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Une routine de magie peut être considérée elle aussi comme une œuvre de l'esprit; voilà pourquoi le fait d'acheter sa description et le matériel pour la réaliser ne vous autorise pas à l'exécuter hors du cadre familial, ou du cercle d'amis au sens strict.

Là, en toute généralité, je ne suis pas d'accord. Pour être considérée comme "oeuvre de l'esprit", et donc pour que son auteur puisse revendiquer des droits, il faut qu'elle soit "l'expression de la personnalité de l'auteur".

C'est donc bien sur la présentation de la routine (texte qui l'accompagne, costume, mise en scène) que des droits peuvent être revendiqués, mais pas sur la routine elle-même.

Personne par exemple ne pourrait revendiquer des droits sur le fait de deviner un mot dans un livre, de couper une corde en deux ou de faire apparaître les quatre as...

Une "routine de magie" n'est qu'une succession de mouvements. Ce qui la transforme en "tour de magie", et donc, en "oeuvre de l'esprit", c'est bien la mise en scène apportée par chacun des exécutants, non ?

Par analogie, un pas de danse peut-il être protégé au titre du droit d'auteur ? Je ne crois pas (alors qu'une chorégraphie, oui !).

Merci Pierre de me préciser tout ça...

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Sur un disque on trouve "Tous droits du producteur de phonogramme et du propriétaire de l'œuvre enregistrée réservés. Sauf autorisation, la duplication, la location, le prêt ou l'utilisation de cet enregistrement pour exécution publique ou radiodiffusion sont interdits."

Alors que sur les notice de tour de magie (du moins sur celle que j'ai) il y a pas de choses comme cela de marqué. Pour moi il n'y a pas d'interdiction.

La vie est une maladie sexuellement transmissible

Publié le (modifié)

Pour être considérée comme "oeuvre de l'esprit", et donc pour que son auteur puisse revendiquer des droits, il faut qu'elle soit "l'expression de la personnalité de l'auteur".

Oui, sans aucun doute.

C'est donc bien sur la présentation de la routine (texte qui l'accompagne, costume, mise en scène) que des droits peuvent être revendiqués, mais pas sur la routine elle-même.

Pas exactement, mais je crois en réalité que la façon d'appréhender les choses dépendra de ce que l'on entend par routine.

On peut entendre par routine un enchaînement d'effets magiques (apparition, transformation, disparition, changement de couleur etc...) avec un texte, une histoire etc... Par exemple, le jeu caméléon de Dominique Duvivier est pour moi une routine qui constitue à ce titre une oeuvre protégeable. Une routine est en quelque sorte un numéro, c'est-à-dire un ensemble complet plus ou moins mis en scène dans lequel s'enchaînent un ou plusieurs effets magiques. Dans cette routine, il a imbrication d'oeuvres car les effets peuvent constituer des oeuvres, la chorégraphie aussi s'il y en a une de même que les textes etc...

Si, en revanche, on considère que la routine est uniquement une pure succession d'effets magiques indépendamment du texte et de la mise en scène, l'approche est un peu différente. La routine constitue alors un numéro non mis en scène, mais toutefois constitué d'une série d'effets qui, s'ils sont suffisamment originaux, peuvent constituer des oeuvres. Le numéro est ainsi constitué d'une pluralité d'oeuvres différentes. C'est encore une imbrication, mais un peu différente. En close-up, ce n'est pas facile de déterminer si un tel ou tel effet pourra accéder à la qualité d'oeuvre. En magie de scène, c'est parfois plus facile (effet de l'interlude de Steinmeyer, par exemple, Jet engine d'André Kole ou de Top cut du même créateur).

Personne par exemple ne pourrait revendiquer des droits sur le fait de deviner un mot dans un livre, de couper une corde en deux ou de faire apparaître les quatre as...

La plupart du temps, effectivement. Mais je pense que certains effets magiques, indépendamment de toute mise en scène, précisément en raison de leur originalité particulière constituent des oeuvres protégeables. Toute la difficulté est de déterminer s'il y a originalité ou non et donc si tel ou tel effet constitue une oeuvre de l'esprit.

Une "routine de magie" n'est qu'une succession de mouvements. Ce qui la transforme en "tour de magie", et donc, en "oeuvre de l'esprit", c'est bien la mise en scène apportée par chacun des exécutants, non ?

