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Que de bons développements dans ce post, celà devient passionnant. Et pour reprendre un terme qu'à lancer Alex, "l'interprète" n'a t'il pas le droit d'exister.

Si l'on est souvent les premiers à se plaindre que la magie ne soit pas assez reconnu comme un art, n'est- il pas contradictoire de ne pas accepter qu'il soit régit comme les autres expressions artistiques.

Que ce soit en théatre ou musique il y a eu de tout temps des auteurs et des interprètes et cela n'a jamais nuit à ces domaines artistiques.

Pourquoi la magie devrait faire exception à cette règle avec des auteurs et des interprètes qui réalise des routines avec leur propre sensibilité.

C'est sur qu'il est rare de voir un magicien se présenter en tant que X interprètant Y, mais n'est-il pas temps de réfléchir sur un moyen de permettre aux auteurs et aux interprètes de coexister avec intelligence et de trouver un moyen de régir cette exception magique.

Que ce soit en magie ou en musique, j'ai toujours commencé par interprèter les oeuvres des autres et aujourd'hui encore il y a des tours qui sont devenus des classiques pour moi que j'adore présenter à un public devrait-je arrêter de faire rêver les gens sous prétexte que je n'ai pas inventer ce tour ou n'est-il pas plus profitable que je le fasse en précisant qui est l'auteur de cette merveille. Celà permet en plus de faire connaitre les noms de nos ainés souvent trop peu connu du public, faite un petit sondage qui connait le nom de Dai Vernon à part les magiciens?

Je me trompe peut-être et la magie n'est peut-être plus un art mais uniquement un business géré par des copyright.

Allez, je suis surement trop idéaliste et les magiciens qui ont toujours été habitué à "voler", ne sont peut-être pas prêts à citer leurs sources, mais si chacun y met un peu du sien je suis sûr que notre art en sortira grandi et mieux reconnu du public.

A+

Tybo

[ 06 Mars 2002: Message édité par : tybo ]

Thibaut RANDOULET

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Membres les + Actifs

Publié le

C'est bien vrai Paul surtout ta dernière phrase.

Pour chercher et avant de découvrir ou pourquoi pas créer, le chercheur a toujours besoin de matière. Si on cherche rien dans rien on trouve rien, c'est un rien élémentaire !

Je n'ai rien dit...

Amitiés magiques

Kozou

L'illusion de la Vie... la Vie de l'illusion

Publié le

sauf que rien n'est pas rien, la preuve on peut le soustraire.

rien moins rien = moins que rien.

On peut même le multiplier et acheter des choses.

une fois rien = rien

2 fois rien = c'est pas mal

3 fois rien = c'est super

pour 3 fois rien on peut acheter beaucoup de choses.

(de Devos)

++ tlm

Et Hop apparition de six mots !

Et hop seulement cinq mots !

Publié le

J'ai eut Bébel au tel et tout fini bien entre nous mais cela ne vous regarde pas...

Il fait effectivement la routine d'As gansgters de Jacques Tandeau mais citant son auteur dans tous les cas. Bébel scénarise le tour un peu différemment avec le temps en y apportant des touches de présentation personnelle.

La routine de corde est sienne également car les enchaînements lui son propre.

Je lui ai demandé au sujet du livre in french language et il le sortira probablement.

Merci à ??? (Pagès???) de m'avoir mis en contact avec Bébel.

Yep

Publié le

J'aime beaucoup la reference de Alex a la recherche scientifique.

Pour essayer de donner l'intuition de ce que citer les sources veut dire sans pour autant poluer l'explication, je cite ici un extrait d'un article lu recement [1]

"Watermarking has recently become a very active research area, a fact established by the numerous methods dealing with the watermarking of audio [6], image [2], [7]-[11] or video content [12]-[16] that have appeared in the literature to date."

Bref, on remarque plusieurs choses:

- les sources sont tres bien citées sans poluer le texte grace a un report a la fin du paper dans la section biblio

- Cela permet d'apprendre ENORMEMENT, car on peut alors se reporter facilement aux autres publications qui nous interessent.

