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J'ai animé un atelier "Sciences et magie" durant ces trois dernières années dans les différents établissements (collèges et lycée publics) au sein desquels j'ai enseigné (la physique-chimie).

Dès le départ, j'avais destiné cet atelier pour des élèves ciblés : élèves très timides et participant peu en classe, élèves en décrochage scolaire ou en grandes difficultés en sciences. Le but était de leur donner, par le biais de la magie, confiance en eux et le goût de la curiosité, faire travailler son imagination, apprendre à être précis, à s'exprimer et à se tenir correctement (montrer que certaines postures, certains tons, certaines phrases font parfois toute la différence).

J'ai toujours exigé dans ma proposition d'atelier auprès du principal ou du proviseur que le nombre de participants soit limité à 12 maximum. Ceci est une des conditions que l'on peut se permettre facilement d'imposer puisque l'on vient proposer une animation, un service original et valorisant pour les élèves comme pour l'établissement.

Je programmais l'atelier 1h par semaine entre 12h et 14h (le créneau étant choisi en fonction des horaires de l'établissement, de mon emploi de temps et d'autres paramètres parfois).

Un spectacle était prévu à la fin (au bouts de 4-5 mois d'atelier environs à chaque fois car mes remplacements étaient de cette durée). Dans ce spectacle les numéros de mes "élèves étaient en alternance avec mes présentations (avec routines) afin de laisser le temps à chaque gamin ou groupe de se préparer. Mes routines illustraient ma présentation du numéro suivant et me permettait d'installer le gros du matériel pour eux.

Travailler en association avec un autre enseignant permet de faire deux groupes pour les répétitions. Et comme il ou elle n'est pas magicien(ne), il (ou elle) aura un autre regard.

Pour le travail des routines / numéros : il y en a 8 en tout et pour tout, tous en rapports avec les sciences dans leur présentation et/ou reposant sur les sciences (physique, chimie, mathématiques)

- premières séances (3 séances de 1h maxi) : présentation des 8 routines et de leur explications, présentation du matériel.

- séances de "structure" : répartition des 8 numéros (solos pour les élèves les plus à l'aise pour parler en public, formation de duos et de trio pour les autres). Je leur donne le matériel. Ils commencent à se remémorer seuls la méthode et à la fin de fais passer devant les autres un numéro.

- pour toutes les séances suivantes (4 séances en moyenne) : dès leur arrivée, ils se mettent à une table et travaillent le numéro qu'il y a sur la table (1 table, 1 numéro ciblé, 1,2 ou 3 élèves sur ce numéro). Ils le travaillent 30 min et je passes à chaque table voir les idées qui se développe, commenter, en donner d'autres et corriger ce qui peut l'être. Ensuite je fais passer 2 (3 si le temps le permet) numéros devant tout le monde.

Je précise que les numéro "tournent". Tous les élèves doivent apprendre à travailler au moins 2 numéros. Ainsi, en cas d'absence le jour du spectacles, on peut trouver un "remplaçant".

- 2 séances de répétitions (4 numéros pour chaque séance) : on corrige tous les petits détails

- 1 répétition générale dans la salle poly de l'établissement et dans les conditions du spectacle (son, fond de scène, éclairage, costumes : je leur demande de venir dans leur tenue la plus élégante. Aujourd'hui ce sont eux les stars !)

Une année, le spectacle s'est joué deux fois :

- une première fois devant l'ensemble des élèves de 6ème à la fin d'une journée de cours et dans l'enceinte du collège

- une seconde fois 2h plus tard dans la salle polyvalente de la ville devant l'ensemble des élèves et parents d'élèves du collège.

Il faut toujours tenter certaine choses  comme contacter le maire de la ville pour lui exposer le projet pour disposer de la salle gratuitement. A deux reprise, cela s'est fait. Si le projet est présenté avec sérieux, il n'y a pas de raisons, cela donne une bonne image de la ville (et du maire).

