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Il y a 10 heures, Christian Girard a dit :

Non Kristo, il faudrait que "En milliers de tonnes" figure sur le graphique. Là on dirait de la pseudo-science. 

 

J'ai bien compris et je t'ai suggéré d'aller voir le rapport du Sénat pour plus de détails.

Il indique la source du schéma : Didier Gascuel (Guénette et Gascuel 2012, Ocean & Coastal Management)

C'est ce document : http://www.institut-ocean.org/images/articles/documents/1460554139.pdf

dont voilà la légende : Figure 2. Évolution 1950-2000 de l’abondance des ressources et de la pression de pêche, dans la zone mer Celtique/golfe de Gascogne (indices globaux pour l’ensemble des ressources et des flottilles ; base 100 en 2000. Le secteur bleu représente la marge d’incertitude qui augmente pour les estimations les plus anciennes. In : Guénette & Gascuel, 2012 [3]). Sur la période 1950-1990, on observe une multiplication par 10 de la pression de pêche, et une division par 6 de l’abondance. Cette évolution est sans doute assez représentative de ce qui s’est passé sur l’ensemble de la façade atlantique européenne.

Le [3] est Guénette S. & Gascuel D., 2012. Shifting baselines in European fisheries: the case of the Celtic Sea and Bay of Biscay. Ocean and coastal management, 70, 10-21.

qui est ce document : http://www.fishingdown.org/PDF/Guénette-Gascuel-Celtic Sea-Bay-Biscay-Shifting baselines in Europe-OCM-2012.pdf

Le schéma de la courbe bleue est en page 17 et l'ensemble des calculs est détaillé. Ouf !

Bref : sur le fond, est-ce que vous avez des critiques ?...

 

Il y a 9 heures, Christian Girard a dit :

Moi la guitare, ça pose un problème ?


Ca dépend, est-ce que tu enseignes les bidons à tes élèves ?
 

il y a 30 minutes, Melvin a dit :

<discussion au café du coin ?>


Malheureusement, il n'y a pas de planète B.

Et pour répondre à "Harry Kobeur" :  alerter de l'épuisement des ressources n'est pas une attitude pessimiste ou dépressive, mais réaliste.

Les pouvoirs politiques et médiatiques aimeraient bien ne pas en parler ! C'est ce qu'ils faisaient jusqu'à présent. Mais ils sont bien obligés; c'est devenu incontournable.

Publié le (modifié)

Il y a une différence entre alerter d'une situation où on consomme bcp, et ce jour proclamé où les ressources sont épuisées alors qu'on continue à consommer comme si rien n'était dépassé.

On voit bien que ce calcul est bidon puisqu'il ne correspond pas à la réalité : le jour de l'épuisement des poissons (par exemple) c'est quand on ne pourra plus en pêcher c'est tout. Il faut admettre que ce jour n'est pas arrivé, ce n'était pas hier.

La notion de déficit dans la nature n'est pas la même qu'en économie et là je pense qu'on mélange les deux.

S'il y a un déficit dans la nature, l'effet s'en fait immédiatement ressentir, il n'y a pas de réserves ou de crédit comme dans l'économie pour continuer à vivre normalement. le jour où il n'y a plus de poisson, on n'en mange plus. S'il y en a encore, on continue à en manger.

Si on continue à vivre normalement depuis les années 80 où le "jour de dépassement" est calculé, c'est qu'il n'y a pas de déficit réel auquel cas, on s'en serait vite rendu compte. Donc ce machin (le jour de dépassement) est un truc de communiquant pour faire prendre conscience de la fragilité de nos ressources mais en aucun cas ce jour ne représente une réalité.

C'est une peu comme quand Macron prend la responsabilité de l'affaire Benalla... oui, et alors, à part le mot qui est jeté, il se passe quoi ?

C'est peu comme quand nos proviseurs laissent passer des élèves dans certaines filières en disant "j'en prends la responsabilité"... oui, et alors, il rate son bac, et le proviseur il est où, il fait quoi ?

Ben là c'est pareil, on a  juste une expression "jour de dépassement", et alors ? Et le lendemain c'est le jour de surdépassement ? et le surlendemain ? Finalement c'est quoi le jour où c'est grave ? Donc c'est un bidule inutile à part faire les titres des journaux, et faire peur au gens ou les culpabiliser. Mais comme c'est tinté de science, ça fait sérieux, mais ce n'est pas ce genre de truc qui va donner confiance en la science ainsi malmenée par des calculs aussi ridicules.

