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Publié le

L'invention d'un nouveau terme m'a toujours fait à la fois rigolé et énervé :

on invente un terme et après on se casse la tête pour savoir ce qu'il veut dire, à le définir comme si on l'avait inventé sans savoir ce que c'était.

C'est ainsi que certains inventent leur propre science pour avoir le droit d'exister de manière singulière.

Par exemple il y a le même problème pour la théorie du genre. Je suis allé l'an passé à une série de conférence sur le sujet, sujet dont on parle régulièrement dans les médias sans jamais entendre la définition exacte du mot "genre". Et bien dans cette série de conf. le défi actuel de ces chercheurs spécialisés était d'essayer de donner une définition à ce mot "genre" C'est complétement surréaliste.

ça me rappelle aussi l'expression "Je suis Charlie" inventée par un internaute pour en faire un slogan unificateur. Et bien qu'a-t-on eu dans les média par la suite ? : des heures entières à essayer de définir le slogan avec des polémiques telles que "peut-on ne pas être Charlie ?", "peut-on être contre Charlie Hebdo mais quand même être Charlie"...

Le media invente son info, et il la commente des heures durant.

Je ne critique pas les spectacles dit de magie nouvelle, mais pour moi créer une nouvelle expression est une mauvaise idée.

Le seul avantage que j'y vois c'est le fait de dépoussiérer l'image de la magie vis à vis du public. Si le but de l'appellation "magie nouvelle" est d'attirer les spectateurs vers les spectacles de magie et de redorer les magiciens, alors pourquoi pas.

Sinon on va se retrouver avec des paradoxes : en étudiant l'histoire de la magie, on va vite se rendre compte qu'un numéro du passé était en fait de la magie nouvelle et que donc l'invention de la magie nouvelle est antérieure à sa prétendue apparition et que donc le créateur du terme n'en n'est pas l'inventeur. On va alors dire que le créateur du terme a mis un mot sur un courant magique qui avait lentement évolué.

Puis on aura alors des spectacles estampillé "magie nouvelle" avec donc des contraintes liées au courant nouvellement défini qui finira par brider les magiciens se réclamant de ce courant.

Et puis ce que je n'aime pas c'est que ce terme de "magie nouvelle" me fait surtout penser à "magie supérieure", càd à une magie un peu prétentieuse.

Je vous rappelle juste pour finir la définition donnée plus haut pour bien vous faire remémorer la précision du concept :

"La magie nouvelle est un art où la magie est utilisée dans l'expression des sentiments et de la conception du monde".

Sinon à part ça, ce que font les adeptes de la "magie nouvelle" est très bon.

Publié le (modifié)
Tout à fait !

Tu retires "nouvelle" à "Magie nouvelle" et la définition est toujours juste...

La magie est un art qui est utilisée dans l'expression des sentiments (et émotions) et de la conception du monde...

heuuu.... ben, pas toujours.

Si tu inclus tous les magiciens montreurs de tours dans la magie, la magie nouvelle et ses conceptions se détache plutôt nettement, non?

Il y a toute une pratique de la magie consistant à faire des tours sans se poser de questions sur un message éventuel, un univers défini, un concept artistique et créatif...

ben, juste des tours, quoi. Et même parfois de façon rigolote...

Et c'est cela aussi, la magie actuelle:

Tu as d'une part les artistes allant au bout de démarches créatives, et d'autre part des magiciens qui sont juste la pour faire un tour.

On ne peux pas mettre d'échelle de valeur entre les deux, les démarches me semble radicalement différentes.

mais cela ne sert à rien de revendiquer une appartenance : Je ne pense pas que l'on doive confondre, par exemple magie nouvelle avec magie fantastique, magie bizarre ou magie contée...

Ce ne sont pas les même démarches, même si certains spectacle bizarre, fantastique, théatralisé ou contés peuvent entrer dans le cadre de la magie nouvelle...

En fait, cela va dépendre de comment c'est fait ;)

Perso, les spectacles de 14:20 ou de saglio me semblent intéressants...

Mais parfois, on s'éloigne de la magie, et on est plus dans de la danse contemporaine ou du jeu d'acteur pure, avec des effets spéciaux...

Et la répétition d'un effet, par exemple, peut altérer l'impact magique de cet effet, ce qui fait qu'on a une baisse de l'émotion magique globale du spectacle.

C'est un peu le problème si on met trop "d'univers magique", le spectateur risque de s'y habituer, et cela devient moins fort... On n'est plus dans le réel...

