Aller au contenu

Recommended Posts

Publié le

Les partisans d'une conscience émergeant d'un mécanisme du cerveau me font un drôle d'effet car leur volonté de garder le phénomène conscience dans un cadre materialiste les pousse, il me semble, à banaliser à l'extrême un phénomène qui se trouve être le plus incroyable et incompréhensible qui soit. Lorsqu'on les lit, il semble naturel et évident que le cerveau produise la conscience comme tel autre organe produirait une substance matérielle (par exemple une sécrétion quelconque) ou accomplirait une fonction biologique (par exemple la digestion). Mais peut-on honnêtement comparer ?

Raymond Aaron

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
Invité bénocard
Publié le (modifié)

Non, on ne peut pas comparer. Il y a des choses qui n'existent que dans la conscience (une belle histoire, un triangle isocèle, l'argent que j'ai à la banque) et d'autres qui n'existent que dans le monde matériel (l'arbre que personne n'entend crier, la molécule la plus rapide dans ton café).

Des êtres conscients, il y en a toujours eu (depuis qu'il y a des petites choses qui gigotent pour survivre, en tout cas). Je vois pas ce qu'il y a d'incroyable et d'incompréhensible. Ce qui est vraiment incroyable en fait c'est que ça m'arrive à moi xD.

Tiens bah d'ailleurs puisque tu me provoques avec Aaron, je sors Sartre et sa nausée. Là, il semblerait que c'est la matière qui déclenche le vertige.

http://hansenlove.over-blog.com/article-4795239.html

Citation

Donc j'étais tout à l'heure au jardin public. La racine du marronnier s'enfonçait dans la terre, juste au-dessous de mon banc. Je ne me rappelais plus que c'était une racine. Les mots s'étaient évanouis et, avec eux, la signification des choses, leurs modes d'emploi, les faibles repères que les hommes ont tracés à leur surface. J'étais assis, un peu voûté, la tête basse, seul en face de cette masse noire et noueuse, entièrement brute et qui me faisait peur. Et puis j'ai eu cette illumination.

Tu es poussière et tu retourneras à la poussière (Genèse 3:19).

Modifié par bénocard
Publié le

Et Sartre continue :

... Ça m'a coupé le souffle. Jamais, avant ces dernier jours, je n'avais pressenti ce que voulait dire « exister». J'étais comme les autres, comme ceux qui se promènent au bord de la mer dans leurs habits de printemps. Je disais comme eux « la mer est verte ; ce point blanc là-haut, c'est une mouette », mais je ne sentais pas que ça existait,
que la mouette était une « mouette-existante » ; à l'ordinaire, l'existence se cache. Elle est là, autour de nous, en nous, elle est nous, on ne peut pas dire deux mots sans parler d'elle et, finalement, on ne la touche pas. Quand je croyais y penser, il faut croire que je ne pensais rien, j'avais la tête vide, ou tout juste un mot dans la tête, le mot « être ».

Euh...  Plus que la matière. C'est le fait d'exister, d'être qui lui procure ce vertige. Non ?

 

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Publié le (modifié)

... Et pour la citation d'Aaron. 

Ben non, on peut pas comparer...

C'est même carrément abusé de dire : L'esprit est un épiphénomène de la matière.

Est ce que je dis , moi : La matière est un épiphénomène de l'esprit ?

Non ! (pourtant il semble bien que ce soit le cas quand on y réfléchit bien) 

:D:D:D

 

Modifié par Shiva

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Invité bénocard
Publié le (modifié)
il y a 38 minutes, Shiva a dit :

Euh...  Plus que la matière. C'est le fait d'exister, d'être qui lui procure ce vertige. Non ?

Eh oui c'est les deux. Dans la religion juive il y a l'histoire du golem qui illustre bien ça. Au début Dieu a pris de la terre, il a façonné un bonhomme avec, et il a soufflé dedans pour lui donner la vie.

De même pour Sartre l'existence précède l'essence (il faut bien exister avant d'être quelque chose). Le héros est saisi de vertige parce qu'en voyant le monde matériel tel qu'il est, brut de décoffrage, en supprimant les interprétations, il regarde sa propre vérité (et son destin) dans les yeux.

Dit autrement, il y a une base matérielle (l'existence) et le sens qui va avec (l'essence). Retire le sens, ça fait mal à la tête, normal o.O.

Modifié par bénocard
Invité bénocard
Publié le
il y a 20 minutes, Shiva a dit :

... Et pour la citation d'Aaron. 

Ben non, on peut pas comparer...

C'est même carrément abusé de dire : L'esprit est un épiphénomène de la matière.

Est ce que je dis , moi : La matière est un épiphénomène de l'esprit ?

Non ! (pourtant il semble bien que ce soit le cas quand on y réfléchit bien) 

:D:D:D

 

Pas de conscience sans matière. Ou bien ?

Publié le
Il y a 10 heures, bénocard a dit :

Pas de conscience sans matière. Ou bien ?

Ce que je veux dire :

Le matérialisme réductionniste affirme « tout est matière » mais il n’apporte pas beaucoup d’arguments probants (pour moi, hein !).

