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Que de bons développements dans ce post, celà devient passionnant. Et pour reprendre un terme qu'à lancer Alex, "l'interprète" n'a t'il pas le droit d'exister.

Si l'on est souvent les premiers à se plaindre que la magie ne soit pas assez reconnu comme un art, n'est- il pas contradictoire de ne pas accepter qu'il soit régit comme les autres expressions artistiques.

Que ce soit en théatre ou musique il y a eu de tout temps des auteurs et des interprètes et cela n'a jamais nuit à ces domaines artistiques.

Pourquoi la magie devrait faire exception à cette règle avec des auteurs et des interprètes qui réalise des routines avec leur propre sensibilité.

C'est sur qu'il est rare de voir un magicien se présenter en tant que X interprètant Y, mais n'est-il pas temps de réfléchir sur un moyen de permettre aux auteurs et aux interprètes de coexister avec intelligence et de trouver un moyen de régir cette exception magique.

Que ce soit en magie ou en musique, j'ai toujours commencé par interprèter les oeuvres des autres et aujourd'hui encore il y a des tours qui sont devenus des classiques pour moi que j'adore présenter à un public devrait-je arrêter de faire rêver les gens sous prétexte que je n'ai pas inventer ce tour ou n'est-il pas plus profitable que je le fasse en précisant qui est l'auteur de cette merveille. Celà permet en plus de faire connaitre les noms de nos ainés souvent trop peu connu du public, faite un petit sondage qui connait le nom de Dai Vernon à part les magiciens?

Je me trompe peut-être et la magie n'est peut-être plus un art mais uniquement un business géré par des copyright.

Allez, je suis surement trop idéaliste et les magiciens qui ont toujours été habitué à "voler", ne sont peut-être pas prêts à citer leurs sources, mais si chacun y met un peu du sien je suis sûr que notre art en sortira grandi et mieux reconnu du public.

A+

Tybo

[ 06 Mars 2002: Message édité par : tybo ]

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Publié le

C'est bien vrai Paul surtout ta dernière phrase.

Pour chercher et avant de découvrir ou pourquoi pas créer, le chercheur a toujours besoin de matière. Si on cherche rien dans rien on trouve rien, c'est un rien élémentaire !

Je n'ai rien dit...

Publié le

sauf que rien n'est pas rien, la preuve on peut le soustraire.

rien moins rien = moins que rien.

On peut même le multiplier et acheter des choses.

une fois rien = rien

2 fois rien = c'est pas mal

3 fois rien = c'est super

pour 3 fois rien on peut acheter beaucoup de choses.

(de Devos)

++ tlm

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J'ai eut Bébel au tel et tout fini bien entre nous mais cela ne vous regarde pas...

Il fait effectivement la routine d'As gansgters de Jacques Tandeau mais citant son auteur dans tous les cas. Bébel scénarise le tour un peu différemment avec le temps en y apportant des touches de présentation personnelle.

La routine de corde est sienne également car les enchaînements lui son propre.

Je lui ai demandé au sujet du livre in french language et il le sortira probablement.

Merci à ??? (Pagès???) de m'avoir mis en contact avec Bébel.

Publié le

J'aime beaucoup la reference de Alex a la recherche scientifique.

Pour essayer de donner l'intuition de ce que citer les sources veut dire sans pour autant poluer l'explication, je cite ici un extrait d'un article lu recement [1]

"Watermarking has recently become a very active research area, a fact established by the numerous methods dealing with the watermarking of audio [6], image [2], [7]-[11] or video content [12]-[16] that have appeared in the literature to date."

Bref, on remarque plusieurs choses:

- les sources sont tres bien citées sans poluer le texte grace a un report a la fin du paper dans la section biblio

- Cela permet d'apprendre ENORMEMENT, car on peut alors se reporter facilement aux autres publications qui nous interessent.

- Bon ici, cela ne transparait pas forcement, mais cela permet aussi de savoir rapidement ce qui est nouveau, ce qui est ancien, ce qui est apporté, original etc ...

