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Denis FABRE

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Messages publiés par Denis FABRE

  1. Non Chris je ne suis pas désabusé. Là on ne parle que de la télé qui n'est qu'une partie de la réalité, et même qu'une partie de l'industrie du divertissement... alors... les propos que je tiens ici ne reflètent pas ma vision du monde, je veux dire de "tout" le monde.

    Tu dis :

    "la conscience d'être unis et soudé ne vient qu'en cas de guerre ou de coupe du monde de football gagnée par la france.... "

    Ce n'est pas non plus de ce genre de NOUS dont je parle. Je ne soutiendrais pas que l'identification des masses à un drapeau ou à un maillot nous conduise à la liberté... dois-je réellement argumenté là dessus ?

    Tu dis :

    "Le désir collectif se quantifie par le nombre....et en termes politique cela s'appelle la démocratie."

    Là on va aborder un sujet complexe...

    D'abord je ne crois pas que la démocratie se résume à la quantification électorale.

    Cela fait partie de la démocratie, cela en est un moment important, mais je dirais aussi que cela en est la limite.

    C'est le moment ou concrètement il faut trancher entre telles visions de la société et telles autres.

    Mais la vraie richesse de la démocratie, le moment vraiment important, c'est la période durant laquelle la société vas être capable d'imaginer son avenir, de se proposer différent projets.

    Et là il s'agit de débat entre les citoyens, entre les représentants des citoyens, au seins des partis, des syndicats, de la démocratie sociale mais c'est aussi les propositions artistiques, les bouffons du roi ect... tout cela qui n'est pas le fait d'individus isolés mais d'individus en inter-actions plus ou moins directes.

    Dans l'idéal la démocratie serait une institution ou tous les membre de la communauté pourrait décider "ensemble", dans le débat, des décisions qui concerne la société.

    Évidement que formulé comme tel c'est une Utopie.

    Mais notre monde balance sans cesse entre cette Utopie là et celle de masse d'individus isolés formant troupeau au grès des déterminismes ou des regroupements identitaires.

    Partout ces deux visions s'affrontent et se complètent.

    Comme tu l'auras compris je préfère quand la balance penche du côté de la démocratie et non du mouvement de masse.

    Pour savoir de quel côté aller il faut déjà bien distinguer qu'il y a deux options.

    Mais la mode en ce moment c'est le discours qui voudrais par exemple nous expliquer que si tout le monde arrêtait d'acheter des produits chinois, on pourrais exiger la libération du Tibet (j'exagère à peine... ).

    Face aux grandes questions collectives on nous préfère "consom-acteurs" plutôt que citoyen... c'est juste un mensonge : une masse d'individu consommant à une réalité économique mais pas politique, elle n'est que très peu capable d'agir sur elle même et donc sur le monde.

    Bises à tes ménagères en tout cas !

    Cordialement

  2. Mais je doit aussi dire que je comprend entièrement ton point de vue sur les contraintes qui font qu'il est très difficile pour l'industrie du divertissement de proposer du nouveau ou du "qui sort des sentiers battus".

    Et finalement ce n'est pas contradictoire du tout avec ce que je viens de dire, l'un explique peut-être même l'autre.

    Le problème c'est que si l'on admet ce que j'ai dit plus haut comme au moins un peu pertinent, on s'aperçoit finalement que personne n'est au commandes du bateau : les producteurs de divertissements se laissant guider par une séduisante ménagère qui ne s'avère être qu'un monstre aveugle.

  3. chris dit :

    "Tu es libre d'interpréter comme tu veux les faits...en attendant quand 5 millions de personnes font le même (libre) choix à la même heure... il est difficile de dire qu'on les à "incité" à le faire.... chacun est seul devant sa TV, toi, eux NOUS !!! :-)"

    Les faits que tu cites sont incontestables

    Voici bien là un des grands paradoxe de notre époque :

    L'individualisme (chacun seul devant sa télé) qui aboutit au conformisme généralisé (5 millions de personnes qui appuient sur le même bouton au même moment).

    Le NOUS que tu cite à la fin de ta phrase est surement le plus impersonnel des nous.

    C'est un nous qui n'a aucune conscience de lui même, le contraire d'une collectivité autonome, car il est constitué d'individus parfaitement isolés dans leurs choix.

