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Publié le

Bonjour à tous, 

Je viens d'aller voir un spectacle de magie et rien que ça c'est chouette. D'abord parce c'était un SPECTACLE !!!, ensuite parce que c'était intéressant... En gros je me pose des questions et je vous les livre ici: j'entends souvent le mot "justification" qui semble faire allusion à la façon dont on peut "habiller" un effet magique par un peu de mouvement, de jeu d'acteur, etc. Or en tant que metteur en scène plutôt habitué au théâtre et au cirque, j'aurais tendance à vouloir privilégier la dramaturgie à l'effet. En gros à mon sens, il ne s'agirait pas de devoir justifier un effet mais bien de penser et d'écrire d'abord la dramaturgie puis de se demander ensuite si l'effet sert cette dramaturgie. La finalité n'est pas l'effet mais bien l'histoire, quitte à ne pas mettre d'effet si celui ci ne sert pas le drame. Au plaisir de vos réflexions... 

  • J'aime 4

C'est parce que ça ne sert à rien qu'il faut le faire sérieusement 

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Publié le (modifié)

Réflexion très intéressante. Plusieurs "écoles" ont des visions différentes sur le sujet.

Je suis aussi issu du théâtre et l'approche que tu décris est souvent la mienne. J'écris l"histoire, l'ambiance, la dramaturgie et j'y inclus ou pas des effets magiques qui viennent servir la mise en scène. Mais l'effet magique est ici un accessoire de l'histoire, une technique qui se place au même niveau que des effets spéciaux pyros, de la lumière, du son. C'est un outil au service de la mise en scène comme d'autres. Il vient renforcer l'émotion, le sentiment provoqué... C'est mon approche quand je mets en scène des spectacles de cape et d'épée par exemple, comme le duel, l'effet magique vient servir l'histoire de la pièce. J'adore cette approche pluridisciplinaire qui mélange les arts!

Après si c'est un spectacle de "Magie" il me semble que la magie doit-être le centre d'intérêt. Et là on peut inverser le phénomène c'est à dire partir de l'effet et le mettre en valeur par une mise en scène, une histoire adaptée. L'idée étant de servir l'effet magique, ce mystère, cette impossibilité que génère la magie. Un univers, une ambiance, un personnage et des effets. Finalement un magicien et un spectacle de magie, la base à mes yeux.

D'autres vont préférer se focaliser sur les effets et les enchainer avec un fil conducteur. S'ils ont construits un personnage qui fonctionne et que les transissions sont bonnes et que surtout les effets vont cresendo , cela met la magie encore plus au centre. Mais forcement cela sera moins immersif et on restera souvent que sur le côté bluffant.

D'autres encore font juste montrer des tours à la suite, ne jouant que sur l'impossibilité, et lassant souvent vite. C'est une approche "montreur de tours" qui ne peut fonctionner à mon sens qu'avec un personnage sympathique et travaillé.

Tu as fort justement parlé de justification et d'habillage. Malheureusement on entend souvent cette rengaine mais beaucoup n'ont pas bien compris les idées et théories de Burger, Chelman.... Se forcer à monter une histoire qui n'a ni queue ni tête sur un tour de carte n'a aucun intérêt. Il faut que l'ambiance s'y prête, que cela soit cohérent avec le support, les émotions que l'on veut véhiculer...  L'histoire et l'ambiance ne sont pas uniquement liées à la "magie Bizarre", on peut faire de la magie contée, racontée, théatralisée sans photo victorienne et jack l'éventreur (si si) !

Mais tout ceci dépend des conditions et des contraintes, scène, close-up, salon, du publics visé, de la durée...

Je demeure cependant persuadé que l'on gagne toujours à mettre en scène, à créer une ambiance et des émotions. Par exemple une grande illusion de quelques minutes avec des vestes flash, une musique rock et une chorégraphie standard (vue et revue) me fait toujours moins rêver, que la même illusion avec une mise en scène, une histoire (même courte), des costumes adaptés...

Je dirais qu'il faut faire avant tout ce que l'on sent et ressent bien, ce que l'on aime ou aimerait voir soit-même. Bon j'arrête là je vais faire plus long que Gilbus😀

Tu trouveras des réflexions intéressantes sur la fin de ce sujet aussi :

 

Modifié par Michel (Darlone)
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  • Merci 5

www.dedales-hypnose.fr

  • Thomas changed the title to Justification ou Dramaturgie ?
Publié le (modifié)

Pour faire suite ou proposer une divergence au sujet "éviter-le il y a un Truc", je dirais que l'artiste ne doit pas permettre au spectateur d'applaudir (implicitement ou explicitement) la magie.

