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« Les nains et les géants » ou « Une entropie de la connaissance »

« Les Jours Noirs » d’Arturo de Ascanio est paru en France en 1997 (Édition Joker Deluxe) et j’ai eu depuis l’occasion de rencontrer plusieurs personnes m’ayant cité « cette fameuse phrase d’Ascanio » qu’ils avaient lue en page 96 de l’ouvrage. Comme cela arrive si souvent, leur mémoire avait réduit et déformé l’information originale exacte pour n’en conserver que le sens approximatif, tout en l’associant et la créditant par amalgame à l’auteur du livre lui-même. Ils n’en sont pas pour autant à blâmer car nous faisons tous exactement le même type de fausses références à longueurs de journée, tout d’abord simplement parce que la mémoire est quelque peu limitée et sélective, mais aussi parce qu’accéder aux véritables sources constitue un véritable travail d’investigation. Le goût de l’effort dans ce type de recherches étant malheureusement loin d’être répandu et les obstacles à surmonter nombreux pour ceux qui s’y risquent, cela entraîne ce que l’on pourrait appeler une véritable « entropie de la connaissance ».

Pour lutter contre cette perte de l’information, cette dégradation de l’état des savoirs, il est nécessaire que des organismes (comme la S.I.A.M. le fait -de façon encore embryonnaire- dans le monde des arts magiques) puissent aider quiconque dans sa recherche de sources par l’intermédiaire d’un réseau d’experts, de bibliothèques, de banques de données ou tout autre système référentiel utile. Ceci est indispensable si l’on ne veut pas que se détériore la mémoire de l’art magique qui est un véritable trésor au sens le plus noble du terme.

Pour ceux qui ne se sont pas encore rué sur la citation dont il est question au début de cet article, je la retranscris ici mot pour mot.

« Je fais mienne cette pensée de Newton :

J’ai pu voir plus loin que d’autres,

Car j’ai pris appui sur les épaules de géants ».

Effectivement, cette pensée révérencieuse est profonde, et elle semble encore magnifiée par l’illustre penseur qui en a la paternité, Sir Issac Newton lui-même ! Mais il conviendrait d’être prudent et se de référer au texte original car il n’est pas déraisonnable de supposer qu’Ascanio s’est servi d’une traduction en espagnol d’un texte anglais (ou peut-être latin ?), cette version d’Ascanio ayant été ensuite traduite à nouveau de l’espagnol au français pour l’édition chez Joker Deluxe (les lecteurs francophones peuvent d’ailleurs remercier Alain Midan et Laurent Vadel d’avoir effectué ce travail).

Carlos Vaquera, élève d’Ascanio et auteur de la préface des Jours Noirs nous propose dans le numéro 29 d’Imagik (page 13) une autre version de cette réflexion :

Comme disait Newton : « Je pouvais voir plus loin que les autres car j’étais perché sur les épaules de géants ! ».

Il y a déjà là matière à écrire toute une étude comparative de ces deux versions, tant de nuances s’exprimant au travers de l’idée de base - par ailleurs implicite et bien là - mais habillée de façon différente. Aucune revue magique actuelle n’accorderait la moindre place pour publier une étude de la sorte, mais on peut brièvement observer dans la « version Ascanio » une mise en page du texte et une découpe qui lui confèrent une forme poétique (un vers) ce qui n’est pas le cas de la « version Vaquera » qui est plus une assertion de type langage courant ou parlé (…comme «disait » Newton…). On pourrait disserter et épiloguer sur la nette distinction qui existe entre le fait de « prendre appui » sur les épaules de géants où d’y être carrément « perché ». Mais mon objectif est principalement de montrer comment très vite apparaissent le flou et le sentiment désagréables de ne pas avoir accès à la source réelle, impression que j’appelle dans un jargon qui m’est propre « un lourd sentiment d’incomplétude ».

Parmi les grands vulgarisateurs d’aujourd’hui de trouve un professeur de l’université de Harvard qui enseigne la géologie, la biologie et l’histoire des sciences. Chacun de ses recueils sur l’histoire naturelle est un best-seller tant ils sont stimulants pour l’esprit en renversant systématiquement de nombreuses idées reçues. Stephen Jay Gould, dont je ne peux que vous conseiller de dévorer la totalité des ouvrages afin d’exercer votre esprit critique et développer votre goût de remonter jusqu’aux sources premières, vous démontrera comment souvent il arrive qu’un document ou une source originale peut révéler des informations qui vont très exactement à l’opposé de ce que l’on croyait en connaître avant de les consulter.

