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... Ou pas :) ?

Hello,

De mémoire, ce sujet a été débattu à plusieurs reprises mais impossible de mettre la main sur un fil de discussion "cohérent" et suivi, d'où ce sujet :) .

J'ai toujours été persuadé que l'on pouvait inclure un effet de mentalisme (et non de magie mentale) comme une drawing duplication par exemple, au milieu d'un set de magie dite "traditionnelle" (cartes, cordes, etc.).

A ce titre, je n'ai jamais hésité à inclure une routine de type Powerball entre une routine de pièces et une de cartes, avec succès, ne serait-ce qu'au nom de la "variété des effets".

Toutefois aujourd'hui, avec l'expérience, je serais moins catégorique. D'où ma question : peut-on proposer magie et mentalisme dans un même set ou préconise-t-on plutôt d'avoir un set de mentalisme à part ?

Corollaire : est-il gênant au cours d'une même soirée, de proposer à un groupe du close-up "classique" et à un autre, du mentalisme ?

Attention, ma question s'inscrit dans un contexte particulier :

- Cocktail , table à table (car s'il s'agissait de scène, je ne mélangerais pas les deux disciplines mais je me trompe peut-être).

- Effets de mentalisme limités à KK, duplication de dessin, effet du type "dans quelle main" et book-test (en d'autres termes, les seuls trucs que je sais faire - et encore :D - dans le domaine).

Merci pour vos avis éclairés ;)

:cool:

Woody

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Je dirais : ça dépend du contexte !

On ne demanderait pas à Superman de tisser une toile d'araignée, ou à Spiderman d'envoyer un rayon laser avec ses yeux.

Les "pouvoirs" sont donc propres à chacun, et il faut que tout soit cohérent avec le personnage.

Le public va t il chercher à rationaliser et théoriser comme nous le faisons ? Je suis loin d'en être sûr.

Je dirais que tant que le divertissement proposé est cohérent, on peut proposer ce que l'on veut.

Sinon la même question se pose sur "Mélanger magie et comédie", non ?...

Si les spectateurs peuvent sortir de l'événement en se disant "mais pourquoi au milieu il nous a posé du mentalisme comme on poserait un 'Dirty Corner' au milieu des jardins de Château de Versailles ?", alors oui c'est loupé.

David

mnemonaute_tn.jpg

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ll faut définir ce que tu appelles du mentalisme ? :)

Si c'est l'utilisation de PNL, hypnose... je te recommande fortement l'ouvrage de Derren BROWN, Pur Effet.

Il aborde totalement l'aspect de tours de magie en close-up dans lequel il ajoute des techniques de mentalisme pour renforcer fortement ses effets.

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Publié le

Si c'est pour présenter du puzzle, que le puzzle soit un tour de magie ou un tour de mentalisme ne fait aucune différence, si ce n'est que les gens seront plus interpellés par un puzzle de mentalisme.

Donc:

Quelle est ta définition de la magie?

Quelle est ta définition du mentalisme?

Quel est ton propos ou ton objectif dans le contexte que tu as évoqué?

Ta définition de la magie ou du mentalisme est elle cohérente avec ton propos dans ce contexte?

Les outils et les effets utilisés (KK, duplication de dessin, effet du type "dans quelle main" et book-test) sont ils représentatifs de la magie ou du mentalisme tels que définis?

Les outils et les effets utilisés (KK, duplication de dessin, effet du type "dans quelle main" et book-test) sont ils pertinents pour appuyer ton propos?

...

Circulez !

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Je grince toujours des dents quand je vois un magicien (même un pote) prendre un "effet de mentalisme" et l'intégrer à son set, le faire façon magie mentale. Connaissant l'impact émotionnel que peut avoir un "effet de mentalisme", j'ai l'impression qu'on prend du boeuf de Kobe pour faire un hamburger... Un bon hamburger, mais... ;)

Cela dit, j'ai un ami qui fait ça régulièrement, et qui en plus le fait... habillé en clown !!! Sa version de l'excellent "Silly Surgery" (de Julien Losa) fonctionne à merveille et mes dents ne grincent pas !?

Je pense que c'est parce qu'il ne cherche pas à faire du mentalisme. Il fait de la magie mentale, habillée comme de la magie, présentée comme de la magie, selon les codes de la magie... et ça, ça fonctionne ! En tout cas avec lui.

