Aller au contenu

Recommended Posts

Publié le (modifié)

Magie et Probabilités

Désolé pour ce baratin, c'est un sujet auquel j'ai réfléchis aujourd'hui, et j'aimerais beaucoup avoir des avis et des idées d'autres magiciens. Si vous pouviez lire ce qui suit...!

Pourquoi ce sujet ?

En lisant le sujet sur les 24 cartes et la petite voiture, je me suis mis à réfléchir un peu sur la relation entre magie et probabilité.

Le «tour original » avait une probabilité forte de réussir, mais pas égale à 1.

Dans la discussion il était beaucoup question de trouver des stratagèmes pour rendre le tour sur de réussir.

Pour ma part, le fait qu’il ne soit pas sur de réussir faisait tout simplement son charme. Présentant mes tours dans un environnement très scientifique (école d’ingé), beaucoup sont capables de comprendre la plupart des tours « mathématiques ».

Ici le spectateur rationnel va chercher une explication certaine, fonctionnant dans tous les cas, et même si il comprend le principe mathématique derrière ce tour, il ne va pas comprendre le tour en soit, car il va voir qu’il existe des dispositions avec lesquelles ma méthode ne marchait pas et il va tomber sur une impossibilité.

Bref dans le cas présent, c’est un cas un peu complexe, et si le spectateur cherche à comprendre, le tour ressemblera plus à un casse-tête qu’à un tour de magie, et le but de la magie n’aura pas été atteint.

Tout ce que je vais dire par la suite est très réducteur, pleins de paramètres ne sont pas pris en compte, je veux juste transmettre une idée, ne m’en tenez pas rigueur.

Mais je veux aller un peu plus loin. Un des buts de la magie est de réduire toute possibilité à néant aux yeux des spectateurs, par exemple (ce que je dis ne s’applique pas du tout à tous les tours), en réduisant au maximum la probabilité de réussite du tour aux yeux des spectateurs. On pourrait parler de probabilité ressentie.

Donc plus la probabilité ressentie est faible, plus l’effet sera fort.

Un exemple ?

Montrer un jeu avec que des cartes différentes, en choisir une, la donner au spectateur face en bas. Le spectateur pense à une carte, la retourne, c’est la même ! Génial !!!! Oui mais… ce n’est pas possible !!

ah..

Mais si, justement, c’est possible mais c’est peu probable (1 chance sur 52), et c’est direct, donc l’effet est fort.

Oui mais… 1/52 c’est faible… ça ne marchera quasiment jamais..

Oui, justement, c’est là où je veux en venir : Le magicien, lui, de son côté veut augmenter sa probabilité de réussir, normalement au maximum, à 1.

Mais le problème, c’est que pour augmenter sa probabilité de réussir, il va devoir rajouter des actions.

Les actions peuvent être un c*******, un f******, un e********, un ch*** ou même *** ou **** ou *********** ou ********** ou autre subtilités :P!

Ces actions peuvent nuire au côté direct de l’effet, et donc réduire l’impact sur le spectateur.

Il peut aussi augmenter la probabilité perçue par le spectateur, et l’effet devient « moins impossible ».

Par exemple ce n’est plus le spectateur qui tient la carte. Ou alors c’est le magicien qui retourne la carte, ce qui inclue la possibilité d’un ch****..

L’effet va être moins fort.

Bref, là où je veux en venir, c’est que dans certains cas, et même dans la plupart, on arrive à un tour qui marche tout le temps, et qui est impossible aux yeux du spectateur.

Mais dans d’autres cas, je trouve sympa de laisser une probabilité « authentique » au spectateur. La probabilité que ressent le spectateur est la même que la probabilité de réussite du magicien. Dans ce cas il y aura aucun doute pour le spectateur (« il y a avait 4 cartes différentes sur la table, j’en ai choisis une et je l’ai retourné, c’était la bonne. Les autres étaient différentes ») et l’effet sera énorme. Juste impossible et vraiment impossible (« si j’avais choisis la carte d’à côté »). Le spectateur ne se doute pas que la suite du tour aurait pu être différente...

