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Le site de Ben

« Je cherche systématiquement à signer tout ce qui ne l'a pas été. Je crois que l'art est dans l'intention et qu'il suffit de signer. Je signe donc : les trous, les boîtes mystères, les coups de pied, Dieu, les poules, etc. Je vais être très jaloux de Manzoni qui signe la m erde et qui me volera l'idée des sculptures vivantes. »

Quand on dit qu’un site doit être représentatif de l’auteur, une fenêtre ouverte sur son univers... Voici un bon exemple assez délirant, normal, c’est du Ben :

Ben Vautier

Ne ratez pas :

– Centre de télépathie

– Subliminal : Dans la colonne de gauche, cliquez sur « subliminal », fixez les deux points et attendez quelques secondes.

– Les citations des autres.

– Etc.

Christian

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Invité lancelot
Publié le (modifié)

Ah Ben, c'est un phénomène... A mi-chemin du foutage de gu eule et de la mise en abîme du sens. Un pendant au "Ceci n'est pas une pipe" de Magritte, en ce qui concerne les mots... ou un rigolo. Tour à tour présenté dans les plus sérieuses revues artistiques et dans "Fluide Glacial" (où il avait fait les honneurs d'une rubrique de Frémion et avait été cité par d Léandri)... "Avant le nom était la rose", traduction approximative de la dernière ligne (de mémoire) du Nom de la Rose d'Ecco... philosophie que partage en un certain sens Ben (mais à propos des sentiments) tout en vendant une fortune trois mots écrits par lui sur une tasse à café, marketing à donf' ! Un paradoxe, ce Ben, insaisissable. J'aime bien ("j'aime bien", on dirait du "Ben"...).

Quand j'étais à Blois, j'aimais aller voir son "Mur de mots". ça me faisait rire à chaque fois...

Une photo du mur des mots : Quelle histoire !

(vous pouvez voir tout le mur en passant le curseur dessus)

Modifié par lancelot
Publié le

Pour être franc, c’est en pensant à toi et à ce sujet relatif à ton propre site Internet que j’ai posté ce lien. Je savais que tu aimerais…Ben est effectivement un paradoxe, il touche au profond, à l’essentiel, par un superficiel apparent. C’est peut-être ça, un vrai haïku à l’occidentale.

(Il y a des résonnances entre Otto et Ben…)

Invité lancelot
Publié le (modifié)

(Il y a des résonnances entre Otto et Ben…)

J'allais le dire !!!!

(et merci d'avoir pensé à moi. ça te serai arrivé le matin au réveil, j'aurai peut être été un peu choqué, mais là, à propos de Ben, c'est gentil et ... extrêmement flatteur !)

(on va pas tarder de se prendre un message d'Otto style "alors les filles, on vous marie quand ?" :D )

Modifié par lancelot
  • 8 années plus tard...
Publié le (modifié)
Le 23/08/2009 à 00:25, Christian Girard a dit :

Ben : « Je cherche systématiquement à signer tout ce qui ne l'a pas été. Je crois que l'art est dans l'intention et qu'il suffit de signer. Je signe donc : les trous, les boîtes mystères, les coups de pied, Dieu, les poules, etc. Je vais être très jaloux de Manzoni qui signe la m erde et qui me volera l'idée des sculptures vivantes. »

Les fameuses boîtes de Manzoni ont trouvé un nouvel essor sous forme de... reproduction (si je ne m'abuse) ! Réédition 2013  :

Citation

Contenu : 30 gr de « Merde d’artiste », conservé dans le naturel, produit et mis en boîte en mai 1961 (les quelques œuvres originales se trouvent seulement dans les grands musées du monde entier). Nom de l’artiste, imprimé en haut. Multiple fait par la Fondazione Piero Manzoni  tiré à l’occasion de l’anniversaire mai 2013, avec empreintes digitales imprimées. Accompagné d’un essai « a brief history de merde de l’artiste » par Flaminio Gualdoni, Skira Editore.

