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Le numéro en lui-même présente une originalité indéniable : la performance collective, qui laisse imaginer énormément de possibilités. Je ne sais pas si cela avait déjà été fait dans le domaine de la magie de scène, où la figure du magicien vedette prédomine. Evidemment, le numéro ne peut pas faire l’unanimité à tous les niveaux, c’est normal. Personnellement, comme d’autres ici, ce qui m’a le plus dérangé est le fond lumineux et bariolé qui noye le numéro. Un fond uni et neutre l’aurait tellement plus mis en valeur... De toute façon, c’est comme ça maintenant, à la télé, en concert... les artistes ne suffisent pas, il faut un maximum d’enrobage, ce qui n’est  pas du tout une démarche artistique. Pourquoi ne pas regarder un tableau avec une vidéo en fond tant qu’on y est ? Ce n’est pas un décor qui fait partie intégrante de l’œuvre comme au théâtre ou à l'opéra, ou même en spectacle vivant, de magie ou autre, et qui a été étudié par l’artiste, c’est de la grosse cavalerie, bien commerciale. Je comprends que les artistes professionnels ont besoin de composer avec le monde du show business et doivent faire des concessions. Mais les propos de Monsieur Protat me parlent, et n’empêchent pas d’apprécier d’autres aspects du numéro, il le dit lui-même. Si on se retrouve ici, c’est pour partager nos impressions et explorer parfois les choses en profondeur, sinon quel intérêt ? D’autant plus qu’ on parle là des artistes les plus médiatisés. La mondre des choses est qu’ils acceptent que leurs prestations soit matière à échanges et à réflexion, tant qu’on est pas dans la critique malveillante, aigrie ou trop systématique

Pour revenir au numéro, je lui trouve aussi un manque de lisibilité, et son aspect visuel complexe atténue l’effet magique (au sens d’impossible à envisager dans le réel) car les apparitions de cartes ou d’objets se font à des endroits (mains des magiciens) que l’on était pas en train de regarder ou simplement de percevoir sans les cartes ou les objets, en intégrant inconsciemment le fait que ces dernier(e)s ne peuvent pas être caché(e)s et qu’ils apparaissent de nulle part.

Je me permets par contre (parce que là je ne critique pas un artiste) d’avoir un avis plus tranché sur l’émission AGT. C’est peut-être le genre s’émission qui actuellement permet le plus de donner une visibilité à des magiciens, mais je n’y trouve presque que du mauvais goût, ce qu’il y a de putassier dans la télé venue des USA : réactions stéréotypées, exagérées et étudiées (trop pour être sincères), coupant sans cesse la vision du numéro. Jury  cabotin, public à la limite de l’abrutissement, animateur tout ça à la fois. La négation de l’art pour moi... Même Penn n’ Teller, pourtant très américains, à côté, c’est Léonard de Vinci et Michel-Ange, ou Verlaine et Rimbaud...

Espérons que ma petite "littérature" n’ait pas incommodé le sieur Woody... 😉

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  • 2 weeks plus tard...
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Le 11/06/2026 à 12:47, Hugues PROTAT a dit :

Une efficacité absolue, une rigueur et une discipline de groupe fascinantes, un timing parfait pour cette émission, une gestion d'espace magnifique... Le style coréen de Yu Ho-jin poussé au paroxysme pour un format TV !

Quatorze ans après la découverte de son univers, ils sont aujourd'hui dix magiciens forgés dans le moule de l'école coréenne.

C'était l'objectif principal. Proposer une performance pour ce programme TV et au regard de ce que Yu Ho-jin avait déjà fait. Le second objectif est cela moi de montrer que d'autres magiciens proposant des performances techniques et visuelles aussi poussées existent. C'est une vitrine pour les manipulateurs coréens mais plus largement, pour les manipulateurs tout court. Honnêtement, on ne peut pas dire que ça donne une mauvaise image de la magie.

Le 11/06/2026 à 12:47, Hugues PROTAT a dit :

Quelques questions se posent alors :

1) La création est-elle une déclinaison — aussi parfaite soit-elle — d'un numéro, en l'occurrence celui de Yu Ho-jin ?

2) Où est la personnalité, l'unicité des artistes ?

3) En 14 ans depuis son Grand Prix, quoi de nouveau en termes d'originalité et de thématique d'objets ?

4) La forme doit-elle l'emporter sur le fond ?

5) Faut-il aujourd'hui dix magiciens en scène pour avoir le même impact qu'un seul quatorze ans auparavant ?

