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Publié le

Bonjour, j'aimerai combler mes lacunes en Histoire de la magie.

Même si je trouve ce vocabulaire un peu pompeux, maîtres et disciples sont deux "statuts" que beaucoup de magiciens ont occupé dans leur vie. 

Entre un véritable apprentissage avec un maître, ou une rencontre et un accompagnement de l'artiste jusqu'à son éclosion... j'imagine que les exemples sont nombreux. C'est en tout cas ce que je suppose en parcourant ce forum.

Pourriez m'en apprendre davantage sur ce sujet :

Qui a été disciple de qui ? Qui a mis le pied à l'étrier de qui ?...

Nous pourrions commencer une liste...

J'attends des magiciens pros qui me lisent leur réponse personnelle, et j'attends des autres une aide précieuse pour en apprendre plus !

Merci beaucoup.

Didier (artifice31)

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Publié le

La relation maître / disciple peut être ressentie de façon péjorative en 2017

A la place du terme maître ne faut-il pas utiliser celui d’expert ?

Chronologiquement, j’apprends, je me perfectionne et ensuite éventuellement je transmets

Et vous aurez remarqué comme moi sur Youtube des magiciens qui transmettent AVANT d’avoir appris…

Publié le (modifié)

Je n’ai été le disciple de personne en magie, et je le regrette…

Il a fallu apprendre seul, avec des maitres de papier ou de vidéo, ou lors de rencontres avec des magiciens, mais ce n’est pas la même chose, et c’est bien dommage.

 

En conte, par contre, j’ai été le disciple (et je le suis toujours, quelque part !) de ma professeur de conte, Elisabeth Troesler, qui est une conteuse exceptionnelle…

Qui est elle-même l’élève d’Alain  LeGoff, un formidable conteur.

J’ai plus appris avec elle que je n’imaginais qu’il y avait à apprendre au départ.

Et je suis loin de tout savoir, et de tout savoir faire : on apprend toujours, si on n’apprend plus, c’est qu’on est mort.

 

A noter que ma professeur était bien plus jeune que moi :

La relation de maitre à disciple n’est pas une question d’âge, mais une question de compétence, de savoir, de respect, de confiance… et de pédagogie !

Car on a parfois des gens très compétents dans ce qu’ils font, particulièrement cultivés et performants dans leur domaine, qui sont incompétent dès qu’il s’agit d’enseigner !

Elisabeth est une formatrice hors pair, elle repère d’un coup d’œil la petit chose qu’il faut changer, on essaie, et tout est 100 fois mieux… et on comprend pourquoi !

 

Le seul problème avec cette relation de maitre à disciple, c’est que je ne l’ai jamais rattrapé : elle est trop forte, et continue de progresser sans fin !

C’est pourquoi, maintenant que je me targue d’enseigner un peu à mon tour, je reste toujours avec un niveau personnel le plus bas possible dans mes prestations :

Cela permet à mes élèves de dépasser leur maitre, ce qui est l’objectif de tout enseignement ;)

 

Gilbus

Modifié par Gilbus
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Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le

Merci pour vos réponses et vos témoignages. Plutôt que de parler de "maître", peut-être peut-on parler plus généralement de "père spirituel".

Par exemple, est-ce que j'écris une bêtise en disant que Jean Schmoll fût le père spirituel d'Otto Wessely;  James Hodges et Gérard Majax les pères spirituels de Gaëtan Bloom? Je cite ces deux grands artistes puisqu'ils participent souvent aux discussions.

Didier (artifice31)

Publié le
il y a 25 minutes, artifice31 a dit :

Merci pour vos réponses et vos témoignages. Plutôt que de parler de "maître", peut-être peut-on parler plus généralement de "père spirituel".

 

Je ne suis pas certain que le terme ne prête pas à confusion :

 

En dehors des cas très concrets de père spirituels dans la religion, le terme a un sens plus abstrait de nos jours :

"Personne étant vue comme quelqu'un d'exemplaire d'un point de vue moral et exerçant une influence considérable dans la formation d'une autre personne."