En Mai 2000, Gould publia aux éditions Seuil « Les quatre antilopes de l’Apocalypse ». Il est question au chapitre 7 des « redécouvertes qui ne se savent pas comme telles ». De nombreux magiciens qui me lisent comprennent là parfaitement de quoi il est question, et je ne peux m’empêcher de citer la suite tant elle s’applique à merveille à votre domaine artistique :

« (…) cela concerne des cas où des personnes, tout à la joie d’avoir personnellement compris quelque chose de nouveau, pensent qu’elles viennent de deviner une vérité pour la toute première fois, alors qu’elle était déjà connue auparavant ».

Ce qui va nous intéresser dans ce chapitre, c’est qu’il y est question d’un livre de Robert K. Merton «On The Shouldiers of the Giants » (« Sur les épaules des géants ») dont l’un des thèmes est « constitué par une recherche délicieusement baroque à travers l’histoire (…) » afin de retrouver l’origine d’une citation généralement attribuée à Isaac Newton (d’après une lettre qu’il a écrite à Robert Hooke) :

« Si j’ai vu plus loin, c’est que je me suis tenu sur les épaules des géants ».

Gould dit : « Comme le montre Merton, Newton n’avait pas prétendu en écrivant cette phrase, faire œuvre de créateur. Il avait simplement répété une formule généralement regardée comme faisant partie du domaine public, au point qu’il n’était pas nécessaire de lui adjoindre des guillemets ».

Passons sur cette troisième ( !) formulation et essayons de tenir pied face à cette mise en abîme historique dans laquelle nous plonge cette seule recherche d’antériorité !

Je n’ai pas lu le livre de Merton, mais je sais que ce dernier est remonté jusqu’à 1126 pour retrouver l’origine de cette citation. J’ai eu cependant accès à la même source moyenâgeuse d’une façon totalement indirecte. Mon frère, qui consacre presque tous ses week-end depuis une trentaine d’années à la montagne, recueille systématiquement par écrit ses réflexions sur chacune de ses sorties. Également grand amateur de littérature devant l’éternel, il note régulièrement dans ses cahiers les pensées tirées au hasard de ses lectures ayant trait - de près ou de loin - à l’idée qu’il se fait de la montagne, de l’effort, et de sa philosophie de la vie. Dans le dernier recueil qu’il vient d’achever, j’ai eu la joie de découvrir ce qui me semble être la formulation la plus limpide de cette vieille citation. Je vais retranscrire ici mot pour mot cette version qui ne contient pas ce sens ambivalent que Gould appelle un peu ironiquement « une métaphore de la modestie… ou de la fausse modestie » ! (Relisez les autres ci-dessus pour constater qu’effectivement, elles cachent mal une véritable petite part d’orgueil dans leur forme tronquée).

« Nous sommes comme des nains montés sur les épaules de géants, si bien que nous pouvons voir plus de choses qu’eux et plus loin qu’eux, non que notre vision soit plus perçante ou notre taille plus haute, mais parce que nous sommes transportés et élevés plus haut grâce à leur taille ».

Bernard de Chartres (XIIème siècle)

Mes remerciements à Fabienne Gambrelle qui a fait des recherches à la Bibliothèque Nationale sur Bernard de Chartres, ainsi qu’à mon frère Michel.

Enfin, une pensée vraiment émue pour Stephen Jay Gould qui a disparu depuis peu, et qui me manque terriblement.

Christian GIRARD

Modifié par Thomas THIEBAUT
  • J'aime 4
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Publié le

merci M. girard pour cette reflexion, et ce texte, qui je crois interpellera bien des magiciens autant qu'il m'a interpellé...

Il existe une expression consacrée dans ce forum, je l'emploie donc:

pourquoi ne pas publier cet article dans les pages permanentes du forum ? Il serait dommage qu'un tel texte disparaisse dans les abîmes du forum

je n'ai point d'autre commentaire que : "tout est dit..."

amicalement

Alex

  • J'aime 1
Publié le

Finalement, je me permet d'ajouter que je connaissait la formule de newton, et que je trouvait déjà amusant d'en voir une référence sur une pochette d'un britpop band à l'égo surdimensionné...la mise en prespective que vous offrez de donne vraiment le vertige.

  • J'aime 1
Publié le

Merci Christian pour ce post très intéressant.

Dans la dernière formulation que tu proposes il y ce qu'on appelle une ambiguité phonologique. On utilise ce genre de procédés en Hypnose pour générer de la confusion et inciter l'inconscient à choisir le sens qui lui convient le mieux.

Citation:

Nous sommes comme des nains montés sur les épaules de géants, si bien que nous pouvons voir plus de choses qu’eux et plus loin qu’eux

Cela s'applique-t-il aux géants ?.. Un nain perché sur les épaules d'un géant voit plus loin que ceux qui n'y sont pas, mais il voit également plus loin que le géant lui même !.. Intéressant.

