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Du secret entre magiciens

A une très récente réunion de magiciens à paris ( non, pas de noms !!! ), l’un d’eux, très doué, nous a présenté un tour qui visiblement a fait forte impression…

Il a dit que c’était l’un des secrets les mieux gardés de la magie, qui lui servait à bluffer les « grands » leurs des congrès et autres rencontres internationale…et ne donna pas plus d’explications.

Il eut l’air stupéfait quand je lui dit en riant que je connaissais très bien ce tour, quoique ne le pratiquant pas, car je trouve qu’il a une faiblesse… il a fallu que je lui refasse le tour 2 fois pour qu’il admette possible que quelqu’un comme moi le connaisse…

Et c’est avec un certain sadisme que j’ai enfoncé la lame en lui disant que non seulement beaucoup de gens à rennes étaient au courant, mais qu’en plus, j’avais vu ce tour sur le net bien longtemps avant qu’on me le remontre aux « crazy duids et assimilés »…

Il m’a alors presque supplié de ne pas ébruiter la solution du tour.

Alors que ce tour n’était pas son invention, et que cette réunion n’était composée que de gens ayant visiblement un niveau justifiant de plusieurs années de travail ( le moindre des participants étant assurément bien meilleur que moi )

Je précise que je n’ai pas vu ce tour en tant que tel dans le commerce, argument qui place le débat sur un autre plan.

La question que je voulais vous poser, est celle ci :

Le secret vis a vis des moldus ( non-magiciens ) est normal, et vise à les protéger en préservant leur émerveillement…et l’outil de travail des magiciens [Clin d'oeil]

Le secret d’un inventeur concernant son tour est honorable, car c’est sa propriété.

Mais que penser du secret en générale vis-à-vis des autres magiciens ?

Est-il utile ?

Bénéfique ?

A rennes, quand l’un de nous avait présenté le tour en question, un brainstorming avait abouti presque immédiatement a une amélioration qui enlevait le « point faible » du tour

( Mais je n’ai jamais trouvé le temps de pratiquer l’amélioration, je vous montrerai ça aux prochains piz… heuuu…au prochain. )

Si celui qui nous l’a montré ne l’avait pas expliqué, et avait demandé à ceux qui le connaissait de garder le silence, jamais le tour n’aurait progressé…

Le secret vis-à-vis des autres magiciens, dans le cadre d’un cercle de passionnés qui ont montré patte blanche, fait-il progresser la magie ?

Ces secrets ne sont-ils pas fait pour flatter l’ego du magicien, au dépend de la communauté ?

Existe t’il vraiment une communauté, où juste des individus qui veulent s’épater les un les autres ? ( Là, je provoque un peu [Clin d'oeil] )

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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Publié le

cher Gilbus,

je trouve que ton post pose la vraie question de la formation et de la transmission d'un art et qu'il est à ce titre plus pertinent que provoquant.

Ce problème n'existe pas dans les autres arts. Un jongleur (pour parler de quelque chose que tu connais , je crois [Clin d'oeil] ) peut ne pas expliquer ses figures à quelqu'un qui lui demande comment il fait parcequ'il sait que la personne ne prendra surement pas le temps de travailler et restera sur une seule impression visuelle. Mais si on montre quelques competences en jonglage , je ne connais pas un jongleur qui refusera d'accorder un moment à un autre jongleur pour l'aider à bosser une passe. Même dans la prostitution, les filles s'entraident, les plus expérimentées expliquant aux plus jeunes le secret d'une passe réeussie (pour ne pas se faire casser la tête par un client, par exemple).

Mais certains magiciens ne se prostituent pas, leur art consiste à baiser les autres, unilateralement quels qu'ils soient, encore et toujours. Ces derniers trouveront toujours que la chose qui la plus romantique au monde est un magicien qui meurt en emportant son secret dans la tombe.

Les africains disent: "Un ancêtre qui meurt, c'est une histoire qui meurt"

Ca vaut pour la magie aussi, le reste de ma réponse est dans ma signature.

amicalement,

Publié le

Amusant, ca me rappelle la definition d'une des categories de l'underground que Seb avait donné y'a longtemps sur ce forum. Matte mon super tour, c'est super underground ...

Best Regards

ChoJin

Publié le

On lira avec profit deux essais de M.AMMAR sur ce sujet: "In the Men's Hut", sur les cercles magiques et l'admission des nouveaux venus au sein de ceux-ci, "Super Group" sur la tentative partiellement avortée de groupe de travail lancé par M.AMMAR.