Non, pas d'accord. L'effet magique qui constitue une oeuvre est la perception erronée de la réalité générée par le magicien. La succession de mouvements relève éventuellement de la technique qui permet de générer l'effet. Il faut donc distinguer la succession de mouvements ou de procédés qui permet de générer l'effet, de l'effet lui-même, c'est-à-dire de l'oeuvre elle-même. On distinguera encore cela de la mise en scène de cette oeuvre.

Par analogie, un pas de danse peut-il être protégé au titre du droit d'auteur ? Je ne crois pas (alors qu'une chorégraphie, oui !).

Oui, la chorégraphie est bien visée par l'article L.112-2 4° du Code de la propriété intellectuelle; le pas de danse ne me semble pas pouvoir accéder à la protection.

Pierre

Modifié par Pierre Fleury
Invité lancelot
Publié le
Sur un disque on trouve "Tous droits du producteur de phonogramme et du propriétaire de l'œuvre enregistrée réservés. Sauf autorisation, la duplication, la location, le prêt ou l'utilisation de cet enregistrement pour exécution publique ou radiodiffusion sont interdits."

Alors que sur les notice de tour de magie (du moins sur celle que j'ai) il y a pas de choses comme cela de marqué. Pour moi il n'y a pas d'interdiction.

Hors toute considération sur le reste de la discussion (passionnante par ailleurs), je trouve ton raisonnement un peu spécieux... Ce n'est pas parce que sur la voiture de ma voisine (qui a, entre parenthése, de trés beaux seins :) ) il n'y a pas un avertissement du style "attention, tout vol de voiture constitue une infraction et est susceptible de provoquer des peines de prison" que cela me donne le droit de, disons... l'empruntée (la voiture, pas la voisine...)

La phrase que tu cites, sur les disques, n'est là qu'à titre informatif, et ce n'est pas sa présence ou non qui édicte la règle, d'un point de vue légal.

Publié le (modifié)

Alors que sur les notice de tour de magie (du moins sur celle que j'ai) il y a pas de choses comme cela de marqué. Pour moi il n'y a pas d'interdiction

Quand on achète une voiture, il n'y a pas marqué sur le contrat de vente qu'on a pas le droit de brûler les feux rouges, qu'on a pas le droit de l'utiliser pour jouer aux auto-tamponeuse dans la rue ou qu'on est obligé de respecter les limitations de vitesse. Quant on achète quelque chose, on l'emploi en respectant la législation en vigueur, sans qu'il soit nécessaire de noter toute la législation sur le contrat de vente ou sur la chose elle même. Si, pour vous, il n'y a pas interdiction, c'est tout simplement parce que vous ne connaissez pas la législation. Je ne peux rien vous dire d'autre.

(Bonjour Lancelot, je vois qu'on a répondu la même chose en même temps... :))

Modifié par Pierre Fleury
Publié le (modifié)

Bonjour !

Un classique :

CA Paris (4ème ch. Section A), 17 décembre 2003,

Dominique Webb c/ Hervé Bittoun dit Dany Lary et Magic TV.

Petit rappel des faits :

Précisions sur l'appréciation du caractère original d'un tour de magie:

Un litige opposait un magicien à l'un de ses confrères

auquel il reprochait la reprise, sans son autorisation,

d'un tour de magie intitulé «le piano à queue volant»

consistant à faire voler sur scène selon une trajectoire en loopings,

un pianiste et son piano à queue.

Se posait alors la question de savoir si le tour de magie pouvait ou non

être protégé par le droit d'auteur,

et s'il présentait un caractère original.

Si le principe d'un tour de magie consistant à faire évoluer un piano

dans les airs est de libre parcours,

la Cour d'appel de Paris a toutefois considéré qu'au cas d'espèce,

le numéro portait véritablement l'empreinte de la personnalité

de son auteur et ne pouvait se réduire à l'expression du genre

que constituerait l'illusion d'un piano volant.

A l'appui de son appréciation, elle a souligné que l'ensemble du numéro

était servi par une mise en scène faisant appel à un accompagnement musical

qui imprime un rythme, par une atmosphère particulière due à l'éclairage du piano

dont la couleur blanche accentue l'effet visuel d'apesanteur et de légèreté,

et par des partenaires qui participent également de la mise en scène du numéro. (référence)

Il semble bien ici que si le tribunal a estimé recevable, dans sa forme,

la demande du plaignant, il ait jugé, au final, sa prétention non fondée

et ce pour les raisons avancées plus haut, et que les uns et les autres

avaient évoqué.

