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Petite question :

Je vais partir en voyage au Maroc du 21/4 au 3/5. (mais il y a toujours du monde à la maison, pas la peine de venir pour cambrioler ;) )

Je vais passer 3 jours à Marrakech, une journée à Demnate, une à Ait Bouguemez, un petit tour à Bin El Ouidane, 3 jours à Beni-Mellal, puis Fés et Merkes.

 

Avez-vous des idées de lieux ou de spectacles à voir sur ce parcours, ou pas loin ?

Pour Marrakech, on a prévu d'aller sur la grande place à touriste (Jamaa Lafna) ou il y a des attractions...

On doit aussi faire une visite dans un festival du livre....

Mais on peut peut être trouver d'autres choses?

Il est prévu à Beni-Mellal une participation sur le "patrimoine et cinéma", dans le cadre d'un festival de cinéma.

Sachant aussi que je ne suis pas libre tout le temps, je suis avec un groupe qui est invité par une association marocaine (OCADD) et nous jouerons des spectacles un peu à tous ces endroits, entrecoupés de visites…

Et s’il y ici a des magiciens Marocains ou résident là bas, je suis preneur de toute proposition de rencontre, naturellement…

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

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Sur la place Jemaa el-Fnaa, il faut absolument y aller le soir.

Il y a bien sûr de l'ambiance en journée, mais dès que la nuit tombe, l'endroit change d'atmosphère.

Toutes ces lumières, cette agitation, et la vue sur la Koutoubia, tout ça de nuit, donne une ambiance particulière.

Au centre de la place, tu as une multitude de petits restaurants où tout le monde se retrouve, et où il faut absolument manger.

Tu y croises, certes des touristes, mais tu verras aussi beaucoup de Marocains et la nourriture est délicieuse.

 

  • J'aime 1
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Merci pour l'info! :)

Je vais essayer d'y aller le premier soir, alors, je ne suis qu'avec ma femme, le groupe nous rejoins ensuite : Nous avions une visite de cette place prévue avec le groupe le lendemain, mais dans l’après-midi, le soir, nous avons un spectacle à faire.

Cela me donnera l'occasion de voir les deux ambiances :)

merci de l'info!

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Lorsque vous serez vers le fond de la place Jemaa el-Fna, enfoncez-vous dans les ruelles et demandez la direction de la place des épices (Rahba Ladima). C'est une place beaucoup plus petite et vraiment typique.

Sur cette place ou ailleurs dans les ruelles / souk, vous pourrez faire une pause pour aller boire un jus d'orange ou un thé à la menthe.

Essayez de chercher un café ou restaurant avec une terrasse en hauteur. C'est très sympa car tu as une super vue sur les rues/places et la vie en contrebas, et sur les toits de la ville, où tu peux apercevoir à différents plans tous les minarets des différentes mosquées.

N'hésitez surtout pas à vous "perdre" dans les ruelles de la ville, car c'est là qu'est la vraie vie marocaine, et que vous tomberez sur les lieux intéressants. Exemple, nous étions tomber par hasard sur une petite porte qui donnait sur une petite fabrique de pain.

Je te mettrais bien quelques photos mais il vaut mieux que tu découvres par toi même :).


Je pense qu'on vous indiquera des bons endroits ou manger mais question cuisine, il y a bien sûr des choses incontournables à goûter.

Bien sûr les Tajines que tu trouveras à tous les goûts, viande, poisson, légumes, accompagnées d'un bon pain marocain. Le couscous, la pastilla (feuilles de brick fourrées), la crêpe marocaine, et la Harira qui est la soupe traditionnelle du maroc, généralement servie avec des oeufs et des dattes.

En boisson, les incontournables sont le thé à la menthe et le jus d'orange.

Pour les desserts, bien sûr les patisserie marocaines comme les cornes de gazelles, et beaucoup de douceurs à base de pistaches et surtout d'amandes.

Par exemple, tu trouveras des vendeurs ambulants dans les rues se déplaçant avec un plateau de patisseries sur l'épaule. Particulièrement à Fès (mais il me semble qu'il y en a aussi pas mal à Marrakech), n'hésitez pas à tester les macarons aux amandes, moelleux et delicieux!