- Bon ici, cela ne transparait pas forcement, mais cela permet aussi de savoir rapidement ce qui est nouveau, ce qui est ancien, ce qui est apporté, original etc ...

Vous parlez souvent du fait que les debutants n'ont pas de culture magique ce qui est un peu logique vu qu'ils sont debutants, le probleme c'est comment voulez vous qu'il obtienne une culture magique si personne ne cite les sources correctements ???

Prenons des exemples simples: Sinfonia en mnemonica major de Tamariz. Allez a la fin dans la partie biblio, vous allez comprendre ce que c'est de citer les sources smile.gif" border="0)

Et sinon autre exemple, dans Myth Mind and Magic, vous avez regulierement des anotations en bas de page pour citer les sources (perso je prefere en fin de livre, mais bon c'est une question de gout smile.gif" border="0 ).

Alors vous allez me dire "ouaii mais sur une cassette video c'est pas pareil ...". La mise en forme ne sera pas la meme c'est evident, mais je ne vois pas en quoi cela interdit de citer les sources. Alors evidement ca prend plus de temps à preparer, à timer etc ... Plutot que de faire la cassette à la va vite ...

Pour conclure je pense que citer les sources est non seulement important par respect pour l'auteur, mais aussi pour ceux qui veulent vraiment apprendre et progresser: cela leur permet de savoir quoi lire s'ils veulent se documenter plus sur un sujet.

--------------------

[1] A Statistical Analysis of a Watermarking System based on Bernoulli Chaotic Sequences, S. Tsekeridou, V. Solachidis, N. Nikolaidis, A. Nikolaidis, A. Tefas and I. Pitas, Signal Processing (desolé j'ai pas la date sur le paper)

[ 08 Mars 2002: Message édité par : ChoJin ]

Best Regards

ChoJin

Publié le

Citer les sources sur une video est extremement difficile. D'abord, ca demande une recherche accrue, dans des livres qu'on a pas forcement a sa disposition. D'autre part, lorsque l'on est en studio de montage, on paie a la journee, et ca peut couter tres cher, d'autant que la conformisation prend aussi beaucoup de temps. Enfin, la personne qui, en l'occurence, est sur la video devrait etre censee savoir ou les idees et tours ont ete puises. Il est plus facile de demander a la personne concernee d'ou les tours sont issus, que d'avoir a rechercher apres coup.

C'est cense etre un travail de preparation, mais je dois avouer que quand on a le stress du tournage avant le tournage, le dernier des soucis est de savoir si les sources seront correctement citees. Je veux dire par la qu'on se concentre plus a cet instant de savoir si la technique sera executee correctement, si on ne va rien oublier d'apporter ( Ses pieces, cartes truquees, ...), si tout va bien passer, etc.

Ensuite, au de-rushage, le soucis est de savoir si tout a bien ete filme, si tout va se raccorder correctement. Puis vient le montage, et le stress est jutement de savoir si on va bien pouvoir coller les images les unes derrieres les autres sans que ca casse, parce qu'on a pas envie de se retaper une journee supplementaire de tournage pour 2 images qui ne collent pas. A la fin du montage, il faut deja donner les sources. Or, a ce moment la, personne n'a vraiment vu la cassette, vu qu'elle vient juste de se terminer, et que de surcroit, c'est pas l'heure de la visionner. On a pas le temps. C'est a ce moment qu'il faut pourtant citer les sources. Et c'est justement ca, le probleme, d'autant que l'artiste n'est pas forcement present a ce moment la. Les seules personnes presentes sont le monteur, et le realisateur.

Certes, lorsque la video est finie, qu'elle est en vente en magasin, des centaines, voire des milliers de magiciens vont la regarder, puis dire: QUOI ! Cette technique est d'untel, et est injustement credite a quelqu'un d'autre, ou encore, cette technique a ete utilisee, mais creditee a personne, n'est ce pas seb...

