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Cher Fénix,

Il me semble qu'il existe des affiches Docteur Marbrus.

Une des affiches du Docteur Marbrus de l'ancienne collection de Christian Fechner est reproduite en pleine page dans le livre monumental publié chez Taschen (Magic 1400s-1950s, Cologne, Taschen, 2009, p. 560 ; 2013, p. 468). On y voit le fantôme de la pauvre assistante de Marbrus ("Jenny Brown"), déjà criblé de couteaux, sortir avec la grâce d'un saint Sébastien d'une boîte et être transpercé de toutes parts par des épées de diablotins.

5793_761_Affiche-Marbrus-The-Lady-Ghost-n-998.jpg

(Collection Maison de la magie de Blois)

Dans le même ouvrage, Marbrus est même honoré de deux autres affiches (provenant de la même collection), sous son nom de Carrère. Dans l'une (2009, p. 562), il présente le "Stick Rack" de Selbit qui consiste à transpercer la boîte (et l'assistante) avec des cannes en bois : un brave démon extirpe la femme de la boîte par le haut. L'autre est reproduite en double page (2009, p. 100-101 ; 2013, p. 90-91) : épaulé par le spectre de la Mort, Carrère, une lampe torche à la main, découvre avec stupeur son assistante enchaînée et transpercée de pieux par un diable (illusion de Selbit intitulée "The Spiker").

5415_972_Affiche_Carrere.jpg

(Collection Maison de la magie de Blois)

Il y aurait donc deux figures majeures de l'illusion en France : Robert-Houdin au XIXe et Marbrus/Carrère au XXe siècle, si l'on se fie au nombre d'images reproduites dans ce livre de référence ! Quoi qu'il en soit, Marbrus n'a pas le privilège d'avoir une notice biographique ni dans le Livre d'or de Robelly ni dans le Dictionnaire de la prestidigitation de Merry et Ciocca. Voici la notice - à prendre avec les précautions de rigueur - que lui consacre Richard Raczynsky dans Un tour du monde de la magie et des illusionnistes (2011, p. 289-290) :

MARBRUS. Magicien français. Cet artiste se fit connaître avec un second nom de scène : Carrere entre 1930 et 1950. Il se spécialisa dans la grande illusion. Des affiches et des pièces extraites de son matériel (boîte à l'ait, cage aux lions, malle à sabres) sont au Musée de la magie (1 place du Château, 41000 Blois). Ce fonds, acquis en 1991, provient de la collection de Georges Proust, fondateur du Musée de la curiosité. Il eut pour partenaire à la scène Huguette de Lysiolles dite Lady Masking puis Annie Bert (qui travailla aux côtés de Marcalbert, le magicien moderne, du musée Grévin) avec laquelle il présenta "Le porte-cannes" emprunté à P.T. Selbit.

Voici ce qui est dit du numéro que Marbrus présente au Congrès magique international de 1947 à Paris, congrès précurseur de la FISM (Yanosky et R. Pénnaneach, "Paris ville magique... ou le Congrès magique international 1947", L'Escamoteur, vol. 1, n°6, novembre 1947, p. 87) :

Le Docteur Marbrus et le mystère de la femme fantôme. Mais pourquoi, à la fin du numéro, cette pagaille de sabres sur le plateau ? Le rythme rapide n'oblige pas à projeter les armes sur la scène, le partenaire peut très bien ramasser celles-ci, sans pour cela donner au public cette impression de désordre. Après tout, cela frappe peut-être davantage l'imagination du profane !

Autre hypothèse : peut-être qu'après cette illusion d'un goût exquis dans laquelle l'assistante est transpercée de toutes parts, c'est aussi cette dernière qui, dès que le rideau tombe, est préposée par le charmant Marbrus au rangement des épées qu'il a jetées sur la scène ?

P.

Modifié par Plick
Publié le

Merci Plick pour tous ces renseignements et votre humour !...

Cette hypothèse parait judicieuse et expliquerait le fatras ... :

Et bien, la pauvre Jenny en a vu de toutes les couleurs !

Autre hypothèse : peut-être qu'après cette illusion d'un goût exquis dans laquelle l'assistante est transpercée de toutes parts, c'est aussi cette dernière qui, dès que le rideau tombe, est préposée par le charmant Marbrus au rangement des épées qu'il a jetées sur la scène ?

P.

Je connaissais en effet la première affiche mais pas l'autre.

Publié le

Pour le livre de référence de Noel Daniel (TASCHEN ) j'ai travaillé avec elle plus de 2 mois . Les lithos de Marbrus Carrere était dans le style des affiches qu'elle avait mis dans son livre précédent sur le cirque .

Elle ne connaissait rien à la magie ou presque, ce qui l'intéressait c'était les beaux documents.

A la fin ce sont les américains qui ont signés le livre et pas elle .......Pas très correct !!!!

Pour me remercier elle avait mis un document photo sur Mireldo

Publié le

Dans un post précédent que je n'avais pas vu Plick a repris une information que j'avais mise sur le sujet du musée Grévin .......

Car cette dame a fait le musée Grévin et a été la première femme primée à la FISM.