 

  • J'aime 1
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Et bien, ça fait saliver, tout ça :)

Merci pour ces conseils :)

J'avais déjà prévu de me faire une cure d'orange pressées :)

Mais je vais essayé d'y aller léger sur les pâtisseries, sinon je payerai un supplément surcharge pour l'avion de retour... ;)

 

Sinon, niveau magie, des idées marocaines?

 

Gilbus

 

  • J'aime 1

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)
il y a 47 minutes, Gilbus a dit :

Et bien, ça fait saliver, tout ça :)

Oui je pense que tu vas te régaler, dans tous les sens tu terme.

 

il y a 47 minutes, Gilbus a dit :

Mais je vais essayé d'y aller léger sur les pâtisseries, sinon je payerai un supplément surcharge pour l'avion de retour... ;)

:D

 

il y a 47 minutes, Gilbus a dit :

Sinon, niveau magie, des idées marocaines?

Non pas vraiment. A part quelques charmeurs de serpents.

Mais peut être demander aux artistes de rues s'ils connaissent des magiciens ou des lieux magiques. Ils pourront peut être t'aiguiller.

Modifié par SébastienO
  • J'aime 1
  • 4 weeks plus tard...
Publié le (modifié)

C’était très sympa :

Déjà, on mange super bien, et ça, ça compte… :)

Ensuite, les marocains sont accueillants et sympa à un point qu’on n’arrive pas à imaginer…

On a eu tous les temps : un jour, en montagne, on se lève avec du soleil, on part sous la pluie, puis la grêle, puis la neige (on s’est fait doubler par un chasse neige sur la route…), puis de la pluie à nouveau…

Et d’autres jours, grand soleils.

Maintenant, la partie culturelle :

Nous avons fait des spectacles dans des écoles, des collèges, des lycées, publics ou privés (il y a de grosses différences), dans plusieurs villes différentes.

Le niveau de français était relativement variable, entre la classe ou quand je demande « ceux qui comprenne ce que je dis, merci de lever la main », il y a 3 élèves qui lèvent la main, jusqu’à des classes ou ils parlaient pour la plupart un français très riche, et en tout cas comprenaient tous les nuances du français. Ça, on s’en rend vite compte : si quand on fait une vanne, le public rigole franchement, c’est que ça passe ;)

Disons qu’à part dans une classe, ou le niveau de français était très faibles, je n’ai eu besoin de « traducteur » que pour quelques mots.

C’était ma principale crainte, mais tout s’est donc bien passé.

Mieux que bien la plupart du temps :

Dans un lycée, on a passé plus de temps en remerciement des élèves et des profs, en photos et selfies, qu’en temps de spectacle.

L’impression d’être une vedette, ça change ! ;)

Parfois, l’accueil était royal, avec petit déjeuner offert en arrivant dans l’école (pas un café sur le pouce : nappes en dentelle brodées, et des plats qui s’accumulent à ne plus voir la nappe de la table pourtant imposante…), toute l’administration de l’école aux petits soins, des locaux impeccables etc…

Bref, un accueil vraiment génial, et un très bon public.

Il faut dire que pour eux, nous avions la touche d’exotisme qui fait la différence ;)

J’ai aussi fait des tours en dehors des spectacles scolaires, à des groupes d’adultes, avec de bons résultats : La magie leur plait !

A Beni Mellal, un centre culturel voulait organiser une scène ouverte (nos amis marocains en avait vu en venant en France l’an dernier, et avaient vanté le concept).

Ils avaient lancé la pub, mais m'ont demandé d'animer la soirée, ils n'avaient personne ayant l'habitude de le faire.

J’ai donc expliqué le concept en détail, et animé la scène ouverte, qui du coup a commencé presque à l’heure, et avec des numéros qui n’ont presque pas débordés du temps impartit.

Et on n’a eu qu’une demi-heure de dépassement, ce qui pour le pays est exceptionnel… ;)

En plus de l’animation de la soirée, j’ai fait quelques bricoles magiques en intermèdes, pendant les changements des groupes les plus importants, pour occuper le public…

Et bien la scène ouverte a très bien marché, beaucoup d’artistes amateurs, avec un vrai désir de passer en public, et une vraie passion, même si on sentait souvent une méconnaissance de la scène, justement… Pas de magie chez eux, par contre, mais plein de type de musiques et chants très variés, depuis le traditionnel Gnawa jusqu’à la chanteuse de variété, des groupes, des solos… et des conteurs marocains ou bretons, puisque c'était le thème principal du voyage...