En ce qui concerne l'entrée, une année elle a été payante (2€) et au profit du FSE du collège. Certains chef d'établissement préfèrent que l'évènement soit gratuit. Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénient mais dans les deux cas, nous avons rempli la salle (150 personnes environ les deux premières années, 100 personne la troisième car salle plus petite).

Voilà, quelques conseils. Bon courage.

Mais attention : rien ne s'improvise et si c'est la première fois, il faut vraiment se limiter. Dans ton cas, je limiterais à 8-10 élèves maximum et à 6 numéros que tu maîtrises sur le bout des doigts et qui ne requiert aucune technique de manipulation (tu auras assez de difficultés à leur faire travailler des tours simples et leurs présentations; c'est là dessus qu'il faut se concentrer).

Bien entendu, ce n'est qu'un son de cloche : le mien. Rien de ce que je dis n'est à prendre au mot. Je te dis juste comment ça s'est passé pour moi, comment j'ai organisé cela. J'indique une partie de mon boulot ici. Tu en fais ce que tu veux.

 

Modifié par Marc Page
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  • Merci 2

L'illusionnisme est l'art de donner une réalité à des choses impossibles ou très peu probables.

Pas de pub non magique pour les membres du Cercle VM. Clique ici pour en savoir plus !
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Bonjour,

Tout d'abord merci pour vos messages positifs et constructifs, je vais y répondre.

Le 19/10/2018 à 22:46, Jean-Philippe KRAUSENER a dit :

Dommage que cela soit parti en sucette.

Je partage l'avis de ThomasLZ, des fois de simples encouragements cela peut faire plaisir.

Même si le niveau n'est pas d'un degré élevé le fait de travailler, enseigner, en groupe permet d'avancer, d'affiner sa technique.

Ce ne sont pas les meilleurs joueurs qui font les meilleurs entraîneurs.

Un peu plus de soutien ferait du bien

Magic-Tony, je te soutiens dans ta démarche et te souhaite une belle réussite.

Le 21/10/2018 à 10:35, Jean-Philippe KRAUSENER a dit :

Je pense que tu devrais faire une check-list des domaines que tu aimes et maîtrises que tu as envie d'enseigner.

Pourquoi ne pas présenter un mini show à ceux qui sont intéressés et conclure en disant : "voilà à la fin de l'année je veux que vous soyez capable de faire pareil" ?

Sonder aussi leurs envies, s'ils veulent faire du mentalisme et que tu proposes de faire des apparitions de foulards....

Donc savoir si les envies se rejoignent pour partir ensemble dans la même direction.

Je ne suis pas un excellent danseur et pourtant j'ai monté 2 projets dont 1 surtout qui ont beaucoup plus, aussi bien auprès des enseignants que des parents.

Et j'ai aussi fait pendant 5 ou 6 ans d'affilé l'animation d'un atelier dans le cadre du forum UNSS.

Je le vois dans mes cours particuliers, la clé c'est la pédagogie, savoir transmettre. La plus belle anecdote c'est une de mes anciennes élèves qui a dit à son prof de maths "je préfère attendre mon cours particulier, là au moins je comprends". Pourtant je ne fais pas d'effort particulier, ça vient naturellement.

C'est effectivement la démarche que j'aurais, tester leurs envies, voir ce qu'il est possible de faire. J'ai déjà évoqué quelques domaines lorsque j'ai fait passer le message de la création de l'atelier. Je pense aussi faire une petite démonstration lors de la première séance.

Actuellement je lis quelques livres qui me donne des idées.

D'ailleurs j'ai reçu "L'atelier de magie sans larmes" qui est le prochain dès que j'aurais terminé "90 tours de magie" (très bon livre, si vous en cherchez un pour enfant, c'est une petite mine d'or je trouve, même pour adultes).

J'y ai trouvé un excellent tour avec des enveloppes que je vais tester lors de la réunion du club où je suis vendredi soir.