Pour la modique :crazy: somme de 300 euros (+ 80 € de port), sur eBay.

Une boîte originale doit valoir son pesant de cacahuètes. 

 

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Une oeuvre qui ne figure évidemment pas dans l'Esthétique des fluides : Sang, Sperme, Merde dans la peinture française du XVIIe siècle.

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Citation

La représentation picturale des différents fluides corporels - larmes, sang, lait, ou encore bave, excréments, sperme ou sueur - paraît pouvoir réaliser l'exceptionnelle conjonction de l'objet visé par le projet mimétique et de la matière employée. Ce qui est représenté, l'est avec l'élément même de la représentation et exalte visuellement ce qui en est l'essence : la liquidité, la fluidité, l'écoulement. Une telle conjonction semble devoir écarter non seulement la signifiante des fluides, guère interrogée par l'histoire de l'art, mais jusqu'à l'intermédiaire qui semble nécessaire à la réalisation de la représentation : l'artiste, son pinceau et son art, coupables de réintroduire la forme trop maîtrisée, la ligne excessivement arrêtée, la matière figée. C'est, anecdote célèbre et l'un des mythes constitutifs de la peinture occidentale, l'origine de la fameuse " écume " du chien haletant de Protogenes, ou celle des chevaux d'Apelle ou de Néalcès évoqués par Pline, fluide organique complexe et instable dont l'impossible représentation fut finalement réalisée non par les moyens communs de l'art et l'intentionnalité usuelle de l'artiste mais par le " hasard " et la " fortune " du jet furieux d'une éponge, qui peint et dépeint simultanément, sur la peinture imparfaite : " C'est ainsi que, dans cette peinture, la chance produisit l'effet de la nature. " Ce défi représentatif est à nouveau relevé au XVIIe siècle par trois peintres qui s'illustrèrent alors par leur maîtrise de la peinture religieuse, de la peinture mythologique et du paysage : Philippe de Champaigne, Jacques Blanchard, et Claude Le Lorrain. Dans leurs oeuvres, la représentation des fluides, où s'origine toute une esthétique de la fluidité, de la liquidité, de l'écume, de la plasticité et de nos modernes " flux ", convoque simultanément la spiritualité, la mystique, l'érotique et la politique du Grand Siècle.

Vous avez bien lu. Fallait oser hein 9_9

 

CG, le fossoyeur de messages.

Modifié par Christian Girard
  • J'aime 1
Publié le

 

Ben est tout à la fois drôle, nihiliste et créatif, iconoclaste et paradoxal. Ses pensées écrites sont parfois percutantes comme un haïku ou amusantes comme des brèves de comptoir. 

 

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Ben Vautier, L'Art c'est mon cul, 1967 :