Ils vont sans doute refaire des scènes ouvertes, du coup…

 

Questions artistes marocains :

J’ai vu des conteurs de rue, qui sont un peu une espèce en voie de disparition la bas :

Très intéressant, mais en arabe, et du coup, je n’ai rien compris…

C’était intéressant car le fait de ne pas comprendre permet d’étudier plus en détail leur façon de gérer le cercle du public, les déplacements, les relances d’attentions etc.

Mais j’aurais bien aimé comprendre quand même ;)

 

Pour la place Jemaa el-Fnaa de Marrakech, un peu déçu, j’avais dut placer trop d’attente face aux descriptions des guides touristiques : pourtant, j’y suis allé plein de fois, a différentes heures…

Des montreurs de serpents apathiques (les serpents, pas les types….), un preneur de photos avec des rapaces, un preneur de photo avec des singes…

Des groupes de musiques assourdissants.

Des rangées de tatoueuses au henné.

Quelques chiromanciens…

Une troupe d’acrobates.

 Des jeux genre pèche à la ligne ou on gagne des bouteilles de soda qu’on pèche, ou des jeux d’argent basés sur l’habileté…

Bref, pas mal de choses, au final, mais pas de spectacle très structuré ni construit.

 

A fez, j’ai quand même vu un magicien de rue :

Mais je suis arrivé vers la fin du numéro, dommage…

Des tours très classiques, mais je n’ai pas été capable d’apprécier, vu qu’il faisait tout en arabe, et que c’était un numéro très très très bavard… Mais vraiment bavard !

Perso, je sais qu’on trouve mes prestations très bavardes, mais là, c’était hors de comparaison :

Plus de 10 minutes montre en main (ne comprenant rien à ce qu’il disait, j’avais le temps de regarder l’heure…), entre deux effets, avec le gars qui n’arrêtait pas de parler à toute vitesse…En arabe, bien sûr…

Un public exclusivement marocain, je devais être le seul touriste…

Impossible de déterminer si le gars était bon ou pas, du coup. Mais la majorité du public est resté jusqu’au bout.

J’ai cependant noté une technique intéressante :

Il commence plusieurs tours à la fois, et laisse des spectateurs en gardien de l’amorce du tour. (Et du matériel lié)

Ainsi, quand un effet se termine, il évite la perte de public, qui voit bien qu’il y a d’autres effets en cours, et veux savoir comment ça se termine… malin.

Je ne sais pas ce que ça peut donner sur un public européen…

Les tours :

Corde raide (le modèle de base chinois), le sac genre dream bag pour en sortir des boites de fleurs (même provenance), la corde à travers le cou, sac à l’œuf, quelques cartes, un tour avec un téléphone ou je n’ai pas compris l’effet, ne parlant pas la langue…

Rien de bien spécifique.

Pas de contact possible à la fin, il ne parlait pas vraiment le français. Dommage.

 

Dans ce qu'on peut acheter là bas : Je n'ai rien vu de magique.

Mais il y a de beaux objets...dont certains paraissent anciens...ou exotiques :)

Beaucoup d’importations chinoises, mais aussi beaucoup d’artisans locaux.

Et si on veut faire faire du matériel sur mesure (chose que je n’avais pas prévue, je suis bête !), on vient avec ses plans, et on trouve forcément des artisans qui sont prêt à les réaliser, si on reste quelques jours…

Je suis allé à un vernissage de peinture, il y en avait de chouettes… dont une que je trouvais magnifique, mais hélas déjà vendue. L’artiste était là, il a  accepté de prendre ma commande d’une toile similaire sur le sujet et le traitement…. Je m’attendais à ce qu’il me l’envoie plus tard… il a bossé toute une nuit pour que je puisse partir avec ma toile sèche, une journée et demi après !

Je suis aussi revenu avec deux Bendir et deux espèces tambourins tendus de peau des deux cotés, plus les incontournables Karkabou, sortes de castagnettes en ferraille...

