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Invité Rico's
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Va faire un tour aux caves saint sabin tu auras pleins d'idées, et regarde l'univers de fred ericksen

Publié le (modifié)

Bonsoir,

Demander le portrait-robot de l’escamoteur du « Moyen-Âge » (période artificielle qui désigne presque dix siècles), c’est un peu comme si on voulait savoir quel est le magicien ou la magie caractéristique de l’époque moderne, des années 1500 aux années 2500…! De toute façon, dans des sources médiévales occidentales, tu ne trouveras pas de descriptions détaillées du répertoire du magicien-typique- du-Moyen-Âge. C’est un vrai puzzle de sources éparses… et d’ici août, ça va être dur de recoller tous les morceaux.

Par contre, puisqu’on parle des gobelets, il existe deux textes d’une vitalité extraordinaire et qui parviennent vraiment à transmettre une atmosphère magique. Ils ont été cités à tort et à travers par les historiens de la magie depuis un siècle. Malheureusement, l’un se situe avant le Moyen-Âge… et l’autre après ! Mais heureusement, c’est relativement peu avant… et peu après ! Ce qui est frappant, c’est qu’entre ces deux descriptions il existe beaucoup de points communs. Donc on peut raisonnablement penser que les effets de gobelets ont connu une certaine continuité à travers tout le Moyen-Âge, au point de réapparaître à la Renaissance sous leur forme « antique ».

Le premier texte est d’Alciphron qui a vécu vers le II-IIIe siècle de notre ère. C’est une lettre imitant le style d’un rustre paysan de l’âge d’or de la Grèce (soit prétendument cinq siècles avant Alciphron) allant vendre ses figues séchées avec son ânesse dans la ville voisine où il découvre avec émerveillement et effroi les attractions citadines, parmi lesquelles on compte un escamoteur se produisant dans le théâtre (ce qui permet en passant de faire la nique au cliché bien enraciné de l’escamoteur antique connaissant la rue pour seul refuge). Tu trouveras facilement ce texte dans toute bonne bibliothèque, par exemple dans la traduction d’Anne-Marie Ozanam (rien à voir avec l'Ozanam que connaissent les collectionneurs...) aux Belles Lettres en 1999. Voici la référence précise du passage qui t’intéressera (peut-être) : Lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et d’hétaïres, livre III, lettre 20 (« Napée à Créniade »).

On doit l’autre texte, le Baldus, à Teofilo Folengo, dont le style annonce celui de Rabelais. La première édition en latin de cuisine date de 1517. La traduction française qui fait référence est celle de 1606 (sous le titre de Histoire Maccaronique de Merlin Coccaie, etc.). Tu trouveras une reprise de ce texte français dans différentes éditions dont la plus accessible est celle de 1859 chez Delahays (dans le chapitre XIII, p. 235) téléchargeable sur Google Livres. Le passage qui t’intéressera (peut-être) évoque les tours d’un certain Boccal avec ses gobelets de cuivre et ses petites pelottes. C’est un vrai régal à lire, c’est vivant et drôle.

ok merci. en effet je pense comme toi. que c'est la notion de la magie qui est different, et non le materiel ou les routines. bon bien sur si j'utilise un pc pour une routine sa va pas le faire. lol.

je pense que je dois me faire passé pour un mage qui se prétant doué de pouvoir surnaturel. un cote plus spirituel dans mes routines.

Je ne suis pas convaincu que la notion de la magie était différente, du moins pour les escamoteurs. Sauf si tu veux jouer au faux prophète (ce qui est aussi possible, très amusant et bien documenté dans l’Antiquité), il ne faut pas croire que les mecs qui faisaient le tour des gobelets se faisaient passer pour des mages doués de pouvoirs surnaturels avec des routines « spirituelles ».

et ATTENTION pas de cartes !!! elles n'existaient pas à l'époque!!!! apparition sur le pont neuf vers 1700.

Ouch !

Il y a d'ailleurs un tableau célèbre (Vermer je crois) avec les joueurs de gobelets

Huuugh !

etant plutot du genre magie modere je me lance ce defit de faire une magie type moyen age

PS : T’es plutôt du genre « magie moderne » (je pense que c’est le sens de ta magie "modere"). D'ailleurs, en passant, j'aime bien la phrase "un jeune magicien talentueux qui ne manque pas de talent" sur la page d'accueil de ton site... Je ne sais pas si, en dehors de la manipulation de CD, tu fais des tours de cartes, mais ce qui est sûr c’est que les cartes c’était plus moderne dans les années 1500 que de nos jours. Après tout, les Anciens étaient les vrais modernes, les pionniers découvrant le sujet, et nous sommes les Anciens, avec toute cette expérience des prédécesseurs dans le dos. Il faut en profiter ! Donc je te souhaite bonne chance dans ta quête de la quintessence de l’escamotage médiéval, espèce d’Ancien !

