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Publié le (modifié)

Je me suis demandé si ça valait le coup de créer un nouveau sujet pour cela : je viens de découvrir que la pièce que nous avons vu, Le cercle des illusionnistes, existe en livre. Ce dernier est même antérieur à la pièce.

Je viens d'en commander un exemplaire papier sur Amazon (c'était le dernier apparemment) mais je pense que vous pourrez le retrouver ailleurs.

Sur le site de la fnac, il est en téléchargement :

https://www.fnac.com/livre-numerique/a7883047/Michalik-Alexis-Le-Cercle-des-illusionnistes?omnsearchpos=1#FORMAT=ePub

Et j'en profite pour vous demander si l'un d'entre vous se souvient exactement des quelques phrases prononcées par le personnage (et l'acteur) le plus âgé de la pièce (le narrateur qui joue aussi le rôle de l'antiquaire) à plusieurs reprises (et à la fin). La fameuse réplique qui justifie en quelque sorte le titre de la pièce, commençait par une description de la Terre tournant sur elle-même et se terminait par quelque chose du genre "un jour, il faut entrer dans le cercle".

Quelqu'un aurait-il la réplique exacte ?

Je vais sans doute la retrouver dans le livre mais en attendant que je le reçoive...

Et si il existe un enregistrement vidéo (dvd) de la pièce, je suis preneur (si vous trouver un jour le dvd sur un site). A ma connaissance, il n'y en a pas mais je n'ai pas cherché en profondeur.

 

 

Modifié par marc page
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Publié le

« Un foulard rouge est agité devant vos yeux. Il est plongé dans une main. La main s'ouvre, elle est vide. Vos cellules grises se mettent à travailler : où est passé le foulard ? Certains savent, d'autres cherchent, les derniers ne veulent pas savoir.

Tout est une affaire de perception : les aiguilles du temps tournent à la même vitesse pour tout le monde, pourtant, un enfant attend l'été pendant ce qui lui semble être une éternité, alors qu'un vieillard voit passer une année en clignant des yeux.

La terre sur laquelle nous vivons tourne sur elle-même, elle tourne également autour du soleil. Notre système solaire tourne dans notre galaxie, et notre galaxie tourne me de plus belle. Tout tourne, et nous l'admettons tous, pourtant, nous ne le voyons pas. Si nous pouvons admettre que nous tournons, ne pouvons-nous pas admettre que le foulard a disparu ? »

[L’horloger]

Alexis Michalik, Le Cercle des Illusionnistes, Les cygnes, Paris, 2014, p. 4.

 

C'est Michel Derville qui prononce cette tirade à l'ouverture de la pièce.

La première fois que je l'ai entendu, j'ai tout de suite compris que j'allais passer un bon moment : l'auteur avait compris, bien mieux que 99% des illusionnistes, ce qu'est la magie... Et il allait nous le montrer pendant toute la durée du spectacle :)

Le livre que tu as acheté est le texte de la pièce... A lire et relire. Tu y trouveras de nombreux parallèles notamment avec les chapitres de Légendes Urbaines consacrés à la croyance et à la réalité, la suspension d'incrédulité etc.

Chaque illusionniste qui se respecte devrait avoir vu cette pièce au moins une fois dans sa vie. Et ceux qui crient à la "médiocrité des tours présentés, un peu désuets" (Cf. un sujet consacré à la pièce, ailleurs sur ce forum) ne comprendront probablement jamais rien...

Publié le

"Le monde est un grand navire, qui contient trois types de passagers :

Ceux qui veulent savoir,

ceux qui savent déjà,

et ceux qui rêvent." (p. 111)

 

Et à la fin :

"Les aiguilles du temps tournent inexorablement, mais la main de l'homme a un pouvoir illimité.

Fermée, elle peut entrer en rébellion, fédérer, ou frapper.

Ouverte, elle peut caresser, porter ou créer une amitié.

On peut également en sortir un foulard. (Il en sort un foulard rouge)

Le foulard vient d'un autre monde, un univers fantastique dans lequel, l'espace d'un instant, les spectateurs se réfugient en gardant leurs yeux ouverts.

Puis, le foulard retourne dans la main, le magicien souffle dessus, et il disparait"."

(p. 123)

Publié le

Merci Gambit ! Ces citations sont très belles et je suis certain de ne pas regretter d'avoir acheter le livre hier.

Cependant, ce n'est pas encore la citation exacte que cherchais qui commençais avec l'histoire de "tout tourne" et en venait petit-à-petit au cercle et au moment où il faut entrer dans le cercle. Cette citation faisait clairement allusion au titre du livre et de la pièce.