Voilà donc mon ressentit du voyage :

Vraiment chouette, l’accueil marocains, de tous les marocains, donne vraiment envie d’y retourner…

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Gilbus

 

 

Modifié par Gilbus
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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le (modifié)
Il y a 9 heures, Gilbus a dit :

J’ai vu des conteurs de rue, qui sont un peu une espèce en voie de disparition la bas

j'ai oublié de préciser:

Quand je suis venu seul sur la place Jemaa el-Fnaa, pas de conteur, de jour comme de nuit.

Je ne sais pas si ceux qui y sont passé en ont vus...

Nous avons eut le plaisir d'entendre deux conteurs (assez âgés, pour ne pas dire vieux....il y avait Mohamed Bariz, une figure locale, je n'ai pas noté le nom de l'autre...) et une conteuse (la fille d'un des hommes) sur cette place, uniquement car nos amis marocains avaient organisé un spectacle "privé" sur la place, en payant les artistes à l'avance pour qu'ils viennent.

Et on nous a confirmé le manque de vocations dans le domaine dans tout le pays.

 

Quelques liens sur le sujet:

les préoccupations datent déjà de quelques années :

http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/la-tradition-du-conte-marocain-trouve-un-nouveau-public-au-caf-clock-de-marrakech
https://www.academia.edu/4424804/Etude_de_la_transmission_et_du_profil_sociologique_des_acteurs_de_la_Place_Jemaâ_El_Fna_de_Marrakech

Je sais que le conte n'est pas le sujet (principal) de ce forum, mais il me semble que la magie est encore plus confidentielle au Maroc: c'est dire...

Je crois (mais mon expérience est vraiment très légère, et ne s'appuie donc pas sur grand chose....) que les attractions parlées traditionnelle (et j'inclus la magie dedans, d'après le bavard que j'ai pu voir...) n'ont pas pris le tournant international.

J'ai vu des artistes de rues, en Europe, faire des spectacles essentiellement visuels, ou alors avec une compréhension/traduction multilingue quand ça causais.

Du coup, ces spectacles réalisés en arabe pour un public local, ne s'adresse pas spécifiquement à des touristes étrangers (je dirais même qu'un touriste non motivé qui ne parle pas la langue va très rapidement lâcher l'affaire....)

Et en faisant une auto-critique, je vois que la plupart des choses que moi je présente en rue, ne passe pas pour des non francophones.

Je le savais déjà, mais se trouver du coté public laissé pour compte, cela change l'éclairage...

Observer ce que font les autres peut toujours nous éclairer sur nos propres actions...

Gilbus

 

