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Décès de Christian FECHNER


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Publié le

Pour répondre aux nombreux emails et appels téléphoniques que je reçois ......Vos messages ou condoléances peuvent être envoyées à: Madame Solange Fechner et ses enfants

39 rue des Tilleuls 92100 Boulogne

Email: fcf@filmschristianfechner.com

Fax: 01 46 99 03 43

Les obsèques de Christian Fechner seront célébrées à Paris, le Lundi 1er décembre

en l'Eglise Saint-Roch 296 rue Saint-Honoré à 14h.

L'inhumation aura lieu au Cimetière du Père Lachaise.

Gilles Mageux

Publié le

C'est bizarre, je ne sais pas pourquoi, mais de très nombreuses fois j'ai repensé à cette petite scène de l'émission "ça se discute", consacrée aux magiciens, lorsqu' Elisabeth Amato empruntait un billet de banque à Christian Fechner pour le transformer, puis de lui dire qu'elle lui rendrait plus tard après l'émission, émission qui était baignée d'un beau plateau de magiciens dans une ambiance agréablement familiale. Il y a des images fortes et simples qui restent parfois, on ne sait pas trop pourquoi... Je crois que celle-ci n'est vraiment pas prête de s'évanouir...

Des pensées pour sa famille.

Publié le

Vraiment marre de cette maladie de merde. Décidemment, même avec les progres de la medecine, il semble qu'on avance pas si vite que ça sur les traitements etc...

64 ans !

Il avait encore un sacré bon bout de chemin devant lui. J'ai une très belle photo-affiche de lui dans un vieux volume du journal de la prestidigitation que m'avait donné Albert Boin...lui aussi décédé cette année ...et du même genre de maladie...

Vraiment triste.

Publié le

Dur dur cette nouvelle. Solange, Gaétan, Georges, je suis de tout coeur avec vous. Nous venons de perdre un ami très cher.

Ces dernières années on se voyait peu, Christian, mais on se téléphonait de temps en temps...Rien ne va bouger car je continuerai de parler avec toi mais dans ma tête pour changer !

Je suis resté fidèle à notre amitié depuis 1976, comme tu le sais bien, ça ne va pas être différent maintenant, tu peux compter sur moi jusqu'au bout !

Je t'embrasse.

Publié le

26 Novembre…16H30…je pars pour Granada, avec escale à Madrid…un super sympa congrès, avec mes copains espagnols…que du bon…machinalement j’écoute mes messages, avant de partir, comme toujours…au cas où…un message laconique m’attends, de mon copain François Weirtemer… « Christian est décédé…. »

Quoi ??? quel Christian…j’en connais peu…quelques coups de fil passés à la hâte me confirment ce que je ne veux pas admettre…pas toi, …sans qu’on se soit revu, après ces quelques mois où tu devais partir aux states…pour affaires…. Je prends mon avion pour Madrid dans un état de choc tel, que moi qui déteste les avions, pour la première fois, j’en ai rien à foutre….et quand le zinc décolle, je ferme les yeux, et suis avec toi…

On est beaucoup plus jeune, moi pas encore trente ans et toi juste neuf de plus…

C’est en Espagne, dans un congrès, (ironie du sort), qu’on se découvre mutuellement…c’est à Jaca, je crois, mes pensées sont confuses, en tous cas, c’est Dominique Duvivier également présent, et déjà ton ami, qui nous présente…Tu me connais déjà , comme petit jeune qui promet…avec quelques idées rigolotes en close-up, alors que je ne sais de toi que tu es un «grand « producteur de films, amoureux de la Magie…Après ma conf, tu me félicites sincèrement et me propose de boire un verre…émotion !!!

Très vite, on se parle comme si on se connaissait depuis toujours, toi de ton amour des grandes illusions, et déjà de Robert-houdin, et moi du close-up…Deux visions…une même passion…On va ensuite faire un tour à la foire aux trucs…et preuves à l’appui, tu me montres l’indigence flagrante des « grandes illusions » offertes à la vente, non seulement souvent hideusement décorées, mais presque toujours des copies resucées, de telle Zig-zag du bon Harbin, ou d’une pseudo nouvelle malle des indes…

Tes mots me sonnent encore : « Pourquoi tant de médiocrité, alors que d’autres ont fait tellement mieux avant, alors que dans le close-up, tout semble bel et bien aller de l’avant ! »

« je suis sûr qu’il y a encore des choses à faire…j’ai des idées là-dessus…écoute »

Et j’écoute…et je suis incrédule…tu me dis juste des choses qui me paraissent impossible, tellement impossible….Ton concept de base est qu’il faut oublier toutes les boites….toutes les trappes, tous les cintres…se fixer ces impératifs à la base, car toute boite utilisée est en soit une faiblesse, une échappatoire possible aux yeux du public, qui peut balayer d’une pensée toute la Magie, en disant simplement : OK, la boite est truquée….Tout cela va très vite….j’essaye d’assimiler, de suivre ta pensée….OK, donc, vous dites, plus de boites plus de trappes, etc, tout doit pouvoir se faire dans un salon….Je vois pas trop ce qui reste ?...