 

Le 21/10/2018 à 23:38, Marc Page a dit :

J'ai animé un atelier "Sciences et magie" durant ces trois dernières années dans les différents établissements (collèges et lycée publics) au sein desquels j'ai enseigné (la physique-chimie).

Dès le départ, j'avais destiné cet atelier pour des élèves ciblés : élèves très timides et participant peu en classe, élèves en décrochage scolaire ou en grandes difficultés en sciences. Le but était de leur donner, par le biais de la magie, confiance en eux et le goût de la curiosité, faire travailler son imagination, apprendre à être précis, à s'exprimer et à se tenir correctement (montrer que certaines postures, certains tons, certaines phrases font parfois toute la différence).

J'ai toujours exigé dans ma proposition d'atelier auprès du principal ou du proviseur que le nombre de participants soit limité à 12 maximum. Ceci est une des conditions que l'on peut se permettre facilement d'imposer puisque l'on vient proposer une animation, un service original et valorisant pour les élèves comme pour l'établissement.

Je programmais l'atelier 1h par semaine entre 12h et 14h (le créneau étant choisi en fonction des horaires de l'établissement, de mon emploi de temps et d'autres paramètres parfois).

Un spectacle était prévu à la fin (au bouts de 4-5 mois d'atelier environs à chaque fois car mes remplacements étaient de cette durée). Dans ce spectacle les numéros de mes "élèves étaient en alternance avec mes présentations (avec routines) afin de laisser le temps à chaque gamin ou groupe de se préparer. Mes routines illustraient ma présentation du numéro suivant et me permettait d'installer le gros du matériel pour eux.

Travailler en association avec un autre enseignant permet de faire deux groupes pour les répétitions. Et comme il ou elle n'est pas magicien(ne), il (ou elle) aura un autre regard.

Pour le travail des routines / numéros : il y en a 8 en tout et pour tout, tous en rapports avec les sciences dans leur présentation et/ou reposant sur les sciences (physique, chimie, mathématiques)

- premières séances (3 séances de 1h maxi) : présentation des 8 routines et de leur explications, présentation du matériel.

- séances de "structure" : répartition des 8 numéros (solos pour les élèves les plus à l'aise pour parler en public, formation de duos et de trio pour les autres). Je leur donne le matériel. Ils commencent à se remémorer seuls la méthode et à la fin de fais passer devant les autres un numéro.

- pour toutes les séances suivantes (4 séances en moyenne) : dès leur arrivée, ils se mettent à une table et travaillent le numéro qu'il y a sur la table (1 table, 1 numéro ciblé, 1,2 ou 3 élèves sur ce numéro). Ils le travaillent 30 min et je passes à chaque table voir les idées qui se développe, commenter, en donner d'autres et corriger ce qui peut l'être. Ensuite je fais passer 2 (3 si le temps le permet) numéros devant tout le monde.

Je précise que les numéro "tournent". Tous les élèves doivent apprendre à travailler au moins 2 numéros. Ainsi, en cas d'absence le jour du spectacles, on peut trouver un "remplaçant".

- 2 séances de répétitions (4 numéros pour chaque séance) : on corrige tous les petits détails

- 1 répétition générale dans la salle poly de l'établissement et dans les conditions du spectacle (son, fond de scène, éclairage, costumes : je leur demande de venir dans leur tenue la plus élégante. Aujourd'hui ce sont eux les stars !)

Une année, le spectacle s'est joué deux fois :

- une première fois devant l'ensemble des élèves de 6ème à la fin d'une journée de cours et dans l'enceinte du collège

- une seconde fois 2h plus tard dans la salle polyvalente de la ville devant l'ensemble des élèves et parents d'élèves du collège.

Il faut toujours tenter certaine choses  comme contacter le maire de la ville pour lui exposer le projet pour disposer de la salle gratuitement. A deux reprise, cela s'est fait. Si le projet est présenté avec sérieux, il n'y a pas de raisons, cela donne une bonne image de la ville (et du maire).

