Hello les amis,
Je nuancerais quand même un peu le propos - Flagada, j'espère que tout va bien, tu n'as pas l'air très en forme :grin: :grin: :grin: -, on peut très bien développer sa magie à partir de vidéos, ou de tours achetés chez un marchand de trucs, avec un tant soit peu de discernement et un peu de travail. Nul besoin forcément d'ouvrir un bouquin. En outre, on peut aussi être bon magicien (techniquement en tous cas) sans avoir une réelle culture en ce domaine (i.e : connaitre de nombreuses techniques / routines mais tout ignorer de leur histoire). Moi je dis que c'est possible.
Toutefois, je pense que lorsque l'on se passionne pour la magie, il devient tout naturel de s'intéresser et d'approfondir ce qui gravite autour (art dramatique, mise en scène, psychologie, etc.). En outre, c'est tout aussi naturellement que l'on vient à s'intéresser à l'histoire de la magie. Pour ma part, savoir comment est né un mouvement, une routine, connaitre un peu le parcours de son auteur, est vraiment passionnant et puis cela peut-être amusant.
Deux exemples :
1. L'extraordinaire routine d'huile et eau présentée par Sebastien Clergue, il y a deux ans je crois, sur Paris Première, a une très belle histoire mettant notamment en scène Juan Tamariz. Je laisse le soin à mon camarade Sébastien de raconter tout cela, lorsqu'il publiera sa jolie routine (peut-être qu'en insistant un peu... ).
2. Dans le très bon bouquin de Brittland & Gazzo, "Phantoms at card table", les auteurs nous racontent le parcours de Walter Scott, alias le "fantôme", dans le petit cercle très fermé des magiciens américains vers le milieu du XXe siècle. Inouï ! Ce Monsieur était plutôt un tricheur qu'un magicien et utilisait les techniques apprises aux tables de jeu pour bluffer les magiciens et notamment dégommer de son piedestal le grand Dai Vernon lui-même (Enfin, Walter Scott s'en fichait un peu, cela relevant plutot de E. McGuire qui voulait se faire une place au sein de l'"Inner Circle", ne serait-ce qu'en "découvrant" un type nettement plus habile techniquement que le "Professeur"). Bref, Walter Scott a bien vite montré, en effet, qu'il était de loin le meilleur à une table avec un jeu de cartes, sa donne en second, relevant plutôt du miracle que de la technique selon les témoignages de l'époque (Cardini, T. Nelson Downs, etc.).
Dans la biographie de Dai Vernon, écrite par David Ben et parue récemment, il semble apparaitre en revanche que le fantôme n'était autre qu'un type sans réelle capacité technique "extraordinaire" et utilisant des jeux truqués fournis subrepticement par Downs et McGuire.
Vous je sais pas, mais rien que le récit de Gazzo et Brittland qui nous plonge au coeur de l'Histoire - récente - de notre art et nous conte les prouesses réalisées par les protagonistes de cette Histoire, me fait rêver. Pour le peu que l'on s'intéresse de plus près à ce sujet et que l'on mette en regard les deux ouvrages cités plus haut et que l'on prenne le temps de contacter les auteurs, on se transformerait alors un peu en historien. Pouvais-je me douter de cela en achetant le premier volume de "la magie par les cartes" de Bernard Bilis, il y a cinq ans ?
Amicalement
Woody