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Publié le

Tu parles du tour publié sur From Old ou ma routine faite dans un de mes spectacles Intimiste ?

Le premier est une routine dite "rapide" de 7/8 mn et l'autre dure une trentaine de minutes. Bien evidemment les moyens employés sont très différents dans un cas et dans l'autre.

Les deux ont une histoire. Je propose que tu choisisse l'une des deux et je te répondrai... mais juste une, attention de bien choisir !

Amitié et merci de vos encouragements pour cette nouvelle sortie de ce "Pocket portefeuille"

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Publié le

Je te laisse ce choix. Il n’y a aucune obligation.

L’idée étant davantage de faire partager ton histoire du tour ou de la routine. Eveiller la curiosité des lecteurs par ton processus de conceptualisation. Tous les tours ont une histoire. Merci d’avance pour ce partage.

Publié le

Oui mais tant qu'à rester dans une logique du double, la double histoire irait vraiment de paire avec l'objet...

Et puis nous sommes aux portes de décembre, les histoires à lire tranquillement au chaud le soir c'est bien...

Sinon je la refais autrement: moi aussi je peux demander une des deux histoires ? Si oui je prends l'autre donc....

(Enfin, si le temps et l'envie le permettent bien sûr).

;)

Publié le

Comme tu me laisses toute latitude pour répondre, Sylvain, je serai tenté de commencer par le tour. Chronologie oblige.

Les Billets De 1 Dollar ou Le Pari

En essayant de retrouver les pourquoi et les comment, je me souviens que j’ai imaginé l’aspect technique en premier sur ce tour. Plus tard j’ai réfléchi pour faire « vivre » le tour et j’ai rêvé ce challenge entre le spectateur et le magicien, comme une joute, un jeu, une tentative à deux pour mieux se comprendre…Comme s’il était possible de jouer, sans magie avec un spectateur qu’on transformerait pour l’occasion en une relation réelle, un ami peut-être ?

Voici les bases donc du pitch ou du scénario que j’ai créé au début.

Revenons à la technique du tour.

J’ai pensé avec des cartes blanches une série de treize valeurs + 4 cartes pour les couleurs. Soit 17 cartons. Jusque là, rien d’étonnant ! En rajoutant sur un carton le mot DE, j’ai vite compris qu’on pouvait obtenir toutes les cartes d’un jeu de 52. Toujours rien d’étonnant ! On pouvait donc fabriquer un 8 DE PIQUE, comme un 4 DE TREFLE…Des cartons qui peuvent donner le nom d’une carte, ce n’est pas bouleversant, je trouve ! Cartons/cartes = même image, même symbole, pour les gens.

Alors, il m’est venu qu’avec des billets, on pourrait ne pas « téléphoner » l’effet. Des billets et des cartes à jouer peuvent créer l’ambiance du jeu, du tripot virtuel, si on si attelle (argent et jeu =cartes). Il y avait une vraie possibilité de surprendre avec cette base de recherche. Je crois que vous voyez de quoi je veux parler !

A partir de là j’ai sorti différents types de billets et je me suis arrêté sur les Dollars qui ont un format pratique pour plein de raisons. Une trentaine de billets ne représente pas un volume de folie et je pouvais vite bâtir ma routine pour créer n’importe quelle carte sous le couvert de compter simplement les billets que j’avais en main…

Voici également en gros la base du choix des billets plutôt que des cartes (cartons).

Je dirai que ces deux bases ne m’ont pas pris un temps incroyable. Ce qui le fut plus est de faire cohabiter l’ensemble. La mise en scène générale, si on peut l’intituler ainsi. Je voulais posséder sur moi un tour, toujours prêt à l’emploi pour pouvoir rapidement aller loin avec un spectateur sans avoir besoin de planter un décor, une infrastructure démoniaques.

L’ambiguïté qui réside entre jouer avec le spectateur et lui faire un tour de magie m’a beaucoup intéressé. Il est finalement assez rare de pouvoir faire entrer le spectateur dans le tour sans qu’il puisse supposer qu’il est victime comme à l’accoutumée. J’aime bien cela !!