Cela révélerait alors l'importance de l'effet, l'inéluctable utilisation d'un truc.

A mon sens, le spectateur doit apprécier l'histoire, l'ambiance, la personnalité de l'artiste, le propos de la pièce....

Cela positionne la pièce en tant qu'œuvre et évite l'anecdote que propose le lieu commun (le magicien en cape, la jolie assistante, la musique rock, les fumigènes, etc).

Dans le cas d'un court moment de close up, un tour de carte par exemple, je suis toujours plus touché par la personnalité de l'artiste que par l'effet qu'il propose.

Je suis capable de regarder ou écouter @Bébel pendant des heures par ce que c'est finalement cela le plus magique : ce qui se diffuse entre le public et un artiste, entre deux être humain. 

Modifié par Thomas
Ajout de sauts de ligne pour aérer la lecture :)
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C'est parce que ça ne sert à rien qu'il faut le faire sérieusement 

Publié le

J'ai mal au cou à force de hocher la tête à chaque phrase écrite ci-dessus ! 🙂

  • J'aime 1
  • Haha 1

Propriétaire de I Saw That! Exclusive Magic, éditeur de RencontresSub Rosa, Reading Writing, Card Stories, Performing Magic for Children et autres livres de qualité.

Publié le

Vaste question, mais je vais essayer de faire plus court que Darlone... 😜

Je ne crois pas qu'il faille séparer d'un côté ceux qui font du théâtre, de l'autre les monteurs de trucs. 

C'est un petit peu plus nuancé que ça, car en fait chaque magicien est différent (ou devrait l'être), et il y a plein de façons de rendre la magie intéressante en elle même... 

Je ne peut cacher mon attachement aux numéros pluri-diciplinaire, vu que ça fait 15 ans que j'étudie le conte avec des professionnels du conte (pas avec des magiciens qui ont du bagou...) dans le but (entre autres...) de faire de la magie contée. 

Et on voit des acteurs qui font de la magie, des clowns, mimes, humoristes... Etc. 

Cela, dans mon pauvre esprit, reflète de tentatives pluri-diciplinaire pour justement mêler des talents différents. 

Et c'est très bien, si aucune des discipline ne vient écraser l'autre... 

Ce que j'aime moins, c'est quand on insère "artificiellement" une activité dans une autre, juste comme faire valoir, ou pire, juste "parce qu'on peut le faire". 

Avoir plusieurs disciplines qui cohabitent demande déjà de respecter les règles de chaque discipline. 

En conte, par exemple, il faut mêler la structure du récit à la structure de l'effet magique. 

Si on n'est pas clair dans sa tête sur la nature de ces structures, leurs contraintes, leurs compatibilités, ça va être compliqué. 

Idem pour tous les autres aspects :

Par exemple, la gestion des silences, en conte et en magie, est très importante. Mais ils ne tombent pas forcément au même moment, c'est à ajuster avec précision. 

Il faut aussi gérer les dissemblances entre les disciplines :

Le conteur ne fait pas de "par cœur", la magie a souvent besoin de mots précis à certains moments... 

Il faut gérer l'imbrication des disciplines :

Dans le conte, qui fait de la magie ? Le conteur ou les personnages du conte ? (les deux sont bien évidemment possible, suivant les cas...) 

La magie apparaît elle dans l'histoire qu'on raconte, ou dans une méta-histoire qui est l'acte de raconter en lui même (là encore, j'ai les deux à mon répertoire...). 

La magie intervient elle au premier degré (un personnage joue aux cartes...avec un jeu de cartes) ou de manière symbolique, le "matériel magique" symbolisant des élément (ou des concepts) de l'histoire ? 

D'expérience, les deux fonctionnent très bien. 

Bref, il y a de multiple points à définir pour faire du pluri-diciplinaire, mais avant toutes choses, il faut maîtriser les disciplines qu'on veut mélanger : ça semble évident, mais la mode est de savoir sans avoir appris, c'est ballot 😁

 

Mais la magie qui n'est PAS pluri-diciplinaire ne peut être qualifiée de "montrer des trucs" pour cette simple raison. 

