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Ca y est en temps de crise la jalousie domine à l'unicité.

J'ai toujours défendu le statut d'IS en affirmant qu'il doit être modifié sur bien des points (audiovisuel public, plafonnement,...). Mais là c'est un vrai torchon que j'ai lu sur le point.

Et j'ADORE la réponse apportée par cet IS :

Ce matin, comme tout bon intermittent gâté pourri qui se respecte, je me suis levé tard, je me suis fait un café et, conscient de ma vie facile, j’ai décidé de me la

couler douce en glandant sur facebook.

Et là, oh surprise, je tombe sur le titre de votre journal. Nous sommes dimanche, on vient de passer à l’heure d’hiver, il pleut, ça sent la journée « Drucker » à plein nez alors oui, c’est bon de rire parfois.

Alors comme ça, pendant que la France trime et croule sous les impôts, l’intermittent du spectacle lui, se la joue tranquille et se la coule douce ? Si vous le dites, c’est que cela est sûrement vrai, je ne doute pas de vos qualités d’investigation à l’heure où vous avez ébauché cette couverture. Vous êtes journalistes, un métier noble, respecté, intègre, sans régime spécial, abattements professionnels intouchables et autres. Vous êtes la France qui travaille, qui informe, qui guide... Vous êtes à des milliers de kilomètres de la réalité du monde qui vous entoure et que vous ne croisez plus depuis longtemps dans les salons de vos rédactions.

Je suis intermittent du spectacle, oui, mais ce n’est pas mon métier, c’est un statut. Mon métier ? Technicien du cinéma, plus précisément assistant réalisateur chargé de la figuration. Je fais, je travaille dans le cinéma, cette activité qui occupe encore quelques pages dans votre hebdomadaire et dont certains de vos collègues se targuent de connaître, de comprendre et de juger en pages culture. Je suis en charge de recruter les figurants, les acteurs de compléments, ceux qu’on ne voit pas, ceux qu’on ne connaît pas, ceux qui viennent pour une journée de tournage, parfois deux, salariés en cdd pour des salaires qui ne dépassent pas vos notes de frais. Ceux sans qui une séquence de foule n’existerait pas, ceux sans qui la vie et l’ambiance du film serait bien démunies en leur absence. Ce sont donc des « acteurs de compléments », des hommes, des femmes anonymes qui cumulent 43 cachets en 10 mois et demi pour vivre de leur métier, à raison d’une brève apparition par film en attendant un rôle, une pièce de théâtre où ils ne seront pas rémunérés durant les mois de répétitions précédant les représentations. Ca n’a rien de pathétique, rien de glorieux, c’est leur métier avant d’être un statut.

J’emploie en moyenne 300 personnes par film, je reçois en moyenne 2000 candidatures. Je crée des foules, des « chorégraphies » de passants qui passent, je place, habille des gens comme un enfant déballe sa boite de playmobils. Avec envie, avec plaisir. Souvent je trouve le figurant idoine, parfois je sauve juste le statut d’un comédien en manque de travail. Ca n’a rien de confortable, rien de pathétique, rien de glorieux. Le seul point commun qui nous anime eux et moi est l’envie de faire le métier, ce métier, toujours, tout le temps, le plus souvent possible.

Je ne connais pas d’assistant réalisateur, d’assistant caméra, d’ingénieur du son ou autres professionnels de la profession, qui ont choisi ce métier par confort du statut, je ne connais que des techniciens, artistes qui, tout jeune, ont choisi par passion ce mode de vie, sans connaître pour la plupart, les tenants et les aboutissants des calculs unedics à leur encontre. Non messieurs, mesdames les journalistes, au même titre que le journalisme, on n’entre pas dans ce métier par hasard, par intérêt, on y entre uniquement par envie, par passion, quitte à tirer un trait sur une vie classique, facile, rangée, confortable. Mais on l’assume, on ne revendique rien, on ne se plaint pas, on aspire juste à un peu plus d’objectivité de votre part.

Oui, nous bénéficions d’un statut spécifique qui peut choquer en ces temps de crise, mais ce n’est pas nouveau, c’est le prix à payer pour qu’un semblant de culture subsiste aujourd’hui. Connaissez vous un autre moyen pour qu’une exception culturelle survive aujourd’hui ? Pour que certains réalisateurs, metteurs en scène continuent de créer des films, des spectacles, dans cet océan de médiocrité culturelle qui nous submerge aujourd’hui ?

De tout temps, la culture a eu besoin des élites et des états pour vivre. Le ménestrel mangeait grâce à la générosité du seigneur du château, qu’en serait il aujourd’hui des pièces de Molière sans l’aide de Louis XIV ? Un Michael Haneke existerait-il aujourd’hui sans subventions et sans des techniciens confirmés ?

Alors vous pouvez titrer sur les gabegies de l’état, sur les facilités des intermittents, oui vous pouvez, vous avez la chance de pouvoir profiter d’une liberté d’expression que vous ne cessez de revendiquer au même titre que nous pouvons revendiquer une aide à la création pour que cette dite création continue d’exister chaque jour que Dieu fait.