Mais un magicos qui tout d'un coup change un peu l'ambiance pour faire du mentalisme (parce que c'est une ambiance différente, qu'elle soit rigolarde ou sérieuse), ça coince (AMHA). La plupart des mentalistes qui viennent de la magie (je pense entre autres à Marc Paul qui en parlait récemment) on d'abord ajouté un set de mentalisme à leur offre. Ils n'ont pas mélangé l'une et l'autre dans le même spectacle.

Publié le (modifié)

Alors :) :

Pour mon copain Thomas : par mentalisme, j'entends les effets cités plus haut (et uniquement ceux-là aujourd'hui) : duplication de dessin, KK, effet de type "dans quelle main" et book test (dans une moindre mesure), ayant remarqué que la relation aux gens était plus forte avec ce type d'effet qu'avec des balles mousse, par exemple. Toutefois, je ne cherche pas nécessairement la même chose, les effets type mentalisme seraient selon moi plus "mystérieux" tandis que les balles mousses seraient plus "légers".

Tu n'adoptes pas le même ton lorsque tu discutes amicalement philosophie avec quelqu'un que lorsque tu lui fais part d'une amusante coïncidence.

Ainsi pour mon camarade Dub, j'essaye tant que faire se peut de ne pas présenter de puzzle, la magie (c'est un grand mot) que je pratique est avant tout un vecteur pour divertir les gens en leur faisant voir des choses étonnantes et en misant surtout sur la relation aux spectateurs (je ne présente aucun tour de défi type bonneteau, du moins pas sous cet angle).

Ainsi, actuellement, je leur propose des tours de cartes, par exemple, et parfois, au gré de ce que je trouve "par hasard" dans mon portefeuille, powerball. Laquelle routine me conduit, tout enthousiaste que je suis après avoir deviné les chiffres pensés par le spectateur (en général, je n'en reviens pas moi-même; quel comédien de talent ce pic-vert :D ) à une divination plus "on the spot", sans rien d'autre qu'un calepin et un stylo ;) . En revanche, je ne fais suivre ou précéder aucune routine de balles éponges lorsque je propose un truc s'apparentant au mentalisme car j'estime que la rupture serait trop importante.

Mais la question qui peut se poser est : est-il envisageable de présenter les balles mousses en cocktail et, plus tard, à la table une dd (ou inversement) ?

Enfin pour Chakkan, j'essaye justement de ne proposer aucune rupture dans mon personnage; je ne passe pas du magicien rigolo à un clone de Max Maven. Je reste le même et je présente souvent des effets de mentalisme comme une expérience un peu plus mystérieuse que j'aimerai tenter car je sens une relation particulière avec la personne (base de mon boniment).

Voilà pour le contexte global (en espérant avoir précisé ma démarche :) ).

Edit : le post de Cervier et le mien se sont croisés. Oui c'est un peu ce que je crains (rupture d'ambiance) toutefois, je ne prends pas la pose du mentaliste, je reste magicien qui tente un truc aussi détendu qu'avec ses cartes mais sauf que ce ne sont pas des cartes (bref, tu vois le genre ;) ) .

Modifié par Woody
Publié le

J'ai donné mon point de vue parce que tu demandais des avis, mais au fond, Woody, c'est toi qui est le mieux placé pour répondre à ta question (toi, ou quelqu'un qui te suivrait sur tes prestas), non ? :)

On a nos principes, on a nos théories, on a l'exemple de ce qu'on fait d'autres avant nous (avant toi), mais qui dit que ce que tu fais toi ne va pas fonctionner ?

Alors... ben vas-y ! Tu n'as pas l'air d'y aller la tête en l'air et sans réfléchir à ce que tu fais, donc... je te souhaite le meilleur, et tu nous diras ce qui fonctionne pour toi ou pas. Tu ferais des essais nucléaires, je ne te dirais pas "essaie on verra bien" ;) mais là, franchement... Fais tes tests :D

Publié le

38 messages et tu es déjà mon ami :D;) !

En "précisant" ma démarche dans mon dernier message, je me suis fait la même réflexion (mais j'ai décidé de poursuivre afin de répondre à chacun d'entre vous). Du coup, Cervier, je vais suivre ton conseil. Lorsque ce sera fait, je vous ferai un retour d'expérience. Si, si c'est la moindre des choses mdr;) .

Publié le

Le problème c'est bien sur le personnage. Les spectateurs ne croient plus, depuis longtemps que les magiciens sont des sorciers mais des "manipulateurs" doués et équipés de gimmicks.

Un spectacle de mentaliste, selon l'ambiance, on peut laisser planer le doute sur des "capacités extraordinaires".

Présenter "thélépathie réelle" après avoir montré que nous sommes un bon manipulateur de cartes, doué de ses mains, me semble difficile.