Petitbonhomme

Modifié par petitbonhomme

Jean-Yves Loes (Petitbonhomme)

http://www.lamagiedupetitzebulon.com/

Publié le

Merci Pierre pour les précisions.

Une routine est en quelque sorte un numéro, c'est-à-dire un ensemble complet plus ou moins mis en scène dans lequel s'enchaînent un ou plusieurs effets magiques.

[...]

La routine constitue alors un numéro non mis en scène, mais toutefois constitué d'une série d'effets qui, s'ils sont suffisamment originaux, peuvent constituer des oeuvres.

[...]

En close-up, ce n'est pas facile de déterminer si un tel ou tel effet pourra accéder à la qualité d'oeuvre.

[...]

Mais je pense que certains effets magiques, indépendamment de toute mise en scène, précisément en raison de leur originalité particulière constituent des oeuvres protégeables.

Nous sommes donc d'accord. Je me permets de reciter certains points en les soulignant, afin de bien insister sur le côté "expression de la personnalité de l'auteur" pour qu'une création puisse être qualifiée "d'oeuvre de l'esprit".

Concrètement, il me semble que la plupart des effets de magie vendus dans le commerce ne répondent pas à cette caractéristique.

J'insiste un peu (quitte à être lourd) mais j'ai remarqué qu'il existe deux sortes de personnes qui ne comprennent rien au Droit chez les magiciens :

- ceux qui pensent que la propriété intellectuelle n'existe pas et qui pensent qu'ils peuvent faire tout ce qu'ils veulent ;

- ceux qui, a contrario, sont persuadés qu'ils sont propriétaires de la façon de placer leur petit doigt pour faire un empalmage.

Donc, pour faire simple (et sans remettre en cause les précisions de Pierre Fleury) : dans le cadre général, les routines vendus chez les marchands peuvent être faites en public (à condition de ne pas prendre la mise en texte, le texte, les costumes, etc. d'un autre artiste) ; celles qui ne peuvent pas l'être sont rares.

(Les mentions figurant sur les explications des tours vendus chez Mayette m'ont toujours semblé abusives ; bon, ok, pour la routine du "caméléon", on peut discuter... ;) )

Publié le

Monsieur Fleury,

Je vous remercie d'avoir pris un peu de votre temps pour répondre à mes interrogations, je suis heureux de voir qu'à un age "avancé"( j'approche les 70 ans) il est encore possible d'apprendre et celà me rejouis.

je ne voudrais pas abuser de votre temps mais j'ai une dernière question à vous poser : un magicien très médiatisé présente à la télé chaque mois une GI que l'animateur décrit comme une nouveauté fabriquée par ledit magicien spécialement pour l'émission

or la plupart de ces GI datent du siècle dernier pour ne pas dire des siècles passés. mon propos n'est pas de critiquer ce grand professionnel mais comment faire quand une "oeuvre" est présentée en public à fortiori à la télé, si l'on ne peut demander à son créateur

l'autorisation de présentation puisque selon toute vraisemblance celui ci est disparu.

je vous remercie par avance de la lumière que vous pourrez m'apporter à ce sujet

Max Warin

Publié le
un magicien très médiatisé présente à la télé chaque mois une GI que l'animateur décrit comme une nouveauté fabriquée par ledit magicien spécialement pour l'émission

or la plupart de ces GI datent du siècle dernier pour ne pas dire des siècles passés.

1. Le droit d'auteur ne dure que pendant 70 ans après la mort de l'auteur, ensuite l'oeuvre appartient au "domaine public".

2. Si les principes mis en oeuvre par certaines illusions présentées par ledit magicien datent effectivement du siècle dernier, la plupart des mises en scène, des chorégraphies, des designs des illusions sont la création de ce magicien et de son équipe, et constituent donc une oeuvre originale.

Publié le

Sur la voiture logique qu'il n'y est rien d'écrit, cependant si vous avez une voiture c'est que vous avez le permis de conduire et donc le code de la route donc c'est que vous savez la plupart des choses a savoir.

Alors que pour la magie, on vous dit rien, c'est marquez nul part et aprés on s'en prend plein la gueule car on fait t'elle ou t'elle chose.

