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Bonjour,

La question de la présentation fait toujours débat aujourd'hui.

Pour ce qui me connaisse un peu je préfère les tours qui sont scénarisés..

Bref, un jour un spectateur (profane) m'a fait une remarque, pas précisément au sujet d'un tour, plutôt de la représentation dans son ensemble, qui m'a surprit,

il m'a dit ''tu manipule les gens''.

J'ai toujours des présentations dans mes tours plutôt que de faire du ''muet'' ou du ehh choisis une carte, et maintenant ba eh on va la perdre, je vais mélanger et je vais essayer de la retrouver ...

souvent avec les cartomanes, les remarques sont plutôt ''tu vas trop vite '' ou ''tu manipules (les cartes) ''

a part en mentalisme rien ne peut faire penser que je manipule ''les gens'', je suis surpris par cette réaction.

Qu'en pensez vous ?

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Publié le

Tout spectacle consiste à manipuler le public, d'une façon ou d'une autre.

Donc, c'est plutôt flatteur:

Tu ne leur faisait pas des tours, tu leur faisait un spectacle... ;)

Maintenant, c'est mieux s'ils ne s'en rendent pas vraiment compte, et restent sur une adhésion non analysée, je trouve...

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Ce que j'en pense ? Deux cas de figure: ou tu as, ce jour là, déroulé ton scénario maladroitement en induisant involontairement cette réflexion, ou tu es tombé sur un spectateur profane faisant partie du tout petit pourcentage de ceux qui, pour des raisons diverses, ne supportent pas les effets magiques inexpliqués et inexplicables.

Publié le

Inutile de préciser que je préfère les tours scénarisés également, même si je ne dédaigne pas les effets purement visuels. Je pense qu'un spectacle doit pouvoir mélanger les genres.

Pour moi, si un spectateur demande "Comment ça marche?" pour un tour scénarisé, l'effet est raté. Je défends depuis longtemps que l'effet n'est pas le tour, mais l'émotion qu'il génère*. Pour les détails, j'ai écrit assez de trucs sur le sujet pour ne plus me répéter. Suffit de chercher un peu...

A mon avis, il n'est pas non plus nécessaire de catégoriser la prestidigitation: mentalisme, manipulation, tricherie, ... tout peut se combiner.

Le véritable effet sera toujours la réaction du public, même si un spectateur n'est pas l'autre.

*La bonne question n'est donc pas "Quel est l'effet?" mais "Quel est l'effet dans la perception du public?". C'est cela que l'on manipule.

Publié le (modifié)

Scénarisé un tour et faire une histoire qui se tient en elle-même avec un ou plusieurs effets sont 2 choses différentes, dans le premier cas c'est la justification plus ou moins réussie d'un effet. Dans le second cas c'est beaucoup plus difficile car comme déjà dit c'est une alchimie entre un récit construit et les effets qui agissent un peu comme les épices en cuisine.

Modifié par Emmanuel Priels
Invité Graal
Publié le

Il ne faut pas non plus scénariser pour le plaisir de scénariser à tout prix, voire chercher des scénarios là où il n'y a pas lieu d'en faire.

Bon we,

Manu.

ps. pour ceux qui ont l'occasion, Doudou à Mons !! ;)

Publié le (modifié)
Il ne faut pas non plus scénariser pour le plaisir de scénariser à tout prix, voire chercher des scénarios là où il n'y a pas lieu d'en faire.

Tu pourrais développer un peu, parce que là, tout de suite, je ne vois pas trop quel tour ne gagne pas à être scénarisé…

Comme le dit Emmanuel Priel, il y a scénarisation et scénarisation, avec ou sans histoire.

Tu peux avoir un scénario sans histoire :

Le scénario est alors la façon de gérer l’effet, pour qu’il soit le mieux perçu par le spectateur…

Par exemple, en suivant un schéma classique :

-Situation de départ connue et acceptée par le spectateur (vraie ou fausse)

-Modification (vraie ou fausse) de la situation initiale, qui devrait donner un résultat logique

-révélation du résultat (vrai ou faux) qui est ou semble différent de celui prévu.

Rien que réfléchir à ces trois étapes, c’est déjà un début de scénarisation.

Par exemple, un tour « bateau » :

Les 3 cordes.

1 : Comment faire pour que le spectateur sache qu’il y a trois cordes de taille différentes ?

2 : Comment faire la transition, pour que ces cordes puisse changer de taille ?

