d'autre explication possible...)

donc à mon avis, non, pas de tour représentatif de la lentidigitation... juste un état d'esprit et une manière de faire n'importe quel tour... ;)

Modifié par Julien Losa

Choose your battles wisely.

Publié le

Ce concept de lenteur est un cas particulier du préambule à toute magie :

Le spectateur doit suivre et comprendre ce qui se passe, pour être surpris que cela ne se passe finalement pas comme ça.

En gros, dans la plupart des tours (il y a toujours des exceptions, bien sur…), on a :

-Une situation de départ, qui doit être comprise et admise par le spectateur.

-Une action (magique ou non), qui doit être comprise et admise par le spectateur.

-Un résultat, qui diffère notablement du résultat escompté ou probable, ou logique, d’où magiiiie !

Et quoi de mieux, pour que le spectateur comprenne et admette ce que l’on fait, que de le faire lentement ?

Une action rapide, si elle n’est pas motivée et dans le bon timing, sera perçue comme une tentative de cacher quelque chose par le spectateur :

Donc, une action rapide non admise par le spectateur sera vue comme une tricherie, peu importe que le spectateur comprenne comment l’on triche, il sait que c’est la (même si on n’a pas triché, en fait…)

Il y a aussi d’autres aspects qui permettent la clarté :

-Faire les choses visiblement. On voit souvent des débutants enfouir leur jeu de carte au fond des mains, ne laissant voir qu’un coin par moment, alors même qu’ils n’ont rien à cacher :

Tenir le jeu du bout des doigts, ou montrer quelques cartes posées sur une paume grande ouverte (Ascanio…) permet au spectateur de VOIR, donc de bien comprendre, et d’admettre. C’est honnête.

-faire des choses naturelles :

La recherche du mouvement vrai, ou si le mouvement ne peut être naturel, d’une aisance le faisant passer pour tel, est une des clefs pour rendre les choses honnêtes.

-faire des économies de mouvements :

La magie la plus forte, c’est bien sur quand on ne fait aucun geste, et que la magie est la quand même.

Certains préconisent d’ailleurs de faire quand même une fausse manipulation, à un moment ou un autre, même si on n’a rien de spécial à faire, pour que le spectateur puisse croire à ce qu’il voit, et n’aille pas chercher ce qui s’est passé avant : ne pas faire une magie « trop impossible », c’est un autre débat, mais relève des même analyses.

Mais outre ce point, on gagne souvent à faire des économies de mouvements :

Tout geste parasite qui n’est pas motivé, même s’il n’intervient pas dans le déroulement du tour, est un parasite à supprimer.

Ca, c’est la théorie.

En pratique, il y a des cartomanes que j’adore, qui, dés qu’ils ont un jeu en main, le mélangent et le coupe dans arrêt : il faut donc pondérer par les tics du personnage, qui sont une motivation a certaines manipulations intempestives.

Mais quand même, moins on bouge, plus c’est fort.

-faire les choses de façon motivées :

Poser la carte choisie sur le jeu, un instant, puis la reprendre, si on ne motive pas, c’est louche.

Peu importe le motif, plus il est trivial, plus le geste que l’on désire cacher sera gommé de la mémoire à court terme du spectateur :

On a la carte en main droite, le jeu en main gauche, les yeux pointent sur le tapis ou on va poser la carte, aperçoivent quelque chose, la main gauche pose la carte sur le jeu, donne un petit coup de balai de la tranche de la main pour chasser une poussière qui peut d’ailleurs être imaginaire, reprend la carte, la pose…

Durant ce temps, le texte continue de couler, sans marquer de pose :

Le fait que la carte soit retournée sur le jeu est gommé.