Au lieu de tirer sur des cibles faciles, d’aborder des sujets qui divisent les gens au lieu de les amener à se rencontrer, à se comprendre, posons nous ensemble la question que personne n’ose aborder aujourd’hui :

« Qu’est ce que la culture aujourd’hui ? Quelle est sa place dans notre société ? L’importance que nous lui accordons et le soutien que nous lui apportons ? »

Offusquez vous des facilités accordées à moins de 100 000 artistes et techniciens en France à condition de soulever cette hérésie, cette supercherie de notre société moderne qui se plaint de l’augmentation de l’essence, mais qui patiente en foule des heures durant devant des magasins, pour posséder des smart phone à plus de 600 euros ou le dernier jeu vidéo à la futilité indispensable. Qui crache sur des artistes intermittents mais qui s’extasie devant une miss météo ou une bimbo de bas étage enfermée dans un loft en prime time. Aujourd’hui un film de cinéma est vu par 100 000 spectateurs, soit 100 foins moins qu’une vidéo sur Youtube, d’un mannequin qui flatule dans un jacuzzi.

Oui, la culture mérite le soutien de la société, mais à vous lire et à voir ce qui nous entoure, la société mérite-t-elle encore qu’on la cultive et en a-t-elle encore envie?

Ce matin, comme tout bon intermittent qui se respecte, je me suis levé tard… Pour la première fois depuis deux mois. Je viens de finir un tournage auquel je suis heureux et fier d’avoir participé, un film avec peu de subvention où chacun a fait l’effort financier pour que ce film existe.

Je me suis fait un café et je suis tombé sur la première page de votre journal. Je suis déçu de voir que des hommes de lettres et d’écrit puissent tirer à boulets rouges sur une catégorie qui pourtant au départ, n’est pas loin de leur ressembler. J’ai lu votre couverture… Je lirais l’article au hasard d’une salle d’attente de médecin ou dans le hall de la CAF et du Pole emploi. Là où finissent fatalement vos œuvres.

Demain matin, lundi, je vais tenter de joindre mon pôle emploi pour renouveler mon statut. L’hiver approche ainsi que ma taxe d’habitation, je ne bénéficie pas d’allocation de rentrée scolaire pour mon fils et je compte bien lui apprendre à lire, à discerner l’écrit, les lettres, de la diatribe poujadiste. Plus tard, il aura un vrai métier à l’avenir assuré : Journaliste au Point ou footballeur, qu’en pensez vous ?

L’intermittent est plus fourmi que cigale par les temps qui courent.

Jacques-Emmanuel Astor

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Modifié par william scott

auteur, compositeur, interprète de rêves...

www.sebastienparis.com

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Publié le

Merci ;)

« La préservation de la vérité objective et de la capacité de chaque individu à former des jugements objectivement vrais est la condition première et absolument nécessaire d’une vie libre » (James Conant, in Orwell ou le pouvoir de la vérité, p. VIII).

Publié le

Et voici ma reponse au redacteur en chef du Point

Monsieur le Redacteur en Chef ,

Je suis abasourdi par votre magazine , devrai-je dire TORCHON , la France des enfants gatés .

Je suis intermittent , et ce que vous ecrivez c'est totalement meconnaitre notre statut , en ce qui nous concerne c'est de la pure diffamation , des ragots de journalistes peu scrupuleux mais je suis sur que vous n'en n'avez RIEN a FAIRE de ce que je vous ecris .

Venez passer quelques semaines en notre compagnie et vous serez etonné de ce qu'est réellement notre METIER d'artiste , je pense que peux de journalistes accepteraient de le faire .

J'espère que dans ce...... vous n'avez pas oublié de parler justement des PRIVILEGES de VOTRE profession ce qui serait un comble , mais rassurez-vous nous ne vous denoncerons pas , vous pourrez toujours faire cul et chemise avec les deputés et les senateurs pour ne pas denoncer LEURS AVANTAGES honteux comme par exemple les 6000 euros mensuels de frais non declarables, non taxables et non justifiables mais cela est une autre histoire

salutations d'un privilégié d'Intermittent du spectacle

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Un coup ce sont les intermittents qui "morflent", le coup suivant les profs, la fois d'après la Police,...

Le but de ces "journaux" n'est pas d'informer, ils n'ont que faire de vos remarques puisqu'ils se contrefichent des conditions réelles de travail.

L'objectif est de vendre, d'aller dans le sens des clichés, et tant pis si c'est faux, il faut vendre...à tout prix !!

Pour mieux comprendre le réel, il faut parfois passer par l'imaginaire...

Publié le

C'est ce qu'on appelle des marronniers, çà m'étonne que cela vous fasse encore bondir, meme si le sujet de fond vous touche. Y'a des cycles dans la presse, les profs, les intermittents... mais aussi la franc-maçonnerie, les sectes, la vie privé de untel, les secrets de (telle institution, telle personne, tel pays, tel gouvernement... rayez la mention inutile... comme quoi le "SECRET" est vendeur...)...