Je peux comprendre en partie les réserves de ce magicien que tu rapporte Gibus: surtout à l'époque d'internet, où la rumeur et le débinage vont bon train. Voir Healed&Sealed plagié, débiné bref dilapidé...et de manière générale voir le débinage systématique auquel donne lieu chaque nouvelle émission de BLAINE-au demeurant magicien moyen.

Le secret est nécessaire à la magie, mais pas suffisant: or malgré le travail théorique de plus en plus intense-du moins de mieux en mieux diffusé-, le secret focalise toujours autant l'attention.

Lire à ce sujet aussi l'article de G.SINGER-dans un style très NELMSIEN-, qui je crois pose les bonnes questions quant à la nécessaire cooptation requise en magie:

http://climagic.free.fr/climagic/article/a002/art040.htm

Le libéralisme marchand quasi-totalitaire que nous subissons de plus en plus, n'épargne nullement la magie, et les "coups" -un tour vendu le prix d'un livre !- se multiplient: voir "MERGE", truc que vous trouverez pourtant dans n'importe quel livre de magie pour enfant, qui par son habillage, marketing (logo, musique à la mode), fait un carton. Et que penser de ces notices dérisoires qui accompagnent tant d'articles de magie ? La magie est difficile: et les marchands nous rebattent les oreilles de ces tours automatiques, à la portée de tous: qui pourait tirer quelque satisfaction que ce soit à pratiquer une discipline si aisée ?!? Ah bien sûr, si seul "être dans le secret"importe...

Si un tour est automatique, le spectateur doit être persuadé qu'il exige au contraire des années de pratique...si un tour exige une manipulation ahurissante, tout doit être "naturel"...

La magie, comme nombre de domaines risque ces temps-ci de connaître un repli-radical on peut le craindre- sur elle-même: la diffusion anarchique qu'elle subit-dont le magicien masqué n'est qu'un des avatars- finit par effectivement devenir périlleuse pour cet art.

[ 22 Décembre 2002, 15:01: Message édité par : Domi ]

Publié le

Certe, domi, le débinage fait rage, et le commerce est roi…

Mais si c’est ta réponse, alors elle entraîne une autre interrogation :

A partir de quand passe t-on de spectateur à magicien.

Car enfin, le débinage, je pensais que c’était pour le public…

Entre magicien, on parle d’échanges constructifs en vue de faire progresser l’art, non ?

Et si un magicien voit que ce qu’on lui explique est hors de sa portée, il ne le présentera pas en public avant d’être prêt, c’est du moins ce que je croyais encore, pauvre innocent que je reste [Clin d'oeil] )

Prenons un exemple, au hasard :

Bébél ( MONSIEUR Bébél ! ) ne semblait pas connaître le tour dont je parlais au début du post.

Si je lui dis comment faire, c’est du débinage ?

Sachant que je suis convaincu qu’il en ferait, s’il décidait de le présenter un jour, une grande œuvre d’art !

Bon, admettons que lui, on puisse lui faire confiance…

Et le camarade qui était assit à coté de moi ?

Je le prie de m’excuser, j’ai déjà oublié son nom, mais pas sa dextérité :

Il réalisait des empalmages impressionnants, des changes très forts, avait visiblement de belles années de travail derrière lui…mais c’est vrai que je ne sais rien de ses prestations « artistiques » en public… il a droit au secret, ou pas ?

Et de toute façon, si je peux reconnaître la quantité de travail fournis, qui suis-je, pour prétendre juger l’art d’un autre !!!!!

Soit on se prend la tête, pour dire ‘machin’ est un magicien, et ‘truc’ est juste un bricoleur à qui il faut cacher notre « savoir secret » ( à dire avec une voix vibrante et ténébreuse si possible.. )

Soit on constate que, bon sang, il a envie d’apprendre, il a bossé, il est bon et peu l’être encore plus… et on partage ce qu’on a, car si ça se trouve, il nous aidera à progresser en nous montrant une meilleure façon de le faire, ou en tout cas ‘la sienne’ !

D’autre part, tu dis que la cannette de kola qui se reconstitue est un tour dilapidé…

D’accord, il l’est peut être ( et encore, 99% du public potentiel français ne l’a jamais vu…et ne le verra jamais si Blaine est le seul à le faire [Clin d'oeil] ) Mais pas par la faute du débinage, uniquement car il est en vente libre !