6) Est-ce un numéro qui a un avenir commercial ? Qui peut engager dix magiciens pour seulement quelques minutes ?

7) Que retient-on vraiment de magique dans ce feu d'artifice de mouvements et de gestuelles de groupe ?

😎 L'impact chorégraphique est impressionnant et la nouveauté dans le monde magique vient indéniablement de là. Mais faut-il multiplier à l'infini ces gestuelles de productions de cartes ?

9) L'effet de coordination du groupe, tel un ballet classique, est beau et impressionne. Mais est-ce vraiment une sensation magique ?

10) Mais ce qu'ils ont proposé reste d'une efficacité totale. L'efficacité est-elle l'avenir de notre art ?

1) Ce numéro est une création. Cela ne veut pas dire que tous les créateurs doivent suivent le même chemin. C'est une façon de mettre au point un numéro original. J'ai déjà vu des numéros de magie à plusieurs mais un numéro de manipulation à 10 de ce niveau là, jamais. Donc c'est une première. Après il y a des tas de façon de créer, sans penser à l'effet de groupe. Donc pour répondre à la question : la création n'est pas forcément une déclinaison parfaite d'un numéro existant.

2) Au sein du numéro, il y a des phases où tous font les mêmes productions et des phases où chacun en fait une qu'il affectionne ou qui lui est propre. Tous ne sont pas des élèves de Yu Ho-jin. Il y a aussi des amis. Chacun de ces artistes a son propre numéro à côté. Il y a des touches personnelles de chacun. Après, ça reste un numéro en groupe donc il faut qu'il y ait par moment une certaine unicité. Bref, pour répondre à la question, il suffit de regarder le numéro, il y a les deux.

3) Rien de nouveau côté objets et presque rien de nouveau côté techniques utilisées. Ce qui est nouveau c'est la combinaison à plusieurs : un magicien déclenche les productions de cartes ici et là, une baguette passe des mains d'un magicien à un autre, etc...là nouveauté (et donc l'originalité du numéro) est là.

4) Ils ont choisi de miser tout sur la forme. C'est un choix adapté pour ce genre d'émission et pour un énième passage (il faut faire autre chose). Est-ce que cela veut dire qu'ils sont incapables de travailler sur le fond ? Non, c'est un choix, un choix compréhensible, délibéré. Ils savent que ça aura plus de succès qu'en travaillant sur le fond pour ce genre d'émission (format court, quelques minutes).

5) Non, évidemment.

6) Je pense qu'ils l'ont fait uniquement pour l'émission et qu'ils ne pensent pas tourner avec ce numéro. C'est une façon de faire leur promotion à chacun. Après, peut être que certains grands cabarets, théâtres ou programmes TV souhaiterons proposer ce genre de numéro. On peut aussi imaginer un spectacle où chacun présente un numéro (pour le coup, des numéros où la personnalité de chacun s'exprima beaucoup plus) et en final, ils font leur numéro tous ensemble. L'avenir nous le dira ! Ils ont eu le mérite de mettre ça au point, de proposer cela. Après, le public, les producteurs, etc...sont libres d'y trouver leur bonheur ou non.

7) Un feu d'artifice de productions et voyages de cartes, d'une baguette + la baguette boomerang qui ressort bien. Une technique impeccable, la synchronisation des artistes, l'esthétisme des gestes.

C'est comme au Cirque du Soleil. Ce sont des tableaux. Il y a des performances mais peu de personnalité. Ce sont les numéro solo ou à deux qui ponctuent les spectacles du Cirque du Soleil, constituent un fil rouge et vont donner de la profondeur au spectacle. Mais voilà, on est dans ce cas sur des spectacles, pas sur un numéro de quelques minutes où ce mariage de fond et de forme est difficile à mettre en place.

😎 Non évidement. Mais il faut des artistes proposant ce genre de numéro. D'autres proposeront des numéros sur le fond (mais pas dans ce genre d'émission ou alors difficilement). Une émission comme le cabaret de Patrick SÉBASTIEN permettait aux artistes de s'exprimer de manière plus "posée" (format de 4 à 8 min et non de 2-3 min, pas de jury mais juste un public et des caméras, pas de buzzers, pas de publicité sauf celle d'artistes et pas de jeu sms, pas d'argent à gagner mais des cachets pour chaque numéro).

9) On ne peut pas dire que c'est un numéro de danse, un ballet. Il y a une chorégraphie mais aussi des effets magiques, des impossibilités (cartes qui sortent en quantité de nul part, voyages, etc...). Vous n'y trouvez pas de sensation magique, d'autres la trouvent. Ce numéro ne fait pas l'unanimité ici, c'est certain. Mais les avis sont partagés, les ressentis aussi.