En ce qui concerne l'entrée, une année elle a été payante (2€) et au profit du FSE du collège. Certains chef d'établissement préfèrent que l'évènement soit gratuit. Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénient mais dans les deux cas, nous avons rempli la salle (150 personnes environ les deux premières années, 100 personne la troisième car salle plus petite).

Voilà, quelques conseils. Bon courage.

Mais attention : rien ne s'improvise et si c'est la première fois, il faut vraiment se limiter. Dans ton cas, je limiterais à 8-10 élèves maximum et à 6 numéros que tu maîtrises sur le bout des doigts et qui ne requiert aucune technique de manipulation (tu auras assez de difficultés à leur faire travailler des tours simples et leurs présentations; c'est là dessus qu'il faut se concentrer).

Bien entendu, ce n'est qu'un son de cloche : le mien. Rien de ce que je dis n'est à prendre au mot. Je te dis juste comment ça s'est passé pour moi, comment j'ai organisé cela. J'indique une partie de mon boulot ici. Tu en fais ce que tu veux.

 

Wow, t'as pas chômé !

C'est grosso modo ce que j'envisage.

Je pense faire une liste des numéros et les laisser choisir dedans. Bien sûr, dans ceux que j'envisage, il n'y a rien d'extrêmement fou, que des tours dont je connais le principe et qu'on travaillera.

C'est peut-être un poil risqué de contacter le maire dès le début, non ? Sachant que je ne sais même pas si je serai encore là à la fin de l'année... (un peu contradictoire avec le projet mais je vais l'assurer autant que possible).

Pour l'alternance avec les élèves, personnellement je pense faire juste le tour de début et celui de fin. Ils pourront se préparer pendant celui qui les précède.

Encore que si je parviens à faire une liaison avec le groupe de danse, j'aimerais clôturer par une apparition, ça serait peut-être plus intéressant et valorisant si c'était un élève qui s'en occupait.

Si on ne peut pas s'incruster dans le spectacle de fin d'année, ou pire s'il n'a pas lieu, je ferai en sorte de faire une représentation au sein de l'établissement.

D'ailleurs si vous avez des idées pour récupérer des GRANDS cartons, je suis preneur.

 

 

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Faiseur de trucs et de bidules.

Publié le

Petite question : mieux vaut-il qu'ils aient leur propre matériel ou est-ce que je peux prêter le mien ?

Je suis sur le point d'acheter 2 cannes dansante et je pense que ça serait assez joli d'avoir un numéro synchronisé avec 2 cannes...

Faiseur de trucs et de bidules.

Publié le (modifié)

Pas sûr qu'ils utilisent leur argent de poche, surtout au début.

Les plus passionnés le feront sans doute.

Pourquoi ne pas en profiter pour demander un petit budget au directeur ?

Modifié par Jean-Philippe KRAUSENER
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Les bras croisés sur le cœur qui bat de tout son sang
Les yeux tournés vers l'horizon d'où sortent les rêves
Demain tu hurleras tes mensonges dans le vent

Publié le

Je ne connais pas l'état des finances du collège et pas sûr que ce soit accepté.

 

Déjà que l'achat du mégaphone à 300€ n'est pas bien passé a priori... (on s'en sert pour l'appel de la cantine, c'est génial comme truc)

Faiseur de trucs et de bidules.

Publié le (modifié)

Pour contacter un maire en vu d'obtenir une salle, il faut avoir au préalable fixé une date pour le spectacle avec le chef d'établissement et les collègues éventuels participant au projet, ne serait-ce que pour l'accueil, la gestion du bar et des gâteaux (sans alcool bien entendu), etc... tu ne seras forcément pas seul.

Bref, si tu es en mesure d'exposer clairement et sérieusement ton projet, que tu as une date (ou deux maximum) à proposer au maire, il n'y a pas de soucis, tu peux prendre contact au plus tôt (c'est même mieux que deux semaines avant). Mais si tu n'a pas de date et que ton projet est encore plein de points d'interrogation, c'est plus délicat. Il faut prendre des décisions rapidement, prendre des initiatives, communiquer rapidement avec le chef d'établissement et/ou son adjoint.