Tu crois que ceux qui piratent le tour sont moins bons que ceux qui l’achètent ? [Clin d'oeil]

Quand on met un tour sur le marché, on espère gagner de l’argent, et on est sur aussi que des amateurs bourrés le massacreront en fin de banquet pour épater l’assemblée…

Donc si Blaine le met en vente ( si le tour est de lui, c’est son droit ), il accepte que le tour soit acheté par des moldus…et dilapidé…

Mais il me semble qu’il y a déjà eut controverse sur le sujet, restons sur le point précis qui m’intéresse…

A savoir :

Dans un « cercle magique », composé de gens à priori de bon aloi, il faut frimer puis se taire, ou frimer ( quand même ! [Clin d'oeil] ), Puis partager ?

( au fait, je ne connais pas les deux documents de M.AMMAR que tu recommandes, désolé, l’inculture est toujours au rendez-vous… )

Si j’ai demandé à m’inscrire au CMB, par exemple, ce n’est en aucun cas pour leur voler leurs secrets… enfin, si, un secret, et un seul, (et la, je rejoins pleinement le point de vue de domi) :

Celui d’une présentation réussie… le genre de secret qui est le seul qui compte…

Les trucs, il y en aura toujours de nouveau, même moi j’en trouve parfois…

Alors je présente mon tour, sans dire le truc avant…pour préserver la surprise, quand même…

Puis j’explique comment j’ai fait, et je demande comment le faire mieux dans les contraintes de mon truc… car le truc ne sert à rien, si on ne peut le présenter correctement…et qui peut mieux nous conseiller, qu’une assemblée de magiciens habitués à tous les tours de main…( sauf si on a une maman géniale coté magie, n’est ce pas, sophieK [Clin d'oeil] )

Ce n’est pas une attitude logique ?

C’est comme ça que je voyais les cercles magiques, ou les réunions de magiciens en général, mais je débute dans l’underground, je peux me tromper…

Au fait, Art-Gaêl :

Quand j’ai lu, sur climagic, l’explication du dé grossissant de De Kolta, que je croyais vraiment perdue à jamais, et qui était un mythe qui a bercé mon enfance, j’étais à la limite de pleurer de joie ( mais au bureau, il faut éviter [Clin d'oeil] )

La perte d’un secret aussi fort, c’est une tragédie, et un millier de spectacles qui ne verront jamais le jour…

Préservons, en faisant partager à ceux qui veulent vraiment…

Heuuu… c’était une question, bien sur [Clin d'oeil]

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)

Salut les gens, salut le Gang,

Well...

Voilà un thread intéressant...

Du secret entre magiciens... Est ce que cela concerne seulement la "magie pour magiciens" ?

Si oui, alors cela me semble normal : la "magie entre magiciens" est, il me semble, un laboratoire de travail.

Si un effet frappe l'imaginaire et / ou le conscient d'autres magiciens, alors cette cohorte magicienne veut découvrir là où le bât blesse, à savoir l'incompréhension...

Plutôt que de reprendre l'effet et de "brainstormer" autour de cet effet pour pourquoi pas le reconstruire, chercher d'autres pistes, en tous les cas essayer de progresser dans leur réflexion, le réflexe premier est de demander la solution !

Je n'en vois guère l'intérêt... Ni l'un ni l'autre ne se sont apportés...

Si en revanche ce "grand" qui montre ce tour incompréhensible stimule le travail, la recherche d'autres et que ces autres apportent le résultat de leur travail, réflexion et recherches, alors il me semble que la réflexion a avancé pour les uns et pour les autres...

Quant à la magie pour les "moldus"... well pour reprendre la signature de Art-Gaël : "Le secret est important mais l'important n'est pas le secret."

Je m'explique, le véritable secret de cette magie me semble bien plus situé dans l'art de la théatralisation de l'effet que son fonctionnement intime...

Et ce secret là... il ne se divulgue pas, il se vit dans son intimité...

Voilà, juste quelques mots ajoutés sur un sujet profond.

Modifié par Thomas THIEBAUT
Publié le

Et bien Gilbus, je crois que nous disons exactement la même chose: quand devient-on magicien ? qui est à même de le dire ?