La représentation mentale de soi comme un nain face à l'autre que l'on voit comme un géant est un phénomène de transe. C'est une hallucination, une distorsion sensorielle. Cela est bien souvent handicapant. En effet, si je me définis comme un nain... comment puis-je espérer devenir un géant ? Les nains ne grandissent pas.

Cette une phrase qui a un certain sens esthétique du point de vue littéraire mais que je trouve parfaitement inadaptée sur le plan psychologique. Pour moi il n'y a ni nains ni géants. Et il existe des manières plus efficaces, moins enfermantes, de rendre hommage au travail de l'autre sans se diminuer soi même.

Fred

Publié le

Merci, Christian, de nous faire rêver. Je sais pas si t’as eu le plaisir de lire le bouquin que le philosophe Bruno Latour a consacré à Louis Pasteur, mais je crois que dans son optique, on aurait plutôt tendence à dire : « Bien que je sois nain, on me voit de loin parce que je suis monté (ou parce que j'ai su monter) sur les épaules des géants »…

  • Merci 1
Publié le (modifié)

Alex : « Merci M. Girard pour cette réflexion, et ce texte, qui je crois interpellera bien des magiciens autant qu'il m'a interpellé...»

CG : Très heureux que mon texte et ma petite réflexion vous aient interpellé. Remercions aussi Thomas et son très intéressant site Virtualmagie car il n’y a guère que ce type de « magazine numérique » qui puisse accueillir des articles comme celui ci-dessus. Quand à l’écho qu’il a pu susciter, je suis plus que satisfait d’avoir pu lire cinq réactions de VMistes de qualité qui à mes yeux valent plus que 60 interventions sans intérêt. Plusieurs messages privés et discussions informelles m’ont laissé comprendre que d’autres également ont trouvé à sa lecture quelque satisfaction personnelle.

Alex : « Il existe une expression consacrée dans ce forum, je l'emploie donc: pourquoi ne pas publier cet article dans les pages permanentes du forum ? Il serait dommage qu'un tel texte disparaisse dans les abîmes du forum».

CG : Pourquoi pas. Mais c’est l'éditeur de ce webzine qui prend ce genre de décision… Ceci dit, on ne disparaît jamais définitivement dans les abîmes d’un forum. La preuve !

Profmago : «Qui marche sur les pieds d'un géant... risque d'en prendre plein les dents »

CG : Sans oublier la suite « Mais qui marche sur un nain... se trouve dans un jardin ! ».

Fred : « (…) si je me définis comme un nain... comment puis-je espérer devenir un géant ? »

CG : On a moult exemples métaphoriques ou le plus petit arrive à vaincre celui qui semble a priori le plus fort : Jack et le haricot magique, le petit Poucet, David contre Goliath, et aujourd’hui encore nous avons sur grand écran le récit de Tolkien où ce sont bien les plus petits qui jouent un rôle majeur dans l’avenir du monde.

« La représentation mentale de soi comme un nain face à l'autre que l'on voit comme un géant » est une approche psychologique qui s’éclaire d’un jour nouveau s’il s’agit d’un nain parvenant, au-delà de son apparent handicap, à surclasser les géants, non ?

Ceci dit, la citation de Bernard de Chartre est explicite. Il est dit : « « Nous sommes COMME des nains… », et non pas « Nous SOMMES des nains… », ce qui témoigne de la portée disons purement allégorique de sa proposition.

BEYREVRA : « Le géant perché sur les épaules du nain, verra plus loin que le nain, mais ira moins loin que le nain perché sur les épaules d'un géant. Je vous laisse réfléchir... »

CG : J’ai réfléchi : mais alors, à quand le lancer de géant comme discipline olympique ?...

Graham : « Merci, Christian, de nous faire rêver. Je ne sais pas si tu as eu le plaisir de lire le bouquin que le philosophe Bruno Latour a consacré à Louis Pasteur (…) »

CG : Hello Graham ! On n’arrête plus de se croiser tous les deux ! Journée du CMP, Pizzamagicos, conférence Crimet à l’académie de magie, et maintenant sur VM…

Pour ce qui est de Latour, je te renvoie à « Impostures intellectuelles » de Alan Sokal et Jean Bricmont (Éditions Odile Jacob), ouvrage dans lequel les auteurs ont analysé les textes de certains courants intellectuels « postmodernes » traitant « les sciences comme des narrations ou des constructions sociales parmi d’autres », et ont démontré « les mystifications physico-mathématiques » d’individus jouissant par ailleurs d’une grande notoriété (Lacan, Baudrillard, Deleuze, Guattari et autres Kristeva). Le chapitre 5 est entièrement consacré à Bruno Latour ! Il y est montré que « L’analyse de Latour est fondamentalement viciée par son manque de compréhension de la théorie qu’Einstein essaye d’expliquer » et qu’il « confond un énoncé pédagogique de la relativité avec le « contenu technique » de la théorie ».