Vous parlez souvent du fait que les debutants n'ont pas de culture magique ce qui est un peu logique vu qu'ils sont debutants, le probleme c'est comment voulez vous qu'il obtienne une culture magique si personne ne cite les sources correctements ???

Prenons des exemples simples: Sinfonia en mnemonica major de Tamariz. Allez a la fin dans la partie biblio, vous allez comprendre ce que c'est de citer les sources smile.gif" border="0)

Et sinon autre exemple, dans Myth Mind and Magic, vous avez regulierement des anotations en bas de page pour citer les sources (perso je prefere en fin de livre, mais bon c'est une question de gout smile.gif" border="0 ).

Alors vous allez me dire "ouaii mais sur une cassette video c'est pas pareil ...". La mise en forme ne sera pas la meme c'est evident, mais je ne vois pas en quoi cela interdit de citer les sources. Alors evidement ca prend plus de temps à preparer, à timer etc ... Plutot que de faire la cassette à la va vite ...

Pour conclure je pense que citer les sources est non seulement important par respect pour l'auteur, mais aussi pour ceux qui veulent vraiment apprendre et progresser: cela leur permet de savoir quoi lire s'ils veulent se documenter plus sur un sujet.

--------------------

[1] A Statistical Analysis of a Watermarking System based on Bernoulli Chaotic Sequences, S. Tsekeridou, V. Solachidis, N. Nikolaidis, A. Nikolaidis, A. Tefas and I. Pitas, Signal Processing (desolé j'ai pas la date sur le paper)

[ 08 Mars 2002: Message édité par : ChoJin ]

Best Regards

ChoJin

Publié le

Citer les sources sur une video est extremement difficile. D'abord, ca demande une recherche accrue, dans des livres qu'on a pas forcement a sa disposition. D'autre part, lorsque l'on est en studio de montage, on paie a la journee, et ca peut couter tres cher, d'autant que la conformisation prend aussi beaucoup de temps. Enfin, la personne qui, en l'occurence, est sur la video devrait etre censee savoir ou les idees et tours ont ete puises. Il est plus facile de demander a la personne concernee d'ou les tours sont issus, que d'avoir a rechercher apres coup.

C'est cense etre un travail de preparation, mais je dois avouer que quand on a le stress du tournage avant le tournage, le dernier des soucis est de savoir si les sources seront correctement citees. Je veux dire par la qu'on se concentre plus a cet instant de savoir si la technique sera executee correctement, si on ne va rien oublier d'apporter ( Ses pieces, cartes truquees, ...), si tout va bien passer, etc.

Ensuite, au de-rushage, le soucis est de savoir si tout a bien ete filme, si tout va se raccorder correctement. Puis vient le montage, et le stress est jutement de savoir si on va bien pouvoir coller les images les unes derrieres les autres sans que ca casse, parce qu'on a pas envie de se retaper une journee supplementaire de tournage pour 2 images qui ne collent pas. A la fin du montage, il faut deja donner les sources. Or, a ce moment la, personne n'a vraiment vu la cassette, vu qu'elle vient juste de se terminer, et que de surcroit, c'est pas l'heure de la visionner. On a pas le temps. C'est a ce moment qu'il faut pourtant citer les sources. Et c'est justement ca, le probleme, d'autant que l'artiste n'est pas forcement present a ce moment la. Les seules personnes presentes sont le monteur, et le realisateur.

Certes, lorsque la video est finie, qu'elle est en vente en magasin, des centaines, voire des milliers de magiciens vont la regarder, puis dire: QUOI ! Cette technique est d'untel, et est injustement credite a quelqu'un d'autre, ou encore, cette technique a ete utilisee, mais creditee a personne, n'est ce pas seb...

Aussi, meme quand tout a ete correctement prepare a l'avance, il y a parfois des nuances entre la preparation, les repetitions et le tournage. parfois, on repete le tour de cette facon, et puis au tournage, d'autres techniques sont utilisees, rajoutees ou modifiees.

Quand on publie un livre, c'est pas pareil, en ce sens qu'on donne le bouquin a publier une fois que tout est termine, que les sources ont bien ete citees, que la relecture est terminee. On donne a publier un produit fini, there's no rush.