Pour ce dernier, il faut lui dire dès le début le but de ton projet, combien d'élèves seront dans ton atelier, le nombre de séances par semaine (fixer un jour, un créneau précis; là aussi 2 propositions maximum), un aperçu du déroulement (comme pour tes progressions de cours). Un petit diaporama powerpoint ou un fichier pdf avec toutes ces infos est très appréciable pour tous ceux qui participeront au projet de près ou de loin. Tu peux le construire dès maintenant.

Pour les inscriptions à l'atelier aussi : fixe une date limite et tiens toi-s-y ! Pense à indiquer la date, l'heure et la salle de la première séance partout (ENT, Pronote, panneau d'affichage de l'établissement, mail au chef d'établissement, aux CPE + panneau sur la porte de la salle lors des premières séances). Si des élèves inscrits ne se présentent pas lors de la première séance, laisse-leur une chance de venir à la suivante mais après, n'accepte plus de nouveaux inscrits. Il faut laisser une petite marge mais au bout d'un moment, il y a un programme à tenir donc comme dirait Jean MERLIN : "il faut parfois savoir dire NON".

Citation

Petite question : mieux vaut-il qu'ils aient leur propre matériel ou est-ce que je peux prêter le mien ?

Je suis sur le point d'acheter 2 cannes dansante et je pense que ça serait assez joli d'avoir un numéro synchronisé avec 2 cannes...

Pour le matériel, tu peux en prêter mais attention : si il arrive quelque chose, tu l'as pour toi et tu es responsable.

Je te déconseille de faire faire des achats de matériel de magie par l'établissement et/ou par les élèves. Il y a énormément de chose à faire avec des choses que l'on peut trouver facilement dans l'établissement ou chez soi (chez toi ou chez les élèves). Par exemple :

- un tableau (à craie ou à feutre) ou un paperboard (il n'y a pas toujours de tableau dans la salle poly d'un établissement)

- le vidéoprojecteur (toutes les salles de presque tous les établissement en sont aujourd'hui équipées)

- du papier : feuilles A4, A3, journeaux, magazines, etc...

- des cartes à jouer : tu peux parfois trouver des jeux de cartes géantes à 2€ chez Babou, Action, Noz, etc... il faut fouiner un peu. Ces jeux ne sont pas d'une qualité exceptionnelle mais suffisent pour beaucoup de choses. Personnellement, j'en ai 5 qui me servent pour 2 des 8 numéros de mon programme d'atelier.

- de l'eau

- des pinces

- des blouses

- au labo de physique-chimie, il a pas mal de choses qui peuvent être utilisées : j'évite tout ce qui est trop fragile (verrerie), trop dangereux, trop fragile ou de grande valeur.

Ce que je prête :

- ma sono et mon fond de scène (+ parfois quelques éclairages) pour le spectacle

- de la corde (mais elle n'est pas coupée et peut donc servir plusieurs fois)

- une cloche et une grosse bague pour un des numéros

- un guéridon

Donc pour ce qui est d'acheter des cannes à apparition, je dirais non pour plusieurs raisons :

- ce genre d'accessoire est dangereux entre les mains de collégiens : ils vont vouloir s'amuser avec et si la canne leur échappe et arrive dans l'œil d'un autre ou brise du matériel dans une salle... tu es responsables. Si ce sont des cannes métalliques, c'est encore plus dangereux et ça peut couper (au niveau du pouce entre autre). On peut toujours encadrer niveau sécurité mais pourquoi prendre ce risque pour si peu alors qu'il y a pléthore de chose magnifiques faisables en toute sécurité

- ce n'est pas (ou plus) un effet très magique (on se doute que c'est "un truc qui se déplie") : c'est juste un effet visuel, un beau gadget dont on fait la démo (enfin c'est mon avis)

- le maniement d'une canne à apparition (ou à disparition) est loin d'être aussi facile qu'il n'en a l'air : en as-tu déjà utilisé au moins ? Pour ne pas qu'elle t'échappes des mains, pour savoir la replier, la déclencher rapidement, etc... il y a un "coup à prendre" comme on dit ! Ce n'est pas aussi "automatique" que cela en a l'air.