A l’époque, tu fumes encore ton gros cigare…tu en souffles une ou deux bouffées, et tu me regardes intensément, ton sourire que j’adore déjà se dessinant subtilement aux coins de tes lèvres, tu prends ton temps, pour mieux me distiller la joie, la révélation, et tu me décris peu à peu ce qui est déjà dans ta tête ton futur numéro….auquel tu travailles déjà en secret…Devant l’énumération des impossibilités, j’ai peine à te suivre…et tu t’en réjouis…et j’aime çà, et tu me racontes la télé qui disparaît, avec la table transparente, et la bouteille de champagne, et les différentes lévitations, jusqu’à la tienne, ultime, Christique….et moi tout on, juste de te répondre…. « Vous êtes sûr…pas de trappes, pas de cintres…faisable partout ???? »

Je n’ai aucune explication pour aucun de tes « prestiges » je me sens tout petit….

A la fin du congrès, tu me donnes ta carte : « Voyons-nous, appelles-moi…on parlera de tout çà)…

A ce moment, je suis juste sûr, ou presque, que j’ai affaire à un doux dingue, que c’est pas possible, ces effets, qu’il y a une faille quelque part….

En même temps, tout ton être ne respire que certitude et intelligence, alors j’appelle, vite rentré, et tu me donnes rendez-vous, chez toi, dans ton superbe hotel de la Néva…

C’est un hotel particulier ou tu habites, et où tu as tes bureaux, à l’époque….juste somptueux, et décor de ciné à la la fois…Notre premier diner fut chinois, et de la meilleure façon…tu avais à ce moment un cuisinier chinois, à demeure….C’est ce même jour que je découvre Solange, ta muse, ta déjà presque femme, amoureuse de toi et de la Magie aussi, énigmatique et décalée, mais avec un sens de l’humour et une classe innée…ton « Anam cara », à jamais…

On dine , on boit, on fume, un cigare de ta réserve, et un cognac Delamain, pour finir …je suis ailleurs, entre rêve et réalité….tu me montre sur ton écran géant (déjà à l’époque) les dernieres nouveautés des states…un certain Doug Henning, qui fait fureur là-bas, et je reste scotché…et puis les balbutiements d’un autre, un certain Copperfield, plus coincé, mais qui pourra faire son chemin….) Je réalise juste que oui, il y a des choses à faire dans la « grande illusion »…et puis tous ces miracles avalés, ces nouvelles perspectives entrevues, je te ramène à tes idées sur ton propre numéro…..

Je te redis les « impossibilités » sorties de ta bouche, et puis là, tu souris, encore, et prends ton temps pour m’amener à tes solutions envisagées…C’est peut-être le plus merveilleux moment vécu de ma vie de magicien….Toutes ces choses impossibles, tu as l’art de me les faire presque deviner, moi le ruffian, pour tous tes effets tu as des solutions, et des vraies….toutes mes barrières s’effondrent, une à une…et tout n’est qu’intelligence et subtilité….

Ton récit achevé, je suis anéanti…un peu comme aujourd’hui…sais plus quoi dire, sinon…mais tu en es où, dans tout çà… ?

Et pour la première fois, tu me parles de Simon Jardin, que je ne connais pas, mais c’est le frère de Pascal Jardin, scénariste et auteur à succès…et d’ailleurs, Simon a déjà beaucoup travaillé sur la lévitation du tabouret….dans presque un an, c’est la Fism…et tu me dis vouloir te présenter, en invention…juste pour pouvoir leur montrer qu’il y a encore des choses à trouver si on sait juste pouvoir un peu se mettre dans la peau des grands penseurs que furent Robert-Houdin, De Kolta, et quelques autres…

« Et si tu veux faire partie de l’équipe, c’est quand tu veux…. »