L’idée était de trouver la crédibilité du jeu avec le spectateur. La chose m’est venue en me remémorant la phrase que j’avais construite pour « Double Mental » : « Choisissez une couleur pour moi ». J’aime cette phrase qui est très simple à comprendre et très ambiguë, en fait tout simplement à double sens. Choisissez à ma place ou choisissez au premier degré la couleur que je devrais prendre ! De cette demande on peut donner ou conserver la couleur ou la chose qu’on souhaite sans que le spectateur se sente floué.

De cette idée-là, j’ai construit le jeu pour les billets. Pensez à une carte et je vais la deviner. Vous avez fait votre choix ? Le spectateur dit oui. Je nomme une carte, le 8 de pique. Le spectateur répond non. Je demande : « C’était quoi ? » Il dit le nom de sa carte, exemple 4 de cœur. Moi : « Pas loin !». Rires du public ! Non, restons sérieux. A vous. Vous allez essayer de deviner combien j’ai de billets dans mon portefeuille. Il se trompe aussi. Un partout, dis-je. On vient d’installer le jeu ensemble et de mon côté je vais pouvoir construire en parallèle la carte choisie sans qu’on puisse deviner où je veux aller.

Voilà en fait comment est venue à mon esprit cette routine. Plus tard, si vous le souhaitez, je parlerai de celle effectuée au Double Fond, il y a quelque temps déjà !

Suite au prochain épisode.

Publié le

Ce(s) portefeuille(s) est pour moi la meilleure version de portefeuille “truqué”’ qui existe.... Extrêmement polyvalent et super pratique, les possibilités avec cet accessoire sont “endless”.

A acheter sans modération aucune...

Mathieu

Publié le

Merci pour ces quelques lignes d'explication de la genèse d'un tour qui valent bien plus que 12 DVD d'explications techniques... On attend la suite avec impatience!