C’est là la force du f****** classique, comment remonter le tour, alors que j’avais toute la liberté de choisir la carte d’à côté bien différente. Bien sûr, si le f****** est « raté », on part sur un autre tour, mais ça, le spectateur ne s’en doute pas !

Je pense donc qu’il vaut souvent le coup de tenter le jackpot d’un truc improbable ! Bien sûr il faut avoir des portes de sortie sur des effets très sympas. Dans le cas de la voiture et des 24 cartes, c’est pas facile à trouver.

Dans le cas des 4 cartes, le ch*** e********. L’effet est un peu moins bon (jouissif, plutôt) si la carte n’est pas choisie directement, mais si la présentation est bonne, on arrive à ne pas baisser la probabilité ressentie par le spectateur.

Dans le cas de mon premier un exemple. Le spectateur retourne la carte, ce n’est pas la sienne. Vous parcourez rapidement le jeu, repérez sa carte, k***** là et dites : « en même temps, j’avais une chance sur 52… enfin non d’ailleurs je ne pouvais pas réussir d’ailleurs, votre carte n’est pas dans le jeu, montrez le jeu » et sortez là de votre poche.

Notons que pour augmenter la probabilité au dessus de 1/52, vous pouvez vous fier aux cartes les plus souvent sélectionnées, ou au caractère de la personne… J’avais trouvé des statistiques sur le forum !

On pourrait introduire la notion d’espérance en quantifiant les différents effet/sorties possibles en fonction et leur probabilité d'être réalisé… Plus l’espérance de l’effet est grande, plus cela vaudra le coup de le tenter ! Enfin, si on s’en sort bien, on aura toujours une espérance positive de toute façon:).

Bref, tout ce baratin pour dire que j’aime beaucoup tenter en magie, tenter l’effet jackpot et rechercher des façons de retomber sur mes pieds si ça échoue.

Du coup si vous avez des idées d’effets de ce genre-là, à probabilité non égale à 1, je serais ravi de les découvrir et d’en discuter avec vous pour ne pas débiner.

Si vous pouviez enrichir le sujet par votre expérience, j’en serais aussi très content. Ou des tours que vous avez vu ( J'avais vu une vidéo où David Stone avait eu beaucoup de chance par exemple).

On dit toujours qu'il faut savoir profiter d'un coup de chance lors d'un tour, mais pourquoi pas le chercher, le provoquer?

Enfin si vous m’avez lu, ce sera déjà une réussite… !

A bientôt !

Modifié par Adri
Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Publié le
Magie et Probabilités

Les actions peuvent être un c*******, un f******, un e********, un ch*** ou même *** ou **** ou *********** ou ********** ou autre subtilités :P!

E*********t j* p***** que ton S***** ** ***** devrait V********t faire d**** ou même T*****.

Publié le

Salut,

Je travaille aussi beaucoup sur la "chance" et les probas dans la magie mais de manière indirecte. Ce qui je trouve est assez amusant, est le fait de travailler "sans filets mais de manière contrôlée". Si un tour a 70% de chance de réussir, il réussira... à chaque fois si et seulement si tu es assez es sûr de toi en le présentant.

Mais l'exemple que tu donnes (je place une carte, tu en penses une et boum c'est la bonne) est trop net.. Je pense que si un jour tu y arrives et bien.. les spectateurs ne réagiront pas comme tu l'imagines.

L'effet est trop "pur" trop "net" et la première chose qu'ils diront se sera "facile tu avais une chance sur 52".

Je ne sais pas si tu vois où je veux en venir mais comme quoi 1 chance sur 52 n'est pas si grand que cela.

Je pense qu'un effet qui donne une apparence "trop impossible" n'est pas bon, il faut laisser quelques possibilités aux spectateurs pour s’égarer eux-mêmes :)

Publié le
Bon résonnement ! Je vais y réfléchir :)

Merci Loan!