Modifié par Gilbus

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    • Hello à tous. Je vous partage un petit retour d'expérience de ma première scène hier soir. Bonne lecture ! Thème recherché : Un pirate revient de sa chasse avec un trésor. Tours présentés : Crâne zombie volant + Multiplication des bouteilles. Événement : Gala du club L'Éventail à la salle Olympia de Lomme (3 octobre 2026). Avant le gala : De la genèse de l’idée au stress de la préparation Le choix du thème et des effets Construire un numéro soulève immédiatement une foule de questions : quel thème choisir ? Que dire ? Quel message ou quelle émotion transmettre ? Que souhaite-je donner de moi au public ? En famille, nous avions envie de créer un petit spectacle mêlant contes, magie et musique. Le thème des pirates s’est vite imposé : il a ce pouvoir d'évocation qui parle autant aux enfants qu'aux adultes. Dès le début de l'été, nous avons commencé à esquisser une trame narrative, puis j'ai sélectionné deux effets : Le crâne flottant, parfait pour évoquer la légende du fantôme gardien du trésor. La multiplication des bouteilles, car un pirate boit du rhum… beaucoup de rhum. Petite contrariété matérielle : impossible de trouver un set de Multiplying Bottles avec des étiquettes de rhum dans les délais. Je me suis donc rabattu sur le set Wine Bottle de chez TCC Magic (esthétique, en promotion, et après tout, un pirate peut très bien apprécier le vin !). J’ai reçu le matos fin août pour une prestation prévue le 3 octobre. La mise en place et les arbitrages du quotidien Fin août, je découvre la mécanique des deux tours : Pour les bouteilles, je m’inspire de la démonstration classique de Paul Daniels. Pour le crâne, je me contente de la vidéo fournie par Le Petit Magicien. Mais soyons honnête : je n’ai pas pu prioriser la préparation à 100 %. Entre ma première rentrée en tant que professeur et mon inscription à de nouvelles activités musicales, je n'ai pas mis toutes les chances de mon côté. Comment organiser ces effets pour bâtir une histoire cohérente ? La trame se dessine pas à pas : un pirate revient de sa chasse au trésor avec un coffre. Il l’ouvre, se retrouve confronté à un crâne gardien, puis va boire un coup pour se remettre de ses émotions. Je me dis qu’il serait amusant d'intégrer un ou deux gags avec une peluche de lapin (car un lapin porte malheur sur un bateau !). Mais comment justifier sa présence ? Et comment expliquer logiquement la multiplication incontrôlable des bouteilles ? J'imagine alors l'idée d'un magicien pris en stop sur le navire, provoquant des phénomènes anormaux… C'est un peu téléphoné, mais le temps presse. Répétitions et trous de mémoire En travaillant le crâne, je découvre des muscles insoupçonnés dans mon avant-bras et mon poignet. Quant aux bouteilles, la routine demande un rythme soutenu pour être percutante. Cherchant à reproduire la structure de Paul Daniels sans avoir exactement le même nombre de flacons, j'adapte le final en intégrant une vraie bouteille de vin. Même sans exiger une technique digitale d'une complexité extrême, la routine comporte une multitude de phases à enchaîner sans hésitation. Et là, blocage : je n'arrive pas à mémoriser l'enchaînement fluide des passes. Est-ce l’âge ? Le stress ? La charge mentale de la rentrée (préparation des cours, guitare, sport, vie de famille) ? Pour pallier ces oublis, je passe une journée entière à concevoir un storyboard illustré qui me sert d'anti-sèche. Focalisé à 100 % sur la mécanique, je passe complètement à côté de la théâtralisation. C'est seulement 48 heures avant de monter sur scène, alors que je suis une vraie pelote de nerfs, que je réalise : « Ah, mais il me faudrait tel accessoire ! Et peut-être une entrée en scène comme ceci… » Et encore, je ne parle là que de quelques détails matériels, pas d'incarner mon personnage. Une vraie erreur de débutant (ce qui tombe bien, puisque c'est un peu ce que je suis !). Le jour J : Le filage dans les coulisses Je découvre un univers totalement inconnu. Je ne sais pas comment fonctionne l'envers du décor, où me placer, ni ce qu'on attend exactement de moi. Heureusement, les confrères du club sont bienveillants et me guident : nous calons la bande son et la régie. La configuration des coulisses fait que mon matériel est stocké dans un coin très sombre où je ne vois rien (et où je ne verrai rien non plus au moment de préparer mon plateau). C'est évidemment dans ces moments-là que surgissent les oublis du direct : « Ah mince, il n'y a pas de table ! » « Ah oui, une nappe serait quand même plus esthétique… » « Oups, je ne t'ai pas donné la bonne piste audio. » Rien de tel pour se détendre avant le grand saut ! En observant les autres magiciens ajuster leurs passages, je mesure la marche qui me sépare des professionnels : c’est fluide, carré, et extrêmement inspirant. Le jour J : Le passage sur scène En coulisses, le présentateur doit meubler : je suis en train de remplir mes charges de jus de raisin à la hâte. À deux reprises, j'entends mon nom résonner dans la salle sous les applaudissements alors que mon matériel n'est pas