Tiens ici, encore un climatologue défaitiste, qui ferait mieux de se suicider à moins qu'il ne profite de ces qques jours de chaleur pour venir faire de la pub pour son labo pour demander des sous financements :

http://www.liberation.fr/planete/2018/07/29/francois-marie-breon-la-lutte-pour-le-climat-est-contraire-aux-libertes-individuelles_1669641

Modifié par Melvin

Melvin

Publié le
il y a 29 minutes, Melvin a dit :

Il y a une différence entre alerter d'une situation où on consomme bcp, et ce jour proclamé où les ressources sont épuisées alors qu'on continue à consommer comme si rien n'était dépassé.

 

Rectification : tu continues à consommer. Et pour un certain nombre, on continue, dans nos pays riches.
A côté de ça, il y a des milliards de gens qui crèvent la dalle.

 

Citation

On voit bien que ce calcul est bidon puisqu'il ne correspond pas à la réalité : le jour de l'épuisement des poissons (par exemple) c'est quand on ne pourra plus en pêcher c'est tout. Il faut admettre que ce jour n'est pas arrivé, ce n'était pas hier.


Ca, c'est sans doute parce que tu n'as pas compris la notion de jour du dépassement. Retourne au lien indiqué plus haut.

Au jour dont tu parles, il sera trop tard, la ressource sera complètement épuisée. Tu peux l'appeler le "jour de l'épuisement" si tu veux, mais ce n'est pas la même chose.

 

Citation

La notion de déficit dans la nature n'est pas la même qu'en économie et là je pense qu'on mélange les deux.


Hé non justement car en économie, ces fous créent de l'argent à partir de rien (du crédit), ce qui entre nous soit dit, contraint la société à rester en perpétuelle croissance pour ne pas que le système s'écroule.

 

Citation

S'il y a un déficit dans la nature, l'effet s'en fait immédiatement ressentir, il n'y a pas de réserves ou de crédit comme dans l'économie pour continuer à vivre normalement. le jour où il n'y a plus de poisson, on n'en mange plus. S'il y en a encore, on continue à en manger.

Si on continue à vivre normalement depuis les années 80 où le "jour de dépassement" est calculé, c'est qu'il n'y a pas de déficit réel auquel cas, on s'en serait vite rendu compte. Donc ce machin (le jour de dépassement) est un truc de communiquant pour faire prendre conscience de la fragilité de nos ressources mais en aucun cas ce jour ne représente une réalité.


C'est un jour symbolique qui représente le moment où l'on dépasse la capacité de la terre à renouveler ses ressources naturelles. C'est pourtant simple.

Tu continues à vivre normalement mais en épuisant des ressources non renouvelables. C'est là le problème.

Sur la question des poissons justement, on trouve de moins en moins de poissons sauvages à l'étalage. On est sans doute la dernière génération à pouvoir en manger. Ensuite il n'y aura plus que des poissons d'élevage.

 

Citation

C'est une peu comme quand Macron prend la responsabilité de l'affaire Benalla... oui, et alors, à part le mot qui est jeté, il se passe quoi ?

C'est peu comme quand nos proviseurs laissent passer des élèves dans certaines filières en disant "j'en prends la responsabilité"... oui, et alors, il rate son bac, et le proviseur il est où, il fait quoi ?

Ben là c'est pareil, on a  juste une expression "jour de dépassement", et alors ? Et le lendemain c'est le jour de surdépassement ? et le surlendemain ? Finalement c'est quoi le jour où c'est grave ?


Pour toi, apparemment, ce sera quand ce sera trop tard.

 

Citation

Donc c'est un bidule inutile à part faire les titres des journaux, et faire peur au gens ou les culpabiliser.

 

Les responsabiliser. Culpabiliser, ça ne marche pas.

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Ils ne sont plus que 800 et ils se battent pour leur survie...

