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Mon ami Philippe Billot vous propose cette chronologie

DIVINATION BINAIRE

Qu’est-ce encore que ce truc ?

Le plus simple eût été de poser la question à Martin Gardner qui a parfaitement résumé la question dans son livre Mathematics, Magic and Mystery publié en 1956 et traduit deux fois en français ; une première fois en 1960 par M. R. Rosset (éditions Dunod) et une deuxième fois par M. Richard Vollmer en 1991 (éditions Magix Unlimited). En voici le début :

Number Cards

I do not know when the first piece of mathematical magic equipment made its appearance, or what the item was, but certainly one of the most ancient tricks in this category is the set of cards for determining a person's age or the number he is thinking of.

The simplest version consists of a set of cards (usually six or more) each bearing a list of numbers. A person looks at every card, handing to the performer all cards that bear the number he has mentally selected. By glancing at these cards, the performer is able to name the number.

Pour rire, en voici la traduction faite par un ordinateur de ma connaissance :

Cartes numérotées

Je ne sais pas quand le premier équipement de magie mathématique a fait son apparition, ni quel était l'objet, mais l'un des trucs les plus anciens de cette catégorie est certainement le jeu de cartes permettant de déterminer l'âge d'une personne ou le nombre auquel il pense.

 La version la plus simple consiste en un « jeu de cartes » (généralement six ou plus) portant chacune une liste de numéros. Une personne regarde chaque carte, remettant à l'interprète toutes les cartes qui portent le numéro qu'il a choisi mentalement. En jetant un coup d'œil à ces cartes, l'interprète est en mesure de nommer le numéro.

Pour mieux comprendre, remplacez « jeu de cartes » par « fiches bristol » car cette méthode n’a été réalisée avec un jeu de cartes que bien plus tard.

Sans remonter jusqu’aux calendes grecques, repartons jusqu’en 1769, année où un certain Jules-Edme Guyot nous présente dans le tome 3 de son livre Nouvelles récréations physiques et mathématiques, la vingt-deuxième récréation suivante :

Vingt-quatre mots transcrits sur des cartes ayant été donnés à une personne, découvrir celui d’entre eux qu’elle a choisi.

Nous avons donc là un tour de mentalisme (Ah !) dans lequel on devine un mot parmi 24 en demandant au spectateur sur quelle(s) fiche(s) il voit le mot qu’il a choisi. Dès qu’il vous a remis le nombre de fiches concernées, vous pouvez nommer le mot. Simple ? Peut-être mais pas évident à reconstituer même si certains spectateurs se doutent que « tout est dans les fiches »

Ce livre étant accessible en PDF, nous vous laissons le plaisir de le chercher afin de comprendre comment les fiches doivent être remplies.

Il a fallu un certain temps avant que l’on adapte ce tour pour qu’il fonctionne avec des cartes. Et comme l’a signalé notre Gaëtan national, nous n’avons pas encore trouvé une trace avant 1910, année où deux magiciens, Henry Hatton et Adrian Plate, pondent Magicians’ Tricks : How They Are Done, livre dans lequel on trouve un effet intitulé Mathematical Problem qui se présente comme ceci :

A Mathematical Problem

To pick out from a pack in one's pocket the card thought of, without asking a question.

Autrement dit, vous êtes capable de sortir instantanément de votre poche une carte simplement pensée sans même poser une seule question. Et pour faire bonne mesure, ils ajoutent :

This is one of the most brilliant and most incomprehensible tricks ever invented. Moreover, it requires little skill on the part of the performer, being the result of a cleverly devised mathematical formula.

C'est un des tours des plus brillants et des plus incompréhensibles jamais inventées. De plus, il nécessite peu d’adresse de la part de l'exécutant, grâce à une formule mathématique intelligemment conçue.

(Cette présentation dithyrambique n’engage que ses auteurs !)

Et de nous expliquer comment faire avec un jeu de trente-deux cartes. Une fois la carte déterminée après présentation de différentes mains, vous rangez le jeu dans une de vos poches et vous en ressortez immédiatement la carte.

