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Il importe avant tout de savoir dans quel style tu veux te proposer, magicien médiéval ne veut rien dire ! Tu veux faire de la magie moderne avec un déguisement médiéval - tu es évocateur. Tu veux incarner l'imaginaire médiéval au travers de ton personnage - tu es artiste magicien. Tu veux retrouver les techniques anciennes et porter des vêtements médiévaux réalistes - tu es reconstituteur.

Très bonne analyse des différentes possibilités :)

Bon, il ne faut pas oublier aussi que ce sont les marques sur un curseur continu :

On n’est pas forcément l’un ou l’autre, mais toujours un peu des trois, même s’il y a une tendance majoritaire qui s’impose souvent.

Ainsi que je le disais, je n’ai pas un costume de reconstituteur.

Mais ce n’est pas un simple déguisement pour autant, car il y a des bases histo dedans :

Il y a donc un milieu entre évocateur et reconstituteur.

Pour le type de spectacle aussi :

Soit tu as un personnage que tu ne lâche pas, et tu vis au 13ième siècle, tant par ton discours que par tes manières (reconstituteur), soit tu peux te permettre des sorties de personnage pour expliquer l’évolution du jeu de carte, par exemple, et tu es alors évocateur :

L’évocateur a une liberté que n’a pas le reconstituteur.

La troupe avec laquelle j’évolue principalement est plus sur l’évocation, c’est-à-dire par exemple qu’il y a un râtelier d’arme, et qu’on explique au public l’évolution des armes, pourquoi ça a changé, a quelle époque etc.

On peut donc y évoquer des armes 14ièmes, alors que nous sommes au 13ième ;)

Evocateur, donc.

Mais la pédagogie et l’intérêt suscité par l’évocation est souvent plus forte que la reconstitution :

J’ai vu, et pas qu’un peu, des reconstituteurs rester entre eux, et n’avoir que très peu d’ouverture vers le public : pourquoi une troupe de soldats irait discuter avec les gens qui défilent le long de leur lice ?

Ils restent dans le rôle de soldats bourrus, ce qui limite parfois leurs interactions avec le public.

D’autre part, ils n’ont pas forcément d’interactions à proposer…

A l’inverse, on trouve des évocateurs qui ont un super costume, un super décor, du matériel digne de reconstituteur, mais qui n’ont pas de personnage à mettre avec : il te font une visite guidée comme au musée, sans jeu d’acteur (et même parfois sans savoir-faire technique, le camps restant uniquement basé sur une apparence.

Je crois qu’il faut naviguer entre les deux, évocateur et reconstituteur, pour en tirer le meilleurs de chaque chose :

Un reconstituteur absolu se verrait obligé de parler en vieux français, ce qui est incompréhensible.

Personne (à ma connaissance) ne le fait jamais.

L’évocateur va juste émailler son discours de quelques expressions, et cela maintiendra une couleur de son spectacle, tout en restant à la portée du public.

L’évocateur peut se permettre quelques clin d’œil sur les anachronismes, alors que le reconstituteur est obligé de rester dans son rôle…

Le reconstituteur ne peut utiliser de choses que l’on n’a pas identifiées historiquement comme existant à l’époque concernée :

Il doit, s’il est un jongleur ou un bateleur, utiliser les choses telles qu’elles étaient faites, et telles qu’elles nous sont parvenues de façon documentées.

Par exemple, les lunettes :

On croit souvent que les lunettes sont un anachronisme sur les camps médiévaux.

Elles ont été en fait inventée de façon vérifiée au 11ième (ou 12ième, j’ai un trou !), et si elles sont à monture de bois, de corne ou d’un autre matériau compatible, si elles n’utilisent pas de branches articulées (les modèles certifiés ont un petit cordon qu’on passe derrière la tête ou derrière les oreilles), on peut porter des lunettes en étant reconstituteur.

A l’inverse, je parlais de tube Raymond plus haut.

Je ne connais pas de source indiquant l’existence de tube Raymond au moyen âge.

Donc, le reconstituteur n’en utilisera pas.

L’évocateur, du moment que les matières et la technologie apparente sont possible, ne se gênera pas.

Idem pour la magie électronique :

L’évocateur peut s’en servir, si elle reste cachée et inconnue du public, le reconstituteur se fera un point d’honneur à n’utiliser que des techniques d’époques certifiées, même si elles sont tout aussi cachées.

Je jongle au bâton du diable : historiquement, aucune source, mais rien n’empêche d’un point de vue technologique de le faire : je suis donc dans l’évocation, pas dans la reconstitution sur ce point…

Enfin, et c’est sans doute le plus important, un reconstituteur ne peux faire dans le fantastique au-delà des coutumes de l’époque :

Par exemple, je ne suis pas certain que les bateleurs se déguisaient en sorciers pour opérer sur les marchés et fêtes :

Je suis même à peu près certain du contraire, vu les images qui nous sont parvenues, ou le bateleur est habillé comme tout le monde ou presque.

La mode des magiciens en chapeaux pointus et robes à étoile est plus de la renaissance, il me semble…

Socialement, cela serait une erreur aussi : le risque de finir en prison pour sorcellerie serait accru par une attitude simulant une interaction diabolique.

