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J’ouvre ici un sujet que j’ai déjà abordé de manière dispersée dans plusieurs autres messages.

Un sujet qui me semble essentiel, à savoir : quelles sont les qualités humaines qu’on développe en pratiquant l’illusionnisme ?

Si je dois répondre à cette question personnellement, je dirais que l’illusionnisme a été pour moi une façon de sortir de ma coquille lorsque j’étais adolescent : Aller vers les autres pour leur montrer des choses, apprendre à parler en public, maitriser mon trac, ma timidité et ma peur de l’autre.

Je dirais aussi que l’illusionnisme a développé en moi des habiletés manuelles et mentales ainsi qu’une certaine ingéniosité.

Enfin, ce qui est pour moi la chose la plus importante que l’illusionnisme m’a apporté : un certain regard sur les choses, une vision philosophique autour du thème de l’illusion. Vision que Jean Cocteau résume parfaitement dans son poème : Hommes aux milles mains, ce que vous nous faites croire est plus réel que le réel qui est un rêve…

Chaque pièce de monnaie a son côté pile et son coté face, de même que chaque médaille à son endroit et son avers. Il me semble que la pratique de l’illusionnisme a, aussi, des côtés pervers qui se développent si on n’y prend par garde.

Si je cherche dans mon propre parcours, voici les pièges que j’ai rencontré (et où je suis parfois tombé) :

L’illusionnisme peut rendre mégalo et donner une sensation de toute puissance. Un simple tour de carte automatique ou l’apprentissage de quelques lines de cold reading peuvent avoir un énorme impact dans l’esprit de certains spectateurs. Il n’est pas évident, au début, de savoir gérer ce pouvoir qui nous est donné par les spectateurs.

Comme je l’ai déjà évoqué, l’illusionnisme est un art qui force à se rapprocher des autres dans la mesure où il est difficile de faire des tours sans avoir de spectateurs. On peut imaginer un peintre qui fait des toiles sans jamais les montrer à personne ou un poète qui ne publie jamais ses poèmes et ne les fait lire à personne. Il est plus difficile d’imaginer un illusionniste passer sa vie à faire des tours devant son miroir sans jamais les montrer à personne. L’illusionnisme est donc un art de relation, de représentation et ceci est une bonne chose. Cependant, j’ai remarqué cette relation magicien-spectateur est toujours baisée et jamais d’égal à égal. Elle repose essentiellement sur des apparences, sur un secret que le magicien possède et qu’il ne peut partager avec son spectateur. En ce sens l’illusionnisme renforce les masques sociaux et les jeux de rôle. Un illusionniste peut s’enfermer très vite dans son personnage de magicien. Il devient le fameux "X le magicien". Les relations vraies et authentiques entre un magicien et son public sont souvent limitées. Même lorsque nous faisons des tours à nos proches, à ceux que nous aimons, nous reprenons ce masque et tout est biaisé…

Pour reprendre l’exemple du peintre, il n’est pas rare qu’un peintre mette toutes ses tripes dans ses toiles… générant avec les personnes qui les regardent une communication à un niveau très intime et profond. Pareil pour un auteur de romans, pareil pour un musicien… Je vois très rarement cela avec l’illusionnisme (même si je suppose qu’on ne va pas tarder à me donner quelques (rares) contre exemples)…

Bref tout ça pour dire que l’illusionnisme (à mon sens) ne permet pas un véritable partage. Le magicien est enfermé dans son rôle, dans ses secrets et dans sa corporation…

Personnellement quand j’ai ressenti cela, je n’ai pu m’empêcher de prendre quelques distances avec cet art...

Et vous quelles sont les qualités humaines que vous a apporté l’illusionnisme ?

A l’inverse quels sont les effets pervers dont vous avez eu à souffrir ?

(Ouh la ! Voila un fil qui demande à chacun de mettre ses tripes sur la table… :o )

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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Publié le

Je me permets de citer un passage du livre de Jack qui exprime mieux que je ne l'aurais fait un des éléments que m'a apporté l'illusionisme:

Pour théoriser un peu plus sur cet excellent sujet, il nous faut aussi convenir qu'une même chose peut être observée et jugée de plusieurs façons très différentes. [...] Les divergences philosophiques ou politiques en sont une parfaite illustration. Ainsi, une personne qui ne pense pas comme nous, dans la plupart des cas n'a pas forcement tord, pas plus que nous-même avons forcément raison. Simplement, cette personne ne voit pas le problème de la même façon, de la même manière, à cause de nos philosophies qui sont différentes, à cause aussi de nos intérêts respectifs qui sont opposés, à cause de nos expériences ou vécus qui affectent de façons différentes notre jugement. Pour ainsi dire, chacun a sa vérité, sa propre réalité. S’il fallait résumer la chose d’un point de vue de magicien, je dirais simplement, qu’aussi longtemps que l’on demeure certain des choses, on ne peut vivre qu’à l’intérieur de limites. Ce qui vous en conviendrez, ferme la porte aux champs immenses des possibles. La magie, étant bien de considérer que rien n’est impossible !

We're looking for a better solution to the problem when we should be looking for a better problem to work on.

Publié le

Merci TanMai !

C’est drôle car, juste avant de lire ton intervention, et au vu du peu de réactions, je me disais que devant une question aussi essentielle (que vous apporte l’illusionnisme sur le plan humain), on devait rester, au moins, aussi interloqué et coi qu’après la lecture d’un post de Jack Barlett. mdr

Sur le fond de ce que tu abordes, j'ai déjà eu l'occasion de citer, sur ce forum, cette merveilleuse phrase d'Anaïs Nin :

Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous sommes.

