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Bonjour,

Si vous le voulez, travaillons ensemble sur ce sujet :

Quel est l'interêt de passer un plumet jaune dans un tube pour le ressortir rouge ?

Quel est l'interêt de montrer une boîte vide pour la montrer ensuite pleine de fleurs ?

Quel est l'interêt de changer de place avec sa partenaire dans une malle ?

Quel est l'interêt de sortir une carte d'un jeu pour la remettre aussitôt dedans ?

Etc... etc... etc...

La magie me semble n'être souvent (mais toujours heureusement) qu'un jeu de devinettes.

A votre avis COMMENT ce plumet a-t-il pu changer de couleur ? COMMENT ces fleurs ont-elles pu apparaître ?

Etc... etc...

Tous ces effets ne sont pas justifiés par une mise en scène.

Ils n'ont aucune raison d'être en soi.

Il faut créer une SITUATION qui va justifier leur existence.

C'est l'histoire, le scénario.

Qu'en pensez-vous ?

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Un thème assez proche avait été abordé par Trist@n

Néanmoins, il semble intéressant de creuser un peu et de s'interroger sur les raisons de l'absence de fil conducteur dans les spectacles de magie.

Le premier point semble se résumr à ceci : la plupart des magiciens, en concevant un spectacle, font la liste des effets qu'ils désirent présenter, puis essaient de les enchainer plus ou moins "logiquement". C'est évidemment plus facile que de créer une histoire et d'y intégrer ensuite des effets magiques. Ce n'est pas moi qui leur donnerai tort : je ne suis pas pro, et je serais surement le premier à utiliser cette méthode si je devais monter un spectacle.

Néanmoins, il en est de la magie comme du cinéma : certains films reposent sur le scénario, d'autres sur les effets spéciaux. Chacune des deux catégories a ses aficionados, mais un film comme Matrix les met tous d'accord (scénario irréprochable, esthétique soignée...)

Deuxième entrave à la conception d'un histoire cohérente : des effets trop similaires risquent d'entrainer une certaine lassitude du public. Or, comment créer un scénario continu en utilisant d'abord un jeu de cartes, puis des foulards, puis des pièces, puis des cartes ESP, etc. ?

Au mieux, on développera une routine "logique" dans un seul domaine (cartes OU pièces OU colombes OU bougies...), comme Ascanio avec "los dias negros" ou Daryl avec sa carte ambitieuse mais, je le répète, comment espérer ne pas lasser en ne présentant qu'un type d'effet ?

La seule situation ou il est vraiment facile de produire un effet magique qui tienne debout, c'est quand on n'effectue qu'un tour : la briéveté de l'intervention du magicien lui permet de trouver une justification à l'effet qu'il présente ("ces cartes blanches sont couvertes d'un film chimique spécial qui permet de les imprimer à volonté en claquant des doigts...")

Dans le cadre de la GI, même en ne présentant qu'un tour, il n'est pas évident de justifier ce que l'on fait (pourquoi diable irait-on couper une femme en deux ou enfoncer des sabres dans la tête de sa partenaire ?). Certain illusionnistes y arrivent pourtant très bien (Copperfield présente la "Scie de la Mort" comme un numéro d'escapologie raté, meurt coupé en deux, ressuscite, se ressoude et se lève de la table...)

Il est vrai que nous gagnerions tous à inclure nos effets dans des ensembles plus cohérents, avec de vraies justifications scénaristiques, pour que les spectateurs ne se demandent plus ni "pourquoi ?" ni "comment ?".

Le tableau n'est pourtant pas si noir : certains artistes savent mettre leur public dans l'ambiance : 5 minutes après le début d'Intimiste de Dominique Duvivier, même les magiciens arrêtent de se poser des questions et se laissent porter... (et je suis sûr qu'il n'est pas le seul : pardon à ceux que j'oublie ou que je ne connais pas !)

Alx

L'important, c'est que ça valide !

Publié le

Je crois que l'on peut parler de "motivation" aussi bien que de situation. Il n'y a pas de plus forte magie que la magie qui possède un sens ou un message... qu'il soit religieux, mystique, éducatif, commercial, etc. Ces messages permettent aux spectateurs de mieux s'identifier à la magie et de ce fait, de faire corps avec elle. Je trouve ces notions fondamentales.