Maintenant, nous allons vous révéler un grand secret (de polichinelle) : Si vous aviez acheté Encyclopedia of Card Tricks de Jean Hugard, publié en 1937 et traduit en 1964 par Maurice Sardina sous le titre Encyclopédie des tours de cartes, vous y auriez trouvé ce tour décrit TROIS fois (si vous aviez eu la patience de le lire d’un bout à l’autre). Mais pour vous éviter une fatigue inutile, voyez page 167, 231 et 371.

Comme l’indique le titre de cet ouvrage, c’est une compilation de tours déjà parus.

Par conséquent, un des tours a été publié par Charles T. Jordan en 1919 sous forme de tour commercialisé puis décrit en 1920 dans un de ses fascicules.

Le deuxième a été commercialisé par Joe Ovette en 1932

et le troisième a été décrit en 1933 par Howard Albright dans son livre Super Psychic Mental Effects.

À noter que pour ces trois magiciens, on utilise un jeu de 52 cartes.

Puis, en 1944, intervint qui vous savez, qui, comme à son habitude, améliore la méthode mais envoie les magiciens sur une fausse piste en citant un certain Ramo Samee dont on peut vraiment se demander ce qu’il vient faire là-dedans car vous connaissez notre devise ? Tant qu’il n’existe aucun écrit attestant un état de fait, nous ne pouvons le prendre en considération. (P & P)

Après cela, calme plat jusqu’en ? Oui ? 1992 ? C’est cela, oui ! Année où Larry Becker publie Stunners* et décrit page 185 un effet intitulé X The Unknown de Leo Boudreau. Tour qui sera traduit en 1994 (Mon Dieu ! Déjà 27 ans !) sous le titre Test E.S.P. dans la revue Imagik no. 4 de juillet.

Là on peut dire qu’il y a véritablement amélioration. Jugez-en plutôt :

Vous présentez au spectateur (à qui vous avez demandé de penser à une carte) UNE SEULE CARTE imprimée recto verso dans laquelle sont inscrits le nom des 52 cartes en lui demandant de se concentrer sur sa carte en cherchant sur la carte index sa valeur à pique, puis à cœur, puis à trèfle et enfin à carreau. Dès que c’est fait, vous pouvez nommer la carte pensée.

Cette version inspirera Richard Hatch qui enverra à la revue Imagik une variante que vous trouverez dans le numéro 27 d’avril 2000 sous le titre Détecteur Bi.

* X the Unknown sera repris en 2003 dans la nouvelle édition de Larry Becker intitulée Stunners Plus.

Mais entre-temps, Jim Steinmeyer commercialise en 1994 une version encore plus forte car il présente son effet intitulé The World’s Thinnest Deck of Cards qui utilise le même principe MAIS AVEC SEULEMENT SIX CARDS !

Et en 1999, dans ses notes de conférences intitulées Gaetan Bloom 1999, Gaétan  présente Easy Ramo Samee .

En 2015, dans sa série d’ « impuzzlités » (Devilish Impuzzibilities), Jim Steinmeyer propose sa version intitulée Just Thinking inspirée de celle de Howard Albright qu’il date de 1948 car c’est l’année de la seconde édition de ce fascicule qui sera distribué par Abbot’s Magic.

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Dans la série des tours "binaires", à noter également le tour intitulé Puissance 2 décrit dans l'excellent Altitude de Stéphane Chenevière (page 107). Présenté comme un test de mémoire entre deux spectateurs, la version de Stéphane Chenevière  a le mérite de l'originalité pour ce principe effectivement vieux ... comme les maths.

Bob

  • magicbob3d.deviantart.com
  • Tolérance : c'est quand on connaît des cons et qu'on ne dit pas les noms (Pierre Doris - Humoriste 1919-2009)
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Pourquoi compliquer les choses quand on peut faire simple

La version d’Albright, page 231 de l’Encyclopédie des tours de cartes est enseignée aux élèves de mon école de magie (âgés de 8 à 13 ans)

Le spectateur doit penser à une carte à point (pas une figure pour gagner en rythme)

A partir d’un paquet arrangé d’avance les enfants lui demandent dans un premier temps  de penser au chiffre de la carte

Ils montrent un par un les quatre premiers paquets faces visibles : 1, 2, 3 et 4. (Le spectateur doit dire oui, chaque fois que le paquet contient une carte ayant le même chiffre)