Salut,

Je travaille aussi beaucoup sur la "chance" et les probas dans la magie mais de manière indirecte. Ce qui je trouve est assez amusant, est le fait de travailler "sans filets mais de manière contrôlée". Si un tour a 70% de chance de réussir, il réussira... à chaque fois si et seulement si tu es assez es sûr de toi en le présentant.

Mais l'exemple que tu donnes (je place une carte, tu en penses une et boum c'est la bonne) est trop net.. Je pense que si un jour tu y arrives et bien.. les spectateurs ne réagiront pas comme tu l'imagines.

L'effet est trop "pur" trop "net" et la première chose qu'ils diront se sera "facile tu avais une chance sur 52".

Je ne sais pas si tu vois où je veux en venir mais comme quoi 1 chance sur 52 n'est pas si grand que cela.

Je pense qu'un effet qui donne une apparence "trop impossible" n'est pas bon, il faut laisser quelques possibilités aux spectateurs pour s’égarer eux-mêmes :)

Salut Thibault,

Merci beaucoup pour ta réponse.

Concernant mon exemple, ton commentaire est très intéressant, si l’effet est trop pur, ça sonne faux. L’intellect sait que la magie n’existe pas, et ils trouveront une explication rationnelle peut-être et tomberont sur la chance. Peut-être, je ne sais pas trop… mais je pense que tu as raison sur le « trop impossible ». Mais si tu joues le magicien sur de toi avant que l’effet ne soit fait ? Ils se diront peut-être que ce n’était pas de la chance. Peut-être que la présentation peut arranger un peu ça, je ne sais pas.

En tout cas, l’exemple, je l’ai juste inventé comme ça pour illustrer mes propos, c’était très extrême et simple pour essayer d’être clair. Je n’ai jamais fait ça, et je ne sais pas si je le ferais un jour !

Sinon je ne suis pas sûr d’avoir compris ta façon de travailler. Des fois tu ne peux pas toujours influencer les probas par ton comportement non ? Pourquoi ne pas se construire un petit filet, même un peu foireux et troué pour te faire un peu moins mal si tu chutes  ?

Merci pour ta réflexion Adri. Je t'invite à lire le sujet que j'avais posté l'an dernier sur 4 petits miracles cartomagiques suédois: http://www.virtualmagie.com/ubbthreads/ubbthreads.php/topics/476354/1

Merci Friboudi pour ta réponse. Ton sujet est super cool, on rentre dans l’ambiance, on s’y croirait ! Et est une belle illustration du sujet.

Par contre, je ne sais pas à quel point la chance a joué dans tes miracles ! Mais avais-tu des façons de rebondir si ton tour ratait ? Dans certains cas, je ne vois pas trop comment tu aurais pu t’en sortir ! Je trouve intéressant de se construire un petit parachute de fortune ! :P

@ Adri je t'ai laissé un MP ;)

Je regarde ça, merci! :)

Publié le
Sinon je ne suis pas sûr d’avoir compris ta façon de travailler. Des fois tu ne peux pas toujours influencer les probas par ton comportement non ? Pourquoi ne pas se construire un petit filet, même un peu foireux et troué pour te faire un peu moins mal si tu chutes ?

La réponse est dans ce MP ;)

@Friboudi:

Si cela est toujours d'actualité, je serai éventuellement intéressé pour connaître la méthode que tu proposais dans le lien que tu as mis précédemment :)

Thibault

Publié le

On peut se servir de la perception des probabilités de plusieurs façons :

Par exemple, dans le tour de Duvivier « tempête Sous Un Crâne », on a en fait une chance sur 4 de tomber juste, la première révélation étant parfois très « discutable ».

Par contre, on joue sur la certitude de cette chance unique, en multipliant les preuves qu’on avait choisi celle-là.

Cela ne change rien à la probabilité, mais donne une impression de certitude plus importante que ce que c’est réellement (même si la certitude est en fait de 100%, grâce au procédé magique employé.)

