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Publié le (modifié)
il y a 47 minutes, Patrick FROMENT a dit :

J'ai trouvé une définition pas mal du scientisme récemment. Elle résonne bien je trouve avec certains messages postés ici ces derniers jours :

Scientisme : Appellation, souvent donner pour la critiquer, à une attitude philosophique positiviste et matérialiste très répandue qui pense que la connaissance scientifique est seule pertinente, qu’elle peut rendre compte de toute la réalité et répondre potentiellement à toutes les questions que se pose l’homme à la place de la philosophie devenue inutile.

Merci pour cette définition. Je ne m'y reconnais pas, ouf !

Pour ce qui est de la philosophie, je serai dans les derniers à prétendre qu'elle est inutile, est-il besoin de le préciser ? Je dis juste que certaines des questions qu'elle posait s'appuyaient sur des connaissances qui aujourd'hui ont redoutablement évolué ou radicalement changé, et du coup il faut questionner la pertinence des questions d'alors au regard des connaissances d'aujourd'hui. C'est tout. 

Modifié par Christian GIRARD
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Publié le
il y a 19 minutes, Patrick FROMENT a dit :

Il y a un accord intersubjectif entre toi et moi pour dire que l'univers existe (passons sur "objectivement" pour ne pas réactiver un débat métaphysique et epistémique, tu veux une réponse "non alambiquée" ).

Trop tard, c'est raté ! 😂

Publié le
il y a 10 minutes, Patrick FROMENT a dit :

Sauf que... Pour toi "objectif" c'est ce qui existe independamment de l'esprit (ou des esprits) qui le perçoivent ! 

Pas vraiment non. 

Mais tout le monde constate à quel point tu sembles dans l'impossibilité de dire qu'il n'existe pas d'usine de Coca-Cola sur Jupiter. C'est quand même dingue ! 

Publié le
il y a 8 minutes, Christian GIRARD a dit :

 

La modification était peut-être mineure, on ne sait pas. Il te faut comprendre que c'est difficile pour nous d'être objectifs si l'on n'a plus accès au contenu initial. 

De mémoire : J'ai modifié le titre de ce fil (à une époque où VM l'autorisait) de "les signes de la réalité de l'existence" en "les signes de l'existence de la réalité" pour le faire coller avec le nom d'un autre fil fameux "les signes de l'existence de Dieu". Eh oui, pour moi, ça a du sens de mettre en parallèle les deux questions (ça aussi c'était present dans mon premier message ici). 

Du coup j'ai aussi modifié le premier message de ce fil (de manière mineure et, encore une fois, à une époque où VM l'autorisait) pour faire coïncider les termes. 

J'ajoute que ce changement de nom du fil qui consistait à inverser les mots "réalité" et "existence" avait suscité à l'époque des considerations intéressantes sur l'aspect problématique de ces deux mots. 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le
il y a une heure, Christian GIRARD a dit :

Mais tout le monde constate à quel point tu sembles dans l'impossibilité de dire qu'il n'existe pas d'usine de Coca-Cola sur Jupiter. C'est quand même dingue ! 

‌Je crois que je ne me suis jamais défilé à aucune question ici même quand j'y avais déjà répondu dix fois.

Ce que tu essaies de faire, en bon représentant de la logique du tiers exclu (hey ! ça va ! C'est pas une insulte hein "représentant de la logique du tiers exclu" ! 🙂) c'est d'opposer l'argument de la théière de Russel à l'existentialisme de Kierkegaard dont une des conséquences est de dire que la vérité est dans la subjectivité.

Je ne peux pas répondre à ça sans faire un nième cours de philosophie comparative. Je n'en ai pas le temps, pas l'envie et je pense que tout le monde en a assez soupé là.

Ce que je peux dire néanmoins : toutes les philosophies ne sont pas compatibles et superposables. Ce n'est pas parce qu'elles semblent se contredire que l'une est vraie et l'autre fausse. Elles  traitent simplement, peut être, de réalités différentes.

La philosophie existentielle (celle de Soeren Kierkegaard) traite d'un ordre de réalité différente de celle de la philosophie analytique (celle de Bertrand Russel).

Russel et Kierkegaard ont tous les deux raisons de leur point de vue.

Par ailleurs, Kierkegaard n'est pas du tout dépassé comme tu l'as suggéré. Il a de dignes successeurs à l'époque moderne (Michel Henry par exemple dont j'ai déjà parlé par ici).
 

