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Bonjour à tous :D

En septembre 2011, j’ai eu l’occasion (moi ainsi que quelques autres magiciens) de côtoyer un jeune homme, Lucas Molla, étudiant en DMA (Diplôme des métiers d’Art, décors et mobilier, spécialité ébénisterie, au lycée des métiers de l’ameublement à Saint-Quentin).

C’est Francis Tabary qui a gentiment joué les entremetteurs. J’ai adoré la curiosité de Lucas et son énergie, il n’a pas hésité à faire des heures de voiture pour me rencontrer, c’est à ce genre de détail qu’on reconnaît le p’tit gars qui en veut. Il avait plusieurs projets en tête dans le cadre de son année de diplôme et j’ai joué pour lui, comment dire, un rôle de stimulateur de neurones :) ; Lucas est une éponge à informations, il prend des notes, il photographie, il écoute. « Toutes les idées sont bonnes à prendre » disait-il. Ouvert et respectueux de l’autre. J’ai franchement apprécié le garçon.

Il a donc travaillé sur plusieurs projets, principalement des meubles « magiques » (axés sur la lévitation notamment) et des meubles à transformation (inspiré par des casse-tête ou des objets impossibles). Le thème imposé n’était franchement pas de la tarte, voyez plutôt :

« Mémoires, les césures immatériels de la matière ». :crazy:

Lucas m’a très régulièrement informé de l’avancée de ses travaux (j’ai apprécié de suivre cette évolution avec lui), m’envoyant des organigrammes, des dessins, des photos de maquettes, des films, etc. À l’évidence, ça carburait à fond dans son crâne.

Pour autant, l’un de ses bons projets dans lequel il s’était investi ne « passa » pas devant le jury d'accréditation, « Mon meuble sur l'illusion ne les a pas convaincus. Ils m'ont foutus sur les rotules » m’écrivit-il.

Sentant que Lucas avait un petit coup de mou au moral, je l’encourageai alors à se remettre à l’ouvrage en lui écrivant :

« Il faut toujours positiver. Ton travail et ta réflexion sur ce meuble en lévitation ne sont pas finis pour autant, c'est un projet que tu mèneras ultérieurement à terme, car il t'intéresse, rien ne t'oblige à le faire dans le cadre de tes examens, ça doit être et rester une quête personnelle ! Peut-être que ton avenir est dans ce meuble, mais pour l'instant, tu dois te plier aux remarques de tes profs et à ce qu'ils t'imposent, à toi d'être à la hauteur, la vie est faite de barrières comme celle-ci, sois serein.

Pour le meuble stratégie et réflexion, allez hop, tu fonces, tu développes des idées !

(Tu sais, mes DVD sur les chouchous sont le fruit de 15 à 20 ans de travail sur le sujet !...)

Bon, courage, et fais un meuble "super top de la bombe", pas "pour eux", pour TOI ! ;-)

Bye

Christian »

Lucas ne baissa pas les bras et il mit alors toute son énergie dans le second projet, sur la base d’une idée, celle d’un meuble qui serait sa propre clé !

Je vous passe les détails… L’acharnement fut payant, Lucas obtint 20/20 et les félicitations du jury ! :D:D:D Wow !

Si je vous raconte tout ça, c’est parce que ça montre le côté humain qu’il y a dans la création, les hauts et les bas, je suis sûr que l’histoire de Lucas peut aider un jeune qui perd un peu la niaque.

Voici une vidéo conçue pour accompagner la présentation de son meuble casse-tête :

[video:dailymotion]

Et puis, l'aventure continue avec MYSTERIUM :

[video:dailymotion]

Je souhaite un bel avenir à Lucas, du fond du cœur. Je suis sûr que Francis, que je remercie pour sa confiance et pour avoir initié cette rencontre, viendra lui aussi partager quelques souvenirs de cette belle histoire.

Christian

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Publié le

Ce jeune est très intéressant et nous avions projeté de faire un piano à queue en lévitation comme sujet d'examen.(meuble d'intérieur intrigant, décoratif et surtout fonctionnel)

Hélas les profs mirent un "hola" à sa démarche...(dommage car j'avais déjà acheté le piano...et la société Yamaha était aussi intriguée...)