Plick.

Modifié par Plick
  • 2 weeks plus tard...
Publié le
et ATTENTION pas de cartes !!! elles n'existaient pas à l'époque!!!! apparition sur le pont neuf vers 1700

Sinon cordes , pièces etc...

Excuses moi Teddy si je dis des bêtises, loin de moi l'idée de vouloir te contredire, mais je discutais de celà hier avec un ami professeur d'histoire et féru de Moyen Âge et il m'affirmait que les premières cartes à jouer étaient apparues en France dès la seconde moitié du 14ème siècle, soit bien avant 1700.... En consultant le net, il apparaitrait effectivement que les cartes à jouer seraient bien apparues en France vers cette période (14ème siècle). Qu'en est il exactement ? Quelqu'un aurait il des précisions ?

NIRAG

www.nirag.fr

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Publié le
art-argent-la-tour-tricheur.jpg

"Le tricheur à l'as de carreau" de Georges de la Tour est, il me semble, des environs de 1635. Si ça peut vous aider... ;)

OK merci beaucoup. Donc apparemment cela prouverait bien que l'apparition des cartes à jouer en France est bien antérieure à 1700....

NIRAG

www.nirag.fr

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Publié le (modifié)
OK merci beaucoup. Donc apparemment cela prouverait bien que l'apparition des cartes à jouer en France est bien antérieure à 1700....

Certes ! Pour ne parler que de magie, mais sans se limiter à la France, les premiers tours de cartes connus à ce jour sont décrits par Luca Pacioli vers 1496 dans son De Viribus Quantitatis dont un manuscrit est visible en intégralité sur Internet pour les courageux : Ici

On retrouve des tours de cartes chez Jérôme Cardan, dans son Liber de Ludo Aleae vers 1525 (édité en italien/anglais par Persi Diaconis) puis dans son De Subtilitate vers 1550. Et ne serait-ce que le chapitre sur les cartes dans The Discoverie of Witchcraft de Reginald Scot en 1584, ma bonne dame ! (par contre, pas mention de tours de cartes, si mes souvenirs sont bons, dans le livre de Prévost la même année en France).

Pour rester dans les tableaux, il suffit d'aller voir du côté de chez Bruegel l'Ancien vers 1550 pour y voir des cartes, des gobelets et des gibecières. Si on sort du domaine de la magie, les parties de cartes fleurissent dans les illustrations de livres, les peintures et les tapisseries dès le XVe.

Et à cette époque, le Pont-Neuf, tout ancien qu'il puisse être, n'existait pas ;).

Plick.

PS : Pour le plaisir, je vous livre un petit extrait de texte datant de 1602 (Discours Exécrable des Sorciers d'Henry Boguet). Ce n'est pas grand-chose dans l'absolu, mais qu'est-ce que je l'aime, celui-là ! "Mais prenons seulement nos manieurs de cartes. J'ay vu un Copte Italien nomé l'Escot, lequel s'y mostroit admirable. Il vo mettoit en main un dix de picque, & toutesfois en fin vous trouviez que c'estoit un Roy de coeur, ou une autre carte que la premiere." Hein ?