Faut reprendre le problème depuis le début (du moin c'est ce que je pense)

La vie est une maladie sexuellement transmissible

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    • Je n'ai vu aucun autre artiste que lui faire un numéro complet (avec supports variés) de régurgitation. Par contre, j'ai vu, en vrai et en vidéo, quelques régurgitateurs d'eau. Côté magiciens, j'ai déjà vu Kieron JOHNSON avaler une petite pièce de monnaie et la faire ressortir par son nez (je pense sans trucage). David Blaine a aussi présenté quelques régurgitations. Pour Steve Starr, je l'ai découvert au travers de ses deux passages au cabaret de Patrick Sebastien au début des années 2000 et j'ai vu son show complet (20min environ) lors du congrès FFAP de 2007 à Angers. En dehors de la performance (sans réel* trucage selon moi), c'est un personnage très drôle. *la boule de billard est en fait une boule de caoutchouc mais ça n'enlève en rien le fait que ce soit un objet assez gros pour représenter un véritable défi. Dans le même genre, je l'ai vu avaler une ampoule de taille similaire à cette boule. Il empruntait aussi une bague et l'enfilait sur un cadenas après en avoir avalé la clé. Les objets étaient réels, réellement avalés et régurgités mais bien sûr, il n'avait pas besoin d'insérer la clé dans le cadenas pour l'ouvrir. Il utilisait quelques techniques de magicien. Ce qui m'a toujours le plus bluffé est le gaz avalé car, par définition, un gaz occupe tout le volume qu'on lui donne et dans un espace ouvert, j'ai beaucoup de mal à comprendre comment il peut enfermer ce gaz, même si ce dernier est sans doute bien choisi (plus dense que l'air pour rester le plus bas possible et ne ressortir que lorsqu'il souhaite l'expulser). Après il y avait le poisson rouge qu'il ne présente plus car j'imagine qu'aujourd'hui certaine associations lui tomberaient dessus à juste titre mais qui était très marquant : il avalait une boîte pellicule photo puis son couvercle puis un poisson rouge (vivant bien sûr) et ressortait la boîte fermée avec le poisson dedans. Il pouvait aussi juste avaler le poisson et le ressortir tête ou queue en avant selon le choix des spectateurs. Pour le sucre qui ressort sec, c'est aussi très très fort. En plus il prenait la peine de faire goûter la poudre dans son verre et même après l'avoir régurgité (certains osaient vérifier) et c'était bien du sucre ! Bref, c'est une star unique.
    • Consulte ce qu'a publié Max Maven ou Christian Chelman sur l'équivoque (même si il ne s'agit que d'une seule routine à 3-4-5 objets). Cela ne se décrit pas en quelques lignes. Le choix des mots est important bien sûr. Pour ne pas que les spectateurs sentent que peu importe leurs réponses, tu fais à ta guise, il faut être très clair dès le départ : c'est un jeu d'élimination basé sur des choix, les siens et non le choix d'un livre. Ensuite il est important voire indispensable de permettre aux spectateurs de revenir sur leur choix à des moments précis. Ils doivent se sentir libres dans leur choix et sentir que ces derniers sont vraiment pris en compte.
    • Tout n'est pas bon dans les anciens bouquins. Aujourd'hui, je ne dirais même pas qu'il il y a plus de bonnes choses dans les anciens livres que dans les plus récents. A toutes les époques, il y a eu de bonnes et de mauvaises choses. Je dirais que sur la forme, les livres récents sont globalement plus pédagogiques car souvent plus détaillés et mieux illustrés que les livres anciens (avant 1970 on va dire). Ceci est bien sûr lié à l'évolution des techniques d'impression, la demande qui a augmenté et permis des tirages un peu plus importants pour abaisser certains coûts (demande qui a augmenté à cause du fait que nous ayons la chance de pouvoir consacrer plus de temps et d'argent pour notre passion que nos aïeux globalement ; je parle pour ma génération en tout cas, celle des 35-45ans). Sur le nombre, c'est là que nous avons la plus grande différence évidemment. Les publications sont bien plus nombreuses aujourd'hui qu'il y a 50 ans par exemple. L'avantage est un choix très varié de contenus. L'inconvénient c'est que l'on va retrouver plus facilement des contenus très semblables dans pas mal d'ouvrages. Par rapport au contenu : oui, il y a des pépites dans les livres anciens mais il y en a aussi dans les livres récents. On retrouve même d'anciennes pépites tombées dans l'oubli dans les livres récents avec parfois des ajouts de l'auteur que l'on percevra comme des améliorations ou pas (selon nos