Ils continuent en montrant les paquets suivants : 5, 6, 7 et 8  (le spectateur cette fois doit penser à la famille de sa  carte (pique, cœur, carreau ou trèfle)

Et  dire oui , pour chacun des paquets, contenant la dite famille

Ce tour s’apprend en trente secondes, et dans un deuxième temps on peut passer à la compréhension, à l'historique et à la présentation

 

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    • Pour moi, c'est comme une machine à remonter le temps. Je n'ai pas connu cette revue et je le regrette mais je vais acheter cette réédition. Pour les articles, les routines, les contributions mais aussi pour les personnes qui ont participé et peut être avoir le sentiment de faire partie de l'aventure, ne serait-ce que par procuration.
    • Voilà 20 ans que je suis membre sur VirtualMagie (depuis le 5 décembre 2005 exactement). Ça m'a inspiré un petit poème sans prétention (et peu respectueux des règles académiques) : Sur VM, le forum des magiciens Qu’on débute ou qu’on maîtrise Qu’on aime ou pas Patrick Sébastien La magie reste la devise L’orthographe saigne abondamment Même pour ceux qui s'appliquent Les phrases boitent souvent Mais le fond reste toujours magique Y'a le secret, sujet sacré À ne pas divulguer, à protéger Les nouveaux veulent tout savoir Les anciens freinent, c’est leur devoir Y'a les acheteurs compulsifs Des tiroirs pleins de nouveautés Peu importe le tarif Il veulent juste connaitre le secret Trois jours plus tard, ils revendent « Comme neuf, servi une fois » Avant de repasser commande Pour un tout nouveau miracle, voilà Y'a Christian, mémoire en béton Plus rapide que Lucky Luke Pour éclairer la création D'une routine, d'un tour ou d'un truc Y'a l'webmaster, Thomas Thiébaut Qui surveille avec vigilance Quand les mots montent un peu trop haut Il rappelle la règle et applique la sentence Y'a ceux qui sont partis sans bruit Mais qui laissent un souvenir indélébile Et qu’on cite encore aujourd’hui Les oublier est difficile Ceux dont on regrette la perte Comme Lancelot, parti là-haut trop tôt Avec ses chaussettes vertes En compagnie de Jeannie Longo Ceux qui nous manquent comme Gérard Parti en douce sans faire d’histoire Son pseudo reste dans le forum comme une star Comme l'initiateur de vieux fils pleins de mémoire Y'a Bob qui traîne depuis des années Un type un peu barré Longtemps planqué derrière son avatar Un pingouin franchement bizarre Y'a Woody, toujours un mot fin Pour détendre l’atmosphère Une pointe d’humour, toujours malin Mais souvent juste, toujours sincère Y'a aussi plein de stars Dont la présence est un honneur Comme Spankyfab alias Fabien Olicard Ou encore Bloom, infatiguable créateur Y'a aussi des éditeurs, respect Ceux qui font vivre la magie papier Comme Frantz Réjasse, cité sans arrêt Quand on parle de livres bien édités Y'a ceux qui s’inscrivent un matin Un pseudo tout neuf, un grand discours Ils postent deux messages, puis plus rien Disparus après un p'tit tour Sur le forum des magiciens Ça débat fort, ça s’agace Qu’on soit novice ou vieux babouin A qui on n'apprend plus les grimaces On se chamaille, on s’applaudit Entre passion et polémique On apprend, on se critique Chacun partage sa vision de la magie Ça débat fort sur tous les tons Un livre, un tour, une opinion Entre deux fautes et trois avis Mais toujours la magie nous réunit Bob
    • Étienne Klein aurait pu aussi poser la question de savoir si les lois que l'on observe ici sont les mêmes que celles qui existent ailleurs dans l'univers. On le suppose acquis car rien ne le contredit aujourd'hui mais rien ne le prouve non plus. Il aurait alors pu évoquer les mathématiques, qui elles sont universelles. Car si à l'autre bout de l'univers E≠mc², 17 y reste un nombre premier. Voilà pour moi une bonne raison de mettre les mathématiques bien au dessus de toutes les autres sciences (sans parler des pseudo-sciences). Bob
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