 

Il y a 1 heure, Christian GIRARD a dit :

L'Univers n'existe pas sans observateur alors ? Comment se fait-il alors qu'il ait une histoire qui n'a pas dépendu d'observateurs durant très longtemps ?

Cela laisse intacte la thèse du caractère premier de la subjectivité. C'est une subjectivité (ou un accord intersubjectif) qui interprète les signes de l'historicité de l'univers et c'est, dans une subjectivité (ou un accord intersubjectif), que s'élaborent toutes les conceptions et les théories sur l'histoire de l'univers.

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le

Oulala... 

Bon, vous avez tord tous les deux. 

Déjà, oui, il existe bien une usine sur jupiter, mais c'est une usine Pepsi. 

Ensuite, il est objectivement justifiable de construire une usine là-bas :

Non seulement il y a du gaz, mais on en trouve avec de fortes pressions. 

Voila qui explique comment ils font entrer les bulles dans le liquide... 

D'autre part, ce sont les jupiteriens qui ont construit l'usine, dans l'idée de nous conquérir : chaque fois qu'on absorbe du Pepsi, le gaz nous transforment un peu plus en jupiteriens.... 

Et ce n'est pas subjectif, c'est réel, j'ai eut l'info par un lanceur d'alerte de chez Coca-Cola (qui, eux, sont tous des humains...) 

Ensuite :

Bien sûr que la science est une religion 😁

Pas pour la plupart des scientifiques, mais pour le grand public, qui n' y connais rien à la science au delà des articles de vulgarisation. 

Les pro-scientifiques ont foi en la science, et sans rien connaître des mathématiques, ils vous montrerons les applications concrètes qui marchent. 

A noter qu'avant le culte de  "science", on avait une divinité nommée "progrès", qu'on chargeait de résoudre tous nos problèmes. 

Mais "progrès" est combattus par la déesse "écologie", dont la plupart des adorateurs n'ont jamais mis un pied dans une classe enseignant l'écologie, c'est la foi qui les guides...

Mais  "science" est allé trop loin, cherchant à convertir trop vite plus d'adorateurs. 

Certains l'on abandonné quand elle s'est mise à dire que la matière et l'énergie n'étaient pas ce qu'on crois. 

Ces dissidents ont rejoins l'église du "bon sens", qui vante la connaissance divine résidant en chacun de nous, et affirme que l'opinion des gens est plus importante que les fameux 'faits' de la science... 

"Bon sens" a d'ailleurs fait alliance avec ce nouveau dieu : "réseaux sociaux". 

Ce dernier venu est le gagnant actuel de cette guerre des dieux, pour avoir notre foi et nos prières. 

Car même ceux qui s'oppose à ce nouveau dieu le font dans ses temples virtuels, et donc le prient... 

On constate l'activité de ces dieux dans leur lutte pour conquérir la jeunesse, c'est à dire les adorateurs qui dureront le plus longtemps. 

Dans les écoles, les professeurs de "science" ont du mal à faire entrer dans la tête des élèves que "l'opinion personnelle" basée sur le bon sens a moins de valeur que l'opinion de ceux ayant sérieusement étudié un sujet. 

Cette culture du "tous les avis se valent" est la base du culte de "réseau sociaux". 

Bon, ce dieu met en place des grands prêtres, les influenceurs (il faut bien dire aux gens ce qu'ils doivent penser...) , mais il les choisi parmi la masse des adorateurs, pour leur foi, et non pour leurs compétence. e

Jne vous en dirais pas beaucoup plus, être dans le secret des dieux n'est pas toujours confortable croyez moi... 

Oui, croyez moi, ayez foi en moi... 

Gilbus

  • J'aime 1

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
il y a 27 minutes, Gilbus a dit :

Bien sûr que la science est une religion 😁

Pas pour la plupart des scientifiques, mais pour le grand public, qui n' y connais rien à la science au delà des articles de vulgarisation. 

Oui !

Il y a parfois des attitudes religieuses par rapport à la science (y compris sur ce forum).

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le

... Faire de la science une religion était d'ailleurs le projet de l'Église positiviste.

Si tout cela est un peu daté, il y a encore bien des attitudes qui consistent à assimiler la science à un absolu ou à la vérité (alors même que la science n'est pas la vérité, elle est une méthode pour prétendre à la vérité (vérité qui ne cesse de se dérober à notre entendement)).

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

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Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
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