Mon regard sur les publications Close-Up :

http://closeupcritique.wordpress.com/

Publié le (modifié)

Comme à une époque, il fallait soit parler d'Hitler qui serait en fait vivant quelque part, ou encore des extra-terrestres ou d'Elvis qui ne serait pas mort...

Modifié par tanhouarn

« La préservation de la vérité objective et de la capacité de chaque individu à former des jugements objectivement vrais est la condition première et absolument nécessaire d’une vie libre » (James Conant, in Orwell ou le pouvoir de la vérité, p. VIII).

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    • Je lui dit en aparté et si j'ai une solution immédiate à son problème je lui propose ou je lui décrit. Féliciter une prestation qui est clairement perfectible, il n'y a rien de pire selon moi. Je pars du principe que les compliments flattent mon ego : ça fait du bien, il en faut, mais ça ne me permet jamais de m'améliorer. Seules les critiques, même très dures, même méchantes, me font progresser si elle donnent des éléments clés, à commencer par les choses précises qui ont déplu. Je saurais mettre de côté l'aspect "méchant" car sous le coup de l'émotion certaines personnes peuvent réagir ainsi et je ne vais pas leur en vouloir (et surtout pas leur rentrer dedans). Cela ne m'est jamais arrivé mais je pense que je répondrai quelque chose comme "je suis désolé que vous l'ayez vécu ainsi". Pour être un peu plus précis (donner des exemples) je dirais que si un jour on me disait juste quelque chose du genre "ça cassait rien", je me dirais que j'ai fait un déçu mais je ne saurai pas pourquoi. Si j'entendais "son numéro avec la corde, ça ne cassait rien", je saurais au moins un point qui n'a pas plus et je me demanderai ce qui ne va pas, sans doutes des longueurs, des effets pas assez visibles ou autre, bref il y aurait une petite interrogation sur un point du spectacle. Le vrai problème pour moi par rapport aux critiques, c'est que presque aucun spectateur ne se permettra en fait ce genre de remarques, pas directement en tout cas. Je pense être assez ouvert à la critique pour les entendre directement sans chercher à me justifier auprès de ces personnes mais même en leur disant avant le spectacle qu'à la fin je les invité à écrire tout point, même minime qui leur a déplu, un truc qu'ils ont vu ou compris trop facilement, etc... ils n'oseront pas. Je pense qu'il est plus malin et plus intéressant d'écouter discrètement les discussions des spectateurs après un spectacle. Entre eux, les spectateurs sont un peu plus francs. Mais même là, dans un groupe, lorsqu'un spectateur lance un compliment sur un truc qui l'a marqué, les autres vont souvent réagir avec des remarques du même tonneau. En gros, c'est la remarque de celui qui lance la conversation qui est la plus importante. Lorsqu'un spectateur lance une discussion sur le fonctionnement d'un tour, c'est très intéressant de savoir à quoi lui puis les autres ont pensé. Ça veut aussi dire que ça l'a marqué. Entre magiciens, dans les réunions de club par exemple, c'est autre chose. On se critique plus facilement et c'est une chose saine. Mais il ne faut pas le faire durant les démonstrations comme certains font. Il ne faut pas casser le rythme de celui qui présente une routine ou un numéro. Après, il y a ceux qui se disent ouverts à la critique et qui cherchent toujours justifier chaque erreur. Si on cherche à justifier pourquoi on a flashé, c'est qu'on ne se remet pas en question, qu'on est pas assez ouvert à la critique. Souvent, on sait pourquoi on a choisi de faire tel mouvement plutôt qu'un autre ou de se tourner légèrement de côté ou qu'il y a un blanc à tel endroit parce qu'on a pas prévu quoi faire en allant chercher le spectateur,etc...mais il ne faut pas chercher à se justifier ou alors garder ces justificatifs pour soi. Si ça a flashé, c'est qu'il y a eu une erreur de nôtre part, forcément et aucune justification ne la fera disparaitre. Il faut écouter pour essayer de cibler l'endroit précis où ça a flashé déjà et après trouvé une solution, souvent pas immédiatement mais ce n' est pas grave. L'essentiel est de savoir à quel instant il faut faire attention à l'avenir, c'est la seule info importante. Il y a aussi ceux qui, pensant aider, préfèrent présenter ce qu'ils viennent de voir autrement. Ces derniers veulent parfois plus montrer la version qu'ils préfèrent présenter que corriger / apporter une solution au problème constaté mais ce n' est pas grave car cela fournit des pistes de développement de la routine pour tous.          
    • Attention quand même, Michel est très sympathique et visiblement très - voire trop - compétent; je l'ai appelé un jour pour lui poser une question à laquelle il a répondu très gentiment. Toutefois lorsque j'ai raccroché, j'étais en plein milieu du rond-point à 500 m de chez moi, en pyjama et en me demandant ce que je pouvais bien faire là...😜. 
    • J'aime beaucoup le fait que Marchand de Trucs perpétue ce type d'effets, et de possibilités pour les magiciens.  Cette fois-ci, ce n'est pas pour moi (l'effet ne va pas du tout avec mon style), mais je trouve le fait que ça soit encore produit très positif.  Je souhaite beaucoup de succès à ce produit. 
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