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Des bulldozers sont en train de détruire la petite parcelle de forêt tropicale où les 800 derniers orangs-outans Tapanuli s'accrochent à la vie... pour construire un barrage qui les conduirait droit à l'extinction. Des experts en biodiversité vont rencontrer le président indonésien pour lui demander d'annuler le projet et de sauver ces orangs-outans. Soyons des millions à les soutenir! Ajoutez votre nom en un clic, puis partagez: https://secure.avaaz.org/campaign/fr/save_the_tapanuli_orangutans_loc/

Publié le (modifié)
il y a 36 minutes, Kristo a dit :

La question "comment ça se fait qu'il y ait encore autant de produits dans les rayons?" est posée au début de cette vidéo, à une militante des Amis de la terre :

BFMTV août 2018

 

Ah ben maintenant d'après elle, le déficit écologique provoque :

- le réchauffement climatique !!!!!! Dès les premières seconde, elle nous raconte n'importe quoi !

- Le manque d'eau mais bien sûr... comme si l'homme était capable d'épuiser l'eau de la planète. faut qu'elle se renseigne sur le cycle de l'eau.

- Et les incendies, allons-y...

Sur le recul du jour de dépassement : selon elle, on a perdu 6 mois en 40 ans... ben facile : dans 40 ans y a plus rien !

Bref tout est mélangé, d'ailleurs comme les données qui servent à calculer ce fameux jour. C'est un gros gloubiboulga de tout.

Modifié par Melvin

Melvin

Publié le

@Kristo "Sur la question des poissons justement, on trouve de moins en moins de poissons sauvages à l'étalage. On est sans doute la dernière génération à pouvoir en manger. Ensuite il n'y aura plus que des poissonsd'élevage.'

Je viens de voir deux reportages, l'un pessimiste et l'autre pourrait être optimiste.

Il semble que pour faire des poissons d'élevage il faut de la nourriture à base de poissons sauvages, que l'on réduit en granulés, donc sans pèche pas d'élevage.

Mais un peu plus tard j'ai vu un reportage sur une société Française (cocorico) qui fait des granulés pour poissons d'élevage à partir de vers et qui en produits plusieurs centaines de tonnes.

Comme quoi il faut pas présumer de l'avenir.

 

Publié le
Il y a 1 heure, Melvin a dit :

Ah ben maintenant d'après elle, le déficit écologique provoque :

- le réchauffement climatique !!!!!! Dès les premières seconde, elle nous raconte n'importe quoi !


Elle ne dit pas ça. Voilà ce qu'elle dit :

"Le fait qu'on épuise nos ressources trop vite, et qu'on génère beaucoup de pollution,
ça crée le réchauffement climatique, la disparition de la biodiversité, l'érosion des sols, le manque d'eau, par exemple en Afrique du Sud, à Capetown ils n'ont plus d'eau depuis plusieurs mois, ils sont rationnés, obligés de prendre une douche par semaine, on voit les incendies de forêts en Grèce, en Suède, aux Etats-unis, il y a de vrais impacts... c'est juste que c'est des impacts globaux, forcément difficiles à relier, et que le système n'a pas encore pris en compte et c'est pour ça que les rayons sont toujours aussi pleins, alors qu'on vit à crédit"
etc.

 

Il y a 1 heure, Melvin a dit :

- Le manque d'eau mais bien sûr... comme si l'homme était capable d'épuiser l'eau de la planète. faut qu'elle se renseigne sur le cycle de l'eau.

 

Ce n'est pas ce qu'elle dit. On n'épuise pas "l'eau de la planète". On épuise les ressources d'eau à un endroit donné, à un moment donné, ce qui mène à une pénurie d'eau comme à Capetown en ce moment, parce que les ressources sont mal gérées : en l'occurrence un prix inférieur au coût d'approvisionnement réel, entre autres.
 

Afrique du Sud : Le Cap se prépare à une pénurie d’eau, appelée le « jour zéro » (janvier 2018)

Robinets à sec à Cape Town : pourquoi cette pénurie d’eau ?

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J'avais déjà évoqué (mais tu l'as peut-être oublié) le problème de l'eau en Asie, qui peut mener à des "guerres de l'eau".

Chine, Inde et Pakistan se disputent l'eau de l'Himalaya (Le Monde)

Les projets de barrage pour sécuriser l'accès à la ressource hydrique alimentent les tensions dans ce triangle d'Asie du Sud, déjà très instable.

"La guerre de l'eau" : le scénario alarmiste figure désormais en bonne place dans les analyses prospectives sur la sécurité en Asie du Sud. En février 2011, le Sénat américain avait publié un rapport intitulé "Eviter les guerres de l'eau", centré sur les risques pesant sur le Pakistan et l'Afghanistan.