Citer les sources sur une video se fait en plein milieu de la video, entre le montage et le mixage. D'ou la difficulte ! Surtout si on a pas a cote de soi l'encyclopedie universelle des sources des tours et techniques de magie, en 8 volumes, de chez Larousse...

Un peu d'indulgence, donc. Les livres sont et seront toujours plus credible que les videos pour les sources.

Publié le

De l'indulgence, voui, on en a à revendre... Maintenant, pour la difficulté de mettre les sources, ce n'est pas non plus la mer à boire. Il y en a qui aiment bien chercher l'historique du break au petit doigt ou de la levée double, d'autres dont c'est le métier (il y a même un SIAM en France, c'est dire!), il suffit juste de s'adresser aux bonnes personnes... Il est effectivement anormal (euphémisme?) qu'une personne qui ponde une vidéo, qui s'impose donc comme un professeur, qui répand une partie de son savoir, de sa vision des choses en général et de la magie en général, ne sache pas d'où viennent ses propres trucs. Ca porte un grop coup à la crédibilité... Et c'est la que les sources peuvent rattraper le coup.. Outre le fait que c'est LA bonne chose à faire et que ça ne fait que mettre l'artiste en valeur, ça permet également d'inscrire son travail dans une perspective historique, et de le rendre encore plus solide en expliquant ce sur quoi il s'est basé. Un document universitaire (ou toute recherche historique, sociologique, scientique, etc etc) est considéré comme nul et non avenu sans la mention complète des sources, un jour viendra où il en sera de même pour les vidéos et les DVD de magie. On parie?

Concernant la difficulté et la somme à engager pour inscrire des sources...Dans tous les cas auxquels j'ai eu affaire, il m'a suffit de donner une bête disquette avec un texte en format ".txt" dessus, dont le monteur a copié/collé le contenu à la fin de la vidéo... Ca prend de 10 mns à 1h selon les cas (quand on veut mettre un joli fond en couleur derrière le texte)... On a connu plus insurmontable.

Je crois surtout que citer un historique des sources à la fin (ou pendant) une vidéo est une mode relativement récente, qui fait que cela paraît encore trop lourd, trop contraignant, trop compliqué, et foncièrement inutile. Laisse un peu et temps passer et tout le monde trouvera ça normal.. et nécessaire!

Seb.

[ 08 Mars 2002: Message édité par : Seb ]

Publié le

Dis moi Gillette G2,

Pour repondre a ton paradoxe Californien :

Si tu ameliore un effet, tu en deviens le createur, meme si l'effet de base appartient a quelqu'un d'autre. Tu peux donc ajouter un effet a l'effet de base, avec ou sans en changer le principe. Ainsi, tu peux citer tes sources, et en etre le createur. Si tu veux des exemples, j'en ai des valises. C'est pas un paradoxe, ca ne vient pas de Californie.

D'autre part, pour ton fichier en .txt, je ne suis pas acheteur. Certes, il est beaucoup plus facile de trouver les sources lorsque 6 ou 7 personnes sont avec toi pour de-rusher, y compris la personne concernee, ( surtout quand on a que ca a faire ) Ce n'est pas toujours le cas : il ne faut pas prendre ton cas pour une generalite...

Je sais que tu t'es tres bien applique pour la k7 de Romaric, et que tu es abonne a l'encyclopedie en 8 volumes de chez Larousse, que tu recois leur lettre mensuelle, etc. Mais vois-tu, ce n'est pas mon travail, et comme on dit, a chacun son metier, et les vaches seront bien gardes.

D'autre part, je ne me sens pas vise concernant les sources en general sur les videos. il y a beaucoup plus de video sans aucune source en France, que celles comme celle de Romaric qui fait justement reference en la matiere, je l'admet bien volontiers. Ce que je voulais dire dans mon post precedent, c'est que ce n'est pas toujours aussi simple que ce que l'on croit, justement parce que citer les sources se font a un moment critique dans la realisation de la video, et que tout le monde n'a pas a cote de soi la culture encyclopedique en magie que tu as.