3 : Comment prouver au spectateur qu’il y a bien trois cordes de tailles identiques ?

Cela va du coup donner un scénario, en fonction des réponses qu’on apporte à ces questions.

Un scénario purement technique qu’on pourra ensuite enrichir avec des émotions, du relationnel, un style, une intention…

A l’inverse, ces éléments peuvent aussi guider dans le choix des différentes étapes, il me semble.

Et si tu ajoutes ensuite des éléments émotionnels etc., on peut aller plus loin.

Mais ces éléments n’ont pas besoin d’être une histoire, bien sûr…

Mais il y a toujours, quelques parts, une histoire, pour le spectateur :

Ou pour le dire autrement, le simple fait d’être devant le magicien, pour le spectateur, représente déjà une histoire qu’il est en train de vivre.

En ce sens, toute rencontre est en soit une aventure.

Bon, le magicien, lui, a tendance à oublier, car il fait souvent la même chose, et est toujours en mode « rencontre »...

Mais pour le spectateur, c’est (toujours ou souvent, ou en tout cas, ça pourrait être) un moment exceptionnel.

Ajouter une histoire sur un tour ou un effet, c’est autre chose, car en plus du scénario, il faut l’histoire, justement…

Et l’histoire a son propre scénario, sa propre structure, qu’il faut entrelacer avec le scénario technique de l’illusion…

Ce n’est pas forcément compliqué, mais cela demande un peu de soin.

Mais bon, c’est juste un point de vue, si tu veux développer le tiens, ça m’intéresse :)

Gilbus

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Je pense que ThomasB veut dire (qu'il me corrige si je me trompe), qu'il travail la présentation de ses tours (ce que tout magicien devrait faire).

Le spectateur qui a fait la remarque l'a (a mon avis) fait comme un compliment.

J'apporte beaucoup d'attention a ce que je dis lorsque je me représente car je sais que les mots peuvent améliorer la qualité d'un effet (dans le sens ou tu l'entend CEDmagic et je suis tout a fait d'accord avec toi. Pour preuve le meme effet lorsque je le présente a des gens qui ne parle pas anglais très bien n'a pas du tout le meme impact), a tel point que je me considère de plus en plus comme un "magicien psychologique".

Publié le
Je pense que ThomasB veut dire (qu'il me corrige si je me trompe), qu'il travail la présentation de ses tours (ce que tout magicien devrait faire).

Le spectateur qui a fait la remarque l'a (a mon avis) fait comme un compliment.

J'apporte beaucoup d'attention a ce que je dis lorsque je me représente car je sais que les mots peuvent améliorer la qualité d'un effet (dans le sens ou tu l'entend CEDmagic et je suis tout a fait d'accord avec toi. Pour preuve le meme effet lorsque je le présente a des gens qui ne parle pas anglais très bien n'a pas du tout le meme impact), a tel point que je me considère de plus en plus comme un "magicien psychologique".

oui je parle de présentation.

par contre, ce n'est pas un compliment que l'on m'a fait.

par exemple dans une routine j'ai deux ''quatre'' sur table et j'ai besoin des deux autres pour enchaîner avec un effet qui utilise un carré de carte, (d'habitude les as),

je demande au spectateur de prendre un ''quatre'' et de me dire stop au drible pour forcer les deux autres cartes.

j'imagine que ''tu manipule les gens'' supposais (peut être) que j'ai influencer la personne a s’arrêter juste ou il faut parce que je parle beaucoup.