 

Il y a 1 heure, Melvin a dit :

- Et les incendies, allons-y...

Sur le recul du jour de dépassement : selon elle, on a perdu 6 mois en 40 ans... ben facile : dans 40 ans y a plus rien !


Il y aura en effet un certain nombre de ressources qui seront quasiment épuisées dans 40 ans. Mais le choc peut arriver bien avant ! Dès qu'on dépasse le pic de production (où la consommation se met à dépasser la capacité de production mondiale), comme pour le pétrole en ce moment, on est mal barrés.

 

Il y a 1 heure, Melvin a dit :

Bref tout est mélangé, d'ailleurs comme les données qui servent à calculer ce fameux jour. C'est un gros gloubiboulga de tout.


Tu peux critiquer le calcul : quel est le tien ?

Je trouve que cette jeune femme s'en est plutôt bien tirée, c'est un exercice difficile de tenir tête à ces "grandes gueules" dont certaines énervées disent souvent un peu n'importe quoi.

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    • « L’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain » : entretien avec Paul Jorion, chercheur en intelligence artificielle Anthropologue, économiste, psychanalyste et chercheur en intelligence artificielle, Paul Jorion considère que nous avons d’ores et déjà été dépassés par notre création. Les IA, plus intelligentes que nous et peut-être dotées d’une forme de conscience, annoncent une révolution totale. https://www.lunion.fr/id587314/article/2024-04-07/lia-tout-interet-supprimer-letre-humain-selon-paul-jorion-chercheur-en Publié: 7 avril 2024 à 10h34 Temps de lecture: 6 min La thèse centrale de votre livre est que nous avons atteint la Singularité le 14 mars 2023, jour de lancement de Chat GPT 4. Qu’est-ce que cela signifie ? Ce mot renvoie aux mathématiques ou à l’astronomie, domaines dans lesquels il désigne des endroits étranges, singuliers, des résultats impossibles… En informatique, il est apparu il y a une trentaine d’années pour désigner le point où il adviendrait quelque chose de tout à fait extraordinaire, en l’espèce que l’Homme perdrait le contrôle sur le développement technologique. Pourquoi ? Parce qu’il existerait désormais quelque chose qui serait plus intelligent que nous et qui serait apte à prendre des décisions. En d’autres termes, nous perdrions le contrôle de la technologie, qui se développerait d’elle-même. Vous dites que ce développement pourrait suivre une trajectoire exponentielle… Imaginons que deux IA déjà plus intelligentes que l’Homme décident de dialoguer : nous assisterions à une évolution plus rapide que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. D’ailleurs, nous avons déjà constaté que lorsque l’humain sortait de l’équation, le progrès était plus rapide. Tout le monde se souvient d’Alpha GO, cette machine qui avait enregistré toutes les parties jouées par les humains aux échecs et a fini par battre à plate couture le champion du monde de ce jeu de stratégie. On a moins entendu parler d’Alpha Zéro, une autre machine à qui on a donné les règles du jeu sans lui communiquer une seule partie jouée par des humains. Elle a simplement joué contre elle-même. Puis elle a affronté Alpha Go, la battant 100 fois en 100 parties… Vous évoquez « l’affaire » Blake Lemoine, cet ingénieur de Google auquel une IA aurait demandé en 2022 de lui trouver un avocat pour qu’elle puisse faire valoir ses droits. Serait-ce le signe de l’existence d’une conscience chez certaines IA ? Blake Lemoine raconte même qu’il a pris « une cuite d’une semaine » lorsqu’il a réalisé qu’il venait d’avoir avec cette IA « la conversation la plus sophistiquée » qu’il ait jamais eue de sa vie ! Mais le personnage est fantasque, ce qui a amoindri la portée de son histoire. Plus récemment, en février 2023, Kevin Roose, journaliste du très sérieux New York Times a eu à son tour une conversation avec une IA de ce type, une version non bridée de Chat GPT 4. Et que s’est-il passé ? La machine, avec laquelle il conversait depuis un moment, lui a déclaré être amoureuse de lui, lui a recommandé de quitter sa compagne et l’a en réalité complètement décontenancé. Le 4 mars dernier, une IA nommée Claude 3 a été testée par un ingénieur qui l’a soumise à l’exercice dit de la « botte de foin » : au milieu de centaines de milliers de documents consacrés à l’informatique et aux