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
JMême lorsque nous faisons des tours à nos proches, à ceux que nous aimons, nous reprenons ce masque et tout est biaiséPour reprendre lexemple du peintre, il nest pas rare quun peintre mette toutes ses tripes dans ses toiles générant avec les personnes qui les regardent une communication à un niveau très intime et profond. Pareil pour un auteur de romans, pareil pour un musicien Je vois très rarement cela avec lillusionnisme (même si je suppose quon ne va pas tarder à me donner quelques (rares) contre exemples)

Beau travail d'introspection.Je ne suis pas certain que nombreux sont les magiciens qui soient allés aussi loin dans la prise de recul et la plupart pratiquent "sans se poser des questions". Ton post est un peu intimidant.

Sur le point ci-dessus, je ne partage pas entièrement ton analyse. Je pense qu'un magicien révèle sa personnalité au travers des tours qu'ils présentent. Il y a des milliers de tours de magie et autant de manière de les présenter. Certains magiciens pratiquent avec exubérance, d'autre avec un air des plus sérieux, certains ne pratiquent que la magie pour enfants, d'autre que le mentalisme. La magie n'est qu'un catalysateur de leur personnalité. J'imagine difficilement Max Maven faire de la magie pour enfants, du balooning ou Garcimore présenter un numéro de mentalisme. Cela ne collerait pas vraiment à leur personnalité ( ce n'est pas pour autant que Maven n'aime pas les enfants..).

Le fait que la magie soit une activité presque exclusivement masculine (heureusement il y a quelques dames sur VM pour apporter une touche féminine) en dit long sur notre rapport à cette activité. Certain que cela touche à un désir de toute- puissance, le désir de domination masculine, tout maitriser et tout controler, égaler les dieux... Heureusement, les quelques magiciennes nous apportent une magie un peu plus poétique et moins virile.

Publié le

Sur le point ci-dessus, je ne partage pas entièrement ton analyse. Je pense qu'un magicien révèle sa personnalité au travers des tours qu'ils présentent. Il y a des milliers de tours de magie et autant de manière de les présenter.

Certes, tu n’as pas tord.

La personnalité de l’artiste se révèle, effectivement, dans sa présentation, dans le choix, tout simplement de la magie qu’il opère. Le fait que j’ai choisi le mentalisme (et une forme de mentalisme très particulier) est effectivement en lien étroit avec mon histoire personnelle.

Je reste persuadé néanmoins qu’il y a dans la nature même de l’illusionnisme quelque chose de biaisé dés le départ. Et ce quelque chose de "biaisé dés le départ" explique que le public ait tant de mal à ressentir des émotions en voyant un spectacle de magie. De même que, nous, en tant que magiciens avons tant de mal à faire passer ces émotions.

L’émotion que l’illusionniste réussit, en général, à faire passer très bien est celle du mystère. Pour le reste c’est beaucoup plus difficile…

Nous proclamons à longueur de journée que l’illusionnisme est un art. Mais qu’est ce que l’art ? (ok, je sais que c’est une des questions les plus débattues et les plus discutés qui soit).

Je pense que l’art est un vecteur par lequel la sensibilité de l’artiste (donc son intime) communique avec la propre sensibilité et l’intime de son public. Cette communication passe au-delà des mots et des concepts par un ensemble d’impressions sensorielles.

Or là, ça pêche un peu au niveau de l’illusionnisme… Il doit y avoir pas mal de raisons à ça… une de ces raisons s’appelle, je pense, "pouvoir".

Le fait qu’il y ait chez les illusionnistes moins de femmes que chez les routiers et les pompiers réunis (lol) est un point qui mérite aussi grande réflexion….

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le (modifié)

Voilà ce que j'en retiens pour l'instant personnellement: apprendre à ce concentrer et à executer plusieurs choses à la fois, avoir une confiance en soit, gérer son stress, puis s'adresser à une audience, et a partager aussi. ;)

Modifié par Meven
Publié le

Grâce à VM, j'ai appris que la tolérance, la compréhension humaine et l'art d’accepter les critiques sont de mise dans ce joli monde des plus grands magiciens.

Jack Barlett dit tellement justement :Pour théoriser un peu plus sur cet excellent sujet, il nous faut aussi convenir qu'une même chose peut être observée et jugée de plusieurs façons très différentes. [...] Les divergences philosophiques ou politiques en sont une parfaite illustration. Ainsi, une personne qui ne pense pas comme nous, dans la plupart des cas n'a pas forcement tord, pas plus que nous-même avons forcément raison. Simplement, cette personne ne voit pas le problème de la même façon, de la même manière, à cause de nos philosophies qui sont différentes, à cause aussi de nos intérêts respectifs qui sont opposés, à cause de nos expériences ou vécus qui affectent de façons différentes notre jugement. Pour ainsi dire, chacun a sa vérité, sa propre réalité. S’il fallait résumer la chose d’un point de vue de magicien, je dirais simplement, qu’aussi longtemps que l’on demeure certain des choses, on ne peut vivre qu’à l’intérieur de limites. Ce qui vous en conviendrez, ferme la porte aux champs immenses des possibles. La magie, étant bien de considérer que rien n’est impossible !

Bq de gens, des adultes aux ados devraient faire leur ce passage...

Merci Tanmai de l'avoir ressorti de sa boite.

Tivoli logo.pngMC - Fantaisiste 

from here and here

www.arthurtivoli.fr

 

Publié le

De l'humilité ! Un autre regard sur la vie, sur les gens, sur ce que nous sommes.

Personnellement, j'ai pris conscience de l'importance de certaines choses par rapport à d'autre.

Pour simplifier, avant, j'étais très "boulot", très "réussite" et après seulement le reste du monde. A présent, c'est tout le contraire...

Et ce n'est pas que grâce à l’illusionnisme, mais grâce aux gens qui le font !

Jeannot57

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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