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Loi sur les artistes amateurs: la Bretagne inquiète pour ses festivals

Il y a 7 heures

LORIENT (AFP) - Terre de festivals, la Bretagne s'inquiète d'un avant-projet de loi visant à encadrer la participation des artistes non professionnels dans les spectacles vivants, mais qui menace des centaines de manifestations, animées le plus souvent par des bénévoles.

En gestation depuis 2007, ce texte, qui doit être présenté en décembre à la ministre de la Culture Christine Albanel, vise à supprimer le travail dissimulé nuisant aux artistes professionnels, notamment aux intermittents du spectacle.

Il prévoit que les amateurs soient désormais soumis au code du travail et ne puissent se produire que s'ils ont chacun un contrat de travail et s'ils reçoivent un salaire individuel.

Ce qui fait bondir les organisateurs et artistes bénévoles présents cette semaine au Festival interceltique de Lorient (FIL), qui attire chaque année plus d'un demi-million de spectateurs.

Car actuellement en Bretagne ce sont les associations culturelles, notamment les bagadoù (ensembles musicaux), souvent régis par la loi 1901, qui perçoivent une indemnité globale pour chaque prestation. Ces indemnités servent à payer costumes, instruments et frais liés à la formation.

"Il est impossible de faire une fiche de paye par personne et de payer les charges pour chacun, cela aurait un coût financier trop important pour les groupes", s"insurge Lisardo Lombardia, directeur général du FIL qui rassemble cette année 4.500 artistes. Pour lui, ce projet "met en péril l'existence même des festivals de musique celtique".

Bob Haslé, président de Bodadeg ar Sonerion (BAS), la plus grande fédération de bagadoù, renchérit: "pour chaque artiste jouant une journée dans un festival, il faudrait payer 210 euros, alors qu'un bagad ne reçoit en général que 700 à 1.000 euros d'indemnité globale... Faites le calcul pour un groupe de 40 musiciens: demain, on est mort!".

Selon lui, on compte actuellement quelque 40.000 amateurs dans le domaine de la culture bretonne, que ce soit au sein des bagadoù, des cercles de danse, des chorales ou encore dans les comités des fêtes.

"En poussant à l'adoption de ce projet, certains intermittents veulent que les amateurs disparaissent pour pouvoir récupérer leur boulot. Or, sans bénévoles, il y aura de moins en moins d'événements et donc de moins en moins de travail pour les professionnels", estime Jean-Pierre Ménéghin, l'un des responsables du bagad de Quimperlé (Finistère) qui a défilé dimanche parmi une soixantaine d'autres à la Grande Parade du FIL. "Ils se tirent tout simplement une balle dans le pied", affirme-t-il.

Certains élus bretons, comme les députés Pierre Méhaignerie (UMP) ou Jean-Jacques Urvoas (PS), alertés par les associations, ont déjà exprimé des réserves face à ce texte.

Et une manifestation est prévue à Nantes le 20 septembre pour "la défense de la pérennité des bagadoù et de l'ensemble du mouvement culturel breton".

"Mais ce sujet ne concerne pas seulement nos associations. Cette loi va toucher l'ensemble de la pratique culturelle bénévole en France: harmonies, fanfares, troupes de théâtre, fêtes populaires, etc.", souligne Bob Haslé. "Que deviendra par exemple le Puy-du-Fou, avec ses 3.200 bénévoles?".

Interrogé par l'AFP, le ministère de la Culture a indiqué ne pas être dans l'immédiat en mesure de commenter ce projet.

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Allez... on continue... spéciale dédicace à Frantz ;)

Les fautes sont d'origine.

On recherche Magicien (Nord)

Particulier recherche magicien pour animé un gouté d'aniversaire, pour des enfant de 1à 5 an (12 enfan), d'une heure environ, plus, si c'est possible, un atelier d'une heure pour leur apprende la magie.

Informations complémentaires rédigées par le client : 5 euros pour le déplacement

Particulier recherche un magicien pour une après-midi pour un goûter d'anniversaire.

Le mercredi 10 septembre 2008 de 14h à 16h

Lieu de livraison : Sarthe FRANCE

Budget : Quoi qu'il arrive, ne pourra pas dépasser 60 Euros

ça se deroulera le vendredi 22 aout 2008. notre budget étant restrin, ce sera 20 euro de l'heure (+ 5 euros pour le deplacement).

Publié le (modifié)

Pour ce qui est de l'affaire présentée par Danilsen, je la suis depuis plusieurs mois et je suis partagé.