Bon, email moi un de tes tranxenes, it's headaches time over there.

[ 09 Mars 2002: Message édité par : Stephane Jardonnet ]

Publié le

Je t'envoie un tranxène par email, tu le mérites.

L'exemple Romaric n'est qu'un exemple, j'ai fait d'autres sources pour d'autres projets pour lesquels je n'étais pas devant la tévé, les sources sont parties par email et le problème s'est réglé comme ça. Mais comprends bien que je ne visais personne en particulier, surtout pas toi, et je suis le premier à dire à qui veut bien l'entendre que l'exemple Tonio a été résolu et qu'il a eu l'immense mérite de faire jurisprudence en la matière. Ce n'est d'ailleurs pas moi qui ai lancé le débat sur cette vidéo, à l'époque. Tu dis que la plupart des vidéos française ne sont pas encore dotées de sources, c'est très vrai, mais je vois bien la tendance changer dans le bon sens. Quand aux USA, on voit mine de rien pas mal de vidéos rendre à César ce qui appartient à Jules!

Je suis OK avec toi pour dire que ce n'est jamais aussi simple qu'on le dit, que faire une bonne vidéo n'est jamais aisé, et que c'est même frustrant au regard du fait que l'on met ses es sur la table (des années de boulot et des heures de studio) pour le plus souvent se faire descendre auprès de l'intelligentsia magique. Tu connais mieux que moi la règle d'or de la magie... plus on s'expose, plus on en prend... Je disais juste que rajouter les sources n'est pas spécialement plus compliqué que le reste, faire un générique, concevoir la jaquette ou faire doubler la vidéo. Tu le sais 5000 fois mieux que moi, Frenchy!

Par contre, le coup de "je deviens créateur en changeant l'effet de base", j'avale toujours pas, même avec trois tranxènes et deux GHB. Si tu bases ton effet sur celui d'un autre, ton effet est toujours une variante, quoique tu puisses dire. A ce titre, Copperfield n'a pas inventé Flying ou le Lazer, même s'il a transformé un truc vaguement fumeux en truc extraordinaire. Il n'aurait jamais trouvé le truc génial sans la version de base. De deux choses l'une: ou ta variante est intéressante, apporte un truc de plus, mais ce n'est qu'une variante, et dans ce cas tu ne peux moralement RIEN faire sans le feu vert de l'inventeur original (s'il est encore en vie), ou ta variante est un truc qui révolutionne complètement le tour de base, et dans ce cas c'est une invention à part entière, mais les différences doivent être évidentes, dans l'effet ET dans la méthode. Sinon c'est la porte ouverte aux vols de la catégorie 36-B (vol par transformation), sur le thème "oui mais moi je fais le tour avec un jeu bleu, pas avec un rouge comme toi". C'est toute la différence entre "un effet de moi" et "un effet basé sur, commercialisé avec la permission de".

Cela dit, tout s'examine au cas par cas... et il n'y a pas de typologie établie pour déterminer qu'un truc est suffisamment personnel ou pas. Souvent le bon sens fait le reste. Envoie tes exemples par email en échange du tranxène!

Good luck sous le Californian Sun, et dis à Mark d'y aller mollo sur le chéquier,

Seb.

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    • Pour ceux qui hésitaient encore ou qui veulent avoir un aperçu de l'ambiance et du programme, @Julien LOSA vous a tourné une petite vidéo aux petits oignons. 🍿 Il y détaille de vive voix ce qu'il vous a préparé pour le samedi 26 septembre : les routines, les réflexions, et surtout l'esprit 100 % terrain de cette rencontre chez moi. 👇 Installez-vous confortablement et lancez la vidéo ci-dessous ! Alors, quel effet du programme vous donne le plus envie de venir décortiquer tout ça avec nous ? ⚠️ Pour rappel, le nombre de places chez moi à Paris est très limité pour garder ce format intimiste et pouvoir échanger facilement. Ne tardez pas trop à réserver la vôtre ! 👉 Réserver ma place pour la conférence
    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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