Aussi, meme quand tout a ete correctement prepare a l'avance, il y a parfois des nuances entre la preparation, les repetitions et le tournage. parfois, on repete le tour de cette facon, et puis au tournage, d'autres techniques sont utilisees, rajoutees ou modifiees.

Quand on publie un livre, c'est pas pareil, en ce sens qu'on donne le bouquin a publier une fois que tout est termine, que les sources ont bien ete citees, que la relecture est terminee. On donne a publier un produit fini, there's no rush.

Citer les sources sur une video se fait en plein milieu de la video, entre le montage et le mixage. D'ou la difficulte ! Surtout si on a pas a cote de soi l'encyclopedie universelle des sources des tours et techniques de magie, en 8 volumes, de chez Larousse...

Un peu d'indulgence, donc. Les livres sont et seront toujours plus credible que les videos pour les sources.

www.jardonnet.com

www.woodblockprintsworld.com

Publié le

De l'indulgence, voui, on en a à revendre... Maintenant, pour la difficulté de mettre les sources, ce n'est pas non plus la mer à boire. Il y en a qui aiment bien chercher l'historique du break au petit doigt ou de la levée double, d'autres dont c'est le métier (il y a même un SIAM en France, c'est dire!), il suffit juste de s'adresser aux bonnes personnes... Il est effectivement anormal (euphémisme?) qu'une personne qui ponde une vidéo, qui s'impose donc comme un professeur, qui répand une partie de son savoir, de sa vision des choses en général et de la magie en général, ne sache pas d'où viennent ses propres trucs. Ca porte un grop coup à la crédibilité... Et c'est la que les sources peuvent rattraper le coup.. Outre le fait que c'est LA bonne chose à faire et que ça ne fait que mettre l'artiste en valeur, ça permet également d'inscrire son travail dans une perspective historique, et de le rendre encore plus solide en expliquant ce sur quoi il s'est basé. Un document universitaire (ou toute recherche historique, sociologique, scientique, etc etc) est considéré comme nul et non avenu sans la mention complète des sources, un jour viendra où il en sera de même pour les vidéos et les DVD de magie. On parie?

Concernant la difficulté et la somme à engager pour inscrire des sources...Dans tous les cas auxquels j'ai eu affaire, il m'a suffit de donner une bête disquette avec un texte en format ".txt" dessus, dont le monteur a copié/collé le contenu à la fin de la vidéo... Ca prend de 10 mns à 1h selon les cas (quand on veut mettre un joli fond en couleur derrière le texte)... On a connu plus insurmontable.

Je crois surtout que citer un historique des sources à la fin (ou pendant) une vidéo est une mode relativement récente, qui fait que cela paraît encore trop lourd, trop contraignant, trop compliqué, et foncièrement inutile. Laisse un peu et temps passer et tout le monde trouvera ça normal.. et nécessaire!

Seb.

[ 08 Mars 2002: Message édité par : Seb ]

Publié le

Dis moi Gillette G2,

Pour repondre a ton paradoxe Californien :

Si tu ameliore un effet, tu en deviens le createur, meme si l'effet de base appartient a quelqu'un d'autre. Tu peux donc ajouter un effet a l'effet de base, avec ou sans en changer le principe. Ainsi, tu peux citer tes sources, et en etre le createur. Si tu veux des exemples, j'en ai des valises. C'est pas un paradoxe, ca ne vient pas de Californie.

D'autre part, pour ton fichier en .txt, je ne suis pas acheteur. Certes, il est beaucoup plus facile de trouver les sources lorsque 6 ou 7 personnes sont avec toi pour de-rusher, y compris la personne concernee, ( surtout quand on a que ca a faire ) Ce n'est pas toujours le cas : il ne faut pas prendre ton cas pour une generalite...

Je sais que tu t'es tres bien applique pour la k7 de Romaric, et que tu es abonne a l'encyclopedie en 8 volumes de chez Larousse, que tu recois leur lettre mensuelle, etc. Mais vois-tu, ce n'est pas mon travail, et comme on dit, a chacun son metier, et les vaches seront bien gardes.