    C'est un NOUS qui n'est QUE la somme statistique des individus qui la compose. Et non l'expression d'un désir collectif conscient et intelligent de lui même.

    Les téléspectateurs ne choisissent pas "ensemble", ils choisissent "de la même façon" et c'est très différent. Sur quel critère ? Leur plus petit dénominateur commun, leur condition sociale de ménagère ou autre. Il n'y a aucune "liberté" là dedans, aucun "libre arbitre". Même si effectivement personne n'a de pistolet sur la tempe.

  4. Je ne pensais pas déclencher une telle réponse.

    Mon avis était bien plus "simple" que tout cela...

    Par exemple je ne remet en aucun cas en cause les statistiques. Si on peu avoir des doutes sur certains sondages d'opinions, je suis confiant sur la qualité des mesures d'audimat ou sur la finesse des outils d'analyse de la consommation.

    En fait qu'en je dis "l'offre crée la demande" j'ai maintenant l'impression que c'est moi qui défend le mieux le métier de producteur d'émission.

    Il me semble que si les concepteurs n'avait qu'à suivre la tendance et les attentes, là leur métier serait facile, avec tous les outils à leur disposition ils saurait d'avance quoi faire pour plaire au public.

    Or comme tu le souligne cela passe par des échecs, des essais, des réussites...

    Dans le cas d'un "Diner presque parfait", comment peut on dire que la ménagère attendais, demandais CE programme.

    Ma vision des choses, c'est que les producteurs ont su créer un programme qui a séduit les personnes qu'ils désirait séduire.

    D'autres s'y serait pris autrement pour séduire les même personne, soit parce qu'ils y aurait consacré un budget différent, ou qu'ils ont une imagination différente, soit...

    Bien sur ils n'aurait pas séduit ce public là avec des conférences de Bergson, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y avait pas d'autre moyen de le faire.

    Tout ce que je dis c'est que la télé est faite par ceux qui la font et non ceux qui la regarde...

    Cela ne remet pas en cause le principe de pluralité de l'offre, cela ne fait pas des directeurs de programmes des dictateurs en puissance.

    Et surtout quand je dis cela je suis bien conscient qu'ils ont aussi un certains nombre de contraintes liées au médium qu'est la télé, ainsi qu'aux implications économique de ce médium, ainsi qu'au public visé.

    Bref : lorsque je dis ça je n'avance pas que les producteurs ont un "parfait libre arbitre" (pour reprendre l'expression) ce serait non plus abusif, mais ridicule ma part.

    Par contre soit on prend une ménagère en tant qu'individu isolé, et là cela me dérange de la réduire à cette fonction et de parler de libre arbitre dans la même phrase ; soit (ce qui est je pense le cas) la fameuse ménagère est une facilité statistique et dans ce cas c'est un contre sens d'attribuer son choix à du libre arbitre.

    Le libre arbitre est ce qui rentre en jeu quand un individu fait un choix qui dépasse les déterminisme sociaux, éducatifs, passionnels ou autres. Dans le cas qui nous intéresse le libre arbitre est ce qui intervient quand un individu n'est plus réductible à sa condition de ménagère.

    En outre il existe d'autres type de libertés. Une qui me tient particulièrement à cœur c'est la liberté créatrice. Cette liberté c'est ce qui fait qu' un individu peu produire un "objet" que personne n'aurait pu prévoir ni attendre et qui crée un sens nouveau ; et cela, quel que soit le but de ce créateur : renverser la peinture académique ou fournir du divertissement au plus grand nombre.

    Cordialement

    Corneille

  5. Chris :

    Je ne comprend pas pourquoi tu te marre quand je parle d'offre qui crée la demande.

    N'est-ce pas le travail d'un producteur que de créer un programme qui va susciter une demande ?

    Je trouve toujours étrange d'ériger le consommateur comme le seul à être libre dans cette histoire, comme si les concepteurs n'avait aucune responsabilité sur la télé qu'ils font.

    Certes la ménagère lambda use de son libre arbitre pour choisir telle ou telle chaîne ; Mais son choix individuel n'est validé que si il correspond au choix de suffisamment de monde pour que ça ait un intérêt pour les annonceurs... Sans quoi le programme choisi disparaîtra.

