Rodolphe CANDELA Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 merci, Citer rodolphecandela.com
Invité Fred Darevil Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 Vous connaissez le monde de l'entreprise ? Un intervenant formateur c'est entre 1500 et 2000 euros la journée. Et il peut bosser tous les jours. Un artiste à 800 euros la soirée sachant que 9 fois sur 10 on le demande le samedi soir et qu'il n'y a que 4 samedis dans le mois ce n'est pas toujours facile. J'aimerais que ce soit entendu ça aussi. Je constate surtout que la plupart de ceux qui pontifient sur le sujet ne sont PAS pros et jugent allègrement de l'extérieur. Je ne parle même pas des petits Ayatolas en herbe adeptes du marche ou crève. Comme disait Coluche : "y a des mecs qu'ont des avis sur tout. En fait ils ont surtout des avis !" Quand j'apprend qu'une boite grosse comme Air France organise un repas à 5km de chez moi et qu'elle va engager un magicien à moins de 500 euros déplacement inclus et qu'il vient de Paris parce que moi je suis "trop cher" à 300 de plus... celà me fait marrer sachant que Air France va bourrer le mou de sa clientèle pour la convaincre qu'elle a d'excellentes raisons d'être plus chère que Ryan Air ! Donc... regardons les choses en face tout celà est affaire de subjectivité et de choix personnels. Je n'en veux pas au magicien qui a surement d'excellentes raisons de son point de vue. J'aurais juste envie de discuter avec lui de tout celà. Pour comprendre son avis et son positionnement sur la question. Avec l'espoir d'être écouté moi aussi... Citer
Vincent DELOURMEL Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 Cette vidéo de Bilis est intéressante, car il parle de cette notion de prix qui fait peur à tout le monde. L'argent, en France, c'est sale. Comment ça ? Payer un gars 1000 euros pour "jouer" avec des cartes ? Je vais vous dire un truc : montrez moi une seule entreprise qui n'a pas les moyens réels de payer 1000 euros une prestation, quelle qu'elle soit. Cette entreprise est dans ce cas au bord de la faillite. Les budgets d'entreprises sont votés. C'est tout. S'ils décident de ne consacrer que 800 euros, c'est un choix. LEUR choix, pas le vôtre. C'est à vous d'imposer votre prix. S'il ne passe pas, ayez au moins du respect pour votre travail (et accessoirement pour celui des autres). J'ai la chance de travailler aussi bien pour l'événement que pour la formation. Si vous saviez, si vous connaissiez les budgets alloués à la formation, certains d'entre vous pourraient bondir. Qu'on se comprenne bien : la notion de prix est subjective. Alors oui, on peut comparer tel truc à tel autre. Mais autant j'imagine qu'on ne peut pas exploser les tarifs chez un particulier qui se marie (encore que le budget moyen d'un mariage est de 12.000 euros avec un budget assez rigolo d'environ 600 euros pour les simples dragées), autant ceux qui se bradent pour des événements d'entreprises se trompent LOURDEMENT. C'est un premier point. Ensuite, il y a ce qu'on pense valoir. Il y a ceux qui crient au scandale par rapport à certains prix "élevés". Mais pourquoi un artiste n'aurait pas le droit de vivre décemment de son art ? Je vais vous dire le fond de ma pensée : un artiste qui vit bien est plus apte à créer car il est plus motivé. Si vous écoutez l'interview de Bilis, il parle de 4000 francs nets, soit environ 8000 avec les charges. Aujourd'hui, 1200 euros. On est d'accord, il s'agit de Bilis. Mais c'était il y a 15 ans environ. La question : les tarifs doivent-ils baisser avec le temps ou se maintenir suivant l'inflation ? On parle là de pouvoir d'achat et à ma connaissance le prix du pain a suivi la courbe de l'inflation avec le temps. On ne paye pas moins cher le pain aujourd'hui. C'est un second point. Le troisième point aborde une grave erreur chez les pros. En province il n'y a pas de cabarets. Du moins pas comme à Paris où certains artistes ont pu exercer leur métier chaque soir durant une carrière complète. En province, il s'agit pour la plupart d'événements, avec toute la part non artistique que ça comporte. Lors d'un événement, nous sommes engagés pour "animer". La notion même d'artistique disparaît au profit de cette animation. Quand on engage un "artiste", on s'attend donc à un résultat. Qui dit résultats