J’ai dix ans. Je sais bien que c’est pas vrai mais j’ai dix ans ; le mercredi je m’ balade, une paille dans ma limonade… Et mercredi dernier donc, je n’avais pas école. Je me suis ainsi emmené au spectacle, voir « L’apprenti Magicien » de et avec Sébastien Mossière.
Pour le connaître un peu, je pensais que Sébastien était un magicien confirmé mais en fait pas du tout, il est encore l’élève de son Oncle Horace (l’un des grands magiciens du siècle dernier, 108 ans aux fraises et toujours en pleine forme apparemment mais aujourd’hui en retraite). Tonton Horace avait un peu de retard ce jour-là mais qu’à cela ne tienne, nous avons quand même passé un très bon moment dans son grenier, en compagnie de Sébastien. Attention, un vrai grenier, hein, avec ici ou là un haut-de-forme, des étagères poussièreuses, un vieux tapis, un portrait d’Oncle Horace et… Un coffre, que Sébastien n’a pas le droit d’ouvrir. D’ailleurs, un grand merci, au passage, à Sarah Bazennerye. Car si au cours de cet après-midi hors du temps, l’enfance nous rattrape si facilement et surtout si vite, c’est aussi grâce à elle et à son décor.
Bref, tonton étant absent, Sébastien en profite pour faire de la magie, du moins pour nous montrer ce qu’il sait déjà faire. Toutefois, malgré son talent et pour une raison que vous connaitrez en allant voir le spectacle, Sébastien aimerait bien savoir ce qu’il y a dans le coffre-qu’-il-n-a-pas-le-droit-d’ouvrir… Sébastien non, mais les enfants ? C’est donc avec la complicité de son jeune public que Sébastien tentera de percer l’un des grands secrets du coffre d’Oncle Horace…
En effet, Sébastien n’assure pas seul le spectacle, les enfants qu’il fait participer sont eux aussi les acteurs de moments d’exception, par exemple, lorsque Madame Balle se retrouve dans le petit bidon du jeune complice de Sébastien, appelé sur scène à l’occasion d’une excellentissime routine de balles éponges. A moins que ce ne soit lorsque Sébastien confie deux baguettes magiques à deux enfants… Peut-être ma scène préférée !
Enfin, et je crois que la réussite du spectacle doit aussi beaucoup à cela, les spectateurs, jeunes ou moins jeune ne rient jamais des enfants pris comme assistants mais avec eux. Et cela fait une énorme différence. Sébastien s’adresse ainsi aux enfants comme aux adultes, en se mettant à leur portée bien sûr, en les taquinant gentiment aussi, mais sans jamais les « infantiliser » ni les ridiculiser mais en les mettant en valeur.
Pour terminer, et je crois que c’est l’un des piliers du spectacle : l’écriture (avec une présentation des routines exécutée de main de maître, cela va de soi). Ce spectacle est en effet si bien dialogué que, à l’instar du jeune public, nous, les adultes, sommes très vite pris dans l’histoire (certainement écrite d’ailleurs, avec une encre hyper-sympa :grin:) et emporté dans un monde où la magie n’a visiblement pas complètement disparue… .
Je n’avais jamais rencontré Sébastien Mossière, mais il se trouve qu’un récent hasard nous a permis de faire connaissance et j’avoue avoir eu de la chance car Sébastien est un véritable artiste, généreux, accessible et surtout adorable. Ainsi, que dire de plus, si ce n’est qu’il y a des rencontres que l’on est heureux d’avoir faites et la mienne, avec Sébastien, en fait partie.
Amitiés
Woody