C’est bien sur une façon grossière de le faire, c’est juste pour illustrer…

J’avais vu une fois Monsieur Salvano faire un tour de corde : il coupe sa corde avec des ciseaux, un petit brin tombe par terre, il le ramasse visiblement car il ne veut pas d’une scène sale, et le met dans sa poche… je ne vous dit pas ce qu’il a fait, en se penchant pour ramasser le brin de corde, mais il avait un temps d’avance énorme ensuite ;)

Mais bon, c’est Salvano… il a bluffé une sale entière de magiciens, sur ce coup.

A contrario, si l’on veut faire penser au spectateur que l’on triche à un moment, il faut bien sur utiliser toutes les choses proscrites autrement : geste rapide non motivé, masquage de la vue du paquet sans détournement d’attention, logique visiblement manipulatrice…

Donc oui, la lenteur, c’est un signe d’honnêteté, Lavand n’a pas inventé le concept, mais il l’a utilisé magistralement…

A noter qu’on peut aussi exploiter le concept sur les mouvements rapides :

Les actions lente focaliseront l’attention sur les moments ou doit théoriquement se passer quelque chose (alors qu’en général, il ne se passe rien de louche à ce moment…), et les actions sans intérêt peuvent être faite rapidement, et de façon désinvolte.

Cela participe aussi au maintient de l’attention :

Si tout le tour se passe sur un rythme d’escargot, l’intérêt du public va faiblir.

Il faut des variations de rythme, d’intensité, d’énergie, pour que le public reste accroché, et pour faire monter la sauce jusqu’au climax.

Gilbus.

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Post intéressant dont la portée dépasse largement le concept de lenteur.

Rejoins la conversation !

Tu peux publier maintenant et t'enregistrer plus tard. Si tu as un compte, connecte-toi maintenant pour publier avec ton identité.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Restaurer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédemment saisis, a été restauré..   Effacer le contenu