Un philosophe spiritualiste ou simplement phénoménologue peut tout aussi bien affirmer « tout est conscience », on ne peut pas beaucoup plus le contredire.

Tout est question de point de vue et d’angle.

Le matérialisme scientifique prétend porter un regard objectif sur les choses mais l'objet dégagé par la science est toujours contaminé par le regard normalisé qu'elle porte dessus (et donc pollué par les règles de construction ("métaphysiques") qui permettent son objectivation), ne le laissant donc jamais intact.

Le jour où tu te rends compte que le monde n'existe pas, la vie devient plus simple.

Paul Binocle

Invité bénocard
Publié le
Il y a 4 heures, Shiva a dit :

Le matérialisme scientifique prétend porter un regard objectif sur les choses mais l'objet dégagé par la science est toujours contaminé par le regard normalisé qu'elle porte dessus (et donc pollué par les règles de construction ("métaphysiques") qui permettent son objectivation), ne le laissant donc jamais intact.

Mouais, j'arrive à te suivre... en gros l'image d'une pipe n'est pas une pipe. D'accord. Et ensuite ?

Invité bénocard
Publié le
il y a 6 minutes, Shiva a dit :

 

D'accord, enfin c'est pas parce que tu changes la focale que tu te retrouves dans la subjectivité la plus totale. L'intérêt de la démarche scientifique, c'est justement de pouvoir transposer les raisonnements d'une subjectivité à une autre. Grâce à la reproductibilité.

Quand tu dis triangle à quelqu'un, il comprend tout de suite. Quand tu décris un système modélisant (même imparfaitement) la réalité, il est transposable dans la subjectivité de l'autre, grâce au langage scientifique qui ne tolère pas l'ambiguïté.

Au final, on travaille effectivement sur des symboles et des représentations personnelles, mais on s'est efforcés d'éliminer les biais d'interprétation, en les explicitant au besoin ("je me place dans cet article dans le cadre de la théorie machin, etc."). Et s'il le faut, si on en a envie, on peut changer les modèles et en inventer des nouveaux qui n'ont peut-être même pas encore de correspondance dans le monde réel. C'est-à-dire que l'objet scientifique (subjectif, celui que l'on manie dans nos têtes) devient lui-même un objet d'étude objectif comme un autre. Pas mal...

Peu importe que ça se passe à la première personne, à partir du moment où la correspondance est conservée avec la troisième. Et la correspondance est assurée par l'évolution des espèces : les membres d'un groupe qui déciderait pour de bon que 2+2=5 ne survivraient pas longtemps. Déjà, ça serait pas pratique pour faire les courses.

Bien sûr qu'il y a des abus avec le positivisme, le réductionnisme, le principe anthropique ou je-ne-sais-quoi, ça a toujours tiré à hue et à dia pour des raisons idéologiques. Mais il s'agit d'a priori extrêmes ou exotiques qui ne reflètent pas l'opinion de la communauté dans son ensemble, et jusque-là la science a toujours survécu. Pourquoi ? L'épreuve de la réalité :).

Rejoins la conversation !

Tu peux publier maintenant et t'enregistrer plus tard. Si tu as un compte, connecte-toi maintenant pour publier avec ton identité.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Vous avez collé du contenu avec mise en forme.   Restaurer la mise en forme

  Only 75 emoji are allowed.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédemment saisis, a été restauré..   Effacer le contenu