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    • J'ai fait la bouteille à travers la table, version Etienne Pradier, et après un spectateur vient me voir : "super fort la bouteille, par contre j'ai bien vu que la pièce n'est pas passée !". 
    • Dommage que tu ais intitulé ce post "gimmick apparition de carte" car ce que tu cherches est le nom d'un chargeur de cartes et je pense que plus de monde cliqueraient dessus pour essayer d'y répondre si le mot "chargeur" figurait. Pour ma part, je suis désolé, je n'ai jamais vu ce chargeur exactement. Il y a le chargeur en papier de Coco Denoix qui y ressemble. Après il y a les chargeurs de TCC et de Bond Lee, le Universal Holder de Alexander de Cova, le chargeur de Edouard Boulanger, celui de Cardini, de Romaine, de Jeff McBride et les chargeurs faits à partir de trombones géants, de pinces à billets, d'élastiques, de bas de femmes ou de chaussettes. Aucun de cette liste ne correspond exactement à ce que tu décris.
    • Je lui dit en aparté et si j'ai une solution immédiate à son problème je lui propose ou je lui décrit. Féliciter une prestation qui est clairement perfectible, il n'y a rien de pire selon moi. Je pars du principe que les compliments flattent mon ego : ça fait du bien, il en faut, mais ça ne me permet jamais de m'améliorer. Seules les critiques, même très dures, même méchantes, me font progresser si elle donnent des éléments clés, à commencer par les choses précises qui ont déplu. Je saurais mettre de côté l'aspect "méchant" car sous le coup de l'émotion certaines personnes peuvent réagir ainsi et je ne vais pas leur en vouloir (et surtout pas leur rentrer dedans). Cela ne m'est jamais arrivé mais je pense que je répondrai quelque chose comme "je suis désolé que vous l'ayez vécu ainsi". Pour être un peu plus précis (donner des exemples) je dirais que si un jour on me disait juste quelque chose du genre "ça cassait rien", je me dirais que j'ai fait un déçu mais je ne saurai pas pourquoi. Si j'entendais "son numéro avec la corde, ça ne cassait rien", je saurais au moins un point qui n'a pas plus et je me demanderai ce qui ne va pas, sans doutes des longueurs, des effets pas assez visibles ou autre, bref il y aurait une petite interrogation sur un point du spectacle. Le vrai problème pour moi par rapport aux critiques, c'est que presque aucun spectateur ne se permettra en fait ce genre de remarques, pas directement en tout cas. Je pense être assez ouvert à la critique pour les entendre directement sans chercher à me justifier auprès de ces personnes mais même en leur disant avant le spectacle qu'à la fin je les invité à écrire tout point, même minime qui leur a déplu, un truc qu'ils ont vu ou compris trop facilement, etc... ils n'oseront pas. Je pense qu'il est plus malin et plus intéressant d'écouter discrètement les discussions des spectateurs après un spectacle. Entre eux, les spectateurs sont un peu plus francs. Mais même là, dans un groupe, lorsqu'un spectateur lance un compliment sur un truc qui l'a marqué, les autres vont souvent réagir avec des remarques du même tonneau. En gros, c'est la remarque de celui qui lance la conversation qui est la plus importante. Lorsqu'un spectateur lance une discussion sur le fonctionnement d'un tour, c'est très intéressant de savoir à quoi lui puis les autres ont pensé. Ça veut aussi dire que ça l'a marqué. Entre magiciens, dans les réunions de club par exemple, c'est autre chose. On se critique plus facilement et c'est une chose saine. Mais il ne faut pas le faire durant les démonstrations comme certains font. Il ne faut pas casser le rythme de celui qui présente une routine ou un numéro. Après, il y a ceux qui se disent ouverts à la critique et qui cherchent toujours justifier chaque erreur. Si on cherche à justifier pourquoi on a flashé, c'est qu'on ne se remet pas en question, qu'on est pas assez ouvert à la critique. Souvent, on sait pourquoi on a choisi de faire tel mouvement plutôt qu'un autre ou de se tourner légèrement de côté ou qu'il y a un blanc à tel endroit parce qu'on a pas prévu quoi faire en allant chercher le spectateur,etc...mais il ne faut pas chercher à se justifier ou alors garder ces justificatifs pour soi. Si ça a flashé, c'est qu'il y a eu une erreur de nôtre part, forcément et aucune justification ne la fera disparaitre. Il faut écouter pour essayer de cibler l'endroit précis où ça a flashé déjà et après trouvé une solution, souvent pas immédiatement mais ce n' est pas grave. L'essentiel est de savoir à quel instant il faut faire attention à l'avenir, c'est la seule info importante. Il y a aussi ceux qui, pensant aider, préfèrent présenter ce qu'ils viennent de voir autrement. Ces derniers veulent parfois plus montrer la version qu'ils préfèrent présenter que corriger / apporter une solution au problème constaté mais ce n' est pas grave car cela fournit des pistes de développement de la routine pour tous.          
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