- travailler la synchronisation des apparitions de cannes par deux élèves, encore une difficulté énorme à surmonter. Tu peux essayer, je ne dit pas que tu n'y parviendras pas mais tu te rendras compte qu'il te faudra consacrer beaucoup de temps avec ces élèves-là avant d'être sûr qu'ils fassent apparaître leurs cannes en même temps. Tout cela pour un effet de moins d'une seconde, pas magique (juste joli) et nécessitant du matériel spécifique qu'il faudra acheter ou faire acheter exprès, présentant des risques de sécurité non négligeables, etc...

Bref, tu fais comme tu veux mais pour moi, ce n'est pas une bonne idée.

Quelques sources d'où sont tirés les numéros que j'ai sélectionnés :

- les magazines "J'aime la magie" de Sylvain MIROUF

- Newspaper Magic de Gene ANDERSON

- le cours MAGICA de Robert VENO

- la science amusante de Tom TIT

- le manuel géant des Castors Junior

Une année, mes collègues d'Anglais et d'Histoire ont rejoint mon équipe.

Un des 8 numéros s'est donc fait en Anglais et mon collègue d'histoire faisait des interventions humoristiques au "coin du rideau" après un numéro en disant : "Ce tour a été créé en 1987 par le magicien américain Gene Anderson, aujourd'hui adapté par Paul et Julie !"

Autres conseils :

- pas de techniques de manipulation (à moins d'avoir déjà un élève passionné de magie dans le lot qui en maîtrise quelques-unes; dans ce cas, tu peux même le laisser proposer un tour qu'il aime et l'aider à élaborer une présentation originale)

- pas de choses trop compliquées ou longues à mémoriser : oublie les carrés magiques, certaines version de l'addition, etc... à moins de trouver un moyen d'encadrer / de guider parfaitement la chose (calculatrices à main ou virtuelle projetée,...).

- attention au rythme ! Il faut éviter les temps morts, anticiper tout problème : prévoir quoi dire et/ou quoi faire si il se passe ceci ou cela, si il faut meubler, rattraper un tour ou autre.

- le minimum de préparation et d'installation : pour les tours demandant un arrangement du jeu, je leur montre l'arrangement lors des séances mais le jour du spectacle, c'est moi qui l'arrange pour eux : ils n'ont plus qu'a entrer sur scène et à commencer le numéro. Bien souvent je présente un effet très bref dans ma présentation de leur numéro et je mélange (faux mélange) ou je constitue l'arrangement pour leur numéro pendant cette présentation.

- varier les effets (apparitions, disparitions, transpositions, transformations, divination, etc...), les supports (cartes, corde, papier, bouteilles, verres, crayons, etc...), le nombre d'intervenants (solo, duos, trios)

D'une manière générale, tu te rendras compte assez vite que même pour un effet dit "automatique", il y a des difficultés énormes à surmonter avant d'obtenir quelque chose de présentable (et qui te demanderont donc du temps ainsi qu'à tes élèves). Encore une fois, le but n'est pas d'en faire des illusionnistes mais de faire en sorte qu'il sachent présenter un numéro convenablement (en se tenant bien, en s'exprimant clairement, en prenant leur temps, etc...) et qu'ils en tirent un certain plaisir, une certaine assurance, un certain goût pour la curiosité, pour aller vers les autres, etc... Bref, il y a des objectifs pédagogiques à atteindre en s'amusant.

Alors bon courage et amusez-vous bien !

 

Modifié par Marc Page
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L'illusionnisme est l'art de donner une réalité à des choses impossibles ou très peu probables.

Publié le

Merci beaucoup @Marc Page pour ces conseils pratiques très détaillés. On sent que tu sais de quoi tu parles.