 

Certes, un disciple peut ressentir cela pour son maitre, mais la valeur d’exemplarité n’est pas vraiment directe :

Le maitre va aider le disciple à se trouver, pas à lui ressembler.

D’autre part, la notion moderne de « père spirituel » est un peu galvaudée :

On est le fils spirituel de quelqu’un dès qu’on s’inspire un peu de sa démarche.

Cela n’implique pas une fréquentation personnelle dans la vraie vie, alors qu’un travail maitre disciple, si.

Sinon, on peut dire que Billis est le père spirituel d’un nombre incalculable de cartomane qui ne l’on jamais rencontré, que Valarino a aussi son cheptel de fans, et que Chelman est le papa de ceux qui font de la magie bizarre avec des vieux trucs. Et ne parlons pas de Duvivier.

 

Hors, ces magiciens, s’ils ont enseignés par leurs ouvrages à des foules entières, n’ont pris réellement que quelques rares disciples dans la vraie vie.

Le contact maitre/disciple reste pour moi un contact privilégié, pas juste une communauté de pensée et d’action…

Alors, un maitre 2.0 qui officie par technologie interposée ?

Je suis un peu septique, mais bon…

 

Gilbus

Quand le magicien montre la lune avec son doigt, le public regarde le doigt...

Publié le
il y a 49 minutes, artifice31 a dit :

Merci pour vos réponses et vos témoignages. Plutôt que de parler de "maître", peut-être peut-on parler plus généralement de "père spirituel".

Par exemple, est-ce que j'écris une bêtise en disant que Jean Schmoll fût le père spirituel d'Otto Wessely;  James Hodges et Gérard Majax les pères spirituels de Gaëtan Bloom? Je cite ces deux grands artistes puisqu'ils participent souvent aux discussions.

Schmoll : Bien dans le mille ! Il me manque toujours ! Un autre : Alain Bernardin, le fondateur du Crazy Horse. Pour son courage, sa générosité, son instinct, sa rapidité et son manque de politesse inutile. Et mes parents de substitution : Susanne et Pierre Edernac.

Pour Gaetan : je suppose que Dominique Webb également !

Gros bisous  !

 

 

 