Je ne faisais que dresser un constat en ce sens.

Le problème c'est que nombre de magiciens sont prompts à discuter des heures de telle ou telle passe...mais, pour certains, bien moins diserts quand il s'agit de réfléchir au choix d'un mot, d'un geste, de la structure dramatique d'un tour- du "détail" balayé d'un revers de main, quand il représente à mon sens au moins la moitié du travail

Objectivement, je ne suis techniquement certes pas un magicien très habile. Mais construire en revanche la mise en scène des tours, elle, m'enchante; j'y ai développé je crois quelque habilité, et suis effaré bien souvent du côté bâclé de la présentation de magiciens parfois "professionnels", méconnaisssant les bases mêmes de l'art magique.

Alors ? Magicien ou pas ?

Il faudrait développer peut-être dans une nouvelle "réflexion" pour la rubrique du même nom. J'y réfléchis dans la semaine, Gilbus.

Joyeux Noël,

(les essais d'AMMAR cités sont extraits de "La Magie de M.AMMAR")

Publié le

Avant de commencer ou re-commencer sur ce sujet épineux je voudrais préciser qu'on ne pourra jamais trouver une solution sur ce thème qui agréerait l'ensemble des magiciens.

Je vous prête donc le point de vue qui va suivre.

Je crois que donner un secret ou apparenté à la communauté ( si cette communauté est représentative ) est une bonne chose en règle générale.

Je dis bien donner un ou des secrets mais pas tous les secrets qu'on croit posséder.

Ces secrets se donnent avec parcimonie, une espèce de reconnaissance entre magiciens. Une monnaie d'échanges, partage en quelque sorte. Voire une carte de visite qui se transmet depuis que le monde magique est un monde particulier.

Le vrai secret, comme dit Fabrice, est toutefois souvent " ailleurs ".La force du don de soi est parfois proportionnelle à ce chemin particulier. Mais je sens que je m'égare, non?

Voilà pour contribuer un peu.

Au suivant.

A+.

Dominique.

Publié le

Citation:

Débat lancé par Gilbus:

…et qui peut mieux nous conseiller, qu’une assemblée de magiciens habitués à tous les tours de main…( sauf si on a une maman géniale coté magie, n’est ce pas, sophieK
[Clin d'oeil]
)


ben, il y a les chorégraphes, les danseurs, les jongleurs, les mimes, LE PUBLIC, les metteurs en scène ... il y a énormément de personnes qui peuvent aider les magiciens ... Il ne faut pas rester seulement entre nous ...

Ludo.

Publié le

Tu as tout à fait raison, Magicludovic, et je me reproche déjà mon point de vue étriqué…

Mais bon, je résonne trop souvent du point de vue de l’amateur, qui ne monte pas de spectacle particulier et travail seul, mais veut s’améliorer.

Et dans ce cas la, trouver un chorégraphe ou un metteur en scène est tout à fait indiqué aussi, mais délicat.

Je prends aussi conseil auprès d’un public test, mais dans un second temps…il faut savoir faire souffrir la famille…

Mais avant cela, pour ne pas faire de débinage même auprès de ces testeurs, il est bon d’avoir un avis extérieur, donc un avis de magicien à qui on ne crains pas de dire le truc… juste pour vérifier que le truc en question est exécuté correctement, et que ça ne se vois pas…et pour pouvoir se consacrer pleinement au boulot de présentation…

C’était dans cet esprit que je parlais, mais je le répète, tu as bien raison : il faut de l’interdisciplinarité dans un spectacle…

Je suis bien sur d’accord aussi avec fabrice :

Remonter un tour sans en connaître le secret est une bonne gymnastique pour l’esprit…

Mais d’une part, il y a des tours que je ne remonte pas aussi bien que ceux qui les ont inventés, tout simplement parce que je n’ai pas leur talent, d’autre part si l’on repart du secret et qu’on l’améliore, tout le monde en profite aussi…

Donc les deux démarches ne sont pas incompatibles…

Je ne peux qu’être bien entendu d’accord avec Dominique Duvivier, que je remercie de sa réponse, alors qu’il a déjà du entendre ce genre de débat des centaines de fois [sourire]

Bon, quelqu’un se décide à dire une grosse bêtise, qu’on puisse ne pas être d’accord ? Ça deviens trop conviviale, VM [Clin d'oeil]

[sourire][sourire][sourire][sourire]

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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