Désolé de citer tout le temps les mêmes exemples, mais quand même: Copperfield est le plus grand magicien du monde car il a su trouver des "messages" universels, qui marchent pour toutes les cultures: voler comme un oiseau, vaincre les distances, les frontières, la mort, s'évader de n'importe où, réconcilier un père et son fils, parler aux esprits, gagner tous les soirs au loto, etc etc. Blaine parle de résurrection, de vaincre la douleur, de lire dans les pensées les plus intimes des gens. Pour employer une expression triviale, cela "parle" autrement plus qu'un bouquet de fleurs en plumes ou de fourguer bobonne dans une boite en strass et d'enfoncer des épées en alu dans ladite boîte.

Rien qu'en réfléchissant un peu à la contextualisation du tour et à sa motivation, l'effet prend un tout autre sens. Regardez la caisse aux "piques" de Yunke... la fille a peur, elle fuit un sadique, et le sadique veut l'empaler, point final. La lecture est autrement plus claire, et la magie autrement plus forte.

Pourquoi déchirer un journal en mille morceaux pour le raccomoder juste après(A fortiori, une carte à jouer....)? Pour prouver qu'en fait vous possédez deux journaux identiques? Vous ne pourriez pas mieux faire. Le plus gros du travail est de se demander non pas "comment" réaliser tel ou tel effet, mais "pourquoi". Quelle impression voulez-vous faire passer? A quels sentiments de chaque personne dans le public voulez-vous faire appel pour véhiculer votre magie?

Michael Weber, parmi tant d'autre, est un expert de ce genre de "mise en contexte": chaque effet a sa raison d'être. Au lieu de réparer une carte à jouer déchirée, il répare un ticket de cinéma, afin que le gamin qui possédait ce ticket déchiré puisse aller voir un nouveau film avec son billet tout neuf. Ca ne mange pas de pain et pourtant l'effet possède une toute autre signification. Pas un hasard si le Weber a travaillé pour Blaine... moi je dis.

Gérard vient d'ouvrir une boîte de Pandore qui nous oblige à reconsidérer chacun de nos gestes, et chacun de nos poncifs de magicien.

Seb.

[ 04 Mars 2003, 13:30: Message édité par : Seb ]

Publié le

D'accord à fond avec vous. Je viens (enfin) de m'acheter la vidéo Séminaire de Tamariz. Au début, on ne comprend pas pourquoi c'est si fascinant. C'est vrai, après tout il n'y a pas d'histoire (ti mélanche). La vidéo comporte très peu de tours, mais c'est une pure merveille, il explique la motivation de chaque mouvement, ce qui amène la magie.

Je pense qu'il faut se demander ce qui amène une ambiance magique.

en d'autres termes, j'ai du boulot...

Roland Barthélemy

Publié le

Tamariz a d'ailleurs réfléchi au problème longuement, et nous distille le fruit de ses réflexions à chaque fois qu'on le laisse s'exprimer (les 5 points magiques, le chemin magique, Sonata sont des ouvrages qui en apprennent plus au lecteur que de simples recueils de tours et son séminaire comporte presque autant de "mise en scène" (changements de rythme, pourquoi mélanger "au-dessus de la tête", pourquoi laisser le jeu sur la table à la fin de la routine...) que d'explications techniques... un pur moment de bonheur !

Alx

L'important, c'est que ça valide !

Publié le

Ô cher Gérard , tu mets le doigt à l'endroit qui fait mal... Le point le plus délicat de la chose. L'endroit , ou le bat blesse alors que le reste du corps sembalait sain.

La justification de l'effet n'est pour moi que le sommet de l'iceberg. En effet comme le dis Alx , il est facile de trouver une justification simple rapide du pourquoi du changement de couleur ou de l'effet. Mais il faut aggrandir le domaine de recherche , prendre de l'altitude , de la distance . Cette justification se tient elle par rapport à la cohérence du numéro.

ce problème ne doit pas apparaitre suivant la manière de construction de la routine ou du spectacle. C'est à dire en commencant par lister et imaginer l'histoire , définition des personnages, messages à faire passer, comment le public doit vou ssentir, quels sentiments doivent être échanger. Et uniquement , et bien après , l'effet en lui même qui en doit qu'un support à l'objectif du numéro . L'effet n'est pas une fin en soi , mais une matérialisation de l'objectif du numéro.