www.ottowessely.fr

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Avec son chapeau haut-de-forme, sa chevelure ébouriffée, son violon imaginaire et l'incontournable « ¡Chan, tatachán! », Tamariz a transformé l'illusionnisme en un spectacle populaire pour des millions de spectateurs. Mais derrière ce personnage apparemment improvisé se cachait aussi l'un des plus grands érudits de la magie contemporaine. D'une boîte de magie au championnat mondial de cartomagie Juan Manuel TAMARIZ-MARTEL NEGRÓN est né à Madrid en 1942. Son intérêt pour l'illusionnisme a commencé lorsqu'il n'avait que quatre ans, après avoir assisté à la prestation d'un magicien. Peu après, il a demandé une boîte de jeux de magie et a commencé à pratiquer avec sa famille et ses amis. À douze ans, il a découvert les livres de l'illusionniste Wenceslao CIURÓ, qui lui ont permis de plonger dans la technique et dans les mécanismes psychologiques qui interviennent dans un spectacle. Comme il l'a expliqué dans une interview publiée par la mairie de Madrid, ces lectures ont été décisives pour comprendre que la magie ne consistait pas uniquement à exécuter un tour. Sa précocité lui a ouvert les portes de la Société Espagnole d'Illusionnisme avant d'atteindre l'âge minimum requis : il a été admis à 18 ans, deux ans avant la limite établie, après avoir convaincu les responsables de l'institution de ses capacités. TAMARIZ a étudié les sciences physiques et s'est également intéressé au cinéma, deux domaines qui ont influencé sa manière de concevoir la construction d'un spectacle. Cependant, il a fini par se consacrer entièrement à l'illusionnisme. En 1972, il a obtenu le Grand Prix du Congrès National de Magie. Un an plus tard, il a reçu la reconnaissance qui a définitivement propulsé sa carrière internationale : le Prix mondial de cartomagie, obtenu lors du Congrès mondial de magie de la FISM qui s'est tenu à Paris. Le profil publié par le gouvernement espagnol souligne qu'à partir de ce moment, il a présenté ses spectacles dans des villes comme Chicago, Tokyo, Paris, Londres, Bogota, Le Caire, New York et Santiago du Chili. Le magicien qui est entré dans tous les foyers Bien que son prestige professionnel ait grandi lors des congrès internationaux, c'est la télévision qui a transformé Juan TAMARIZ en un personnage familial pour plusieurs générations d'Espagnols. Les archives de la RTVE conservent le programme pilote de Tiempo de magia, produit en 1975, dans lequel il partageait l'écran avec Julio CARABIAS. Cette participation anticipait une relation avec le petit écran qui allait se prolonger pendant des décennies. Son passage par Un, dos, tres... responda otra vez a démultiplié sa popularité. Ensuite, d'autres émissions comme Por arte de magia, Magia Potagia, Chantatachán et le programme pour enfants El recreo sont arrivées. Face à l'image traditionnelle du magicien solennel, Tamariz a construit un personnage proche, débordant d'énergie et apparemment chaotique. Ses blagues, sa conversation constante avec le public et sa manière de célébrer chaque numéro sont devenues une partie indissociable du spectacle. Cependant, cette mise en scène cachait une préparation minutieuse et une connaissance approfondie de la gestion de l'attention (misdirection). La capacité de diriger le regard, d'anticiper les soupçons du spectateur et de maintenir la surprise expliquait une grande partie de l'admiration qu'il suscitait parmi ses pairs. Livres, enseignement et une école dirigée par sa fille La contribution de Tamariz à la magie allait bien au-delà de ses apparitions télévisées. Tout au long de sa carrière, il a publié des livres majeurs consacrés à la technique, à la théorie et à la présentation de l'illusionnisme. Parmi ses œuvres figurent La Vía Mágica, Los Cinco Puntos Mágicos, Sonata et Sinfonía en Mnemónica Mayor, des références incontournables de la littérature magique. Ses travaux ont abordé des questions telles que la relation entre le magicien et le public, la construction narrative des tours et l'utilisation de la mémoire et de la psychologie en cartomagie. Cette combinaison de réflexion théorique et de sens du spectacle a contribué à consolider son prestige à l'international. Une partie de son héritage se perpétue à travers la Grande École de Magie Ana Tamariz, dirigée par sa fille. Tamariz a lui-même conçu les programmes pédagogiques du centre, pensés pour transmettre sa vision de l'illusionnisme aux nouvelles générations. L'école a compté parmi ses intervenants et élèves des magiciens comme Jorge BLASS, Anthony BLAKE, Miguel GÓMEZ et Rafael BENATAR. Son programme combine l'apprentissage des tours et des techniques avec des cours d'histoire de la magie, de théorie et de psychologie du spectacle. Médaille d'Or des Beaux-Arts et reconnaissance de Madrid La reconnaissance de la carrière de Juan TAMARIZ est également venue des institutions. En 2011, il a reçu la Médaille d'or du mérite des beaux-arts, accordée par décret royal. Auparavant, en 2009, il avait obtenu le Prix honorifique de théorie et philosophie du Congrès mondial de magie (FISM) de Pékin, une distinction récompensant son travail de chercheur et de rénovateur de l'art magique. En 2019, sa ville natale lui a également décerné la Médaille d'or de Madrid. La mairie de la capitale a alors souligné sa contribution à la diffusion internationale de la magie et sa capacité à combiner créativité, humour et rigueur.
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