Juste un détail :

il y a 34 minutes, Marc Page a dit :

Donc pour ce qui est d'acheter des cannes à apparition, je dirais non pour plusieurs raisons :

- ce genre d'accessoire est dangereux entre les mains de collégiens : ils vont vouloir s'amuser avec et si la canne leur échappe et arrive dans l'œil d'un autre ou brise du matériel dans une salle... tu es responsables. Si ce sont des cannes métalliques, c'est encore plus dangereux et ça peut couper (au niveau du pouce entre autre). On peut toujours encadrer niveau sécurité mais pourquoi prendre ce risque pour si peu alors qu'il y a pléthore de chose magnifiques faisables en toute sécurité

- ce n'est pas (ou plus) un effet très magique (on se doute que c'est "un truc qui se déplie") : c'est juste un effet visuel, un beau gadget dont on fait la démo (enfin c'est mon avis)

- le maniement d'une canne à apparition (ou à disparition) est loin d'être aussi facile qu'il n'en a l'air : en as-tu déjà utilisé au moins ? Pour ne pas qu'elle t'échappes des mains, pour savoir la replier, la déclencher rapidement, etc... il y a un "coup à prendre" comme on dit ! Ce n'est pas aussi "automatique" que cela en a l'air.

- travailler la synchronisation des apparitions de cannes par deux élèves, encore une difficulté énorme à surmonter. Tu peux essayer, je ne dit pas que tu n'y parviendras pas mais tu te rendras compte qu'il te faudra consacrer beaucoup de temps avec ces élèves-là avant d'être sûr qu'ils fassent apparaître leurs cannes en même temps. Tout cela pour un effet de moins d'une seconde, pas magique (juste joli) et nécessitant du matériel spécifique qu'il faudra acheter ou faire acheter exprès, présentant des risques de sécurité non négligeables, etc...

Bref, tu fais comme tu veux mais pour moi, ce n'est pas une bonne idée.

Je crois que @Magic-Tony ne parlait pas de cannes à apparition mais de cannes dansantes.

Mais je déconseillerais aussi : a priori, un numéro de cannes dansantes synchronisées, ce serait très joli, mais ça demande énormément d'entrainement (car il n'y a rien de pire qu'un numéro qui est censé être synchronisé et qui ne l'est pas).

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L'important, c'est que ça valide !

Publié le

Les cannes dansantes sont pour moi-même à la base, pas pour l'atelier !

 

il y a 8 minutes, Alx a dit :

Mais je déconseillerais aussi : a priori, un numéro de cannes dansantes synchronisées, ce serait très joli, mais ça demande énormément d'entrainement (car il n'y a rien de pire qu'un numéro qui est censé être synchronisé et qui ne l'est pas).

C'est pas à moi que tu vas apprendre ça étant donné que j'ai fait de la danse xD

Et je peux garantir que les élèves, comme dirait l'autre, je les ai fait péter et répéter*. Parfois même après 20 secondes de chorégraphie on reprenait car ça n'allait pas (qui a dit que j'étais un tyran ?).

*Réplique dans Taxi

Je n'ai jamais vu de cartes géantes dans les Babou & Co, au mieux des cartes de Tarot.

 

A l'heure actuelle j'ai 4 numéros que je vais leur proposer de manière quasi sûre :

-deux de mentalisme trouvés dans 90 tours de magie (je vais d'ailleurs présenter un des deux à la réunion du club vendredi soir)

-une apparition (même source)

-coffre aux épées (idem)

 

Les deux derniers ne nécessitent que du carton majoritairement.

 

En grande illusion j'aimerais réussir à fabriquer un tip over trunk en carton mais là va falloir que je me creuse les méninges pour faire un truc solide.

 

Eric Antoine avait présenté une version géante du bonneteau de Skinner, je pense que c'est une piste à exploiter. Je possède une plastifieuse donc je peux fabriquer les cartes au format A4.