    Il ne faut jamais oublier que "La ménagère" n'est pas "UNE" personne, mais un ensemble statistique, et parler de "libre arbitre" pour un ensemble statistique me parait vraiment abusif.

  6. J'avais mis entre guillemet l'expression "dictature de l'audimat" pour souligner son côté caricatural. ;)

    J'ai pour ma part toujours un peu de mal avec l'idée que c'est la demande qui crée l'offre.

    Le libre arbitre de la ménagère n'est "parfait" que dans la limite des propositions qu'on lui fait, en choisissant telle ou telle chaine sa "demande" est bien conditionnée par "l'offre".

    c'est pourquoi je trouve salutaire qu'il existe des types d'offre qui soit soumis à des contraintes qui ne soit pas toujours les même. Cela ne peut que enrichir tout le monde, même l'imagination des annonceurs.

    Un peu comme les autoroutes : je ne fais que du vélo ; mais mon niveau de vie ne serait pas la même dans un pays sans autoroute.

    Merci pour ces explications.

  7. Intéressant l'exemple du PCGDM.

    Cela montre que même un succès public (fort audimat) ne suffit pas à garantir la pérennité d'une émission.

    Ce que certain appelle "la dictature de l'audimat" n'est donc pas tant la dictature du plus grand nombre mais celle du cœur de cible privilégié par les annonceurs.

    Dans cette perspective je ne trouve pas déshonorant pour un service public tel que France 2 de se vanter aussi de toucher les exos du poulailler et pas seulement la fameuse ménagère.

    Ménagère qui, rappelons le, n'a pas payé elle même sa place mais s'est faite invité par son marchand de lessive.

    Pour ce qui est de l'émission "les plus grand secrets..." qu'est-ce qui la rend "évènementiel" ? Concept difficilement renouvelable ? Déception des spectateurs ? ... ?

  8. D'accord avec Jac, une partie du numéro tiens au parallèle avec la chanson de Sting.

    Je ne suis de toute façon fan ni d'un numéro ni de l'autre.

    Je ne sais plus qui disait sur ce forum qu'il était possible d'obtenir une standing ovation en présentant les foulard du vingtième siècle sur la musique de Titanic... du point de vue émotion on est un peu dans la même idée à mon avis.

    Cependant, il faut reconnaitre que son numéro possède ce qui manque à pas mal de numéro : de la tenue en scène et surtout trés intelligente compréhension des conditions du concours et de la façon d'utiliser la caméra.

    Ce qui a fait la supériorité du numéro de Farquhar sur celui d'Olmac, quand on regarde la video, c'est qu'on voit les effets (ce qui est déja pas mal), et qu'ils ne sont pas parasités par un jeu de scène pas vraiment construit.

  9. N'oublions que des musiciens moins "reconnus" se font plus d'argent que ça tout les jours dans les rues.

    Si on affichait un Rembrant dans la rue personne ne se rendrait compte de l'intérêt du tableau. Par contre une affiche publicitaire bien faite, vas nous marquer au premier coup d'oeil peut-être même que nous la trouverons belle.

    Mais il y a des chances que cette même affiche dans votre salon, devienne insupportable au bout de trois jours, vous renvoyant toujours le même message et de façon toujours aussi efficace. Alors que le Rembrant dans votre salon, se livrera petit à petit à vous, faisant sa place dans votre vie avec toute la richesse qu'il contient.

    Certaines formes de beauté ne se livrent pas de façon instantanée, Joshua Bell, c'est pas du Fast Food, si non il passerait plus souvent à la télé.

    Je crois que ce genre de musique peut-être appréciée par tous.

    Mais l'universalité ne signifie pas l'immédiateté, ni la facilité.

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  10. "L'Ecossaise Susan Boyle, devenue une star planétaire grâce à sa voix remarquable et à sa participation à la finale d'un concours télévisé britannique, a été transportée d'urgence à l'hôpital en raison de son état d'épuisement."

    "En revanche ici, susan boyle n'est pas l'initiatrice du décalage entre A et B ! c'est le producteur qui a "construit" cette magie, en jouant sur cette surprise."

    ...c'était mon petit montage à moi...

    Bises !

    PS : très bien vu le dessin, Bob

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