dit "moyens", une certaine pression également. Et je peux vous assurer que quel que soit votre cachet, l'attente sera la MÊME. D'où tout l'intérêt pour un intervenant de se BLINDER à tout point de vue. Et ça passe par un tarif COHERENT. C'est quoi un tarif cohérent ? C'est celui qui correspond : - à votre niveau réel - à votre expérience - à votre service - à l'attente du client Autant je n'aime pas les artistes confirmés qui se bradent, autant je n'aime pas non plus les mauvais qui prennent des sommes qu'ils ne valent pas. Là, c'est une question de professionnalisme. L'autre grave erreur des professionnels d'aujourd'hui est de ne pas avoir pris la dimension commerciale dans leur métier. Le marketing, au même titre que la création, est une composante essentielle à prendre en compte pour quiconque souhaite vivre de son art. J'en vois déjà certains frémir : au-delà du prix, ça sera donc toujours celui dont le marketing est rôdé et efficace qui s'en sortira le mieux. Bien qu'aujourd'hui j'ai décidé de m'écarter de l'événementiel pur pour explorer d'autres horizons, j'ai travaillé à raison de 120 dates par an, sans être intermittent, à des cachets supérieurs à la moyenne, sans aucun problème... Alors que d'autres parfois bien plus doués que moi galéraient pour obtenir leur statut. Aujourd'hui encore, j'ai un bon ami qui continue à travailler à des prix très élevés par rapport à la moyenne. Et pourtant il atteint chaque année 150 à 200 prestations. Ces chiffres sont réels. Alors oui, on avance la conjoncture. On avance la concurrence. Ce sont des données palpables, directement mesurables. Et pourtant, il s'agit avant tout d'un problème de marketing, d'image, de communication. La concurrence a du bon : elle vous oblige à vous creuser la tête pour proposer d'autres services ou prestations à vos clients. A vous différencier. Mais certainement pas à vous brader. C'est là un faux problème. La créativité est censée être l'apanage d'un artiste. Et pourtant, on est tous d'accord, il est difficile de différencier un magicien d'un autre. C'est peut être là aussi qu'il faut travailler. Pour résumer, voici un topo pour bien vivre de son métier, quel qu'il soit : 1) Bien définir sa cible : pour qui voulez vous travailler ? 2) Bien définir votre offre : qu'allez vous offrir ? 3) A combien estimez-vous votre temps ? 4) Si vous prenez plus cher que les autres, quelle va être votre plus-value ? 5) Comment allez-vous entrer en contact avec vos prospects éventuels ? 6) Quelles stratégies allez-vous mettre en oeuvre pour vivre de votre métier ? Quels moyens publicitaires ? 7) Quels objectifs souhaitez-vous atteindre ? 8) Quel suivi allez vous proposer à vos clients ? Beaucoup d'artistes pensent qu'une simple annonce dans les pages jaunes ou sur des annuaires spécialisés suffisent. Et bien non. Les pages jaunes, le Mémo, vous assurent sans doute une visibilité. Mais surtout ils donnent une occasion supplémentaire aux "prospects" de comparer et de chasser le prix. Et si vous êtes plus cher, 9 fois sur 10 vous passerez à la trappe. Il existe d'autres voies, plus fiables, pour signer des contrats. Il y a le phoning, la recommandation, l'étude de marché, le sur-mesure etc... Voilà quelques trucs dont je me suis servi durant quelques années pour le spectacle et que j'adapte aujourd'hui à d'autres activités avec le même "succès". Crise ou pas crise, concurrence ou pas. S'agissant de magiciens qui offrent leur service 4 fois moins cher "pour la même prestation" : j'ai un argument que j'ai emprunté à un bon ami. Quand on me demande des explications, je balance cette question : "pourriez-vous me dire quels sont les soucis que ce concurrent vous proposent ?" Après une rapide vérification il est souvent facile de démontrer la différence. S'il n'y en a pas, passez votre chemin : le but dans ce métier est de durer, pas de survivre. Et les amateurs ? Et les semi-pros ? On a tous commencé comme ça. En France c'est possible, on peut exercer une activité artistique en plus d'un métier. Mais là encore c'est un faux problème : dès lors que je suis passé pro, je n'ai plus jamais croisé la route des semi-pros. Pour la simple et bonne raison que je ne visais pas la même cible. Désolé pour la longueur du message : ça reste un point de vue, mais je n'ai jamais souffert d'un manque de contrats. Pire, comme je n'aime pas bouger trop loin pour travailler, j'ai surtout démarché ma région. Et là non plus, pas de problème. Il y a dans chaque région un "marché potentiel" : à vous de le réveiller ! Citer