Comme tu le dis, Christian, il ne faut JAMAIS baisser les bras...si un projet est bon, il verra forcément le jour... je vais d'ailleurs recontacter Lucas....lol... (maintenant qu'il vole de ses propres ailes)

J'avais aussi été surpris par la méthode de travail de ce jeune (non magicien) et il avait le don de savoir répertorier intelligemment tout ce qui touchait à son projet.

La première fois qu'il m'a rendu visite, il avait récolté une mine d'infos et il n'avait eu aucun mal à me convaincre de l'aider dans sa démarche...ses résultats scolaires furent à son niveau: c'est un véritable artiste dans son domaine...

Oui, il existe encore une jeunesse motivée , laborieuse et respectueuse, il ne faut pas hésiter à les encourager, il font partie de notre futur...Bravo à Lucas! ....à suivre...

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http://www.francistabary.fr/

Créer est divin, copier est humain .

Publié le

Lucas m'autorise gentiment à publier ici quelques photos qui sont des ébauches de projets et de recherches tous azimuts, merci à lui.

Une illusion de chaise "sans pied" (là, elle lévite à environ une cinquantaine de centimètres du sol) :

zsw5.jpg

Une étude graphique :

q14k.jpg

La maquette correspondante :

6q95.jpg

Voici enfin ce qui a valu à Lucas son 20/20 et les félicitations du jury, puis le deuxième prix national INMA Avenir métiers d'art 2012, le meuble Mysterium. C'est chouette n'est-ce pas :D ?

oo4j.jpg

Source : Mysterium, Lucas Molla

Publié le
Christian

pour moi la seconde Vidéo elle "patine dans la choucroute"

dommage car le meuble a l'air sympa

Bonjour Claude

C'est un problème fréquent avec DailyMotion non ? Chez moi aussi, ça rame un peu mais ça s'ouvre (YouTube ne me pose pas ce type de problème). Pour compenser, voici un gros plan :

8n22.jpg

Toujours avec l'assentiment de Lucas, voici quelques images qui montrent le projet dans l'une de ses premières phases avancées, ceci afin de mieux situer le chemin parcouru avant de parvenir à Mysterium.

Projet meuble fermé (c'est plus commode ;) ). Matériaux : ébène, laque blanche, verre transparent et sablé, ...

7t7t.jpg

Le même meuble ouvert ("Folaille !", dirait Éric Antoine):

tgey.jpg

Et finalement Mysterium (tiroirs fermés cette fois-ci):

tu8a.jpg

C.G.