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

  • Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
  • Messages

    • Il y a des personnes qui jalonnent notre Vie et ceux qui resteront des Jalons. Juan Tamariz fait parti de mon Cheminement. On connait la Sonate, certaine sont plus tristes que d'autres. Merci l'Artiste !
    • Bonjour Frantz et merci pour ton explication. Je n'aurais en effet pas du parler de "marge solide" mais de différence solide, pour le petit acheteur que nous sommes. Je suis pour faire vivre le commerce local, aucun souci avec ça, mais pas à n'importe quel prix. J'ai du mal à comprendre comment 3 boutiques, du même pays, pour un même article arrivent à des différences de prix pareilles, c'est plutôt là mon point de réflexion. J'imagine que le produit vient généralement du même grossiste, et donc là on est d'accord que certains se font une plus grosse marge que d'autres sur un même produit.  Attention que je suis pas du tout en train de dire que certains sont des voleurs ou que dans ce cas-ci Marchand de Trucs arnaquent les gens. Je suis parfaitement conscient que sur d'autres produits ils sont moins chers, et cela reste une boutique que j'apprécie beaucoup.  De mon côté je suis belge, donc acheter mon produit en France ou ailleurs reste malgré tout l'acheter à lextérieur de mon pays et donc je vais en effet au moins cher, surtout quand la différence de prix est aussi importante (et dans le prix je calcule évidemment tout, c'est à dire le produit, les frais de livraison, les frais de douane quand cela doit s'appliquer (ce qui n'est pas le cas avec TCC), les promotions, les cadeaux offerts). Bonne journée Olivier
    • Non, la "marge [n']est [pas forcément] solide"... (Avec le sous-entendu négatif que l'on pourrait percevoir...) Premièrement, il est normal qu'un producteur puisse vendre au public son article moins cher que le distributeur, puisque ce dernier doit l'acheter au premier... (Est-ce très réglo qu'un producteur agisse comme cela d'ailleurs ? C'est une autre question...) Là, on ne parle plus de magie mais de gestion d'entreprise... Mais ok, parlons-en... Regardons donc ces marges. Pour être sûr d'être compris, j'ai besoin de préciser les points suivants : La plupart des gens appellent "taux de marge" ce qui est en réalité en comptabilité le "taux de marque". Le premier se calcule par rapport au prix d'achat d'un produit, le second par rapport au prix de vente. Donc, dans la suite, j'essaierai de parler de marge en valeur absolue mais, si pourcentage il y a, ce sera toujours par rapport au prix public de vente (taux de marque donc). Dans notre petit milieu de la magie, ce taux de marque est généralement de l'ordre de grandeur de 40 %, nombre que je retiendrai pour la suite. (Cette valeur n'est pas imposée de façon dictatoriale par le consortium mafieux des vilaines boutiques de magie qui ne pensent qu'à voler indûment l'argent des pauvres magiciens besogneux ; elle découle de l'équilibre obtenu après des dizaines d'années d'existence de ce marché.) Pour ne pas m'embêter avec des virgules ou des conversions, je considère qu'un dollar vaut un euro, et je ne trainerai pas les centimes. Cela ne change pas le propos. Regardons donc ton exemple : 1. Marge du distributeur Le prix public de l'article est de 119,00 TTC, soit 99,00 € HT. La marge est donc de (40/100)×99=39,00 €. 2. Marge du producteur Je considère que le producteur a déjà vendu assez d'exemplaires à ses distributeurs pour avoir amorti sa fabrication. Tant que ce n'est pas le cas, la discussion n'a pas de sens (le producteur serait alors en déficit sur l'opération, ce qui est une situation qui doit durer le moins longtemps possible pour continuer d'exister). Je ne considère pas la remise non plus, sinon il faudrait aussi considérer la remise faite par le revendeur (10 % je crois avec leur carte de fidélité). Le prix public de l'article est donc de 80,00 € TTC, soit 71,00 € HT (la TVA chinoise n'est que de 13 %). Avec mon hypothèse, c'est donc aussi directement la marge. Conclusion Marge du distributeur : 39,00 € Marge du producteur : 71,00 € Qui a une marge "solide" ? Cela dit, plusieurs remarque : Beaucoup de gens (mais vraiment beaucoup...) confondent chiffre d'affaires, marge et résultat. Du coup, les conversations sont vite stériles... La marge, c'est le carburant qui permet aux entreprises de vivre (la marge n'est pas le résultat !) L'une des grandes difficultés de la gestion d'entreprise est justement d'arriver à la calculer (et à la réaliser !) correctement pour pouvoir survivre... Donner un nombre général en disant "cette marge c'est du vol" n'a pas de sens sans un paquet d'autres informations (le CA et le résultat notamment...) Qui peut définir ce qu'est une "marge solide" ? Cela n'a pas de sens... (Ayez 400 % de marge sur des perles en plastique vendues sur le marché le samedi matin, vous n'allez pas gagner votre vie ; ayez 0,1 % de marge en vendant des porte-avions, et ça devrait aller pour vous.) Quand bien même le distributeur aurait une "marge solide", serait-ce un voleur ? Imaginons qu'il achète au producteur cinq exemplaires de l'article mais qu'il n'en vende que deux. Il aurait dépensé 5 × 59,00 € = 295,00 € et aurait fait rentrer 2 × 99,00 € = 198,00 €. Il serait donc déficitaire de 97,00 €... (En fait, son déficit serait plus gros que ça, puisque cela lui crée un stock qui a un coût, et ce déficit de trésorerie doit être financé ; à combien sont les taux bancaires pour un prêt de trésorerie déjà ?) Bref... Je ne sais pas si vous m'avez suivi jusque là, mais tout l'objet de ce message était juste d'essayer de montrer que ce n'est pas parce qu'un marchand achète un truc à 60,00 € et le revend à 100,00 € que c'est un "voleur qui s'en met plein les poches"... La vraie vie est un chouïa plus compliquée... 🙂
  • Statistiques des membres

    • Total des membres
      8513
    • Maximum en ligne
      9330

    Membre le plus récent
    Paloma NAHARRO
    Inscription
  • Statistiques des forums

    • Total des sujets
      85.3k
    • Total des messages
      684k
×
×
  • Créer...