A propos de l'assistante de magicien, ce savoureux billet paru dans la revue des spectacles La Comédia du 12 février 1925.
Le journaliste Jean Ravennes y dresse un portrait à la fois plein d’ironie et d’affection de la partenaire :
« Tout magicien qui se respecte a une “partner” qui répond à de doux prénom comme Aurora ou Barbara
et qu’on appelle Miss parce qu’elle a été enlevée d’un temple mystérieux de l’Inde ou de la Perse où elle était consacrée aux Dieux.
Ah ! l’adorable petite personne, toujours blonde comme les seigles, emperlée et pailletée des pieds au front, vêtue d’une robe de soirée assassine et coiffée comme pour un dîner de têtes.
Elle s’avance dans mille feux ; elle ne dit rien, elle sourit, mais cette fois sans arrogance ; elle a un air doux de victime ;
c’est elle qui, enfermée entre quatre planches de bois, sera lardée de dix épées, de part et d’autre ;
c’est elle qui, anéantie sous une caisse exiguë, en sortira métamorphosée en nègre horriblement velu ; c’est elle qui, raidie par l’hypnose, ou pétrifiée par une catalepsie soudaine, s’élèvera doucement dans l’air, au-dessus d’un autel de bois peint, devant deux flambeaux funèbres ; c’est elle qui, au baisser du rideau, ne viendra pas recueillir sa part d’applaudissements. Sans doute parce que de si violents traitements ont eu raison de sa jeune vigueur et de sa robe précieuse. »