Etant musicien ET bretonnant, issu d'un bagad, je vais vous livrer mon sentiment.

- l'Etat trouve n'importe quel moyen pour arrondir les fins de mois de nos dirigeants, et combler des trous qui pourraient l'être autrement.

- Il trouve donc moyen de taxer les acteurs majeurs de la culture bretonne (et pas qu'eux).

Mais

- les événements majeurs de la culture bretonne (Breizh Parade, Saint Patrick à Bercy, Nuit celtique au stade de France, Festival Interceltique de Lorient, Festival de Cornouailles, etc...) se font un blé de dingue (malgré parfois des données financières basses), certes pour promouvoir la culture bretonne, ce qui est un plus non négligeable, tant au niveau culturel qu'économique, mais ces événements ne sont en grande partie rien si les bagadous ne venaient en nombre.

Or ces bagadous travaillent comme des musiciens professionnels, sur des événements qui rapportent de l'argent. Comment expliquer que le batteur de Dan ar Braz (par exemple) serait lui, soumis à cachet et à cotisations sociales, et non les autres ? Il y a donc ici un déséquilibre qui me dérange. Il y a là la même question qui nous taraude, nous magiciens, au niveau des artistes travaillant sur "facture associative" (hum, hum...), et ceux qui se soumettent aux règles en cotisant au GUSO. Il y a un problème de concurrence déloyale qui mérite d'être soulevé.

Par exemple : Loïc Taillebrest, le sonneur de Soldat Louis, I Muvrini, etc... est payé comme un musicien. Imaginons (et ca existe) que l'association des sonneurs d'Outsiplou-les-bains-de pieds, propose un musicien 3 fois moins cher, avec reçu associatif à la clé... que se passe-t-il ?

Il existe parmi les sonneurs bénévoles d'excellents musiciens. La concurrence est alors rude.... mais là on entame le fameux débat professionnel / amateur, qui n'a lieu d'être ici puisque trop de pages y ont déjà été consacrées.

MAIS, pour en revenir à nos moutons...

Les bagadous sont des associations loi 1901, composés de bénévoles passionnés, qui s'éclatent le temps d'un concert et en c hient le temps des répétitions. Le moment de sortie est donc attendu des bénévoles. En général, les bagadous demandent de 1000 à 1500 euros (parfois moins) pour couvrir les frais d'instruments, costumes...

Chaque bagadou étant composé en général de 30 à 50 personnes, on va mettre une moyenne de 40 personnes. Imaginons que chaque personne soit payée 100 euros la journée net, soit donc à la louche 200 euros, le total par bagadou arrive à 8000 euros.

Ce qui est impensable au niveau des événements comme la nuit celtique, qui regroupent au moins 4 bagadous, sans compter les cercles celtiques, les pipe bands, la technique...

Et ce qui est encore plus impensable sur les événements comme le FIL ou la Breizh Parade, où les bagadous sont légions, et où sortir de telles sommes signifie la mort de ces événements. Il est logique donc de penser que la pérennité du mouvement culturel breton puisse être menacé. Ces événements ont engendré le mouvement de masse actuel des bagadous, les groupes divers connus et moins connus acteurs de la culture bretonne, etc... Plus d'événements signifie donc moins de groupe puis la sclérose...

Cela est de toutes façons dans la logique des choses, mais je ne vais pas parler politique ici... Simplement pour dire que pour nos dirigeants, il est essentiel de couper certaines racines, pour préserver l'unité d'une nation qui leur rapporte beaucoup...

Ca me rappelle une chanson de Kadwaladyr, si mes souvenirs sont bons.

"Tu peux peindre en bleu, en blanc, en rouge, le feuillage éphémère d'un arbre. Mais si tu peins les racines... l'arbre meurt..."

PS juridique, pour rappel : il est à noter que normalement, aucune loi édictée par la France n'est valide en Bretagne, du fait que le traité signé en 1532 n'ait jamais été revu. Pour revoir un traité, il faut que les deux parties soient présentes. Soit donc les dirigeants Français, et les dirigeants Bretons (ce qui actuellement ne peut se faire puisqu'il n'y pas de gouvernement breton en exercice). Tant qu'il n'y a pas révision, le Traité est légalement considéré comme valide. L'Etat Français est donc dans l'illégalité en promulguant des lois qui vont à l'encontre de l'intérêt breton... Certains feraient peut-être bien d'y penser... ;)

Modifié par tanhouarn
Publié le

Une petite nuance... Certes toutes ces propositions sont farfelues, mais ces personnes ont le bénéfice du doute, ils sont dans l'ignorance de ce que ça coûte.