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    • @Hugues PROTAT nous a partagé ce texte  Un personnage hors norme : Juan Tamariz, le magicien qui a transformé la cartomagie en un phénomène populaire. Sa fille Ana TAMARIZ a confirmé le décès de l'illusionniste à Madrid. Champion du monde de cartomagie, l'artiste a marqué plusieurs générations avec ses apparitions à la télévision et son travail en tant que maître des magiciens. Juan TAMARIZ, l'une des figures les plus reconnues de la magie espagnole et référence internationale de la cartomagie, est mort ce mardi à 83 ans à l'hôpital clinique San Carlos de Madrid, selon les informations d'El País. Sa fille, Ana TAMARIZ, a confirmé le décès via les réseaux sociaux. « Avec une immense tristesse, aujourd'hui je fais mes adieux à mon père Juan TAMARIZ, une personne incroyable, très aimée et admirée de tous », a-t-elle écrit, selon ce que rapporte RTVE. Avec son chapeau haut-de-forme, sa chevelure ébouriffée, son violon imaginaire et l'incontournable « ¡Chan, tatachán! », Tamariz a transformé l'illusionnisme en un spectacle populaire pour des millions de spectateurs. Mais derrière ce personnage apparemment improvisé se cachait aussi l'un des plus grands érudits de la magie contemporaine. D'une boîte de magie au championnat mondial de cartomagie Juan Manuel TAMARIZ-MARTEL NEGRÓN est né à Madrid en 1942. Son intérêt pour l'illusionnisme a commencé lorsqu'il n'avait que quatre ans, après avoir assisté à la prestation d'un magicien. Peu après, il a demandé une boîte de jeux de magie et a commencé à pratiquer avec sa famille et ses amis. À douze ans, il a découvert les livres de l'illusionniste Wenceslao CIURÓ, qui lui ont permis de plonger dans la technique et dans les mécanismes psychologiques qui interviennent dans un spectacle. Comme il l'a expliqué dans une interview publiée par la mairie de Madrid, ces lectures ont été décisives pour comprendre que la magie ne consistait pas uniquement à exécuter un tour. Sa précocité lui a ouvert les portes de la Société Espagnole d'Illusionnisme avant d'atteindre l'âge minimum requis : il a été admis à 18 ans, deux ans avant la limite établie, après avoir convaincu les responsables de l'institution de ses capacités. TAMARIZ a étudié les sciences physiques et s'est également intéressé au cinéma, deux domaines qui ont influencé sa manière de concevoir la construction d'un spectacle. Cependant, il a fini par se consacrer entièrement à l'illusionnisme. En 1972, il a obtenu le Grand Prix du Congrès National de Magie. Un an plus tard, il a reçu la reconnaissance qui a définitivement propulsé sa carrière internationale : le Prix mondial de cartomagie, obtenu lors du Congrès mondial de magie de la FISM qui s'est tenu à Paris. Le profil publié par le gouvernement espagnol souligne qu'à partir de ce moment, il a présenté ses spectacles dans des villes comme Chicago, Tokyo, Paris, Londres, Bogota, Le Caire, New York et Santiago du Chili. Le magicien qui est entré dans tous les foyers Bien que son prestige professionnel ait grandi lors des congrès internationaux, c'est la télévision qui a transformé Juan TAMARIZ en un personnage familial pour plusieurs générations d'Espagnols. Les archives de la RTVE conservent le programme pilote de Tiempo de magia, produit en 1975, dans lequel il partageait l'écran avec Julio CARABIAS. Cette participation anticipait une relation avec le petit écran qui allait se prolonger pendant des décennies. Son passage par Un, dos, tres... responda otra vez a démultiplié sa popularité. Ensuite, d'autres émissions comme Por arte de magia, Magia Potagia, Chantatachán et le programme pour enfants El recreo sont arrivées. Face à l'image traditionnelle du magicien solennel, Tamariz a construit un personnage proche, débordant d'énergie et apparemment chaotique. Ses blagues, sa conversation constante avec le public et sa manière de célébrer chaque numéro sont devenues une partie indissociable du spectacle. Cependant, cette mise en scène cachait une préparation minutieuse et une connaissance approfondie de la gestion de l'attention (misdirection). La capacité de diriger le regard, d'anticiper les soupçons du spectateur et de maintenir la surprise expliquait une grande partie de l'admiration qu'il suscitait parmi ses pairs. Livres, enseignement et une école dirigée par sa fille La contribution de Tamariz à la magie allait bien au-delà de ses apparitions télévisées. Tout au long de sa carrière, il a publié des livres majeurs consacrés à la technique, à la théorie et à la présentation de l'illusionnisme. Parmi ses œuvres figurent La Vía Mágica, Los Cinco Puntos Mágicos, Sonata et Sinfonía en Mnemónica Mayor, des références incontournables de la littérature magique. Ses travaux ont abordé des questions telles que la relation entre le magicien et le public, la construction narrative des tours et l'utilisation de la mémoire et de la psychologie en cartomagie. Cette combinaison de réflexion théorique et de sens du spectacle a contribué à consolider son prestige à l'international. Une partie de son héritage se perpétue à travers la Grande École de Magie Ana Tamariz, dirigée par sa fille. Tamariz a lui-même conçu les programmes pédagogiques du centre, pensés pour transmettre sa vision de l'illusionnisme aux nouvelles générations. L'école a compté parmi ses intervenants et élèves des magiciens comme Jorge BLASS, Anthony BLAKE, Miguel GÓMEZ et Rafael BENATAR. Son programme combine l'apprentissage des tours et des techniques avec des cours d'histoire de la magie, de théorie et de psychologie du spectacle. Médaille d'Or des Beaux-Arts et reconnaissance de Madrid La reconnaissance de la carrière de Juan TAMARIZ est également venue des institutions. En 2011, il a reçu la Médaille d'or du mérite des beaux-arts, accordée par décret royal. Auparavant, en 2009, il avait obtenu le Prix honorifique de théorie et philosophie du Congrès mondial de magie (FISM) de Pékin, une distinction récompensant son travail de chercheur et de rénovateur de l'art magique. En 2019, sa ville natale lui a également décerné la Médaille d'or de Madrid. La mairie de la capitale a alors souligné sa contribution à la diffusion internationale de la magie et sa capacité à combiner créativité, humour et rigueur.
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