On a le même problème avec la magie traditionnelle, d'ailleurs, ou si les effets fort deviennent trop courant et routinier, on baisse l'émotion magique...

Un juste milieu à trouver...

Je ne sais pas si je suis très clair...

Mettons qu'on a un objet qui bouge tout seul (animation)

En magie classique, on en fait un numéro, avec peu de répétition.

En magie nouvelle, la tentation est forte de monter un univers ou l'objet bouge, et donc de le faire bouger plein de fois:

Au début, c'est chouette... ensuite, ben il n'y a plus rien à prouver, il bouge, le truc...

Si dans cet univers, un danseur évolue avec l'objet, dans une scénographie hyper esthétique, c'est la même chose:

Au début, c'est une danse magique. Ensuite, une fois qu'on est habitué, ce n'est plus qu'une danse, et la magie diminue, on est saturé.

En magie classique, on a parfois le même problème:

j'ai vu des gens faire "trop" de canne volante (du temps ou c'était mystérieux pour le public), et du coup casser l'intérêt de la chose, par l'accoutumance.

La magie nouvelle créant des messages et des univers, elle a le risque d' insister un peu trop sur les effets, à les répéter, voire les rabâcher...

C'est pour ça que ça semble très dur, outre le fait de faire un spectacle abouti artistiquement et esthétiquement ;)

Dire "tout est magie nouvelle, car la magie est porteuse de message, et en plus je ne le fait pas comme ceux qui m'ont précédés", c'est pas évident.

La magie nouvelle est similaire, je trouve, à ce qu'on appelle "le renouveau du cirque".

Le "nouveau cirque" existe:

Quand on vois le "cirque du soleil", qui en est un représentant extrême (mais pas le seul et de loin: il y a plein de compagnie qui font du "nouveau cirque"...), on se dit qu'effectivement, il y a une différence...

Cela n’empêche pas le cirque traditionnel de continuer à tourner.

J'imagine que c'est en ce sens qu'on doit voir le courant "magie nouvelle" actuel.

Gilbus

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)
Je ne dis pas que c'est ce que la magie est ... Mais ce qu'elle devrait être depuis toujours...

Ben, tout le monde n'a pas forcément envie d'entrer dans ce genre de travail...

Du coup, il faut accepter la diversité, elle est toujours source d'enrichissement...

(super phrase démago au possible...je suis fier!)

...

La magie est un art qui est utilisée dans l'expression des sentiments (et émotions) et de la conception du monde...

Il manque quand même dans ta définition plusieurs critères:

La magie nouvelle crée un univers magique, alors que la magie traditionnelle joue soit sur un univers magique, soit sur un catalyseur magique (le magicien, un objet, une formule...), soit sur rien (On peux comprendre que certaines démonstration de triche, de capacités supérieures ou de choses étranges ne sont pas magique au sens merveilleux du terme, mais peuvent être réelles, donc ne rien demander de "magique")

Tu as la pluridisciplinarité:

La magie classique se contente très bien de ses propres compétences, avec des incursions limitées dans d'autres domaines.

La magie nouvelle, celle que j'ai pu voir, impose une maitrise totale des autres disciplines utilisées...

Enfin, l'aspect créatif spécifique à la magie nouvelle, car ce sont des créations dans ce que j'ai vu, et non des re-créations comme dans beaucoup de spectacles de magie...

mais bon, c'est sans doute lié à la conception de la magie nouvelle (comme l'a dit notre ami plus haut, il y a plus d'artistes non magiciens que de magiciens à suivre le cursus d’apprentissage...)

Chaque artiste étant unique, avec des compétences particulières hors magie, on a donc un vent de nouveauté, forcément....

Oula, ça commence à devenir soulant, cette discussion sur les grandes théories...

Je vais lever le pied, avant d'avoir dit trop de bêtises...

Si ce n'est pas trop tard...

Je vais plutôt préparer les définitions de la "magie contée nouvelle", pour pouvoir les déposer :)

Gilbus

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Moi je crois que la magie nouvelle,

c'est quand le spectateur sort d'avoir vu un spectacle de magie

et qu'il en sort comme si il avait vu un film.