En revanche je vous soumets ceci :

Close-up :

Cocktail : 250€, Table en table : 250€, Magie de Salon : 300€

Enfants :

Anniversaire : 150€ pour 1h15 de spectacle, 250€ pour spectacle plus goûter fournit

Associations : 200€ pour 40 personnes (?)

Campings : prestation de 2h30 (!!!!) comprenant qques tours aux tables à l'apéro (sic), puis animation pour les enfants et enfin le spectacle en fin de soirée : 250€ (!!!!!!!!!!!!!!!!!)

Et pour finir en beauté : pour les écoles : 2 représentations de 1h15, une le matin, une l'après midi : 200€

QUI DIT PIRE ?

(ça doit sûrement se trouver...)

Voilà... Ces infos ont été trouvées sur le site d'un VMiste... Voilà qui me semble bien plus grave et nuisible à notre corps de métier...

Nikola

www.nikola.fr

Publié le

En réponse à Nikola, ce qui m'étonne c'est la disparité des tarifs.

250 euros pour un close-up c'est correct (à condition que ce sois le tarif net pour l'artiste) mais 200 euros pour 2 spectacles d'1h pour une école c'est nettement en dessous.

Un autre élément est aussi à prendre en compte à mon avis et après en avoir parlé avec des pros et des amateurs DJ, c'est lle lieu, la région d'exercice. Un pro me confiais qu'habitant dans une région un peu paumée il avait des tarifs assez bas car cela lui permettais d'avoir beaucoup plus de travail. En venant de Paris il a essayé de conserver ses tarifs, mais il était beaucoup trop cher et il a donc décidé de baisser ses tarifs pour travailler régulièrement.

Tiens, j'ai pensé à Frantz en regardant les JO hier, le présentateur a cité un proverbe chinois que j'ai beaucoup aimé et qui te plaira certainement : "Sois le meilleur, le premier,... ou sois différent..."

Je vous laisse à vos méditation ;) !

Publié le

Effectivement j'ai bien peur que ces tarifs doivent s'entendre "TTC"... ou alors il y a une grosse maladresse dans la démarche. En effet, lorsque vous regardez un prix vous ne vous demandez pas si ce prix est "tout compris". Au pire le HT vous indiquera que c'est un prix hors TVA, mais en aucun cas un prix "HSC", hors charges sociales. Donc ces tarifs sont vraiment bas, très bas...

Quand au lieu et à la région d'exercice, il doit être choisi en fonction de son activité... il ne viendrait à personne à l'idée d'aller vendre des fournitures de montagne au bord de la mer... Et enfin, n'oublions pas qu'il y a une beaucoup plus forte concentration de magiciens à Paris...

Pour ma part, à l'époque où je vivais en province, à Amiens pour être précis, mes tarifs n'étaient pas plus bas que mes homologues parisiens...

Nikola

www.nikola.fr

Publié le

Eh bien moi je m'interroge

Ayant eu l'occasion de demander un magicien connu de Las Vegas et demeurant à Los Angelès pour lui faire faire une prestation sur Cannes il demandait 1200 dollars plus les frais de transport et hôtel

Alors si je calcule même à un cours de 1 pour 1

Perdre 3 jours de presta sur Las Végas au mieux cela ne fait que du 300€ par presta ..........

Conclusion?? ne serions nous pas devenus un peu trop gourmands???

Publié le

Bonjour,

De retour de la convention européenne de jonglerie (moment innoubliable avec quelques 5300 jongleurs), j'en ai profité pour me lancer dans l'inconnu.

Faire des tours de magie a des gens comme ça, que je rencontrais sur le pouce.

Chaque soir, il y avait une scène ouverte ou chaque jongleur qui a un bon numéro peut aller le présenter.

J'ai rencontré deux magiciens, on faisait du close up.

Vers le milieu de la convention, un organisateur nous demande si on ne voulait pas faire un open stage (scène ouverte).

On était perplexe, on n'avait jamais fait de scène mais on a relevé le défi et monté quelques tours sur scènes.

Notre représentation c'est passé super, réaction du public (jongleurs) superbe aussi, la totale quoi.

Je voulais vous demandez si vous alliez nous lapidez si je vous disais qu'on l'a fait gratuitement... (c'est le concept des scènes ouvertes...)