Sébastien MOSSIERE Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 Ouaip ! entièrement d'accord splitch, c'est un mec qui sait réfléchir, y' a pas de doutes. Citer
Jean-Yves LOES Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 (modifié) Bonsoir ! France 2 me paie ma vacation de pigiste journaliste 112 euros net. Je ne travaille pas tous les jours. Jean-Yves Modifié 9 novembre 2008 par petitbonhomme Citer Jean-Yves Loes (Petitbonhomme) http://www.lamagiedupetitzebulon.com/
JacK BARLETT Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 ...... Pour résumer, voici un topo pour bien vivre de son métier, quel qu'il soit : 1) Bien définir sa cible : pour qui voulez vous travailler ? 2) Bien définir votre offre : qu'allez vous offrir ? 3) A combien estimez-vous votre temps ? 4) Si vous prenez plus cher que les autres, quelle va être votre plus-value ? 5) Comment allez-vous entrer en contact avec vos prospects éventuels ? 6) Quelles stratégies allez-vous mettre en oeuvre pour vivre de votre métier ? Quels moyens publicitaires ? 7) Quels objectifs souhaitez-vous atteindre ? 8) Quel suivi allez vous proposer à vos clients ? CQFD JaB ~~~~~~~~~~~~~~ Citer
Julien FOURNIER Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 L'argent, en France, c'est sale. Comment ça ? Payer un gars 1000 euros pour "jouer" avec des cartes ? Et oui, c'est un gros problème en France... Dès qu'on parle d'argent, il n'y a plus personne. J'ai une question à poser aux pro ici présents : Pourquoi n'affichez-vous pas un tarif précis sur vos sites web (par exemple)? Ou même un exemple de tarif? Pour telle prestation, le tarif de base est de XXXX Euros. Est ce pour la "concurrence"? Ou pour autre chose? Concernant le message de Splitch, j'adhère à l'idée du marketing. Je pense qu'il faut "traiter" TOUS les aspects de ce métier. Et savoir se "vendre" en est une grosse partie... Citer
Julien FOURNIER Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 ...... Pour résumer, voici un topo pour bien vivre de son métier, quel qu'il soit : 1) Bien définir sa cible : pour qui voulez vous travailler ? 2) Bien définir votre offre : qu'allez vous offrir ? 3) A combien estimez-vous votre temps ? 4) Si vous prenez plus cher que les autres, quelle va être votre plus-value ? 5) Comment allez-vous entrer en contact avec vos prospects éventuels ? 6) Quelles stratégies allez-vous mettre en oeuvre pour vivre de votre métier ? Quels moyens publicitaires ? 7) Quels objectifs souhaitez-vous atteindre ? 8) Quel suivi allez vous proposer à vos clients ? CQFD JaB ~~~~~~~~~~~~~~ En fait, c'est comme pour toute entreprise, ou tout produit... Citer
Cyrille SAVELIEF Publié le 9 novembre 2008 Publié le 9 novembre 2008 Aller, je m'auto-cite: "Ne serait-il pas temps de se rendre compte que la magie est un micro marché et qu'entre deux magiciens qui font le tour du biddle et le portefeuille en feu il est normal que le client choisisse le moins cher? Ne serait-il pas plus intéressant (intellectuellement et pécunièrement parlant) d'utiliser la magie pour souligner un propos plutôt que comme une fin en soit? Bien évidemment, encore faut-il avoir quelque chose d'intéressant a raconter..." Une petite anecdote: il y a environ un an, j'ai effectué mon premier (et unique) close-up pour dépanner un ami qui était malade. J'arrive sur le lieu de travail, prend contact avec "mon" employeur et celui-ci me demande ce que je fais: portefeuille en feu, balles mousses, cartes, papier flash, etc. Je répond non à chacune des questions ce qui le fait blêmir. Il finit par me demander ce que je fais et je lui réponds "des trucs à moi". Il part sceptique. La soirée se déroule sans aucun problème. Je suis rentré chez moi avec 700 euros de pourboires en plus du salaire convenu. Petite précision: chacune des personnes avait déjà payé ma prestation avec son menu. J'ai entendu plusieurs tables discuter et dire "Pour une fois qu'on ne voit pas de portefeuille en feu et de cartes, ça change!" Citer
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