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Jeudi et vendredi derniers, 6 des 11 magiciens qui représenteront la France à la FISM en Suède étaient réunis à Thouaré (à côté de Nantes) pour deux jours de travail intensif et 3 galas publics.

Deux jours de vrai bonheur dans une ambiance exceptionnelle d'écoute, de dialogue et d'entraide accueillis comme des princes par une municipalité qui a mis les petits plats dans les grands et qui a su communiquer avec tellement de talent que la salle était quasiment pleine Jeudi soir et vendredi après-midi et bourrée à craquer vendredi soir.

Le tout orchestré par Jo Maldera (FFAP) et Mickaël et Bethy Ross.

Eh bien franchement, la France n'a pas à rougir de l'équipe qui va défendre ses couleurs (et on connait également le niveau des 5 qui n'ont pu se libérer).

Etaient sur Scène :

Marc Dossetto (numéro au look futuriste avec colombes, apparition d'un chien, d'un perroquet et de la magnifique Virginie qui a bluffé nombre de magiciens présents... avec quelques améliorations par rapport à ce qui est passé au plus grand cabaret - entre autre au niveau du décors des accessoires pour rendre le numéro plus homogène).

Guilhem Julia avec son numéro d'apparitions de poissons extrêmement bien pensé avec des effets très originaux et très forts. Beaucoup de classe et d'élégance.

Pilou en gavroche, avec toujours la même joie communicative et là encore, quelques améliorations et une gestion plus maitrisée de l'espace. Autres points forts, la justesse du rythme, la précision du timing et les apparitions à répétitions de pommes et journaux.

Mickaël et Bethy Ross (et Adrien et Typhanie) dans un numéro de 4 nouvelles grandes illusions entièrement scénarisé (ça, ça va faire plaisir à certains). De grosses surprises et des innovations ou perfectionnements nombreux... et une histoire qui relie le tout pour une conclusion en clin d'oeil.

Alexandre et son numéro très original autour des bouteilles de Coca Cola. Des effets très personnels, la fraicheur de la jeunesse, des idées nouvelles et un final inédit autour d'un énorme sac à dos.

Mickaël Szanyiel (t'as vu, je crois l'avoir bien écrit) qui interprète avec le talent qu'on lui connait à présent un chanteur d'opéra trahit par son environnement et sa bande son. Très fort impact et jeu de scène remarquable.

Le tout présenté par Jo et Bruno Julien (humoriste imitateur de Thouaré) avec un intermède apprécié de Joël Hennesy.

Gala irréprochable, régie technique remarquable (bravo les Eric) et public qui sortait avec le sourire et qui trainait pour remercier les artistes. Que demande le peuple ?

Et pour ma part au delà des numéros, j'ai découvert des artistes avec une vraie humanité. Je ne veux faire aucun pronostique pour en pas leur porter la poisse mais ils sont tous très grands en dedans et très honnêtes dans leur démarche. Bravo. Et encore merci à la mairie de Thouaré pour avoir accepté de nous suivre dans ce délire.

Modifié par Thierry Schanen
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Le plaisir est partagé Thierry ! :) Ce fût un plaisir de faire ta connaissance et de discuter avec toi, ta philosophie donne à réfléchir... mais je la partage.

J'ai été surpris car il y avait très peu de magiciens de la région nantaise... :confused:

Pour répondre à ton CR, je n'ai pas été aussi emballé que toi sur cette présentation, pour trois raisons (dans l'ordre croissant de ma déception) :

1- Les numéros présentés étaient plutôt bien maîtrisés, mais ils ne correspondaient pas à mes attentes : ceci reste donc très personnel, mais je respecte leur travail et leur souhaite tout ce que l'on peut souhaiter à nos représentants français (un grand bravo tout de même à Pilou et M. Szanyiel).

2- Je n'ai pas du tout apprécié les présentations entre les numéros (trop pompeux, hypocrisie peu dissimulée de la part du maire et du président de la FFAP) : la majorité du public est composée de non-magiciens donc ils se fichent complètement de la FFAP ; l'autre partie, composée essenciellement de magiciens, connait assez bien la FFAP...

3- Bruno JULIEN...

Modifié par Julien DAVID
Publié le

La présentation était effectivement un peu bancale, mais il y a de très bonnes raisons. Le désistement du présentateur prévu à la dernière minute en est pour beaucoup je pense...

Moi il m'ont fait marrer Jo Maldera et Bruno Julien (rien de méchant, attention, dans cette remarque, leurs talents d'improvisation était...surprenante).

Quand à la promotion de la FFAP auprès du public elle est très importante.

D'une pour faire savoir que la magie n'est pas qu'un amusement enfantin mais qu'elle est encadrée réelement au niveau national et régional, et de deux car... Je trouve pas de deux, mais le Un se suffit a lui même...