goûts, notre culture magique). Certains disent "rien de nouveau sous le Soleil" et il est vrai que certains auteurs n'apportent pas grand chose à des routines, concepts ou autres déjà existants mais d'un autre côté, il ne faut pas dire "Rien de nouveau sous le Soleil" dès que quelque chose d'ancien est de nouveau publié car l'auteur permet au moins de faire connaître des choses à certaines personnes (après si il ne cite pas sa source, c'est un autre débat). Il vaut mieux raisonner en mode "On arrête toujours de penser trop tôt", quitte à se tromper et ne pas faire mieux voire moins bien que l'original. En tout cas c'est mon point de vue. Dans les livres et vidéos récentes, ce qui est intéressant est de voir la combinaison de certaines techniques, de certains gimmicks, concepts, de certains thèmes, etc...parfois connus depuis des lustres. Vincent HEDAN est par exemple un maître dans le genre. Il a une très bonne culture de ce qui existe déjà et a une vue d'ensemble dans son domaine (le mentalisme) qui lui permet de faire des combinaisons que d'autres n'avaient pas penser parce qu'ils n'avaient pas cette culture, cette vue d'ensemble. Jean MERLIN disait que la créativité en magie était comme la cuisine : on invente pas forcément les ingrédients, on essaie de marier des choses, de modifier la recette à notre convenance. On trouve souvent les meilleurs combinaisons dans les ouvrages et vidéos pour débutants. Prenons l'exemple de l'ABC de la magie des cartes de Philippe MOLINA. Ce dvd a été réalisé à la lueur de ce qui a déjà été publié dans le même genre. Pour chaque grand classique de la magie des cartes, Philippe a essayé de combiner ce qui se faisait de mieux selon lui, pas seulement techniquement mais aussi et surtout au niveau des accroches (contextes), des lines ou subtilités qui permettent de justifier telle ou telle chose. Ces détails ne sont pas tous de lui. Ce sont pour la plupart des choses qu'il a relevées en voyant d'autres magiciens, en lisant et qu'il a dans un premier temps utilisés pour lui mais il est l'auteur de ces combinaisons. Il a cette vue d'ensemble lié à une bonne culture magique qui lui permet de proposer une vidéo de grande qualité. Je pourrai citer Jean-Pierre Vallarino pour l'usage des cartes spéciales avec son coffret qui pour moi est un must en terme de pédagogie, de sélection de routines avec/sans cartes spéciales, avec ou sans techniques de manipulations. Cela permet vraiment de tester ce qu'on peut faire avec des cartes spéciales d'une part et ce qu'on peut faire avec des techniques d'autres part et enfin le potentiel de certaines combinaison des deux. On voit que l'emploi des deux n'est pas forcément nécessaire pour avoir un meilleur impact, que l'on peut obtenir des choses très fortes avec ou sans gimmick, avec ou sans technique, tout dépend de l'usage que l'on en fait, la raison pour laquelle on fait tel ou tel choix, telle ou telle combinaison. Pour revenir aux livres, un autre très bon exemple est John GASTAFERRO. Ses livres reprennent des classiques avec le fameux "degré de plus", qui consiste dans chaque cas (routine) en l'apport d'un ou deux détails qui modifie de manière notable l'impact selon lui (après, chacun est seul juge à la lecture et au test en publique de l'amélioration ou non qu'apporte ces apports; j'ai personnellement trouvé qu'il apportait globalement un vrai plus à chaque routine même celles que je n'ai pas aimées). Là aussi c'est une histoire de combinaisons liée à une bonne culture et pas seulement en magie. Et pour faire le lien livres/vidéos, quel meilleur exemple que les Tarbell revisités par Dan HARLAN ? Ce n'est pas tellement le changement de support livre/vidéo qui est important mais le fait que Dan HARLAN apporte son grain de sel à des routines qui lui ont plu dans ces livres ou qu'il s'impose des défis. Son but était de montrer une façon de lire les Tarbell, sa façon de les lire avec sa culture magique et son imagination. Il a donc tout-à-fait sa place dans ce post qui traite de "Comment lire un livre de magie ?" même si son oeuvre est une série de vidéos. Pour résumer cette deuxième intervention de ma part, je dirais qu'il ne faut pas s'enfermer dans "il y a des meilleurs choses dans les vieux bouquins", "Rien de nouveau sous le Soleil". Il y a de bonnes choses de tout temps. C'est juste qu'aujourd'hui elles sont noyées dans un grand nombre de publications. Ce qui compte est de chercher à pousser le schmilblick plus loin, quitte à faire moins bien parfois (chacun