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

  • Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
  • Messages

    • Ma petite conclusion de ce débat intéressant : Dominique Webb : Artiste ou Escroc ? Les deux mon capitaine ! Méritait-il un hommage dans la revue FFAP ? C'est un personnage emblématique de la magie en France donc il avait sa place dans la revue. Avec quelques retenues toutefois sur l'autre facette du personnage, le côté très commercial étant allé jusqu'à l'arnaque. De toute évidence, il a franchi la "limite de l'honnêteté" a quelques reprises. Il ne faut cependant ni minorer, ni amplifier ses actes. Il y a des faits : il a fait des choses pas bien et il en a fait d'autres de très bien sur le plan de l'image de la magie en France et de la découvertes d'autres artistes. Le mensonge est-il indispensable pour obtenir l'effet Placebo ? Il semblerait, chose étonnante, que non d'après cet article. Par extension au sujet qui nous intéresse, je ne suis pas sûr en revanche que ne pas user de la crédulité de certaines personnes pour les aider (sincèrement ou non) à aller mieux physiquement ou psychologiquement ne nuise pas aux "affaires" de certains. A mon humble avis, comme l'a dis Bourvil "ça marcherait beaucoup moins bien forcément !". Mais pourquoi ne pas essayer, comme dans cette étude sur l'effet Placebo avec ou sans mensonge, essayer de vendre honnêtement des médaillons porte-bonheur en disant que ce dernier n'a aucun pouvoir particulier mais que si "on fait comme si" , il peut avoir un effet psychologique se traduisant ensuite potentiellement par un effet physique (autrement dit un effet Placebo). Autre chose par rapport à un point sur les tours de magie abordé dans cette étude sur l'effet Placebo : je ne pense pas qu'un spectateur puisse apprécier autant et de la même manière un tour de magie ou un numéro si il en connaît les secrets. Il l'appréciera mais pas pour les mêmes raisons tout comme nous, nous apprécions les numéros de confrères alors que nous en connaissons globalement les rouages. Si je prend un des exemples les plus représentatifs, la lévitation, il est évident qu'un numéro comme la rose volante de Kevin James a bien plus d'impact sur les spectateurs qui n'en connaissent pas le secret que sur ceux qui, comme nous, en apprécient la technique et la mise en scène poétique. La différence d'impact est sans doute moindre pour certains effets ou numéros que pour d'autres car il y a ceux pour lesquels il y a d'entrée une impossibilité dès le départ comme la lévitation et ceux pour lesquels il n'y qu'une faible probabilité comme retrouver une carte choisie dans un jeu de cartes. L'envie de "connaître le truc" fait aussi partie de ce qui anime nos spectateurs et ce n'est pas une mauvaise chose. C'est normal. Ceux qui disent qu'ils ne cherchent pas le truc mentent. Ils le cherchent évidement sur le moment et même encore un peu après mais ils ne veulent pas absolument savoir. Ils sont contents de ce qu'ils ont vu, vécu et veulent en rester là. Ils ne poseront pas la question "Comment ça marche ?". Ils se la sont posé intérieurement (c'est inévitable, l'esprit humain est ainsi) mais ce n'est pas ce qui les intéresse le plus. Lorsque nous, magiciens, voyons en vrai ou en vidéo, un tour que nous ne comprenons pas, nous avons envie de le revoir pour comprendre. Nous retrouvons notre esprit d'enfant qui cherche à comprendre. Et c'est souvent ce qui nous conduit à acheter certaines choses alors même qu'on sait que dans beaucoup de cas, on va se faire avoir. Mais on le sait. On sait qu'il y a un truc. L'important est maintenant de savoir si c'est un truc génial (un truc simple auquel on avait pas pensé ou au contraire hyper ingénieux) ou si on nous a roulé de manière moins honorable (coupure au montage, meilleure sortie seulement présentée, jeu sur les angles, musique pour cacher un bruit conséquent,etc...). C'est ce qui fera de nous toute la différence entre un petit bonheur et une déception. Nous ne pouvons pas faire partie de ces personnes qui ne veulent pas savoir. Le seul moment où on se dit ça, c'est lorsqu'on est sûr que la méthode impliquée est trop complexe ou difficile pour nous, qu'on ne s'imagine pas le faire. Sinon, par le fait même que nous soyons magiciens, nous avons cette envie de comprendre. Les spectateurs d'un spectacle d'illusionnisme viennent pour être trompés. Ils savent que si l'artiste est bon, ils le seront. Cela semble être un comble mais oui "être trompé" est un besoin et ce pour une raison assez simple : l'illusionnisme touche a une limite, celle de ce qui est réalisable dans notre monde et l'impossible. Contrairement à un film ou à un livre, les effets se produisent réellement, sur une scène ou une table, devant nos yeux. C'est pour cela que j'ai toujours défini l'illusionnisme comme étant l'art de donner une réalité à des choses impossibles, chose que ne peut pas faire le monde du cinéma ou de la littérature car on passe par des supports que sont l'écran ou le papier.
    • Merci Thierry pour cette nouvelle information Et on est bien d'accord qu'elle ne remet pas du tout en cause, le résumé que nous avons validé ensemble que je cite à nouveau :   On précise que si : on renonce au régime de l'intermittence on est entrepreneur du spectacle avec ou non TVA et qu'on est inscrit comme entreprise individuelle donc avec SIRET (même chose que SIREN mais plus long), on obtient le récépissé d'entrepreneur du spectacle (la licence a changé d'intitulé) on a une RC, on peut choisir le régime de micro-entrepreneur, Sinon que devient cet article de 2023 :? Article L7121-3 Modifié par Ordonnance n°2021-1189 du 15 septembre 2021 - art. 35 Tout contrat par lequel une personne s'assure, moyennant rémunération, le concours d'un artiste du spectacle en vue de sa production, est présumé être un contrat de travail dès lors que cet artiste n'exerce pas l'activité qui fait l'objet de ce contrat dans des conditions impliquant son inscription au registre du commerce et des sociétés. Conformément à l’article 47 de l'ordonnance n° 2021-1189 du 15 septembre 2021, ces dispositions entrent en vigueur le 1er janvier 2023. Chacun, avec toutes ces infos, pourra faire le choix.... Bonne magie!      
    • Hello, Pour Dual Pad nous venons de changer la recette. Les gens trouvaient le temps d’attente trop long pour récupérer l’info. Nous avons simplement affiné le papier et c’est instantané. Cette version a été un gros succès à Blackpool, voici exactement son fonctionnement: Venez nous vous au RDV Magic Dream !   Bonne journée,   Victor Zatko 
  • Statistiques des membres

    • Total des membres
      8421
    • Maximum en ligne
      4524

    Membre le plus récent
    Laurent HEYRAUD
    Inscription
  • Statistiques des forums

    • Total des sujets
      84.9k
    • Total des messages
      682.8k

×
×
  • Créer...