Je m'explique:

le spectateur d'un film ne se pose pas de question comment superman vole ?????

il s'en fout, il vient rêver.....

et bien je pense que quand on regarde un spectacle de magie sans se poser de question et que l'on a vu un spectacle magique au sens fort du mot on peut qualifier cette magie de nouvelle

En effet les spectateurs connaissent tous la forme des numéros de magies , grande illusions, scène, stand-up, close-up etc....

mais dans le cas de la magie nouvelle cette mise en forme que l'on pourrait qualifier de traditionnelle n'existe plus, il s'agit avant tout d'un SPECTACLE MAGIQUE.

il peut prendre n'importe quelle forme, par exemple un conte, de la danse, du jonglage, avec histoire ou sans histoire, c'est un spectacle avec une ambiance, et des effets magiques intégrés au spectacle mais qui n'existent que pour souligner l'univers du spectacle.

En principe la beauté serait recherché, mais je ne vois pas pourquoi le spectacle gore ou trash ne pourrait pas aussi s'inscrire dans cette démarche.

Après que cela soit réussit ou pas cela n'entre pas en ligne de compte.

Par exemple les spectacles du 14:20 seul pendant 1h me gave rapidement, mais

le 14:20 par petite touche au milieu d'autres, dans "Nous, réveurs définitifs" devient un spectacle fort et Magique.

je n'ai pas vu le spectacle des tournées de Danny LARRY mais je pense que cela devait être un peu de cette veine.

En tout cas quand je suis sorti de "Nous, réveurs définitifs" j'ai vraiment eu l'impression de sortir d'avoir vu un film avec une ambiance et la magie on l'oublie pour suivre un spectacle.

Publié le (modifié)

Claudemage :

"quand on regarde un spectacle de magie sans se poser de question et que l'on a vu un spectacle magique au sens fort du mot on peut qualifier cette magie de nouvelle"

Tu penses vraiment que les spectateurs ne se posent jamais la question de "comment ça marche"?

Penses-tu qu'un habillage aussi habile soit-il va suspendre cette éternelle question de l'esprit des gens ?

Moi je ne pense pas.

De plus je pense même que cette question est saine.

Il est tout à fait normal après avoir été émerveillé, étonné par une impossibilité, de se poser une question. La question du "comment ça marche" est même inhérente au fait de comprendre l'impossibilité. Ne pas se la poser, c'est même ne pas comprendre qu'un truc d'improbable vient d'avoir lieu.

Je ne comprends toujours pas les magiciens qui pensent qu'ils ont fait une bonne magie que si leurs spectateurs ne se sont pas posées de questions sur le fonctionnement.

Moi-même dans les récents films à gros budget, quand je suis impressionné par des cascades en chaines ou des situations démentes, je me demande comment les réalisateurs sont parvenus à construire ces scènes incroyables.

Il n'y a donc pas que la magie qui amène à se poser des questions. Cette question sera la même en regardant un tableau "comment le peintre à fait ?".

Est-ce que pour autant cette question du comment ça marche, enlève quoique ce soit au ressenti du spectateur ? Bien sûr que non.

Le ressenti du spectateur ne peut-être diminué que s'il a vu ou senti une partie du truc.

Et encore, je me rappelle très bien des films fantastiques des années 60 anims images par images, ou bien qu'on puisse voir un fil ou une coupure dans l'image, la poésie et l'imaginaire était encore bien plus présent que lorqu'on ne voit plus le truc (ceci dit en magie, voir le truc, et il n'y a plus d'effet).

Claudemage : "En effet les spectateurs connaissent tous la forme des numéros de magies , grande illusions, scène, stand-up, close-up etc...."

Je ne suis pas certains que le grand public classe les magie comme nous le faisons.

Claudemage : "mais dans le cas de la magie nouvelle cette mise en forme que l'on pourrait qualifier de traditionnelle n'existe plus, il s'agit avant tout d'un SPECTACLE MAGIQUE"

Si la magie nouvelle, c'est un spectacle de magie élaboré... on tourne en rond.