juge de cela à la lecture). Pour ouvrir le sujet, on peut se poser la question de "quand faut-il publier ?" Pour éviter un trop grand nombre de redites, de "Rien de nouveau sous le Soleil" qui traduisent souvent des déceptions à la lecture de certains ouvrages, il faut avoir de la retenue avant de publier. Le raisonnement "On arrête toujours de penser trop tôt" est à appliquer à soi, dans la façon de lire, d'imaginer une routine en la lisant. C'est une invitation à être créatif, cela ne veut pas dire "trouver de nouvelles idées pour les publier" mais avant tout pour les présenter, pour leur donner une réalité, pour rendre votre magie originale ou simplement développer votre magie. On pourrait dire que "arrêter de penser trop tôt" revient à mettre un peu de soi dans ce que l'on lit, comme Dan HARLAN l'a fait en lisant les Tarbell et montrant sa façon d'interpréter les choses. Lui a publié montrer cela mais ce n'est pas une finalité forcée. Sinon, une autre question intéressante liée à ce post serait : comment choisissez-vous ou avez-vous choisi les ouvrages que vous avez achetés/lus ? Qu'est-ce qui fait que vous vous êtes dit "je vais trouver mon bonheur dans celui-là ? Est-ce qu'avec "l'expérience des achats", vous avez des points de repère qui font que vous arrivez à mieux choisir (à avoir moins de déceptions) ? Pour ma part, les avis de "grands noms de la magie"  m'importent. Le descriptif est souvent vaseux donc j'essaie toujours de voir, lorsque c'est possible, le sommaire. Ensuite, si je ne connais pas l'auteur, je vais voir un peu ce qu'il présente en ligne. Si ce sont de beaux trailers sans rien de concret avec des "The best..." et des annonces commerciales, je fuis. Quand l'emballage est magnifique et qu'on en voit peu le contenu, c'est qu'il y a un loup. Je me moque de l'emballage même si c'est agréable lorsque c'est bien présenté, ce n'est pas l'essentiel. Il en est de mêmes pour le matériel que j'achète, les conférencier ou spectacles que je vais voir. Pour les conférences, celui qui ne détaille pas un peu le contenu et pour qui on a que des "il va vous apprendre à améliorer votre magie", "à améliorer l'impact de vos routines", etc...je n'y vais pas. Après, comme je l'ai dit plus haut, je n'achète presque plus de livres (je suis satisfait de ce que j'ai déjà et il y en a pour plusieurs vies si je veux exploiter le contenu de tout) ni de trop de matériel en boutique de magie. J'achète encore des notes de conférence ou un gimmick deux trois fois dans l'année, parfois pour avoir une trace d'un seule chose qui m'a plu. Il m'est arrivé de prendre des notes mais quand une chose me plaît, j'aime bien récompenser son auteur. Après une conférence, je sais aussi que mon argent ira directement et intégralement à lui. Je vais voir plus de spectacles (et pas que de magie). Ce sont souvent de bien meilleures leçons mais comme les vidéos, attention au mimétisme. J'y vais non pas pour avoir de nouvelles idées car j'aime les trouver seul (il y a le plaisir de les trouver seul) mais avant tout pour me divertir, sortir avec ma compagne, ma famille, mes amis. Une fois rentré seulement, je me remémore ce que j'ai vu/vécu et ce qui m'a marqué. Je constate ce qui a marqué le plus ceux qui m'ont accompagné (surtout si ils sont profanes) sans forcément poser de questions. Si ça les a marqué ils en discutent et/ou il me posent des questions parce qu'ils savent que je fais de la magie. Leurs questions sont souvent du type "Comment il a fait ceci ou cela ?" mais au travers de ces questions, ils me disent ce qui les a le plus marqué, ce qui les intrigue le plus. Après il y a souvent des commentaires du type "ça c'était beau" ou "ça j'ai moins aimé", "il ou elle est comme ci ou comme ça".  Je sais que ça peut m'influencer dans certains choix. Le spectacle et ces retours a nourri mes souvenirs, mon imaginaire sans que je m'en rende compte et des choses en ressortiront en temps voulu. Je ne cherche pas à reprendre quelque chose que j'ai vu ou entendu directement. Cela n'est pas parce que cela nous plaît que cela nous conviendra d'une part et qu'on a le droit de le reprendre d'autre part. Je laisse donc ma mémoire influencer mon imagination plus tard. Mon cerveau ne gardera que l'essentiel avec le temps. Bon après, je ne vais pas vous cacher le fait que j'ai une très bonne mémoire visuelle et que bien souvent je me souviens presque intégralement d'un spectacle lorsque ce dernier m'a marqué.  
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