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    • Dans le même genre :  https://www.instagram.com/reel/DcRCoQKAWLo/?igsi=Y3BoeGc2MWpvOHZ4
    • Le ready-made Ou comment devenir artiste. La première chose est de définir l'artiste : Dans l’art contemporain, l’artiste est celui qui dit qu'il est un artiste. Donc si vous n'êtes pas artiste… dites que vous êtes artiste et c'est bon. Néanmoins c'est bien d'avoir une œuvre d'art, pour prouver que vous êtes artiste.  Je vous propose donc de devenir un spécialiste du ready-made. C'est une forme d'art extrêmement élaborée qui repose sur une technique complexe : Déjà prenez un objet. N'importe quel objet dans votre quotidien, autour de vous, un objet. Voilà c'est tout : C'est votre œuvre.  Car puisque vous êtes artiste, si vous décidez que cet objet est une œuvre c'est donc une œuvre.  Maintenant il y a toujours des esprits chagrins qui vont contester le statut d’œuvre de votre création.  Pour cela il faut soigner la présentation comme en magie : il faut soigner l'emballage.  L’écrin donne sa valeur au bijou, l’exposition son authenticité à l’art. Mettons pour l'exemple que votre œuvre soit un petit ventilateur portable. C'est pas cher et on peut en trouver sur Aliexpress pour quelques euros maximum.  Il faut vous procurer un socle d'exposition, que vous pouvez construire vous-même, commander à un menuisier, ou acheter sur Aliexpress de toute façon.  C'est un parallélépipède de couleur neutre et unie sur lequel vous allez pouvoir poser votre œuvre. Si c'est une œuvre passive vous pouvez également ajouter un globe en plexiglas ou en verre pour protéger l'œuvre, ou une cage cubique en plexiglas de façon à ce qu'on puisse voir l'œuvre sans pouvoir la toucher.  Mais dans le cas de notre ventilateur il ne faut pas qu'il y ait d'obstacle entre le public et l'œuvre elle-même car l'œuvre va souffler. Cela va créer une interactivité entre l'œuvre et le public, c'est le top au niveau du ready-made.  Maintenant il faut passer à l'argumentaire, c'est le plus important en art contemporain  Vous allez coller sur le côté du socle une petite étiquette portant le titre de l’œuvre.  Le titre peut-être en rapport avec l'œuvre, ou une fonction de l'œuvre, ou une couleur de l'œuvre, ou ou pas, d'ailleurs : le titre peut être complètement quelconque, l'important c'est que ce soit conceptuel.  Pour notre ventilateur je propose « la vie ».  la vie c'est le souffle, la vie c'est l'air, la vie c'est la relation entre quelque chose et autre chose donc entre votre œuvre et le public qui va recevoir le flux d'air du ventilateur  Bien sûr il ne faut pas expliquer tout ça au public sur l'étiquette.  L'étiquette doit laisser l'imaginaire du public s'emparer du titre et essayer de chercher un lien quelconque avec l'œuvre, et c’est mieux si le lien est difficile à trouver, ça veut dire que l'œuvre est intelligente et que bien sûr celui qui trouvera un lien, quel qu’il soit, sera encore plus intelligent : cela va flatter le public. Mais comme ont sait que le public n'est pas très malin malgré tout, c'est bien d'avoir un vendeur ou un guide dans l'exposition qui va détailler justement la fonction de l'œuvre, son lien avec l'univers réel, subjectif, psychologique, cosmique et plus si affinités, avec tout ce qu’il voudra, d'ailleurs, puisque votre œuvre est universelle : forcément c'est contemporain. Donc le guide pourra expliquer le souffle de la vie, il pourra expliquer bien sûr que le ventilateur fonctionne sur batterie, il y a la vie qui s’écoule et qui va s’épuiser pour finir par s’éteindre puisque le ventilateur va s’arrêter quand il y aura plus de charge, voilà c’est une extraordinaire métaphore de la vie qui en économisant son souffle peut durer plus longtemps mais en se donnant à fond bien sûr, pourra brûler la chandelle par les deux bouts, même si on peut dire que c’est un peu archaïque comme définition, mais c’est pas grave du moment que c’est dit avec conviction, c’est important. N’oublions pas le bouton de réglage de puissance, qui incarne à la fois le libre arbitre et les limitations intrinsèques de l’être.  Il va également détailler l’aspect esthétique de l’œuvre : dans mon cas j’ai un ventilateur qui est moitié blanc moitié noir et c’est l’opposition entre le yin et le yang, la mort la vie, le jour et la nuit, bref il y a opposition quelle que soit l'opposition, c'est fort.  