J'ai beaucoup apprécier Joël Hennesy également, un vrai tour extrement bien construit et absolument indéchifrable pour le public (et pas que pour le public d'ailleur);

Un grand bravo encore a tout le monde et un gros MERDE aux petits francais (en particulier à Alex et Florian)

En espérant qu'il fasse mieux que les footeux, et pas de coup de boule dans les coulisse...Promis?

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    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. C'est tout l'intérêt de l'art contemporain : quand on fait quelque chose de nul, eh bien le public ne peut pas imaginer que l'on a tout simplement raté, non, on a forcement fait exprès de faire quelque chose de nul, et du coup ça devient génial. Voilà, vous êtes artistes. Demandez à un ami milliardaire/ministre de la culture/investisseur de fond de pension de vous acheter les trois quart de l’exposition, très chers. Multipliez le prix de ce qui reste par 1000, ainsi vous aurez votre cote, et votre investisseur pourra revendre avec une plus value intéressante. Bienvenu dans le monde parfait de l’art contemporain.  Dans les prochaines formations, nous parlerons de l’art pictural, de l’utilisation des éclaboussures de peinture, du crayonnage compulsif, des oppositions entre ces méthodes organiques et celles utilisant une règle pour faire des rayures. 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    • Un très grand nom de la magie est parti. Son personnage haut en couleur, très expressif voire parfois démesuré contrastait avec l'homme, très réfléchi, calme et discret. Il a, je pense, donné tout ce qu'il a pu : son énergie lors de ses prestations, ses théories, ses idées, son oeuvre au travers de ses ouvrages, vidéos et conférences et son amitié. Imaginatif et travailleur, il a, en dehors du personnage artistique que nous connaissons, été un organisateur de beaucoup d'évènements. Il a été un rassembleur, un fédérateur discret. Il n'a rien fait de tout cela pour la gloire ou l'argent mais juste parce qu'il en avait envie, parce que sa passion était hors normes et qu'il voulait intensément la transmettre. Il a réussi. Mes amis "d'un certain âge" ont vu, lu et vécu à l'époque de Larry Jennings, Dai VERNON, Arturo De Ascanio, Edward MARLO, Brother John HAMMAN, Fred KAPS, Tony SLYDINI, Albert GOSHMAN, Doug HENNING et j'en oublie beaucoup. Leurs témoignages et ce que j'ai moi-même vu et/ou lu ont alimentés ma passion et mes connaissances de cette époque et de leur héritage (technique, théorique). Ma génération (30-40ans) a fait ses premiers pas en magie avec Bernard BILIS, @Dominique DUVIVIER, David STONE, Juan TAMARIZ, Jean-Pierre VALLARINO, @Gaëtan BLOOM, Sylvain MIROUF, pour ne citer que les plus "proches" géographiquement car nous avons pour la plupart appris au travers de leurs publications et suivi leurs parcours. Je n'étais pas d'accord avec Jean MERLIN sur un point : lorsqu'il disait que les magiciens de son époque n'avaient pas de "successeurs" aujourd'hui à part Tony SLYDINI avec Yann FRISH. La passion et les idées de Juan TAMARIZ n'ont pas disparues. Elles ont été transmises à de nombreux magiciens, Dani DAORTIZ en tête. Il n'a pas le même personnage, a développé ses propres théories mais on peut y voir un "successeur" de Juan TAMARIZ. Il est très bien parti pour devenir un aussi grand homme que lui en tout cas. Ce que je veux dire, c'est que pour chaque domaine de la magie, nous avons perdu des grands noms mais leurs oeuvres et leur passion sont toujours là, sur des pages, sur des vidéos, au travers de témoignages qui se transmettent. C'est dans l'ordre des choses. Je pense que si Juan TAMARIZ organisait tant d'évènements chez lui et ailleurs, ce n'était d'ailleurs pas seulement pour transmettre ses idées et partager de bons moments avec d'autres passionnés mais aussi pour dénicher, inviter et voir devant lui et surtout de son vivant ceux qui reprendraient le flambeau, qui représenteraient la magie de demain. Je pense qu'il est parti avec le sentiment d'avoir réussi, en tout cas je l'espère. Que l'homme et l'artiste reposent en paix, nous ne sommes pas prêt de l'oublier. J'aurais pu participer à ce post en y ajoutant beaucoup de choses mais j'ai préféré rester sur l'essentiel. Comme pour un numéro, le plus dur n'est pas d'ajouter ou de modifier mais de couper. D'autre part, même si c'est dans l'ordre des choses, la page est plus dure à tourner que je ne le pensais. Et pourtant je n'ai pas été un de ses proches.
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