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Patrick FROMENT

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À propos de Patrick FROMENT

  • Date de naissance 12/18/1967

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  1. Je réédite ta phrase car elle est typique d'une position réaliste et physicaliste très forte (or il me semble que tu es parfois plus nuancé ). Si je devais répondre à ta phrase en adoptant, à mon tour, une position idéaliste et anti-réaliste un peu extrême (tu sais c'est un rôle que je sais bien endosser ! ) je te répondrais un peu sur le même ton : "Prétendre que l'univers précède la conscience revient à prétendre qu'un rêve existe avant le rêveur". Bon... c'est pas mal niveau rhétorique mais tu vois, finalement, le dialogue de sourds entre un matérialiste et un idéaliste : chacun présuppose ce qu'il est censé démontrer ou prouver.
  2. Par ailleurs... Nouveau petit grain de sel (ou plutôt grain de sable ! ) lorsqu’on aborde la question d’une conception évolutive de la conscience : On peut clairement se demander en quoi le fait d'avoir une conscience subjective serait un avantage évolutif ? La question est très discutée, très controversée et même carrément vertigîeuse... je sais que nous l'avons abordée ici il y a quelques années.
  3. Encore une fois cette analogie entre la vue et la conscience suppose déjà ce qu’elle veut démontrer à savoir que la conscience est un simple instrument de perception d’un monde extérieur. Or c’est précisément ce qui est discuté ici ! La vue est un processus biologique dont on connait parfaitement le mécanisme. En revanche, nous sommes toujours incapables d'expliquer comment le cerveau produit une expérience consciente et, par ailleurs, la conscience est, aussi, ce par quoi l’idée même d’un "objet extérieur" apparaît. On ne peut donc pas simplement la traiter comme un sens parmi d’autres et l'analogie avec la vision trouve ici une sacrée limite. Pour compléter, il faut certainement distinguer deux questions : la conscience humaine telle que nous la connaissons dépend (peut-être ! ) d’un cerveau et donc d’un univers physique. Mais cela ne répond pas forcément à la question plus fondamentale de savoir si une forme de conscience ou d’expérience est une propriété émergente de l’univers ou une composante fondamentale de la réalité. Or, encore une fois, c'est précisément ce qui est discuté ici (depuis presque 15 ans et rassurez-vous, comme la question est totalement métaphysique, nous ne sommes pas près de l'élucider mais, en tout cas, je trouve que nous l'avons, quand même, bien clarifiée depuis toutes ces années ). Et, pour le formuler encore autrement : la conscience est-elle un produit du monde (émergent du cerveau), ou le monde tel que nous le connaissons est-il inséparable de la conscience ?
  4. Lorsqu’on parle du "paradoxe d’antériorité", il convient déjà de préciser ce que veut dire "antériorité" : Les philosophes distinguent deux types d'antériorité : - l'antériorité chronologique : exister avant dans le temps ; - l'antériorité ontologique : être plus fondamental, constituer la condition d'existence d'autre chose (c’est un peu la question que je posais il y a quelques années : qu’est ce qui doit être considéré comme "premier" : la conscience ou le monde physique ?) Le paradoxe venant du fait que chacune des deux positions semble dépendre de ce qu'elle prétend expliquer La vraie question philosophique devient donc : la conscience est-elle un produit tardif de l'Univers ou bien la condition fondamentale à partir de laquelle l'Univers lui-même apparaît ?
  5. C’est notre conscience qui, s’appuyant sur certaines données scientifiques et une certaine interprétation de ces données, decide de faire le constat que l’univers existait avant l’apparition de la conscience... Mais comme on ne sait pas trop, au fond, ce que sont la conscience, le temps, l’espace, la matière... Cela relativise beaucoup les choses !
  6. La matière produit-elle la conscience comme un phénomène émergent ou bien est-ce la conscience qui nous donne le sentiment de vivre dans un monde d’objets et de matière régit par des lois physiques ? Question hautement insoluble qui a pris un tournant un peu médiatique ces derniers temps avec le succès du livre de Loïc Hecht, La simulation : Cette question est aussi explorée en long en large et en travers avec des arguments de haute volée philosophiques et scientifiques dans un récent ouvrage : Neurophilosophie de la Non-Dualité de Kheprias A. Et si la conscience n'était pas un produit du cerveau, mais la condition dans laquelle le monde apparait ? Pendant des siècles le matérialisme a imposé une image simple et puissante : la réalité serait faite de matière, d'objets, de processus physiques, et la conscience ne serait qu'un effet secondaire de l'activité cérébrale. Mais cette vision rencontre aujourd'hui une limite profonde. (...) Le matérialisme ne s’effondre pas parce qu’il serait idéologiquement dépassé, mais parce qu’il ne parvient plus à expliquer ce qu’il présuppose : l’expérience elle-même.
  7. Petit extrait de la page 476 du Grand Manuel de Parapsychologie Scientifique sous la direction de Renaud Evrard : Bon... En gros c’est pas gagné de faire entrer la parapsychologie dans le cadre naturaliste / physicaliste !
  8. Bref... La question reste entière : Y-a-t-il une "extraterritorialité de la conscience" comme on le dit parfois en philosophie de l'esprit ? La dimension subjective, phénoménale et intentionnelle de la conscience n'excède-t-elle pas (définitivement ?) les descriptions purement physiques ou naturalistes ? Le mode d'existence de l'expérience consciente est-il réductible au mode d'existence des objets étudiés par les sciences physiques et les sciences naturelles ?