La magie à ses propres règles d'interprétations, ses propres possibilité de mises en scènes et de développement de personnage, ses propres relations public/interprète... 

Ce n'est pas parce qu'on a un personnage qu'on doit être acteur, il n'y a pas que les conteurs qui savent parler, il n'y a pas que les clowns qui peuvent manier l'absurde... 

Et surtout, il y a l'aspect unique de l'illusionniste, qu'aucune autre discipline ne possède :

La possibilité d'amener l'impossible dans la réalité, sans suspension d'incrédulité, sans possibilité "d'effets spéciaux" qui pourraient expliquer la chose, sans explication. 

C'est cette présence de l'impossible dans l'esprit même du spectateur, la fameuse "émotion magique" qui fait la valeur de l'illusionniste. 

Alors je retournerai le propos :

Prendre un effet magique pour l'inclure dans une mise en scène, SANS essayer de provoquer une émotion magique, juste pour décorer une séquence, pour moi, cela ressemble furieusement à un "montage de truc". 

La magie va au delà des effets spéciaux, elle se passe dans le monde réel, c'est toute sa valeur... 

Après, c'est juste une histoire de talent... 😉

Gilbus

  • J'aime 3

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
il y a 4 minutes, Gilbus a dit :

cela ressemble furieusement à un "montage de truc". 

Je voulais bien sûr dire "montrage de truc"... Saleté de correcteur automatique... 

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
Il y a 2 heures, Michael VESSEREAU a dit :

Pour faire suite ou proposer une divergence au sujet "éviter-le il ya un Truc", je dirais que l'artiste ne doit pas permettre au spectateur d'applaudir (implicitement ou explicitement) la magie. Cela révélerait alors l'importance de l'effet, l'inéluctable utilisation d'un truc. A mon sens, le spectateur doit apprécier l'histoire, l'ambiance, la personnalité de l'artiste, le propos de la pièce....

Je suis globalement d'accord avec le reste de ce que tu dis, mais la citation ci-dessus m' interpelle... 

Déjà, voyons les réactions du public à un effet :

Il y a ceux qui continuent de chercher le truc. Pour ceux là, on peut se dire qu'on a raté notre but... 

Il y a ceux que restent bouche bée, ou un équivalent bouche fermée : là, tout va bien, ils sont paralysés par l'émotion magique, c'est parfait. 

Mais il y a aussi ceux que cette émotion va faire réagir physiquement ! 

On vois tous des vidéos américaines ou le spectateur part en courant pour revenir aussitôt... J'étais en animation vendredi pour des scolaires (debouts) et j'ai eut cette réaction de multiples fois. 

C'est bon signe aussi : l'humain, confronté à une situation impossible, est programmé pour s'en éloigner instinctivement, c'est génétique. Pour des spectateurs assis, vous devez constater un recul du tronc, qui est une réaction similaire. 

Une autre réaction, pour les adultes, est le rire. Pas un rire venant du comique du numéro, mais un rire carthartique, libérateur, pour échapper à la pression de l'inconnu. 

Et enfin, la réaction  physique peut être l'applaudissement spontané, qui peut être également, dans notre culture, un acte libérateur. 

Ces applaudissements, à mon sens, ne gênent pas l'effet magique, ils en sont une conséquence. 

Mais une fois passé l'émotion magique, le public se retrouve non plus dans le réel de l'effet, mais dans le réel du spectacle, et là, l'interprète peut ou non "autoriser" le public à applaudir, selon ce qui se passe ensuite... 

Je ferais donc une nuance entre des réaction "instinctives" et des applaudissements "contrôlés" 

Gilbus

  • J'aime 3

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
il y a une heure, Gilbus a dit :

Prendre un effet magique pour l'inclure dans une mise en scène, SANS essayer de provoquer une émotion magique, juste pour décorer une séquence, pour moi, cela ressemble furieusement à un "montage de truc". 

Je crois que tu touches ici un point cruxial et fort juste. Il faut que l'effet magique provoque l'émotion magique. Il ne doit pas se résumer à une décoration comme : "tient on pourrait mettre un cheval sur scène c'est joli". C'est pas l'effet mais bien l'émotion magique qui doit venir servir et renforcer la mise en scène.