prêt. Deux secondes avant l'ouverture du rideau, horreur : l'un des sets de bouteilles gigognes n'est pas masqué dans son tube et reste parfaitement visible. Je traverse la scène en courant pour rectifier l'erreur in extremis. Le rideau s'ouvre… c'est parti. L'entrée et le texte : Je tente de jouer mon rôle de pirate dès les premières secondes, mais je sens immédiatement que ça sonne faux. Changement de braquet instantané : je repasse en mode naturel. Ne disposant d'aucun texte écrit au mot près, je ne maîtrise pas mes paroles. Je suis stressé au possible, au bord de la liquéfaction. Le coffre et le lapin : J'ouvre le coffre, en sors quelques bijoux, puis enchaîne sur le gag du lapin que j'expulse du navire à coups de pied et de pelle. Le public réagit et rigole. Dans le micro micro-casque, j'entends mon propre souffle résonner fort. Le crâne volant : Je sors le crâne du coffre. Plutôt que de jouer la frayeur (un pirate n'a peur de rien), je lance la lévitation sur Fifteen Men on a Dead Man's Chest. Malgré une légère tremblote, la lévitation se déroule très bien et l'effet visuel fonctionne parfaitement sur la musique. La multiplication des bouteilles : Le moment de transition arrive et je perds un instant mes repères. Pas le trou noir complet, mais pas loin. Je me lance quand même. Je me mélange un peu les pinceaux et deux verres apparaissent beaucoup trop tôt. Je marque la surprise — se laisser dépasser par la magie faisant partie du personnage — et je continue tant bien que mal. La suite reste hésitante, mais le final prévu rencontre un véritable succès. C'est l'avantage de la magie de scène : le public retient principalement la force du climax ! Le rideau se ferme sous les applaudissements. Je suis trempé de sueur, le cœur battant, mais vivant. Il faut immédiatement courir débarrasser le plateau pour le passage suivant. Je peux enfin respirer. Ce n'était pas parfait, mais les retours du public sont chaleureux et les gens ont passé un bon moment. Le contrat est rempli. Place à l'analyse ! Après le passage : Debriefing et enseignements 1. Incarner le personnage plutôt que de jouer au magicien Les retours de mes confrères du club et de mon épouse sont unanimes : il faut incarner le personnage. Sur scène, j'étais davantage un magicien déguisé qu'un véritable flibustier. Un pirate a une voix rauque, grommelle, jure, et adopte une démarche particulière (il boite ou roule des épaules comme sur le pont d'un navire). C'est cet aspect théâtral qu'il faut travailler en priorité. 2. Le costume et la cohérence des accessoires Mon costume manquait d'impact, car composé de pièces dénichées à la maison. Si l'on choisit l'univers de la piraterie, il faut aller jusqu'au bout : cuissardes, sabre, pistolet d'époque, pantalon ajusté… Même constat pour les accessoires : mon « trésor » était composé de minuscules bijoux de déguisement de princesse, invisibles au-delà du troisième rang. Il faut du gros, du rutilant, du lisible de loin. 3. Le piège de la vidéo et la fluidité de parole Une véritable incarnation permet de fluidifier le texte et d'éliminer les tics de langage. En visionnant l'enregistrement réalisé par mon épouse, le constat est sans appel : j'ai arrêté de compter les « euh… » et les « Ah la la, c'est terrible ! ». Sur le moment, je ne m'en étais même pas rendu compte ! La vidéo est un outil de travail aussi cruel que formidable. 4. La technique au service du spectacle Côté manipulation, la technique sur les deux effets s'est révélée très correcte. Cela confirme un grand principe théorique souvent lu dans la littérature magique : la technique pure est secondaire pour le public. Ignorant le déroulé théorique du tour, les spectateurs ne s'aperçoivent presque jamais des petites erreurs de parcours si l'attitude reste naturelle. Des effets visuellement forts et techniquement accessibles, soutenus par une bonne théâtralisation, constituent la combinaison idéale sur scène. Je réserverai désormais les routines plus techniques au close-up. Pistes d'évolution et réflexions futures Cette expérience m'a apporté deux enseignements majeurs pour la suite : Ajustements sur le numéro actuel : Inverser l'ordre des effets (par exemple tenter de faire entrer le crâne dans le coffre, ce dernier refusant d'y retourner, ce qui explique sa lévitation). Alignement avec sa vraie personnalité : Incarner un pirate exige un travail d'acteur exigeant. Suis-je totalement à l'aise dans ce registre ? Pas si sûr. Dans la vie de tous les jours (et dans mon métier d'enseignant), j'ai plutôt un profil de « savant un peu fou » qui fonctionne très bien. Pourquoi ne pas capitaliser sur ce que je suis naturellement ? Plutôt que de composer un rôle à l'opposé de ma nature, développer un personnage de scientifique distrait cherchant à modéliser ou rationaliser les lois de la magie me permettrait d'être instantanément plus authentique sur scène. L'idée du pirate reste magnifique et inspirante, mais le chantier m'a permis de prendre la mesure du travail scénique nécessaire. Une très belle première étape riche en enseignements !
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