 

Je vais également recevoir des bouteilles à changement de couleur (pour moi à la base). Juste avec ça je pense que y a moyen de tenir bien 5 minutes : changement de couleurs et multiplication.

 

Dans "La magie pour les nuls" il y a un tour expliqué : "Intuition monétaire" qu'on peut adapter à tout et n'importe quoi tant qu'il y a 3 objets identiques et 1 différent.

 

J'ai encore quelques livres à lire qui me serviront d'inspiration.

 

Ce qui serait beau aussi serait un numéro commun mais là je rêve peut-être un peu trop.

 

Pour l'assiduité des élèves, j'ai déjà insisté sur le sérieux exigé lors de la présentation.

 

Enfin, pour le créneau, il semblerait que la piste la plus probable soit le vendredi de 13h à 14h, au sein de l'établissement bien entendu. C'est ce qui colle le plus à mon emploi du temps et c'est aussi le jour où il y a le moins d'élèves à la cantine.

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Faiseur de trucs et de bidules.

Publié le (modifié)

Pardon pour la confusion avec les cannes. J'ai lu le message trop vite.

Pour les cannes dansantes, niveau sécurité, pas de problème. Mais niveau difficulté, c'est très difficile ! Du moins, si on veut obtenir une belle illusion.

Personnellement, j'ai mis presque 2 ans avant d'être satisfait* de ma présentation de la canne dansante.

*avant de me dire "c'est bon, je peux la présenter en public"

En dehors du temps nécessaire à travailler les différents mouvements pour donner vie et indépendance à la canne, il y a les difficultés techniques au niveau de l'éclairage, du fond devant lequel on évolue et des angles de vue du public liées à cet illusion.

Car en plus d'être une illusion difficile à exécuter correctement, c'est une illusion que l'on ne peut pas présenter n'importe où. Dans la salle poly d'un établissement scolaire, il est presque certain que la situation ne s'y prêtera pas : sans projecteurs correctement réglés, sans fond irisé ou à motifs légers, il faut oublier ce genre d'illusion.

Si tu crois qu'un éclairage tamisé et un fond noir rendront le fil invisible, c'est que tu ne maîtrises absolument pas la clé de cette illusion, tout comme ceux qui pensent que la meilleure condition pour présenter des effets de FI en close-up est une soirée où les tables sont éclairées à la bougie (il n'y a rien de pire !).

Surtout qu'en plus, dans le cas de la canne dansante le fil est visible et bouge presque en permanence (donc le choix du bon fil ne suffit pas pour que l'illusion fonctionne).

Si en plus tu ajoutes une difficulté supplémentaire en exécutant ce numéro en synchronisation avec un autre ou deux élèves ensemble, autant dire que tu vas tout droit à un échec quasi certain.

 

Modifié par Marc Page
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L'illusionnisme est l'art de donner une réalité à des choses impossibles ou très peu probables.

Publié le (modifié)
Il y a 8 heures, Marc Page a dit :

En dehors du temps nécessaire à travailler les différents mouvements pour donner vie et indépendance à la canne, il y a les difficultés techniques au niveau de l'éclairage, du fond devant lequel on évolue et des angles de vue du public liées à cet illusion.

A vrai dire je ne sais pas trop.

 

Certaines vidéos en plein soleil ne montrent rien du tout, tout comme des vidéos plus sombres.

 

Je réfléchis aussi à des trucs plus simples pour ceux qui seront moins doués comme les bâtons de calcul mais en version géante pour être visible par tous.

 

Autre paramètre important à prendre en compte : la durée de chaque numéro, je dois veiller à ce qu'ils aient tous un temps plus ou moins égal pour ne pas faire de jaloux.

 

Idée : filmer les répétitions pour qu'ensuite ils puissent se voir et corriger ce qui n'irait pas.

Ce que je faisais aussi lorsque je montais les chorégraphies c'est faire passer chaque duo d'élèves devant les autres pour que chacun disent ce qui était bien ou non.

Modifié par Magic-Tony
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Faiseur de trucs et de bidules.

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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