Maintenant cela reste dur à comprendre et à mettre en oeuvre car dans l'apprentissage et le commerce de la magie, on commence par la fin , on vous vends des méthodes de techniques et de tours... mais l'aspect artistique , qui n'est pas "commercial" est que très rarement mis en valeur. ou alors il faut lire ou aller prendre des cours avec les bonnes personnes. Lorsque l'on dit au débutant , commencer par prendre des cours de théatre , à lire magic and showmanship ou gary kurtz , on passe pour des vieux cons , alors qu'il est si simple d'aller acheter le dernier DVD killer ...

Je me trompre peut etre de débat , je ne crois pas qu'ils y en aient bcp mais finalement qu'un seul . .. comment être magicien !!!!!

Bruno

Publié le

Et oui Bruno, la question est bien "comment devenir magicien ?"

En achetant les tours du magasin du coin de la rue et en les presentant tel que dit dans la notice ? ou en travaillant l'effet pour qu'il devienne soi ?

Ensuite ne faut il pas travailler la mise en scène, le mime, le son, l'éclairage etc... afin de presenter un beau numéro. Ne faut il pas écrire un scénario pour que le numéro soit monté comme une intrigue ? Ne faut il pas ensuite inclure les effets magiques dans l'histoire ?

Non il ne faut pas faire tout cela, ça prend beaucoup trop de temps... Il faut presenter comme beaucoup des tours les uns après les autres. D'une part le spectacle est modifiable à souhait, d'autre part le public est ravi et decouvre un faiseur de trucs.

En se demerdant bien, on peut peut être monter un spectacle en 2 jours si on a le budget pour. On suit les routines fournies et hop voilà le magicien...

Jean Philippe Loupi sur son site donne des conseils. Duraty dans son livre Magie pour rire (1 et 2) en donne aussi. Il existe quelques livres également comme magie et mise en scène par exemple. Surtout ne les lisez pas...

C'est trop chiant de lire...

Continuez de travailler comme vous les faites si bien et ne reflechissez pas trop, ca fait mal de reflechir.

Ceci n'engage que moi

Publié le

Hello à tous

je suis bien sur d'acc avec vous et en particulier avec seb, il n'en demeure pas moins que Magic seb devrait refaire son site car si il veut vehiculer une image differente du magicien habituel (ce en quoi il a raison), en regardant son site on ne peut que dire whaou c'est super kitch....

Ce que je veux dire c'est qu'en effet la magie doit etre un pretexte pour faire passer un message, mais son image sur le web ou ailleurs est tout au temps (et la y a pas de faute vu que c'est comme ça que ça s'ecrit et non pas: au tant)importante....

Donc faire des spectacles qui tiennent la route : bravo, mais communiquer sans rester dans les clichés (voir la page d'accueil) c'est encore mieux.

Je t'en prie le prend pas mal Magic seb, je dis ça simplement pour que tu avances dans le chemin que tu t'es tracé.

Maintenant mon site web et pas genial c'est vrai, mais je ne communique pas avec c'est un site sur ma passion (les ballons en allumette...nan je delire la).

Donc pour encore apprendre plein de choses sur les motivations et autres scenarii en magie je vous conseille vivement si vous etes sur Paris ou ailleurs dans le monde (si,si) de venir voir Roberto Giobbi en conference le mardi 11 mars au musé de la magie . C'est une conference organisée par le CMP de Carbonier et Fred

voila

bises gonflées

Arthur

[ 05 Mars 2003, 09:17: Message édité par : Tivoli ]

Tivoli logo.pngMC - Fantaisiste 

from here and here

www.arthurtivoli.fr

 

Publié le

Tout comme il existe un comique de situation, nous nous devons de pratiquer une magie de situation.

Le comique de situation : un individu est assis à un bar. Il a une tasse de café en main gauche. S’il renverse sa tasse, ça peut être drôle mais sans plus. Si un autre client lui demande l’heure et qu’il renverse sa tasse pour regarder sa montre. Là on a un gag (mis en situation).

La magie de situation : mettons maintenant un peu de poudre gélifiante auparavant dans la tasse et étudions la même situation.