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Avec son chapeau haut-de-forme, sa chevelure ébouriffée, son violon imaginaire et l'incontournable « ¡Chan, tatachán! », Tamariz a transformé l'illusionnisme en un spectacle populaire pour des millions de spectateurs. Mais derrière ce personnage apparemment improvisé se cachait aussi l'un des plus grands érudits de la magie contemporaine. D'une boîte de magie au championnat mondial de cartomagie Juan Manuel TAMARIZ-MARTEL NEGRÓN est né à Madrid en 1942. Son intérêt pour l'illusionnisme a commencé lorsqu'il n'avait que quatre ans, après avoir assisté à la prestation d'un magicien. Peu après, il a demandé une boîte de jeux de magie et a commencé à pratiquer avec sa famille et ses amis. À douze ans, il a découvert les livres de l'illusionniste Wenceslao CIURÓ, qui lui ont permis de plonger dans la technique et dans les mécanismes psychologiques qui interviennent dans un spectacle. Comme il l'a expliqué dans une interview publiée par la mairie de Madrid, ces lectures ont été décisives pour comprendre que la magie ne consistait pas uniquement à exécuter un tour. Sa précocité lui a ouvert les portes de la Société Espagnole d'Illusionnisme avant d'atteindre l'âge minimum requis : il a été admis à 18 ans, deux ans avant la limite établie, après avoir convaincu les responsables de l'institution de ses capacités. TAMARIZ a étudié les sciences physiques et s'est également intéressé au cinéma, deux domaines qui ont influencé sa manière de concevoir la construction d'un spectacle. Cependant, il a fini par se consacrer entièrement à l'illusionnisme. En 1972, il a obtenu le Grand Prix du Congrès National de Magie. Un an plus tard, il a reçu la reconnaissance qui a définitivement propulsé sa carrière internationale : le Prix mondial de cartomagie, obtenu lors du Congrès mondial de magie de la FISM qui s'est tenu à Paris. Le profil publié par le gouvernement espagnol souligne qu'à partir de ce moment, il a présenté ses spectacles dans des villes comme Chicago, Tokyo, Paris, Londres, Bogota, Le Caire, New York et Santiago du Chili. Le magicien qui est entré dans tous les foyers Bien que son prestige professionnel ait grandi lors des congrès internationaux, c'est la télévision qui a transformé Juan TAMARIZ en un personnage familial pour plusieurs générations d'Espagnols. Les archives de la RTVE conservent le programme pilote de Tiempo de magia, produit en 1975, dans lequel il partageait l'écran avec Julio CARABIAS. Cette participation anticipait une relation avec le petit écran qui allait se prolonger pendant des décennies. Son passage par Un, dos, tres... responda otra vez a démultiplié sa popularité. Ensuite, d'autres émissions comme Por arte de magia, Magia Potagia, Chantatachán et le programme pour enfants El recreo sont arrivées. Face à l'image traditionnelle du magicien solennel, Tamariz a construit un personnage proche, débordant d'énergie et apparemment chaotique. Ses blagues, sa conversation constante avec le public et sa manière de célébrer chaque numéro sont devenues une partie indissociable du spectacle. Cependant, cette mise en scène cachait une préparation minutieuse et une connaissance approfondie de la gestion de l'attention (misdirection). La capacité de diriger le regard, d'anticiper les soupçons du spectateur et de maintenir la surprise expliquait une grande partie de l'admiration qu'il suscitait parmi ses pairs. Livres, enseignement et une école dirigée par sa fille La contribution de Tamariz à la magie allait bien au-delà de ses apparitions télévisées. Tout au long de sa carrière, il a publié des livres majeurs consacrés à la technique, à la théorie et à la présentation de l'illusionnisme. Parmi ses œuvres figurent La Vía Mágica, Los Cinco Puntos Mágicos, Sonata et Sinfonía en Mnemónica Mayor, des références incontournables de la littérature magique. Ses travaux ont abordé des questions telles que la relation entre le magicien et le public, la construction narrative des tours et l'utilisation de la mémoire et de la psychologie en cartomagie. Cette combinaison de réflexion théorique et de sens du spectacle a contribué à consolider son prestige à l'international. Une partie de son héritage se perpétue à travers la Grande École de Magie Ana Tamariz, dirigée par sa fille. Tamariz a lui-même conçu les programmes pédagogiques du centre, pensés pour transmettre sa vision de l'illusionnisme aux nouvelles générations. L'école a compté parmi ses intervenants et élèves des magiciens comme Jorge BLASS, Anthony BLAKE, Miguel GÓMEZ et Rafael BENATAR. Son programme combine l'apprentissage des tours et des techniques avec des cours d'histoire de la magie, de théorie et de psychologie du spectacle. Médaille d'Or des Beaux-Arts et reconnaissance de Madrid La reconnaissance de la carrière de Juan TAMARIZ est également venue des institutions. En 2011, il a reçu la Médaille d'or du mérite des beaux-arts, accordée par décret royal. Auparavant, en 2009, il avait obtenu le Prix honorifique de théorie et philosophie du Congrès mondial de magie (FISM) de Pékin, une distinction récompensant son travail de chercheur et de rénovateur de l'art magique. En 2019, sa ville natale lui a également décerné la Médaille d'or de Madrid. La mairie de la capitale a alors souligné sa contribution à la diffusion internationale de la magie et sa capacité à combiner créativité, humour et rigueur.
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