Modifié par Plick

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    • @Hugues PROTAT nous a partagé ce texte  Un personnage hors norme : Juan Tamariz, le magicien qui a transformé la cartomagie en un phénomène populaire. Sa fille Ana TAMARIZ a confirmé le décès de l'illusionniste à Madrid. Champion du monde de cartomagie, l'artiste a marqué plusieurs générations avec ses apparitions à la télévision et son travail en tant que maître des magiciens. Juan TAMARIZ, l'une des figures les plus reconnues de la magie espagnole et référence internationale de la cartomagie, est mort ce mardi à 83 ans à l'hôpital clinique San Carlos de Madrid, selon les informations d'El País. Sa fille, Ana TAMARIZ, a confirmé le décès via les réseaux sociaux. « Avec une immense tristesse, aujourd'hui je fais mes adieux à mon père Juan TAMARIZ, une personne incroyable, très aimée et admirée de tous », a-t-elle écrit, selon ce que rapporte RTVE. Avec son chapeau haut-de-forme, sa chevelure ébouriffée, son violon imaginaire et l'incontournable « ¡Chan, tatachán! », Tamariz a transformé l'illusionnisme en un spectacle populaire pour des millions de spectateurs. Mais derrière ce personnage apparemment improvisé se cachait aussi l'un des plus grands érudits de la magie contemporaine. D'une boîte de magie au championnat mondial de cartomagie Juan Manuel TAMARIZ-MARTEL NEGRÓN est né à Madrid en 1942. Son intérêt pour l'illusionnisme a commencé lorsqu'il n'avait que quatre ans, après avoir assisté à la prestation d'un magicien. Peu après, il a demandé une boîte de jeux de magie et a commencé à pratiquer avec sa famille et ses amis. À douze ans, il a découvert les livres de l'illusionniste Wenceslao CIURÓ, qui lui ont permis de plonger dans la technique et dans les mécanismes psychologiques qui interviennent dans un spectacle. Comme il l'a expliqué dans une interview publiée par la mairie de Madrid, ces lectures ont été décisives pour comprendre que la magie ne consistait pas uniquement à exécuter un tour. Sa précocité lui a ouvert les portes de la Société Espagnole d'Illusionnisme avant d'atteindre l'âge minimum requis : il a été admis à 18 ans, deux ans avant la limite établie, après avoir convaincu les responsables de l'institution de ses capacités. TAMARIZ a étudié les sciences physiques et s'est également intéressé au cinéma, deux domaines qui ont influencé sa manière de concevoir la construction d'un spectacle. Cependant, il a fini par se consacrer entièrement à l'illusionnisme. En 1972, il a obtenu le Grand Prix du Congrès National de Magie. Un an plus tard, il a reçu la reconnaissance qui a définitivement propulsé sa carrière internationale : le Prix mondial de cartomagie, obtenu lors du Congrès mondial de magie de la FISM qui s'est tenu à Paris. Le profil publié par le gouvernement espagnol souligne qu'à partir de ce moment, il a présenté ses spectacles dans des villes comme Chicago, Tokyo, Paris, Londres, Bogota, Le Caire, New York et Santiago du Chili. Le magicien qui est entré dans tous les foyers Bien que son prestige professionnel ait grandi lors des congrès internationaux, c'est la télévision qui a transformé Juan TAMARIZ en un personnage familial pour plusieurs générations d'Espagnols. Les archives de la RTVE conservent le programme pilote de Tiempo de magia, produit en 1975, dans lequel il partageait l'écran avec Julio CARABIAS. Cette participation anticipait une relation avec le petit écran qui allait se prolonger pendant des décennies. Son passage par Un, dos, tres... responda otra vez a démultiplié sa popularité. Ensuite, d'autres émissions comme Por arte de magia, Magia Potagia, Chantatachán et le programme pour enfants El recreo sont arrivées. Face à l'image traditionnelle du magicien solennel, Tamariz a construit un personnage proche, débordant d'énergie et apparemment chaotique. Ses blagues, sa conversation constante avec le public et sa manière de célébrer chaque numéro sont devenues une partie indissociable du spectacle. Cependant, cette mise en scène cachait une préparation minutieuse et une connaissance approfondie de la gestion de l'attention (misdirection). La capacité de diriger le regard, d'anticiper les soupçons du spectateur et de maintenir la surprise expliquait une grande partie de l'admiration qu'il suscitait parmi ses pairs. Livres, enseignement et une école dirigée par sa fille La contribution de Tamariz à la magie allait bien au-delà de ses apparitions télévisées. Tout au long de sa carrière, il a publié des livres majeurs consacrés à la technique, à la théorie et à la présentation de l'illusionnisme. Parmi ses œuvres figurent La Vía Mágica, Los Cinco Puntos Mágicos, Sonata et Sinfonía en Mnemónica Mayor, des références incontournables de la littérature magique. Ses travaux ont abordé des questions telles que la relation entre le magicien et le public, la construction narrative des tours et l'utilisation de la mémoire et de la psychologie en cartomagie. Cette combinaison de réflexion théorique et de sens du spectacle a contribué à consolider son prestige à l'international. Une partie de son héritage se perpétue à travers la Grande École de Magie Ana Tamariz, dirigée par sa fille. Tamariz a lui-même conçu les programmes pédagogiques du centre, pensés pour transmettre sa vision de l'illusionnisme aux nouvelles générations. L'école a compté parmi ses intervenants et élèves des magiciens comme Jorge BLASS, Anthony BLAKE, Miguel GÓMEZ et Rafael BENATAR. Son programme combine l'apprentissage des tours et des techniques avec des cours d'histoire de la magie, de théorie et de psychologie du spectacle. Médaille d'Or des Beaux-Arts et reconnaissance de Madrid La reconnaissance de la carrière de Juan TAMARIZ est également venue des institutions. En 2011, il a reçu la Médaille d'or du mérite des beaux-arts, accordée par décret royal. Auparavant, en 2009, il avait obtenu le Prix honorifique de théorie et philosophie du Congrès mondial de magie (FISM) de Pékin, une distinction récompensant son travail de chercheur et de rénovateur de l'art magique. En 2019, sa ville natale lui a également décerné la Médaille d'or de Madrid. La mairie de la capitale a alors souligné sa contribution à la diffusion internationale de la magie et sa capacité à combiner créativité, humour et rigueur.
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