Et plus élaboré, il y en a qui ont cherché le lien avec l'univers concret visible et la matière et l'énergie noire que nous décrivent nos physiciens, ce qui permet d'avoir un petit accent scientifique et quantique qui n'est pas mauvais pour l'art contemporain, soyons conceptuel, mais branché. Si le vendeur/guide n’est pas dans vos moyens, vous pouvez réaliser une fiche consultable collée pas loin du socle. Vous constituez comme ça une exposition d'une vingtaine ou une trentaine d'œuvres. Pas trop, parce qu'il faut montrer que c'est difficile à faire quand même. Si vous avez commandé vos socles par lot, cela peut vous prendre presque une demi heure, si l’impression des étiquettes est lente. Il faut maintenant monter l'exposition et pour ça disposer vos socles à différents endroits d'une pièce. Pour l'éclairage vous pouvez varier , faire un coin de la pièce qui est quasiment dans l'obscurité si les objets restent plus ou moins visibles, et d'autres ou les objets sont plein feux. la variété ne nuis pas. Après, vous pouvez aussi opter pour une homogénéité de votre exposition avec tous les objets qui sont placés au même rang. Le choix n'a pas tellement d'importance, puisque de toute façon il sera évident pour tout le monde que vous avez soigneusement réfléchi à toutes les implications de chaque détail de l'exposition, et que même ce qui paraît incongru est en fait complètement voulu. C'est tout l'intérêt de l'art contemporain : quand on fait quelque chose de nul, eh bien le public ne peut pas imaginer que l'on a tout simplement raté, non, on a forcement fait exprès de faire quelque chose de nul, et du coup ça devient génial. Voilà, vous êtes artistes. Demandez à un ami milliardaire/ministre de la culture/investisseur de fond de pension de vous acheter les trois quart de l’exposition, très chers. Multipliez le prix de ce qui reste par 1000, ainsi vous aurez votre cote, et votre investisseur pourra revendre avec une plus value intéressante. Bienvenu dans le monde parfait de l’art contemporain.  Dans les prochaines formations, nous parlerons de l’art pictural, de l’utilisation des éclaboussures de peinture, du crayonnage compulsif, des oppositions entre ces méthodes organiques et celles utilisant une règle pour faire des rayures. (spoiler alerte, n’importe quelle méthode est bonne pour l’art contemporain)… Nous aborderons la sculpture : le modelage et l’empilement aléatoire de boulles de glaises marron, et une master classe sur l’évidence scatologique du résultat. Ce qui nous amènera dans l’univers de la transgression, étape incontournable de l’art contemporain, avant de basculer dans l’étape ultime, l’évacuation du sens, de l’intention, puis de l’œuvre elle-même . Gilbus
    • Un très grand nom de la magie est parti. Son personnage haut en couleur, très expressif voire parfois démesuré contrastait avec l'homme, très réfléchi, calme et discret. Il a, je pense, donné tout ce qu'il a pu : son énergie lors de ses prestations, ses théories, ses idées, son oeuvre au travers de ses ouvrages, vidéos et conférences et son amitié. Imaginatif et travailleur, il a, en dehors du personnage artistique que nous connaissons, été un organisateur de beaucoup d'évènements. Il a été un rassembleur, un fédérateur discret. Il n'a rien fait de tout cela pour la gloire ou l'argent mais juste parce qu'il en avait envie, parce que sa passion était hors normes et qu'il voulait intensément la transmettre. Il a réussi. Mes amis "d'un certain âge" ont vu, lu et vécu à l'époque de Larry Jennings, Dai VERNON, Arturo De Ascanio, Edward MARLO, Brother John HAMMAN, Fred KAPS, Tony SLYDINI, Albert GOSHMAN, Doug HENNING et j'en oublie beaucoup. Leurs témoignages et ce que j'ai moi-même vu et/ou lu ont alimentés ma passion et mes connaissances de cette époque et de leur héritage (technique, théorique). Ma génération (30-40ans) a fait ses premiers pas en magie avec Bernard BILIS, @Dominique DUVIVIER, David STONE, Juan TAMARIZ, Jean-Pierre VALLARINO, @Gaëtan BLOOM, Sylvain MIROUF, pour ne citer que les plus "proches" géographiquement car nous avons pour la plupart appris au travers de leurs publications et suivi leurs parcours. Je n'étais pas d'accord avec Jean MERLIN sur un point : lorsqu'il disait que les magiciens de son époque n'avaient pas de "successeurs" aujourd'hui à part Tony SLYDINI avec Yann FRISH. La passion et les idées de Juan TAMARIZ n'ont pas disparues. Elles ont été transmises à de nombreux magiciens, Dani DAORTIZ en tête. Il n'a pas le même personnage, a développé ses propres théories mais on peut y voir un "successeur" de Juan TAMARIZ. Il est très bien parti pour devenir un aussi grand homme que lui en tout cas. Ce que je veux dire, c'est que pour chaque domaine de la magie, nous avons perdu des grands noms mais leurs oeuvres et leur passion sont toujours là, sur des pages, sur des vidéos, au travers de témoignages qui se transmettent. C'est dans l'ordre des choses. Je pense que si Juan TAMARIZ organisait tant d'évènements chez lui et ailleurs, ce n'était d'ailleurs pas seulement pour transmettre ses idées et partager de bons moments avec d'autres passionnés mais aussi pour dénicher, inviter et voir devant lui et surtout de son vivant ceux qui reprendraient le flambeau, qui représenteraient la magie de demain. Je pense qu'il est parti avec le sentiment d'avoir réussi, en tout cas je l'espère. Que l'homme et l'artiste reposent en paix, nous ne sommes pas prêt de l'oublier. J'aurais pu participer à ce post en y ajoutant beaucoup de choses mais j'ai préféré rester sur l'essentiel. Comme pour un numéro, le plus dur n'est pas d'ajouter ou de modifier mais de couper. D'autre part, même si c'est dans l'ordre des choses, la page est plus dure à tourner que je ne le pensais. Et pourtant je n'ai pas été un de ses proches.
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