Le mieux est de lire le bouquin qui plaira assurément aux rares zététiciens qui ne l’auraient pas encore lu, et fera peut-être réfléchir quelques autres mentalistes…

Il contient le fameux article de Sokal intitulé « Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique » qui fut publié originellement dans « Social Text » et qui était un monumental canular destiné à « s’attaquer, par la satyre, à l’usage intempestif de terminologie scientifique et aux extrapolations abusives des sciences exactes aux sciences humaines ». Il voulait (je cite encore) «dénoncer le relativisme postmoderne pour lequel l’objectivité est une simple convention sociale ».

Houlala ! Si l’on parle d’objectivité, je sens que Fred va bondir sur son clavier…

En remerciant encore les intervenants ci-dessus,

Christian GIRARD

Modifié par Thomas
  • J'aime 1
  • 9 années plus tard...
Publié le
merci M. girard pour cette reflexion,

je n'ai point d'autre commentaire que : "tout est dit..."

+1

JaB

~~~~~~~~~~

Le monde n'est pas ce que vous croyez, voyez, sentez, touchez, entendez .. !

1/Si temps R. (temps du réel) = V. (temps du virtuel) =/ R. (temps du réel),

2/ Alors temps RV. ?(temps de la réalité virtuelle) = V.=R.

3/ Et temps RA. (temps de la réalité augmentée) = [(RV. * RV.)*w.] / T.

L'illusion est parfaite !

Réveillez-vous,.. éveillez votre entourage...

RêveSolutions.. !

http://expositions.bnf.fr/utopie/index.htm

Si l’utopie traduisait l’impossible, la vie, l'humain n'existeraient pas.

  • Merci 1
  • 10 months plus tard...
Invité Dix heures dix
Publié le

Bonsoir,

Je me joins aux remerciements à propos de ce sujet.

Je viens de tomber sur une version de cette citation et suis revenu ici, histoire de les comparer. La traduction que j'ai lue étant légèrement différente de la version sus-citée, je me suis dit qu'elle pourrait vous intéresser:

"Bernard de Chartres, d'orientation platonicienne, écrit: «Nous sommes des nains montés sur les épaules de géants; nous voyons plus qu'eux, et plus loin; ce n'est pas tellement que notre regard soit perçant, ni élevée notre taille; mais leur stature gigantesque nous élève, nous exhausse. »"

FAIVRE Antoine, Accès de l'ésotérisme occidental, Paris, Gallimard, Bibliothèque des sciences humaines, 1986, pp.84,85.

Une page wikipédia est d'ailleurs consacrée à cette citation:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Des_nains_sur_des_%C3%A9paules_de_g%C3%A9ants

Il y a encore une autre traduction sur la page de Bernard de Chartres:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_de_Chartres

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    • Merci Thomas pour cette modernisation..Du renouveau sans changement radical non plus au risque de perdre son identité. Ou comment  l'intelligence artificielle peut encore servir d'outil sans remplacer l'intelligence naturellle. A méditer pour les savants fous. L'immobilisme étant le berceau du récul voilà un petit rafraîchissement bienvenu qui sait ne pas trop perturber nos cerveaux d'anciens🤣 . Longue vie à VM.  Magicalement
    • Il existe plusieurs effets et numéro avec des ombres à ma connaissance (en dehors des numéros d'ombromanie bien sûr). Les premiers qui me viennent à l'esprit sont : - le numéro "Silhouette" de Simon DRAKE, repris par la suite par Erix LOGAN, plein de mystère :   - le numéro "Shadow" de Teller (Penn & Teller) :   - le gimmick commercialisé par Tobias DOSTAL appelé "Silhouette" :   - les routines de jeu hanté ou on semble provoquer les animations avec l'ombre de nôtre main En dehors de la magie je pense aussi à l'ombre de Peter PAN qu'il doit recoudre sur lui pour ne pas qu'elle ne s'échappe, au sketch de Raymond DEVOS "Un ange passe" (A quoi reconnaît-on un doute ? A son ombre !), etc... Je pense aussi à l'illusion d'optique consistant à "créer" une fausse ombre d'un objet posé au sol en le mouillant (effet de lévitation sous le bon angle) et je me suis toujours dit qu'en déplaçant un transparent imprimé en gris avec un fil, on pourrait créer une "mise en lévitation", donner l'illusion que l'objet décolle à vu (ou déplacer l'objet par rapport à sa fausse ombre). Evidemment, ça ne fonctionnerait que sous certains angles.
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