  • J'aime 3

www.dedales-hypnose.fr

Publié le
Il y a 2 heures, Gilbus a dit :

Vaste question, mais je vais essayer de faire plus court que Darlone... 😜

Je ne crois pas qu'il faille séparer d'un côté ceux qui font du théâtre, de l'autre les monteurs de trucs. 

C'est un petit peu plus nuancé que ça, car en fait chaque magicien est différent (ou devrait l'être), et il y a plein de façons de rendre la magie intéressante en elle même... 

Je ne peut cacher mon attachement aux numéros pluri-diciplinaire, vu que ça fait 15 ans que j'étudie le conte avec des professionnels du conte (pas avec des magiciens qui ont du bagou...) dans le but (entre autres...) de faire de la magie contée. 

Et on voit des acteurs qui font de la magie, des clowns, mimes, humoristes... Etc. 

Cela, dans mon pauvre esprit, reflète de tentatives pluri-diciplinaire pour justement mêler des talents différents. 

Et c'est très bien, si aucune des discipline ne vient écraser l'autre... 

Ce que j'aime moins, c'est quand on insère "artificiellement" une activité dans une autre, juste comme faire valoir, ou pire, juste "parce qu'on peut le faire". 

Avoir plusieurs disciplines qui cohabitent demande déjà de respecter les règles de chaque discipline. 

En conte, par exemple, il faut mêler la structure du récit à la structure de l'effet magique. 

Si on n'est pas clair dans sa tête sur la nature de ces structures, leurs contraintes, leurs compatibilités, ça va être compliqué. 

Idem pour tous les autres aspects :

Par exemple, la gestion des silences, en conte et en magie, est très importante. Mais ils ne tombent pas forcément au même moment, c'est à ajuster avec précision. 

Il faut aussi gérer les dissemblances entre les disciplines :

Le conteur ne fait pas de "par cœur", la magie a souvent besoin de mots précis à certains moments... 

Il faut gérer l'imbrication des disciplines :

Dans le conte, qui fait de la magie ? Le conteur ou les personnages du conte ? (les deux sont bien évidemment possible, suivant les cas...) 

La magie apparaît elle dans l'histoire qu'on raconte, ou dans une méta-histoire qui est l'acte de raconter en lui même (là encore, j'ai les deux à mon répertoire...). 

La magie intervient elle au premier degré (un personnage joue aux cartes...avec un jeu de cartes) ou de manière symbolique, le "matériel magique" symbolisant des élément (ou des concepts) de l'histoire ? 

D'expérience, les deux fonctionnent très bien. 

Bref, il y a de multiple points à définir pour faire du pluri-diciplinaire, mais avant toutes choses, il faut maîtriser les disciplines qu'on veut mélanger : ça semble évident, mais la mode est de savoir sans avoir appris, c'est ballot 😁

 

Mais la magie qui n'est PAS pluri-diciplinaire ne peut être qualifiée de "montrer des trucs" pour cette simple raison. 

La magie à ses propres règles d'interprétations, ses propres possibilité de mises en scènes et de développement de personnage, ses propres relations public/interprète... 

Ce n'est pas parce qu'on a un personnage qu'on doit être acteur, il n'y a pas que les conteurs qui savent parler, il n'y a pas que les clowns qui peuvent manier l'absurde... 

Et surtout, il y a l'aspect unique de l'illusionniste, qu'aucune autre discipline ne possède :

La possibilité d'amener l'impossible dans la réalité, sans suspension d'incrédulité, sans possibilité "d'effets spéciaux" qui pourraient expliquer la chose, sans explication. 

C'est cette présence de l'impossible dans l'esprit même du spectateur, la fameuse "émotion magique" qui fait la valeur de l'illusionniste. 

Alors je retournerai le propos :

Prendre un effet magique pour l'inclure dans une mise en scène, SANS essayer de provoquer une émotion magique, juste pour décorer une séquence, pour moi, cela ressemble furieusement à un "montage de truc". 

La magie va au delà des effets spéciaux, elle se passe dans le monde réel, c'est toute sa valeur... 

Après, c'est juste une histoire de talent... 😉

Gilbus

J'aime beaucoup le terme "méta histoire". Cela exprimé vraiment ce qui se passe au delà de ce qui est construit et structuré.