Voilà, @ pluch

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    • Disons… poussière d’étoiles à 40 % :   
    • Je vous fais un 3615 raconte ta vie sur ce tour (les quinquas comme moi comprendront l'allusion😉) Je l'ai immédiatement précommandé parce que je trouvais l'objet vraiment sympa et que je suis une fan de paddle. Quand je l'ai reçu, l'idée du scénario s'est imposée assez naturellement : j'allais raconter une histoire de feux tricolores (étonnant, non ?). Bon...ok...Jusque-là, rien de follement original (ne me jetez pas des pierres tout de suite), mais au moins cela avait le mérite de coller très naturellement à ce que voit le spectateur. Je vais vous mettre ma routine un peu plus bas, mais avant cela, j'avais envie de vous raconter la petite galère créative par laquelle je suis passée pour arriver à ce scénario.🤪 Première tentative : les frères ingénieurs Dès le départ, je suis partie sur l'idée d'un conflit autour de la place des couleurs. Ma première histoire racontait donc l'invention du feu tricolore. J'avais imaginé deux frères ingénieurs qui ne parvenaient pas à se mettre d'accord : l'un voulait placer le rouge au milieu, l'autre absolument en haut, etc. Vous voyez le principe : les deux frères se disputaient sur la place respective des couleurs jusqu'à ce que l'un finisse par l'emporter et que l'on obtienne le feu tricolore tel qu'on le connaît aujourd'hui. Bref, je n'étais que moyennement emballée par l'histoire, mais bon...testons en public.  Et là…Je me suis ramassée.😵‍💫 Pas sur le tour lui-même. Les spectateurs trouvaient l'objet sympa, les changements très visuels et le principe du tour leur plaisait. Mais l'histoire ? Pas du tout. Ils la trouvaient confuse (et ils avaient raison, elle était mal écrite) mais surtout terriblement plate et sans grand intérêt (euphémisme). Et avec le recul, je comprends parfaitement pourquoi. En gros, cela donnait : « Lui voulait mettre le rouge ici, mais son frère n'était pas d'accord… » Je secouais la raquette. Hop ! Le rouge changeait de place. « Vous voyez ? Finalement, c'est l'autre frère qui avait raison… » Bref, le degré zéro de la narration. Ce n'était finalement pas une histoire. Je me contentais de décrire ce que les spectateurs voyaient en ajoutant par-dessus l'artifice de deux ingénieurs qui se disputaient. Et surtout, moi-même, je n'étais pas à l'aise en la racontant. Donc : poubelle. Deuxième tentative : la guerre des couleurs J'ai quand même conservé mes deux idées de départ : le feu tricolore et le conflit autour des places. Mais cette fois, j'ai viré les deux frères ingénieurs. Ils n'apportaient rien. J'ai donc personnifié directement les couleurs. Le rouge voulait dominer les autres. On l'avait placé au milieu mais, évidemment, lui estimait que sa place était en haut parce qu'il était le plus fort. L'orange, qu'on avait placé en haut, préférait finalement être au milieu… Là encore, je racontais essentiellement ce qui se passait sous les yeux des spectateurs. Je l'ai quand même testée en public. Petit progrès : cette fois, les spectateurs comprenaient mieux l'histoire. C'était moins confus. Donc j'avais gagné quelque chose. Mais de là à dire que j'avais enthousiasmé les foules…😐 Personne n'est monté sur la table, au mieux des sourires polis avec quelques mots gentils. L'histoire restait très moyenne (là encore euphémisme mais je tiens à préserver mon égo et mon image de marque sur ce forum🙂 ). Donc : poubelle. Retour à la case écriture. Je voulais toujours conserver cette idée de feu tricolore. Je voulais toujours jouer avec cette histoire de places. J'ai essayé plusieurs scénarios, plusieurs angles…et rien, nada, des nèfles, le degré zéro de la créativité 😧. Donc pause dans l'écriture : quand ça veut pas, ça veut pas ! Et puis, cette semaine, j'ai fait quelque chose de tout bête. J'ai arrêté de chercher une histoire. J'ai pris une feuille de papier et j'ai simplement écrit le tour. Pas le scénario. Le tour. Geste par geste. Je prends le rouge. Je le place ici. Je montre la raquette. Je secoue. Le rouge se retrouve là. Je le retire. Je prends l'orange… J'ai écrit absolument tous les mouvements et tous les emplacements successifs des couleurs. Et là (roulement de tambours...), il s'est passé quelque chose d'assez paradoxal : le fait d'avoir écrit précisément ce que je faisais m'a permis d'arrêter de raconter ce que je faisais 😮 ! La lumière s'est faite, sans mauvais jeu de mots (Patricia humoriste, je fais les mariages, les baptèmes...embauchez-moi 🤩). Je suis repartie exactement de la même idée…mais à l'envers. Depuis le début, je cherchais à expliquer pourquoi les couleurs n'étaient pas à leur place. Et si, au contraire, le principe de départ était qu'elles tenaient absolument à y rester ? Et si les couleurs d'un feu tricolore étaient parfaitement disciplinées ? Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. Pourquoi ? Parce que chacun a un métier très précis. Et là, j'ai enfin trouvé mes trois personnages (sonnez hautbois, résonnez musettes !) 😍. Le rouge passe ses journées à dire : « STOP ! STOP ! STOP ! » Forcément, à force, ça donne un certain caractère. Le vert, lui, c'est le gentil de l'équipe : « Allez-y… C'est bon… Vous pouvez passer… » Jamais un conflit. Et puis il y a l'orange. Le pauvre orange… Le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit à peu près : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. Mais tous les trois ont une chose en commun : ils connaissent parfaitement leur place. Et c'est à partir de là que la magie peut commencer. Parce que cette fois, quand je place volontairement le rouge au milieu et qu'il saute en haut, je ne cherche plus une justification artificielle au déplacement : il retourne à sa place. Quand je mets l'orange en haut et qu'il revient au milieu : il retourne à sa place. Les effets magiques ne viennent plus illustrer l'histoire. Ils deviennent la conséquence de l'histoire : ô joie, ô allégresse ! Et surtout, cela me permet ensuite de faire évoluer ces trois personnages et de raconter ce qui se passe lorsqu'un jour, ces trois couleurs parfaitement disciplinées décident qu'elles en ont peut-être assez qu'on leur dise où est leur place… Voilà comment je suis arrivée à la routine que je vais vous présenter. Attention :  elle n'a pas encore été testée en public car je l'ai finalisée ce soir . Je ne l'ai même pas testé avec le matériel pour voir le tempo, la musicalité, la clarté, etc. Je la testerai problement la semaine prochaine puisque les Blouses Roses reprennent à l'hôpital. Il y aura certainement des choses à couper, des phrases qui fonctionneront moins bien à l'oral que sur le papier, des rythmes à modifier. Et peut-être que les spectateurs me diront tout simplement que c'est pourri ! 😟 Honnêment, je ne le souhaite pas car là, pour le coup, je l'aime bien mon histoire et j'ai envie de la raconter. Je suis beaucoup, beaucoup plus à l'aise avec elle. Les personnages me plaisent, et, pour la première fois, je n'ai plus l'impression d'avoir écrit un texte pour justifier les déplacements d'un tour de magie. J'ai l'impression d'avoir fait l'inverse : j'ai laissé les déplacements du tour me raconter l'histoire (j'espère que ce n'est pas un brin présompteux). Maintenant, reste à savoir si le public sera du même avis... Je vous mets donc la routine ci-dessous et j'attends évidemment vos retours (avec diplomatie hein !). Et dès que je l'aurai réellement testée en conditions, je viendrai vous raconter ce que cela a donné (enfin si cela vous intéresse). Troisième tentative : le feu discipliné (en espérant que ce soit la bonne !)   Il paraît, qu'en général, les feux tricolores sont parfaitement disciplinés. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. Chacun à sa place. GESTE : Montrer la raquette des deux côtés. Et celui-ci était probablement le plus discipliné de tous. Il faut dire que dans un feu tricolore, chacun a un métier très précis. Le rouge, par exemple… Le rouge, c'est le chef. (pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) Toute la journée, il dit : « STOP ! » STOP. STOP. STOP. Vous imaginez le métier ? Passer ces journées à dire aux gens de ne pas bouger. Forcément, ça vous donne un certain caractère. GESTE : Retirer les trois pièces et les confier au spectateur. Montrer la raquette complètement vide. Et le rouge prend son travail très au sérieux. Sa place, c'est en haut. Alors