10) Très bon sujet de philosophie à proposer au bac. Je dirais, sans partir dans une longue rédaction que l'efficacité est ce qui a été recherché ici. La question en filigrane est " Est-ce que les artistes qui ne cherchent pas à être toujours dans l'efficacité ont un avenir ?", "Est-ce que les numéros avec une histoire, un personnage, une ambiance qui s'installe tranquillement, etc...ont encore un avenir ?"

Ma réponse est oui, bien sûr. Pas dans ce genre d'émission (ou difficilement) mais dans les théâtres, les festivals, les cabarets (il y en a encore, ça "repousse" un peu partout). Le mouvement magie nouvelle a proposé l'opposé de ce genre de numéros "efficaces". Mon seul regret est que les numéros de magie nouvelles sont trop souvent accompagnés d'une ambiance assez lourde, glauque voire suicidaire. Mais il y a des pépites qui sont nées avec ce mouvement tout comme il y a des pépites qui sont nées avec des émission comme Incroyable Talent.

Il ne faut pas voir tout en mal ou en bien. Il y a de bonnes et de mauvaises choses partout.

En bref, cher @Hugues PROTAT, votre inquiétude est justifiée et vos interrogations très pertinentes. En tout cas je les ai trouvées pertinentes sinon je n'aurai pas pris plus d'une heure à y proposer mes réponses. Mais je pense que vous avez besoin d'une bonne dose d'optimisme et j'espère, au travers de mes réponses, vous en avoir apporté un peu.

A noter tout de même qu'au sein de ce numéro, en dehors des petites machines à fumée, pas d'électronique utilisé.

La technologie permet des choses merveilleuses et je ne suis pas contre son utilisation mais j'ai l'impression qu'aujourd'hui il est difficile de construire un numéro de scène novateur sans électronique.

Après je fuis l'électronique à titre personnel car si on n'a pas les moyens d'acheter tout en double voire triple exemplaire, ça fini toujours par "merdouiller" à un moment ou à un autre.

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  • 1 month plus tard...
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Un nouveau format pour 2 juges par Joel M qui présente un tour avec une bague empruntée retrouvée dans une noix et un citron.

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Même format pour Kameron MARSHALL avec un tour dans lequel 3 cartes sont sélectionnées puis se lance dans un Out of this World avec à la fin plein de révélations.

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L'américain Geno PLOEGER qui est l'apprenti de Matt FRANCO (un ancien vainqueur).

Une carte nommée retrouvée dans sa casquette puis une carte signée perdue pour un Sam the Bellot pour raconter son histoire .