Modifié par Melvin

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Avec son chapeau haut-de-forme, sa chevelure ébouriffée, son violon imaginaire et l'incontournable « ¡Chan, tatachán! », Tamariz a transformé l'illusionnisme en un spectacle populaire pour des millions de spectateurs. Mais derrière ce personnage apparemment improvisé se cachait aussi l'un des plus grands érudits de la magie contemporaine. D'une boîte de magie au championnat mondial de cartomagie Juan Manuel TAMARIZ-MARTEL NEGRÓN est né à Madrid en 1942. Son intérêt pour l'illusionnisme a commencé lorsqu'il n'avait que quatre ans, après avoir assisté à la prestation d'un magicien. Peu après, il a demandé une boîte de jeux de magie et a commencé à pratiquer avec sa famille et ses amis. À douze ans, il a découvert les livres de l'illusionniste Wenceslao CIURÓ, qui lui ont permis de plonger dans la technique et dans les mécanismes psychologiques qui interviennent dans un spectacle. Comme il l'a expliqué dans une interview publiée par la mairie de Madrid, ces lectures ont été décisives pour comprendre que la magie ne consistait pas uniquement à exécuter un tour. Sa précocité lui a ouvert les portes de la Société Espagnole d'Illusionnisme avant d'atteindre l'âge minimum requis : il a été admis à 18 ans, deux ans avant la limite établie, après avoir convaincu les responsables de l'institution de ses capacités. TAMARIZ a étudié les sciences physiques et s'est également intéressé au cinéma, deux domaines qui ont influencé sa manière de concevoir la construction d'un spectacle. Cependant, il a fini par se consacrer entièrement à l'illusionnisme. En 1972, il a obtenu le Grand Prix du Congrès National de Magie. Un an plus tard, il a reçu la reconnaissance qui a définitivement propulsé sa carrière internationale : le Prix mondial de cartomagie, obtenu lors du Congrès mondial de magie de la FISM qui s'est tenu à Paris. Le profil publié par le gouvernement espagnol souligne qu'à partir de ce moment, il a présenté ses spectacles dans des villes comme Chicago, Tokyo, Paris, Londres, Bogota, Le Caire, New York et Santiago du Chili. Le magicien qui est entré dans tous les foyers Bien que son prestige professionnel ait grandi lors des congrès internationaux, c'est la télévision qui a transformé Juan TAMARIZ en un personnage familial pour plusieurs générations d'Espagnols. Les archives de la RTVE conservent le programme pilote de Tiempo de magia, produit en 1975, dans lequel il partageait l'écran avec Julio CARABIAS. Cette participation anticipait une relation avec le petit écran qui allait se prolonger pendant des décennies. Son passage par Un, dos, tres... responda otra vez a démultiplié sa popularité. Ensuite, d'autres émissions comme Por arte de magia, Magia Potagia, Chantatachán et le programme pour enfants El recreo sont arrivées. Face à l'image traditionnelle du magicien solennel, Tamariz a construit un personnage proche, débordant d'énergie et apparemment chaotique. Ses blagues, sa conversation constante avec le public et sa manière de célébrer chaque numéro sont devenues une partie indissociable du spectacle. Cependant, cette mise en scène cachait une préparation minutieuse et une connaissance approfondie de la gestion de l'attention (misdirection). La capacité de diriger le regard, d'anticiper les soupçons du spectateur et de maintenir la surprise expliquait une grande partie de l'admiration qu'il suscitait parmi ses pairs. Livres, enseignement et une école dirigée par sa fille La contribution de Tamariz à la magie allait bien au-delà de ses apparitions télévisées. Tout au long de sa carrière, il a publié des livres majeurs consacrés à la technique, à la théorie et à la présentation de l'illusionnisme. Parmi ses œuvres figurent La Vía Mágica, Los Cinco Puntos Mágicos, Sonata et Sinfonía en Mnemónica Mayor, des références incontournables de la littérature magique. Ses travaux ont abordé des questions telles que la relation entre le magicien et le public, la construction narrative des tours et l'utilisation de la mémoire et de la psychologie en cartomagie. Cette combinaison de réflexion théorique et de sens du spectacle a contribué à consolider son prestige à l'international. Une partie de son héritage se perpétue à travers la Grande École de Magie Ana Tamariz, dirigée par sa fille. Tamariz a lui-même conçu les programmes pédagogiques du centre, pensés pour transmettre sa vision de l'illusionnisme aux nouvelles générations. L'école a compté parmi ses intervenants et élèves des magiciens comme Jorge BLASS, Anthony BLAKE, Miguel GÓMEZ et Rafael BENATAR. Son programme combine l'apprentissage des tours et des techniques avec des cours d'histoire de la magie, de théorie et de psychologie du spectacle. Médaille d'Or des Beaux-Arts et reconnaissance de Madrid La reconnaissance de la carrière de Juan TAMARIZ est également venue des institutions. En 2011, il a reçu la Médaille d'or du mérite des beaux-arts, accordée par décret royal. Auparavant, en 2009, il avait obtenu le Prix honorifique de théorie et philosophie du Congrès mondial de magie (FISM) de Pékin, une distinction récompensant son travail de chercheur et de rénovateur de l'art magique. En 2019, sa ville natale lui a également décerné la Médaille d'or de Madrid. La mairie de la capitale a alors souligné sa contribution à la diffusion internationale de la magie et sa capacité à combiner créativité, humour et rigueur.
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