si, volontairement, je le mets au milieu… GESTE : Prendre le rouge, le montrer des deux côtés et le placer au milieu. …il n'aime pas du tout ça. Il suffit de secouer un peu…(pas convaincue par cette ligne - peut-être à retravailler) GESTE :  Secouer. Le rouge saute en haut. …et immédiatement : « STOP ! Moi, c'est en haut. » GESTE : Montrer les deux côtés. On peut essayer de discuter… GESTE : Faire revenir le rouge sur sa pièce. …mais avec quelqu'un qui passe sa journée à dire STOP, la négociation est assez limitée. GESTE : Rendre la pièce rouge au spectateur. Après, il y a l'orange. Alors l'orange… Son métier est beaucoup plus compliqué. Parce que le vert dit : « Allez-y. » Le rouge dit : « Arrêtez-vous. » Et l'orange, lui, dit : « Euh… dépêchez-vous de vous arrêter. » Personne ne sait vraiment ce qu'il veut. GESTE : Prendre l'orange et le montrer des deux côtés. Mais lui, en revanche, sait parfaitement où est sa place. Au milieu. Alors si je le mets en haut… GESTE : Placer l'orange en haut. …ça le perturbe. GESTE : Secouer. L'orange saute au milieu. Et voilà. Il retourne au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. C'est peut-être le seul moment de la journée où l'orange sait exactement ce qu'il doit faire. GESTE : Faire revenir l'orange sur sa pièce. Vous voyez, ce feu était parfaitement discipliné. Chaque couleur connaissait son travail. Chaque couleur connaissait sa place. Et c'est là que j'ai fait une erreur. J'ai voulu voir jusqu'où allait leur sens de la discipline. GESTE : Prendre le rouge et l'orange. J'ai remis le rouge en haut… GESTE : Placer le rouge. …l'orange au milieu… GESTE : Placer l'orange. Cette fois, aucune erreur. Ils étaient exactement là où ils devaient être. Rouge en haut. Orange au milieu. GESTE : Montrer les deux côtés. Et je leur ai dit : « Voilà. Maintenant, vous ne bougez plus. » Pause. Je crois que le rouge a assez mal vécu qu'on lui dise « STOP ». GESTE : Secouer. Les deux couleurs disparaissent. Et là… plus de rouge. Plus d'orange. GESTE : Montrer lentement les deux pièces devenues vierges, des deux côtés. Ils avaient quitté leur poste. Enfin… c'est ce que j'ai cru. GESTE : Retirer les deux pièces vierges. Révéler le rouge et l'orange incrustés dans la raquette. Parce qu'ils étaient toujours là. Le rouge en haut. L'orange au milieu. Toujours à leur place. Sauf que cette fois… ils s'étaient incrustés. Littéralement. GESTE (pause) : Laisser voir l'image un instant. Et il restait le vert. GESTE : Prendre la pièce verte. Le vert, c'est le gentil de l'équipe. Toute la journée, il dit aux gens : « Allez-y. » « C'est bon. » « Vous pouvez passer. » Jamais un conflit. Jamais une hésitation. Il voit arriver une voiture : « Allez-y, je vous en prie. » Alors je me suis dit : « Lui, au moins, il ne va pas poser de problème. » GESTE : Insérer le vert en bas. Et tout est redevenu normal. Rouge en haut. Orange au milieu. Vert en bas. GESTE : Montrer lentement les deux côtés. Chacun à sa place. Le rouge pouvait dire STOP. Le vert pouvait dire ALLEZ-Y. Et l'orange pouvait continuer à ne pas savoir exactement ce qu'il voulait dire. Tout allait bien. Enfin… pendant quelques secondes. GESTE : Regarder le feu. Petite pause. Parce qu'après toutes ces années passées ensemble… ils avaient peut-être compris quelque chose. GESTE : Secouer. Rouge et orange sautent sur la pièce verte. Le rouge a quitté le haut. L'orange a quitté le milieu. Et tous les deux sont allés rejoindre le vert. GESTE : Montrer les trois couleurs réunies. Pour la première fois… plus de chef. Plus d'indécis. Plus de gentil. Juste trois couleurs… qui avaient décidé de rester ensemble. GESTE : Retirer lentement la pièce portant les trois couleurs. Montrer la raquette complètement vierge des deux côtés. Plus personne en haut. Plus personne au milieu. Plus personne en bas. GESTE : Regarder la pièce avec les trois couleurs, puis la raquette vide. Finalement… ce n'était pas un feu tricolore qui n'était plus discipliné. C'était simplement trois collègues… qui en avaient assez qu'on leur dise où était leur place.    
    • Revenons sur l’explication :  https://vm.tiktok.com/ZN8NE37wo/
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