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    • @Hugues PROTAT nous a partagé ce texte  Un personnage hors norme : Juan Tamariz, le magicien qui a transformé la cartomagie en un phénomène populaire. Sa fille Ana TAMARIZ a confirmé le décès de l'illusionniste à Madrid. Champion du monde de cartomagie, l'artiste a marqué plusieurs générations avec ses apparitions à la télévision et son travail en tant que maître des magiciens. Juan TAMARIZ, l'une des figures les plus reconnues de la magie espagnole et référence internationale de la cartomagie, est mort ce mardi à 83 ans à l'hôpital clinique San Carlos de Madrid, selon les informations d'El País. Sa fille, Ana TAMARIZ, a confirmé le décès via les réseaux sociaux. « Avec une immense tristesse, aujourd'hui je fais mes adieux à mon père Juan TAMARIZ, une personne incroyable, très aimée et admirée de tous », a-t-elle écrit, selon ce que rapporte RTVE. Avec son chapeau haut-de-forme, sa chevelure ébouriffée, son violon imaginaire et l'incontournable « ¡Chan, tatachán! », Tamariz a transformé l'illusionnisme en un spectacle populaire pour des millions de spectateurs. Mais derrière ce personnage apparemment improvisé se cachait aussi l'un des plus grands érudits de la magie contemporaine. D'une boîte de magie au championnat mondial de cartomagie Juan Manuel TAMARIZ-MARTEL NEGRÓN est né à Madrid en 1942. Son intérêt pour l'illusionnisme a commencé lorsqu'il n'avait que quatre ans, après avoir assisté à la prestation d'un magicien. Peu après, il a demandé une boîte de jeux de magie et a commencé à pratiquer avec sa famille et ses amis. À douze ans, il a découvert les livres de l'illusionniste Wenceslao CIURÓ, qui lui ont permis de plonger dans la technique et dans les mécanismes psychologiques qui interviennent dans un spectacle. Comme il l'a expliqué dans une interview publiée par la mairie de Madrid, ces lectures ont été décisives pour comprendre que la magie ne consistait pas uniquement à exécuter un tour. Sa précocité lui a ouvert les portes de la Société Espagnole d'Illusionnisme avant d'atteindre l'âge minimum requis : il a été admis à 18 ans, deux ans avant la limite établie, après avoir convaincu les responsables de l'institution de ses capacités. TAMARIZ a étudié les sciences physiques et s'est également intéressé au cinéma, deux domaines qui ont influencé sa manière de concevoir la construction d'un spectacle. Cependant, il a fini par se consacrer entièrement à l'illusionnisme. En 1972, il a obtenu le Grand Prix du Congrès National de Magie. Un an plus tard, il a reçu la reconnaissance qui a définitivement propulsé sa carrière internationale : le Prix mondial de cartomagie, obtenu lors du Congrès mondial de magie de la FISM qui s'est tenu à Paris. Le profil publié par le gouvernement espagnol souligne qu'à partir de ce moment, il a présenté ses spectacles dans des villes comme Chicago, Tokyo, Paris, Londres, Bogota, Le Caire, New York et Santiago du Chili. Le magicien qui est entré dans tous les foyers Bien que son prestige professionnel ait grandi lors des congrès internationaux, c'est la télévision qui a transformé Juan TAMARIZ en un personnage familial pour plusieurs générations d'Espagnols. Les archives de la RTVE conservent le programme pilote de Tiempo de magia, produit en 1975, dans lequel il partageait l'écran avec Julio CARABIAS. Cette participation anticipait une relation avec le petit écran qui allait se prolonger pendant des décennies. Son passage par Un, dos, tres... responda otra vez a démultiplié sa popularité. Ensuite, d'autres émissions comme Por arte de magia, Magia Potagia, Chantatachán et le programme pour enfants El recreo sont arrivées. Face à l'image traditionnelle du magicien solennel, Tamariz a construit un personnage proche, débordant d'énergie et apparemment chaotique. Ses blagues, sa conversation constante avec le public et sa manière de célébrer chaque numéro sont devenues une partie indissociable du spectacle. Cependant, cette mise en scène cachait une préparation minutieuse et une connaissance approfondie de la gestion de l'attention (misdirection). La capacité de diriger le regard, d'anticiper les soupçons du spectateur et de maintenir la surprise expliquait une grande partie de l'admiration qu'il suscitait parmi ses pairs. Livres, enseignement et une école dirigée par sa fille La contribution de Tamariz à la magie allait bien au-delà de ses apparitions télévisées. Tout au long de sa carrière, il a publié des livres majeurs consacrés à la technique, à la théorie et à la présentation de l'illusionnisme. Parmi ses œuvres figurent La Vía Mágica, Los Cinco Puntos Mágicos, Sonata et Sinfonía en Mnemónica Mayor, des références incontournables de la littérature magique. Ses travaux ont abordé des questions telles que la relation entre le magicien et le public, la construction narrative des tours et l'utilisation de la mémoire et de la psychologie en cartomagie. Cette combinaison de réflexion théorique et de sens du spectacle a contribué à consolider son prestige à l'international. Une partie de son héritage se perpétue à travers la Grande École de Magie Ana Tamariz, dirigée par sa fille. Tamariz a lui-même conçu les programmes pédagogiques du centre, pensés pour transmettre sa vision de l'illusionnisme aux nouvelles générations. L'école a compté parmi ses intervenants et élèves des magiciens comme Jorge BLASS, Anthony BLAKE, Miguel GÓMEZ et Rafael BENATAR. Son programme combine l'apprentissage des tours et des techniques avec des cours d'histoire de la magie, de théorie et de psychologie du spectacle. Médaille d'Or des Beaux-Arts et reconnaissance de Madrid La reconnaissance de la carrière de Juan TAMARIZ est également venue des institutions. En 2011, il a reçu la Médaille d'or du mérite des beaux-arts, accordée par décret royal. Auparavant, en 2009, il avait obtenu le Prix honorifique de théorie et philosophie du Congrès mondial de magie (FISM) de Pékin, une distinction récompensant son travail de chercheur et de rénovateur de l'art magique. En 2019, sa ville natale lui a également décerné la Médaille d'or de Madrid. La mairie de la capitale a alors souligné sa contribution à la diffusion internationale de la magie et sa capacité à combiner créativité, humour et rigueur.
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