Quant aux tours désuets, pour des acteurs qui ne sont pas, à la base, des illusionnistes, j'ai trouvé cela plutôt honorable. Les gobelets faisaient un peu plastique et il les reposaient en les cognant un peu fort mais la routine était correctement exécutée. Même chose pour la production de foulard à la Marconick suivie de l'apparitions de fleurs, allusion à la production de fleurs de Jean-Eugène ROBERT-HOUDIN qu'il aurait été très difficile de mettre en place (le panier rempli de vrais bouquets chargé de manière ingénieuse mais contraignante...voir les Confidences du prestidigitateur). Cela dit, produire un vrai bouquet de quelques fleurs avec le chargeur moderne qu'ils utilisent et les offrir au public aurait été un détail très appréciable (plus juste historiquement et sans ajouter de réelle difficulté supplémentaires).

Et pour la lévitation en peper ghost, rien à dire. C'était beau, pur. En tant que magicien, j'aurait peut-être préféré y retrouver la lévitation éthéréenne mais là aussi, cette illusion est délicate à présenter de manière rigoureuse historiquement. Je préfère cette Peper Ghost au choix qui aurait consister à opter pour la grande illusion la plus proche actuellement de la lévitation éthéréenne, à savoir la lévitation sur chaises (catalepsie) ou sur balais qui se ressemble à tout sauf à un balais.

Bref, tout ça pour dire que même niveau magie, cette pièce tenait la route.

Le trailer promotionnel ne rend pas hommage à la pièce je trouve. C'est vraiment, comme tout spectacle, comme le numéro de Yann Frisch, quelque chose à voir en vrai, à vivre. Cela perd beaucoup de sa "saveur" derrière un écran (mais j'aimerais bien quand même avoir cette pièce en dvd, pour réanimer certains souvenirs. A défaut, le livre me contentera).

Publié le

"Tout tourne. Les aiguilles du temps. La planète. La vie. Certains pensent que la vie est un trait.

Mais la vie est un cercle puisque nous tournons tous. La seule question est de savoir quand notre tour arrivera"

Publié le

J'ai reçu le livre en même temps que celui des affiches de l'exposition de Montréal.

Je redécouvre avec plaisir les répliques de cette pièce. Le fait de l'avoir vue avant de la lire est un plus. Dans l'autre sens, je pense qu'on ne profite pas assez de la pièce, obnubilé par la fidélité entre ce que nous avons lu (et imaginé) et ce que nous voyons.

Dans ce sens, nous avons déjà les images et le son et se refaire la pièce dans sa tête en lisant ce livre n'est que plaisir.

59ba96de31651_IMG_20170913_1226371.thumb.jpg.ca5bc628f68ebad728aac39f18863053.jpg59ba97651b66a_IMG_20170913_1227061.thumb.jpg.1ecfb8389b392c82d074f092c6ed7ad2.jpg

En conclusion :

J'ai toujours préféré les livres aux dvds pour apprendre des routines parce qu'ils laissent place plus facilement à l'imagination mais dans le cas des pièces de théâtre ou des films, je préfère voir la pièce ou le film en question puis lire le livre à partir duquel il a été adapté. Il ne peut ainsi pas y avoir de déceptions et au contraire, quelques surprises qui ne figuraient pas dans la pièce ou le film.

Pour la magie, les dvds sont en revanche le support le plus adapté pour tout ce qui est de l'ordre purement "technique" (manipulations, gestuelle, etc...).

Mais là je m'écarte du sujet : Le cercle des illusionnistes.

A priori, la dernière représentation de cette pièce est passée mais si vous avez des infos sur une tournée en province ou si elle sera rejouée sur Paris, faites-moi signe. J'y retournerais bien avec des amis profanes amateurs de théâtre.

Publié le

Je n'ai pas vu la pièce, j'en avais envie mais avec les vacances ca m'est sorti de la tete... et à lire ces quelques citations je regrette vachement, elle avait l'air vraiment magnifique. Je veux bien des infos si jamais elle est rejouée, a défaut je vais acheter le livre je pense.

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    • Pour ceux qui hésitaient encore ou qui veulent avoir un aperçu de l'ambiance et du programme, @Julien LOSA vous a tourné une petite vidéo aux petits oignons. 🍿 Il y détaille de vive voix ce qu'il vous a préparé pour le samedi 26 septembre : les routines, les réflexions, et surtout l'esprit 100 % terrain de cette rencontre chez moi. 👇 Installez-vous confortablement et lancez la vidéo ci-dessous ! Alors, quel effet du programme vous donne le plus envie de venir décortiquer tout ça avec nous ? ⚠️ Pour rappel, le nombre de places chez moi à Paris est très limité pour garder ce format intimiste et pouvoir échanger facilement. Ne tardez pas trop à réserver la vôtre ! 👉 Réserver ma place pour la conférence
    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
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