Cette fois-ci quand le client regardera sa montre, rien ne tombera. Le client donnera tout simplement l’heure à l’autre. Ici, le gag est décalé et la magie ajoute un élément de plus à cette situation. Et là, je crois, que la magie prend toute sa place.

Quand David STONE répare sa cigarette, c’est uniquement, parce que maladroitement il l’a cassé auparavant. L’effet magique est justifié.

Bruno, j’aime bien l’idée de l’iceberg. Le public doit voir, en priorité, le pourquoi de l’effet magique (sa raison d’être). Le comment est secondaire (mais attention, secondaire ne veut pas dire que la technique ne doit pas être excellente).

L’achat du dernier DVD Killer (dixit Bruno) est tout de même important afin d’avoir dans sa base de données des techniques ou des astuces supplémentaires dans laquelle on va pouvoir piocher.

Mais pour que cet iceberg existe, il faut s’appuyer sur la base de l’iceberg. C’est le point de départ de tout effet magique.

L’exemple du ticket déchiré de Michael WEBER, que nous rappelle SEB, est superbe.

J’adore quand SEB écrit que le fait de restaurer un journal déchiré ne sert qu’à prouver qu’il y a un deuxième journal caché quelque part. Même si la technique est excellente (et il faut qu’elle le soit) l’effet ne sera si fort que si il est justifié. Le mot « motivé » qu’emploie SEB me convient également très bien.

Plus l’effet sera justifié, plus la technique sera facile à mettre en œuvre.

Rappelez-vous ce sketch de David COPPERFIELD ou il fait disparaître sa partenaire (une vieille gouvernante qu’il l’oblige à faire ses devoirs (David joue dans ce sketch son propre rôle d’enfant). Ici, nul besoin de boîte avec des angles et des recherches de couleur pour faire paraître la boîte plus mince. Ici le matelas sur lequel va disparaître la gouvernante doit bien, faire 30 cm d’épaisseur et le public s’en fou.

La présence du matelas est pleinement justifiée (la chambre de David) et son utilisation aussi (la gouvernante se réfugie sur le lit car elle a peur de la souris que vient de faire apparaître David). Voilà de la magie comme je l’aime. De la magie théâtralisée.

La magie ne devrait être qu’un outil au service du comédien. Mais quel outil !

J’aime assez comparer la magie à l’opérette (aujourd’hui on dit comédie musicale). L’outil est bien entendu différent (la magie ou la chanson) mais la finalité est la même.

Personnellement, j’ai compris cela en voyant un spectacle d’Henri DES. Une succession de sketchs (ses chansons) s’adressant aux enfants.

Merci a toi MAGIC SEB, je sais que tu as compris.

Poursuivons si vous le voulez bien cette discussion…

Publié le

Bonjour,

Je ne peux - évidemment - qu'être d'accord avec ce qui est en train de se dire ici... Pour reprendre une réflexion précédente, il me semble qu'à chaque effet que nous présentons il nous faut nous poser la question : pourquoi (voire même : "pour quoi") est-ce que je fais ça ?...

Pour revenir sur le journal déchiré, j'aime bien une présentation de Paul Daniels : il raconte une histoire au sujet d'une petite annonce qu'il a découpée dans le journal et il sort un morceau de journal : "Ah non, ce n'est pas celle-ci...". Puis il cherche dans un autre poche, en sort un autre morceau de journal : "Ah non... toujours pas.... Puis il recommence plusieurs fois, et lorsqu'il a plein de petits morceaux de journal en main il termine par : "Bon... Ce sera plus facile comme ça !...", et POUF le journal se reconstitue, ce qui lui permet de retrouver son annonce et de terminer son histoire...

Ainsi, le but ici n'était pas de "reconstruire" le journal, mais de terminer son histoire, l'effet magique n'étant qu'un moyen d'y parvenir et pas une fin en soi...

Mais bon... Je suis sûr qu'on pense tous la même chose à ce sujet... Le problème est plutôt : comment faire pour mettre tout ça en application ?... Une partie de la réponse est à mon avis : travaillons à plusieurs !... C'est à mon avis la clé d'un spectacle réussi... Entourons-nous de différentes personnes, de diférentes sensibilités, et travaillons à plusieurs sur chaque numéro... Nos spectacles n'en seront que de meilleure qualité, et c'est en plus l'occasion de passer de très agréable moments et de bien rigoler !...

Très cordialement,

---

Frantz

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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