D'autre part, je ne me sens pas vise concernant les sources en general sur les videos. il y a beaucoup plus de video sans aucune source en France, que celles comme celle de Romaric qui fait justement reference en la matiere, je l'admet bien volontiers. Ce que je voulais dire dans mon post precedent, c'est que ce n'est pas toujours aussi simple que ce que l'on croit, justement parce que citer les sources se font a un moment critique dans la realisation de la video, et que tout le monde n'a pas a cote de soi la culture encyclopedique en magie que tu as.

Bon, email moi un de tes tranxenes, it's headaches time over there.

[ 09 Mars 2002: Message édité par : Stephane Jardonnet ]

www.jardonnet.com

www.woodblockprintsworld.com

Publié le

Je t'envoie un tranxène par email, tu le mérites.

L'exemple Romaric n'est qu'un exemple, j'ai fait d'autres sources pour d'autres projets pour lesquels je n'étais pas devant la tévé, les sources sont parties par email et le problème s'est réglé comme ça. Mais comprends bien que je ne visais personne en particulier, surtout pas toi, et je suis le premier à dire à qui veut bien l'entendre que l'exemple Tonio a été résolu et qu'il a eu l'immense mérite de faire jurisprudence en la matière. Ce n'est d'ailleurs pas moi qui ai lancé le débat sur cette vidéo, à l'époque. Tu dis que la plupart des vidéos française ne sont pas encore dotées de sources, c'est très vrai, mais je vois bien la tendance changer dans le bon sens. Quand aux USA, on voit mine de rien pas mal de vidéos rendre à César ce qui appartient à Jules!

Je suis OK avec toi pour dire que ce n'est jamais aussi simple qu'on le dit, que faire une bonne vidéo n'est jamais aisé, et que c'est même frustrant au regard du fait que l'on met ses es sur la table (des années de boulot et des heures de studio) pour le plus souvent se faire descendre auprès de l'intelligentsia magique. Tu connais mieux que moi la règle d'or de la magie... plus on s'expose, plus on en prend... Je disais juste que rajouter les sources n'est pas spécialement plus compliqué que le reste, faire un générique, concevoir la jaquette ou faire doubler la vidéo. Tu le sais 5000 fois mieux que moi, Frenchy!

Par contre, le coup de "je deviens créateur en changeant l'effet de base", j'avale toujours pas, même avec trois tranxènes et deux GHB. Si tu bases ton effet sur celui d'un autre, ton effet est toujours une variante, quoique tu puisses dire. A ce titre, Copperfield n'a pas inventé Flying ou le Lazer, même s'il a transformé un truc vaguement fumeux en truc extraordinaire. Il n'aurait jamais trouvé le truc génial sans la version de base. De deux choses l'une: ou ta variante est intéressante, apporte un truc de plus, mais ce n'est qu'une variante, et dans ce cas tu ne peux moralement RIEN faire sans le feu vert de l'inventeur original (s'il est encore en vie), ou ta variante est un truc qui révolutionne complètement le tour de base, et dans ce cas c'est une invention à part entière, mais les différences doivent être évidentes, dans l'effet ET dans la méthode. Sinon c'est la porte ouverte aux vols de la catégorie 36-B (vol par transformation), sur le thème "oui mais moi je fais le tour avec un jeu bleu, pas avec un rouge comme toi". C'est toute la différence entre "un effet de moi" et "un effet basé sur, commercialisé avec la permission de".

Cela dit, tout s'examine au cas par cas... et il n'y a pas de typologie établie pour déterminer qu'un truc est suffisamment personnel ou pas. Souvent le bon sens fait le reste. Envoie tes exemples par email en échange du tranxène!

Good luck sous le Californian Sun, et dis à Mark d'y aller mollo sur le chéquier,

Seb.

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? 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Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
    • Ayant fait une grande partie de ma carrière à l’Assurance Maladie (MSA) tout à fait d’accord avec ce qui a été dit . Il faut aussi rajouter la prise en charge dans le cadre d’un accident de travail de complications ou de rechutes éventuelles.
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