J’ai un tour ou je retrouve une carte choisie, et où j’ai deux spectateurs avec moi, pour la procédure.

J’en profite donc pour répéter le tour à l’identique, avec l’autre spectateur, en le justifiant justement par :

« Trouver une carte c’est fort, mais après tout, il n’y a qu’une chance sur 52… c’est fort, mais c’est possible… c’est pourquoi on va le refaire, pour confirmer… »

Comme le tour est refaisable sans soucis, et qu’il gagne justement à être refait, évoquer les probabilités pour le refaire passe très bien.

(J’ai refait ce tour jusqu’à une douzaine de fois dans un cadre informel, car les personnes présentes avaient toutes envie de « vivre l’expérience »…)

A l’inverse, j’ai des tours ou je parle dès le début de « probabilités extrêmes », dans certaines présentations.

Par exemple, dans le tour du « paresseux amélioré », le jeu est mélangé par plusieurs spectateurs, une carte est choisie librement par une coupe sur table du spectateur, perdue dans le jeu, le spectateur coupe et devrait tomber sur sa carte…mais non.

C’est une carte indicatrice, on compte le nombre de point, qui amène…a une autre carte indicatrice… etc.

A la fin, le spectateur fini par tomber sur sa carte, au moment exact que j’avais prévu.

Mais avant de le laisser regarder la carte, je lui tiens un baratin dans le genre :

« S’il avait coupé sur sa carte, c’était fort !

1 chance sur 52.

Mais il a coupé sur une carte indicatrice, qui renvoie à sa carte :

Il y a donc 1/52 multiplié par 1/51, puisqu’il reste 51 cartes dans le jeu…

Ça fait 1 chance sur 2652. Ça serait encore plus fort.

Mais ce n’est pas la bonne carte, c’est à nouveau une carte indicatrice, ce qui fait qu’on doit multiplier par 1/50 soit 1/132600

Et puis encore une autre, multiplie par 49, ça fait 6497400… »

Et ainsi de suite tant qu’il y a des cartes indicatrices :

En pratique, on arrive facilement à 1 chance sur plusieurs milliards de milliards…

Bien sûr, j’ai noté à l’avance tous ces chiffres sur un papier que je sors de ma poche, juste avant de me lancer dans ce baratin : le but est bien de montrer que c’était totalement prévu…

Dans ce cas, partant d’un jeu mélangé, le fait de sortir une séries de chiffres montrant la presque impossibilité de l’effet est certes assez primaire, mais au moins on montre la difficulté de la chose.

Faire exactement le même tour sans le baratin sur les probabilités va au contraire diminuer la conscience de la difficulté :

Les spectateurs pensent simplement qu’il a fallu plusieurs essais pour y arriver, alors que c’est tout le contraire…

Ou plus simplement le tour de base de Gilbreath, ou on obtient des paires rouge/noire après un mélange, je le présente aussi comme une aberration statistique :

Sur deux cartes, on peut avoir rouge/rouge, noire/noire, noire/rouge, rouge/noire, quatre possibilité équivalentes statistiquement.

Si on réduit à deux possibilité, homogène (rouge/rouge, noire/noire) et hétérogène (noire/rouge, rouge/noire), les deux possibilités ont autant de chance l’une que l’autre de sortir.

Bien sûr, dans le tour, toutes les paires de cartes sont hétérogènes…

On peut donc mettre les probabilités ouvertement dans le texte, ou de façon détournées…

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Rejoins la conversation !

Tu peux publier maintenant et t'enregistrer plus tard. Si tu as un compte, connecte-toi maintenant pour publier avec ton identité.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Restaurer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédemment saisis, a été restauré..   Effacer le contenu

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

  • Messages

    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
  • Statistiques des membres

    • Total des membres
      8495
    • Maximum en ligne
      4524

    Membre le plus récent
    Fabian VAND3RL!NDEN
    Inscription
  • Statistiques des forums

    • Total des sujets
      85.1k
    • Total des messages
      683.1k
×
×
  • Créer...