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Avec son chapeau haut-de-forme, sa chevelure ébouriffée, son violon imaginaire et l'incontournable « ¡Chan, tatachán! », Tamariz a transformé l'illusionnisme en un spectacle populaire pour des millions de spectateurs. Mais derrière ce personnage apparemment improvisé se cachait aussi l'un des plus grands érudits de la magie contemporaine. D'une boîte de magie au championnat mondial de cartomagie Juan Manuel TAMARIZ-MARTEL NEGRÓN est né à Madrid en 1942. Son intérêt pour l'illusionnisme a commencé lorsqu'il n'avait que quatre ans, après avoir assisté à la prestation d'un magicien. Peu après, il a demandé une boîte de jeux de magie et a commencé à pratiquer avec sa famille et ses amis. À douze ans, il a découvert les livres de l'illusionniste Wenceslao CIURÓ, qui lui ont permis de plonger dans la technique et dans les mécanismes psychologiques qui interviennent dans un spectacle. Comme il l'a expliqué dans une interview publiée par la mairie de Madrid, ces lectures ont été décisives pour comprendre que la magie ne consistait pas uniquement à exécuter un tour. Sa précocité lui a ouvert les portes de la Société Espagnole d'Illusionnisme avant d'atteindre l'âge minimum requis : il a été admis à 18 ans, deux ans avant la limite établie, après avoir convaincu les responsables de l'institution de ses capacités. TAMARIZ a étudié les sciences physiques et s'est également intéressé au cinéma, deux domaines qui ont influencé sa manière de concevoir la construction d'un spectacle. Cependant, il a fini par se consacrer entièrement à l'illusionnisme. En 1972, il a obtenu le Grand Prix du Congrès National de Magie. Un an plus tard, il a reçu la reconnaissance qui a définitivement propulsé sa carrière internationale : le Prix mondial de cartomagie, obtenu lors du Congrès mondial de magie de la FISM qui s'est tenu à Paris. Le profil publié par le gouvernement espagnol souligne qu'à partir de ce moment, il a présenté ses spectacles dans des villes comme Chicago, Tokyo, Paris, Londres, Bogota, Le Caire, New York et Santiago du Chili. Le magicien qui est entré dans tous les foyers Bien que son prestige professionnel ait grandi lors des congrès internationaux, c'est la télévision qui a transformé Juan TAMARIZ en un personnage familial pour plusieurs générations d'Espagnols. Les archives de la RTVE conservent le programme pilote de Tiempo de magia, produit en 1975, dans lequel il partageait l'écran avec Julio CARABIAS. Cette participation anticipait une relation avec le petit écran qui allait se prolonger pendant des décennies. Son passage par Un, dos, tres... responda otra vez a démultiplié sa popularité. Ensuite, d'autres émissions comme Por arte de magia, Magia Potagia, Chantatachán et le programme pour enfants El recreo sont arrivées. Face à l'image traditionnelle du magicien solennel, Tamariz a construit un personnage proche, débordant d'énergie et apparemment chaotique. Ses blagues, sa conversation constante avec le public et sa manière de célébrer chaque numéro sont devenues une partie indissociable du spectacle. Cependant, cette mise en scène cachait une préparation minutieuse et une connaissance approfondie de la gestion de l'attention (misdirection). La capacité de diriger le regard, d'anticiper les soupçons du spectateur et de maintenir la surprise expliquait une grande partie de l'admiration qu'il suscitait parmi ses pairs. Livres, enseignement et une école dirigée par sa fille La contribution de Tamariz à la magie allait bien au-delà de ses apparitions télévisées. Tout au long de sa carrière, il a publié des livres majeurs consacrés à la technique, à la théorie et à la présentation de l'illusionnisme. Parmi ses œuvres figurent La Vía Mágica, Los Cinco Puntos Mágicos, Sonata et Sinfonía en Mnemónica Mayor, des références incontournables de la littérature magique. Ses travaux ont abordé des questions telles que la relation entre le magicien et le public, la construction narrative des tours et l'utilisation de la mémoire et de la psychologie en cartomagie. Cette combinaison de réflexion théorique et de sens du spectacle a contribué à consolider son prestige à l'international. Une partie de son héritage se perpétue à travers la Grande École de Magie Ana Tamariz, dirigée par sa fille. Tamariz a lui-même conçu les programmes pédagogiques du centre, pensés pour transmettre sa vision de l'illusionnisme aux nouvelles générations. L'école a compté parmi ses intervenants et élèves des magiciens comme Jorge BLASS, Anthony BLAKE, Miguel GÓMEZ et Rafael BENATAR. Son programme combine l'apprentissage des tours et des techniques avec des cours d'histoire de la magie, de théorie et de psychologie du spectacle. Médaille d'Or des Beaux-Arts et reconnaissance de Madrid La reconnaissance de la carrière de Juan TAMARIZ est également venue des institutions. En 2011, il a reçu la Médaille d'or du mérite des beaux-arts, accordée par décret royal. Auparavant, en 2009, il avait obtenu le Prix honorifique de théorie et philosophie du Congrès mondial de magie (FISM) de Pékin, une distinction récompensant son travail de chercheur et de rénovateur de l'art magique. En 2019, sa ville natale lui a également décerné la Médaille d'or de Madrid. La mairie de la capitale a alors souligné sa contribution à la diffusion internationale de la magie et sa capacité à combiner créativité, humour et rigueur.
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