Après, effectivement, présenter un book test dans un spectacle de magie, pourquoi pas !

"La véritable réalité est toujours irréaliste" F. KAFKA

Publié le (modifié)

En voilà un sujet qui me trotte souvent en tête et qui est pour moi source de nombreuses réflexions! J'aime la magie, j'ai découvert le mentalisme par après et j'éprouve pour cette branche un attrait tout particulier, mais je ne peux pas lâcher la magie pour autant, bref j'aime les deux! Pourquoi devrais-je choisir? Certains puristes sont pour ne pas mélanger les deux, et je peux les comprendre, mais je crois que comme le dit Menth c'est une question de personnage. Si un magicien se présente ouvertement en tant que tel et puis réalise un book-test sans rien annoncer sur la nature de l'effet, il y a de grandes chances que pour cela passe en effet pour un "simple" tour de magie. Mais si le magicien dit qu'après avoir effectué ses tours il veut maintenant tenter un tout autre type d'expérience, c'est déjà selon moi une piste plus intéressante. Mais c'est sûr que ce n'est pas évident, je réfléchis vraiment souvent à la problématique donc merci pour ce sujet Woody ;) (même si en effet il me semble qu'on l'a déjà abordé je ne sais plus où...).

Ceci dit, j'ai l'impression qu'il s'agit aussi et surtout d'un débat sans fin entre magiciens/mentalistes et que le point de vue du spectateur est de toute façon bien différent (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas réfléchir à la façon dont on agence et dont on présente les choses, bien sûr) et qu'il ne se pose pas forcément toutes ces questions, contrairement à nous. Un spectateur sceptique restera sceptique quoi qu'on lui dise, face à de la magie comme à du mentalisme. Idem pour un spectateur plus crédule, quelqu'un qui a envie de croire en l'existence de capacités particulières y croira :) Perso, comme je le disais, je fais de la magie et du mentalisme, les gens qui me voient en faire apprécient les deux et sont bluffés par les deux (souvent plus impressionnés par le mentalisme, c'est vrai... quoique). Je me retrouve parfois avec des personnes qui me disent "mais c'est un don? Y a un truc ou pas?" pour un effet de lecture de pensée, alors qu'ils savent aussi que je fais ce qu'ils considèrent comme étant de la magie (et que dire des effets comme OOTW qui sont à cheval entre magie et mentalisme?). Donc dans les deux cas, ça les interpelle fortement, et personnellement ça me suffit. Je n'ai pas besoin de prétendre avoir de vrais pouvoirs, je joue plutôt sur l'ambiguïté, et c'est un choix :) Choix qui pourrait ne pas convenir à un mentaliste qui se veut plus puriste dans le personnage qu'il prétend être, et il aurait raison aussi, car ce serait SON choix. Et puis, de toute façon,

Je me suis d'ailleurs justement tout récemment fait la réflexion suivante. Pour donner le ton de ce que je vais présenter au cours d'une soirée ou pour répondre à la question "est-ce un don?" (question d'ailleurs également récurrente pour les effets de torsions :) ), je me disais que je pourrais présenter la chose de la manière suivante: "oui, je fais de la magie car j'aime ça, rendre l'impossible possible me passionne et j'aime créer ces moments de mystères et d'étonnements pour le public. Après, il est probable que certaines des choses que je vous montre semblent dépasser le stade de la magie... Et c'est normal, car j'aime aussi exploiter les ressources cachées de notre esprit! Au final, profitez du mystère et ne cherchez pas forcément à classifier ce que vous voyez :)" Bon, c'est l'idée, elle est fraîche, mais c'est l'idée :)

Dernière chose, j'essaye personnellement d'éviter de me présenter justement en tant que magicien ou en tant que mentaliste, je tente de me trouver cette approche personnelle sans utiliser un terme qui me "cloisonnerait". Dans cette optique, j'aime beaucoup le "je suis une sorte de magicien..." préconisé par Derren Brown dans Magie Absolue.

En résumé je pense qu'il faut réfléchir à ce qu'on veut prétendre faire/être, tout le reste découle de ça :)

Modifié par XyGreg

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    • Bel effet optique avec des pailles :  https://www.instagram.com/reel/DWvOnC8gVEQ/?igsh=OWlrZzMwcGdvOW14
    • Voici le message de @Dani LARY d'il y a deux semaines : Promis je t’appelle dès que je suis a Barbières dans mon bureau Sache que depuis plus de 30 où 40 ans tu est mon ami et que je te laisserai jamais tomber. Merci de vos conseils et "Vive l'espoir..."
    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
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