Le bateleur, s’il veut faire long feu, a intérêt à être clean ;)

Par contre, l’évocateur ou l’artiste magicien à thème historique peut très bien avoir une attitude diablolisante, des propos frisant l’hérésie, un comportement blasphématoire ou en tout cas pas très catholique, on s’en fiche (au niveau historique…).

J’ai une petite routine ou je lis dans les tarots.

Mais bon, comme le tarot et son usage pour lire l’avenir est interdit par notre sainte mère l’église, je ne peux bien entendu pas le faire.

Donc, je lis le PRESENT dans les tarots.

Et pour être sûr de ne pas mettre l’âme immortelle des spectateurs en danger, je vais révéler MON présent, avec ces tarots…

(Étant un costume de bouffon, la lame du fou ressort sans arrêt… ce qui est effectivement mon présent…)

C’est bien sur un jeu d’évocateur, car un reconstituteur ne lirais pas les tarots en public, devant 100 personnes… déjà car le public l’aurait fuis, ou trainé devant le seigneur local pour être jugé, si on était au moyen âge.

Pour un reconstituteur, les actions pouvant être considérées comme démoniaques peuvent avoir lieu, mais sous l’apparence de la comédie, de la farce, et finir de façon à édifier le bon peuple sur les risques qu’il y a à commercer avec le surnaturel : on peut plaisanter avec le sexe (les farces sont bourrées d’allusions franchement grivoises…), sur les défauts humains (l’avarice, la gourmandise etc…), sur la malhonnêteté (rien n’empêche de montrer un voleur, un tricheur, en condition de spectacle...) mais il faut être prudent si l’on évoque les démons.

Mais un artiste ou un évocateur peut, s’il le désire, ouvrir son antre de sorcellerie ou d’alchimie au bon peuple, et y produire des prodiges maléfiques, sans risque de se faire lyncher.

On a donc, comme le souligne très bien Amaury, des choix à faire.

Tout dépend du type de spectacle que l’on souhaite offrir.

En général, dans les fêtes médiévales, une dose de fantastique est tolérée, si elle est bien faite :

Dans beaucoup de fête en Bretagne, on peut croiser une sorcière échevelée, aux yeux vairons (lentilles de contact ;) ), qui touille son chaudron ou va faire peur aux enfants et des proposition dégoutantes aux grands : c’est tellement bien fait qu’on y croit. Elle fabrique des potions, en plus…

Je ne parierai pas sur les chances de survie d’un tel personnage avec un tel comportement au moyen âge. ;)

Gilbus

Modifié par Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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    • Salut à tous ! Quel week-end d'anthologie à Spa ! Le festival MagicAll bat son plein, l'ambiance est juste incroyable et on s'éclate comme des fous entre passionnés. Si vous n'avez pas pu venir ou si vous voulez vivre les coulisses avec nous en direct, je partage plein de moments fort sur mon compte Instagram : 👉 https://www.instagram.com/virtualmagie/ Comment les voir ? Une fois sur le profil, il vous suffit de cliquer tout simplement sur la photo de profil (l'indien qui saute sur une plage 😜) pour lancer le défilé des stories de la journée. Ne tardez pas trop à jeter un œil : par principe sur Instagram, les stories disparaissent définitivement au bout de 24 heures ! Un grand merci à tous ceux que j'ai déjà croisés, et à tout de suite en vidéo ou dans les allées du congrès !
    • Que l’utilisation d’une imprimante 3D serve à confectionner un appareil ou à fabriquer un tour de magie, pour un usage personnel ou professionnel, cela ne me pose aucun problème. Ce qui me dérange, c’est lorsque ces objets sont ensuite commercialisés comme des tours de magie artisanaux.   Pour moi, dès lors qu’on entre dans une logique de production en série, on s’éloigne de l’artisanat pour se rapprocher d’un véritable procédé d’usinage industriel.   Je fais une distinction entre cette démarche et le travail semi-artisanal que l’on peut retrouver dans la fabrication de certaines pièces, des Okito Boxes ou encore des gobelets. Dans ces cas-là, il y a un véritable savoir-faire humain derrière la confection : une maîtrise des matériaux, de la précision, des finitions et de l’ensemble des étapes de fabrication, de A à Z.   Avec une imprimante 3D, le processus est différent : on définit un modèle, on choisit les paramètres d’impression, la quantité de matière et le temps de fabrication, puis on lance la machine. Bien entendu, cela demande des compétences en conception et en modélisation, et je ne nie pas le travail qui peut se trouver en amont. Mais une fois le fichier prêt, la fabrication elle-même devient largement automatisée.   C’est cette différence qui me gêne lorsque le produit est présenté et vendu comme un tour de magie artisanal. À mes yeux, il ne s’agit plus du même rapport à la fabrication ni du même niveau de maîtrise manuelle.   Encore une fois, ce n’est pas une critique personnelle envers Doug Conn. C’est une réflexion sur cette façon de concevoir et de commercialiser la magie. Je trouve important de préserver une distinction entre un objet fabriqué artisanalement, avec tout le savoir-faire humain que cela implique, et un produit issu d’une fabrication automatisée en série.   L’impression 3D est un outil formidable, mais pour moi, elle ne suffit pas à faire d’un objet un produit artisanal. Et c’est précisément cette nuance qui me semble essentielle lorsqu’on parle de magie et de création.
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