  9. Il semble que c'est la voie que beaucoup de chercheurs adoptent après des années de recherche sur ce mystère qui est certainement le plus profond de l'existence. Christof Koch (Président du Allen Institute for Brain Science quand même ! un des neuroscientifiques les plus influents au monde) a déclaré à la revue Scientific American : "Je me suis engagé dans cette recherche avec la conviction que la science matérialiste trouverait la réponse. Après 40 ans, je n'en suis plus aussi certain". https://www.echosciences-grenoble.fr/communautes/atout-cerveau/articles/non-la-conscience-n-est-toujours-pas-comprise-mais-qu-est-ce-que-signifie-comprendre-la-conscience
  10. Pour l'instant cet ouvrage existe uniquement en anglais. Il montre, en tout cas, qu'il y a tout un courant de recherche académique sérieux en philosophie, en psychologie, en neurosciences (minoritaire certes) qui défend des positions non matérialistes sur la conscience... voire qui explore l'hypothèse que la conscience serait quelque chose de beaucoup plus fondamental qu'un épiphénomène émergent de l'activité cérébrale.
  11. Effectivement, Flournoy avait montré que les récits extraordinaires d'Hélène Smith pouvaient être compris comme des créations de l'inconscient. Et là et je pense que cette explication clôt le sujet pour un sceptique disons physicaliste et version zététique démystificatrice (Henri Broch, Thomas Durand... (ce genre de sceptique va même éviter de parler d'"inconscient", ce qui va encore plus simplifier et limiter le débat, mais bon.. bref...). Pour un sceptique à tendance psychologisante, explorateur du paranormal (Renaud Evrard, Thomas Rabeyron... Patrick Froment ) l'explication de Théodore Flournoy est un début fascinant. Par exemple : Carl Gustav Jung connaissait très bien les travaux de Flournoy. Jung cite Flournoy à plusieurs reprises dans ses premiers travaux et entretenait une relation intellectuelle avec lui. Flournoy avait montré que les récits extraordinaires d'Hélène Smith pouvaient être compris comme des créations de l'inconscient. Sans entrer dans des élaborations trop psychanalytiques (la psychanalyse est une discipline naissante au moment où Théodore Flournoy développe ses travaux). Plusieurs idées élaborées par Flournoy qui vont marquer Jung : - les personnalités secondaires peuvent être des productions psychiques autonomes - les symboles suivent une logique propre - les productions médiumniques révèlent davantage la structure de la psyché que l'existence d'un monde surnaturel.
  12. " La parapsychologie n’est pas (et ne sera jamais) une discipline scientifique ; elle ne dispense pas un savoir, elle nous confronte à notre ignorance et notre manque à être ; elle nous dit l’extrême labilité de toutes choses et du fait, qui n’est qu’un « montage ». Mais, concurremment, elle énonce à quel point sont incontournables, irréductibles, les productions de notre imaginaire. " René Louis - L’ère des médiums, Enquête sur une croyance : le paranormal
  13. Certaines expériences exceptionnelles qui intéressaient surtout les psychiatres et les psychologues sont effectivement entrées dans le champ de la "science académique" comme tu dis : Les EMI, les hallucinations ou sensations de présence invisible chez des personnes sans trouble psychiatrique et j'en passe. L'interprétation de ces expériences subjectives exceptionnelles reste, évidemment, un sujet de débat académique non tranché. Peut-être que l'interprétation de ces expériences exceptionnelles et la compréhension de la conscience au sens large nous obligera, un jour, à revoir nos cadres conceptuels et repenser radicalement nos concepts de "subjectif" et "objectif", "physique" et "mental", "matière" et "expérience"... L'objectif d'un rationaliste comme Thomas Durand est d'établir la réalité - ou plutôt l'irréalité - objective (et dans un cadre matérialiste / physicaliste !) du paranormal (ce qui est déjà un oxymore, c'est comme si je disais que je cherche à établir le naturel du surnaturel). L'objectif de psychologues œuvrant dans le parapsychologique comme Renaud Evrard est plutôt de comprendre de l'intérieur les expériences subjectives associées au paranormal. Les deux auraient certainement pu collaborer ensemble et tirer profit de leur différence d'approche (cela a été le cas sur un projet concernant les EMI, Renaud Evrard en parle dans son ouvrage "Phénomènes Inexpliqués"). Mais certainement, les différences conceptuelles sont trop énormes entre eux, les métaphysiques respectives trop incompatibles et les egos faisant peut être le reste...
  14. Pour continuer sur le fond du sujet, il me semble qu’il y aura toujours une différence d’approche entre les psychologues s’intéressant au paranormal par rapport aux scientifiques-sceptiques plutôt issus des sciences « dures ». Il y a, en effet, chez beaucoup de psychologues s’intéressant au paranormal, une approche plutôt empathique et non disqualifiante… qui n’exclu pas le scepticisme ! William James et Théodore Flournoy en sont deux très bons exemples historiques. L’approche clinique que Thomas Durand semble beaucoup critiquer et considérer comme une sorte d'alibi à "l'entrisme du paranormal" consiste simplement à : - Accueillir le récit du sujet sans le disqualifier d’emblée - Chercher à comprendre ce que signifie l’expérience pour la personne plutôt que de trancher immédiatement sur sa réalité objective - S’intéresser aux effets de cette expérience sur le fonctionnement psychique de la personne (identité, émotions, relations…) C'est dommage de voir cette approche caricaturée ainsi (avec des images générées par IA ) : Mais bon, encore une fois, les approches et les objectifs des deux parties sont très différents !
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