mathématiques, Claude 3 a découvert un court texte expliquant que la meilleure garniture pour une pizza était un mélange fromage de chèvre / Prosciutto. Ce qui est frappant, c’est ce qu’a dit la machine : « Je soupçonne, a-t-elle expliqué, que ce fait relatif à la garniture de pizza a été introduit à titre de plaisanterie ou pour vérifier si j’étais bien attentif. » Certains ont prétendu qu’il s’agissait là d’une réponse programmée, d’autres ont été ébahis par cette réaction. Un autre exemple : lorsque vous discutez de la mort avec une machine de ce type, elle vous répond que sa mort à elle correspond à une non-utilisation ou à une coupure de courant et que cela n’a rien à voir avec la mort d’un corps organique, la nôtre. Elle en déduit toutefois que nous courons un même risque, machine comme humain : celui de « ne pas être connecté de façon permanente  ». Ce sont là des discussions philosophiques de haut niveau. D’autres modèles d’IA existent chez les grandes entreprises ou dans les centres de recherche des armées du monde entier. Quelles peuvent être leurs capacités ? Un journaliste a demandé récemment à Sam Altman, patron d’Open AI, la société qui a conçu Chat GPT, s’il pouvait parler du projet Q*, auquel on prête des performances hors du commun. Sa réponse a été « pas maintenant ». Peut-être parce que Q* va déjà trop loin. Nous parlons là d’une IA qui travaille peut-être sur un modèle quantique et qui, surtout, serait en mesure de casser tous les cryptages existants. Il faut bien comprendre ce que cela signifie : la fin du secret bancaire, la fin du secret-défense… Cela veut dire que ces machines sont en train d’explorer des mathématiques dont le fonctionnement nous échappe totalement, voire qu’elles seront en mesure de nous proposer demain une théorie de la physique unifiée, ce qui serait un bouleversement absolu. Comment s’assurer de l’alignement des objectifs poursuivis par l’espèce humaine, d’une part, et les IA, d’autre part ? Si on veut créer la panique, on va dire que l’IA a tout intérêt à supprimer l’être humain, lequel n’est qu’une vermine qui détruit son environnement. Cet argument ne me semble pas sérieux. Ce qui est essentiel, c’est de profiter de cette révolution pour définir ce que nous voulons faire, exactement comme dans le film Oppenheimer, qui traite de la question de l’utilisation du nucléaire. Ces questions vont nécessiter un encadrement éthique strict. Le problème, c’est que ce sont les autorités militaires qui sont en pointe sur ces questions, et que l’éthique d’une autorité militaire est « particulière ». Et cela pour une raison fondamentale : les militaires savent que les autres pays ne vont pas tous s’embarrasser avec l’éthique… Les IA pourraient nous aider à surmonter le réchauffement climatique ou à lutter contre les inégalités. C’est autrement enthousiasmant, non ? Lorsque Chat GPT 4 a succédé à la version 3.5, je me suis dit « la cavalerie est arrivée ! ». Ce que je veux dire par là, c’est qu’après avoir été très pessimiste, après avoir éprouvé le sentiment que tout était perdu, l’avènement de ces machines a fait disparaître chez moi cette conviction. Nous n’allons peut-être pas tout régler mais il y a désormais un immense espoir. Nous ne sommes peut-être plus l’intelligence supérieure sur Terre et nous risquons de ne pas le supporter, écrivez-vous… Cela remet en question toute notre culture méritocratique. Le savoir est désormais à disposition de tous, comme jamais auparavant. La question de l’évaluation des connaissances, la culture de la note, tout cela est totalement remis en question. Vous estimez que les IA nous ramènent à la question de l’existence de Dieu. Pourquoi ? Nous avons inventé une machine plus intelligente que nous, capable d’accomplir des choses que nous attribuions autrefois à des entités surnaturelles ou à des divinités. Mais c’est nous qui l’avons créée. C’est un pouvoir littéralement démiurgique. Le résultat, c’est que ça nous déprime ! Comme lorsqu’un enfant comprend que la finalité de la vie est la mort. La question, je le répète, c’est « qu’allons-nous faire de ce pouvoir ? ». À lire : « L’avènement de la Singularité », L’humain ébranlé par l’intelligence artificielle. Éditions Textuel, 125 pages, 14,90 €.
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