Je l'interprète comme la relation indicible entre le public et l'artiste.

L'artiste crée le récit mais il doit aussi être conscient de ce qu'il "transpire" car cela participe aussi au sensations et émotions que perçoit le public.

Je te rejoins également sur la notion qui relie la magie au réel.

A mon sens, pour qu'il y ai de la magie il faut que cela soit lié au réel. Sinon il s'agit d'un effet spécial et l'on s'attarde alors à en comprendre le truc, "reconstruire le puzzle". 

Je te rejoins moins sur le fait que la magie ne soit pas pluridisciplinaire.

A mon sens, et comme le dit la maxime, le magicien est forcément avant tout un acteur.

Car si le magicien est vraiment doué de magie, s'il a véritablement des compétences magique, alors cela est surnaturel et n'est plus ins rit dans le réel.

Ce n'est alors plus de la magie tel qu'on le conçoit (sur cette bonne vieille terre) mais de la magie "de super héros tel qu'on le conçoit dans le films Marvel. 

Enfin j'aime beaucoup les nuances que tu apportés.

Cela permet de traiter la question sans manichéisme. Merci pour cela 

  • J'aime 2

C'est parce que ça ne sert à rien qu'il faut le faire sérieusement 

Publié le
il y a une heure, Michael VESSEREAU a dit :

J'aime beaucoup le terme "méta histoire". Cela exprimé vraiment ce qui se passe au delà de ce qui est construit et structuré.

Je l'interprète comme la relation indicible entre le public et l'artiste.

L'artiste crée le récit mais il doit aussi être conscient de ce qu'il "transpire" car cela participe aussi au sensations et émotions que perçoit le public.

Tu as tout à fait raison, mais je plaçait le terme meta-histoire à un niveau beaucoup plus prosaïque :

J'ai une histoire ou je raconte ma vie. 

Mais entrecoupée d'effets magiques, sans aucun rapport, et sans justification... Les effets marchent, mais les gens se demandent probablement pourquoi je fait ça... 

Ma vie, dans cette histoire, est ponctuée de pactes avec le diable, pour avoir un examen, épouser la fille de mes rêves, avoir des enfants... 

Et finalement une vie... Illimitée. 

Cela tout simplement en montrant des diableries (les effets magiques qui ont parsemés l'histoire) à des gens : s'il applaudissent, "leur âme est à nous"... Et ma vie à moi continue... 

On a donc une histoire (ma longue, très longue vie...) qui vient se reconnecter avec l'instant présent (le type qui est en train de leur raconter des histoires...) et à la vie des spectateurs : je vient leur piquer leur âme... 

En ce sens, la meta-histoire dont je parle n'apparaît de façon visible qu'à la fin, et justifie au passage les effets magiques que l'on pouvait voir comme incongrus. 

Mais comme je l'ai dit, la meta-histoire peut aussi représenter toute la communication (non verbal ou verbale) qui va créer la relation entre l'interprète et le public, entre différents spectateurs aussi (pensons aux "volontaires" et autres spectateurs interactifs), et enfin entre le public et la perception de la magie qu'on lui propose... 

il y a une heure, Michael VESSEREAU a dit :

A mon sens, et comme le dit la maxime, le magicien est forcément avant tout un acteur

Revenons aux sources :

Cette "Maxime", est en fait une citation tronquée et hors contexte de Robert Houdin. 

J'ai essayé de l'analyser ici :

 

Il y a 1 heure, Michael VESSEREAU a dit :

Ce n'est alors plus de la magie tel qu'on le conçoit (sur cette bonne vieille terre) mais de la magie "de super héros tel qu'on le conçoit dans le films Marvel. 

Ou plus simplement dans les traditions occultes du monde entier... Qui sont toujours une réalité au niveau émotionnel pour la grande majorité des gens... 

Les héros de Marvel sont des créations littéraires, et perçus comme des fictions. 

Alors que les phénomènes surnaturels trouvent toujours une réalité émotionnelle (pas intellectuelle) dans la plupart des humains... 

Ortiz, dans "strong magic", illustre cela par la phrase célèbre : "je ne croie pas aux fantômes, mais ils me font peur"... 

La magie, pour fonctionner, doit dépasser l'intellect, qui ne croit pas aux fantômes, pour s'adresser à l'émotionnel qui en a peur... 

Gilbus

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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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