Je n’ai pas hésité une seconde, et qui à ma place l’aurait fait….Une semaine plus tard , tu me fis rencontrer Simon, et puis François Bertaud, le prof de moulage, génial aussi, genre Jean Carmet de la résine, et puis Hans Walter Muller, et tous plein de fous géniaux…et ton frère Jean-Guy, qui synthétisait tout çà…Moi j’avais pour mission de déstructurer, de mettre des fils et du « Bloom » quand tout était trop rigide…

Tout ceci est tellement bien décrit dans ton œuvre magistrale… tes « Soirées fantastiques »…

Avec aussi le fabuleux récit de l’Aventure par Simon…

Mon Christian, cette année là, tu m’as donné les plus belles émotions magiques de ma vie…

Ta petite équipe oscillait entre « mission impossible » et « mc Giver », et finalement, contre vents et marées, tu as eu ton prix et bien plus….

Je viens de redécouvrir cette émission, où tu fais ton numéro, en guest Star dans l’émission de ce cher autre génie que tu avais porté aux sommets : Jacques Villeret…

(Tes idées sont tjrs au top, tellement toujours novatrices…voyez et regardez encore….Même dans l’allure, le smoking sans cravatte, tu étais devant…Remettons dans le contexte…du génie vous-dis-je…)

C’était ton autre passion, découvrir les Stars, comme lui et tant d’autres, dans ton autre métier...Ton vrai métier dirais-je…la Magie étant plus ta vraie autre Passion…

Les vraies Stars de notre monde ne s’y sont pas trompées, de Copperfield à Siegfried &Roy, et bien d’autres qui vite sont venues te consulter, avec les mêmes yeux de môme attendant le nouveau miracle…

Quand je venais te voir, tu avais toujours cette phrase d’intro : « Comment va t’il ? » et on riait…et je te donnais une idée, ma meilleure idée, ma dernière, ma chérie, celle qui allait révolutionner le monde…et tu avais toujours le don insensé, incroyable, de mâchonner ton cigare, que tu ne fumais plus depuis longtemps…( en fait, depuis le jour ou Alexandra, ta fille, toute petite , avait été très malade, et que tu t’étais juré que si elle s’en sortait, tu te devais de te priver d’une passion immense… !!!!) bref, Alexandra est aujourd’hui la femme superbe que l’on sait, et ton cigare n’a jamais plus été allumé….juste maché….Chiqué presque…

Donc tu le mâchais, me regardant, et puis toujours, lentement, comme à notre première rencontre , tu avais l’unique capacité de me dire : « Moi, si j’étais toi…. » et à ce moment-là, tu me retournais mon idée géniale complètement à l’envers, bousculant tout mon échafaudage pour le sublimer tellement, me faisant jurer à chaque fois , tel « Bourrel » dans les « 5 dernières minutes », ….Mon dieu mais c’est bien sûr !!!!

Ce talent là, tu le possédais plus que personne, c’est ta vraie Magie, aussi…

Tu vois, je veux leur dire çà, à eux, ceux qui ne te connaissent pas vraiment, et qui n’auront plus que tes écrits magistraux sur ton grand Maitre….et il l’était dans ton cœur….

Tu l’es tout autant pour moi…et bien plus, .et pour tes « mousquetaires » et tous ceux que tu as un jour touché de tes brillances, de tes fulgurances…Un vrai pan de ma vie s’écroule avec toi, et surement mes plus belles années, à moins que non, la preuve, entre Madrid et Granada, j’ai par erreur composé ton numéro direct…J’ai entendu ta voix, « Christian Fechner, …Je t’ai laissé quelques mots…

Si un jour je fais encore des choses, des belles, des bonnes, je sais bien qu’au coin de ma vie tu sauras toujours me faire un signe, et retourner mes idées comme une crêpe…avec l’Amour au coin , toujours….

Gaetan

Publié le (modifié)

Christian, pas toi...

Ce n'est pas possible, c'est un cauchemar...

Je suis sous le choc, je ne m'étalerais pas, tu sais de toute façon ce que je t'aurais dit...

Je suis et resterais ton éternel débit eur...

Modifié par John FIKS

Le plus beau sentiment qu'on puisse eprouver est le sens du mystere... (A. Einstein)

Publié le

Un immense merci pour cet ex-voto Gaetan, qui permet à ceux qui ne l'ont pas connu (comme moi) de se rendre bien compte de son génie.

Comme vous tous, je suis triste.

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    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
    • C'est dans 1 mois! Quelqu'un pourrait-il afficher le programme complet? Merci!!
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